Baby Blues, qui sort sur les écrans ce mercredi 26 novembre, est la première incursion dans la comédie romantique de la réalisatrice Diane Bertrand, jusqu'ici auteure d'oeuvres plus confidentielles.
Récompensée en 1992 par le César du meilleur court-métrage pour 25 décembre 58, 10h36, avec Dominique Pinon et Karin Viard, Diane Bertrand est considérée comme une réalisatrice expérimentale. En 1996, son premier long-métrage, Un samedi sur la Terre (avec Elsa Zylberstein), présentait un récit en puzzle qui invitait le spectateur à reconstituer lui-même l'action. Huit ans plus tard, L'Annulaire, rêverie d'une magnifique sensualité, révélait la future James Bond girl Olga Kurylenko en employée d'un mystérieux laboratoire.
On ne s'attendait pas à voir Diane Bertrand aborder le genre de la comédie romantique. L'intéressée assure pourtant qu'elle voulait s'y consacrer depuis longtemps : "Après mon premier long-métrage Un samedi sur la Terre, j'avais commencé à en écrire une avec Guillaume Laurant, le scénariste de Jean-Pierre Jeunet, mais cela ne s'est pas concrétisé pour des raisons de production. Ce genre de films est en réalité très difficile à réussir, faire rire et émouvoir sur des questions qui nous touchent, c'est un joli challenge".
Baby Blues parle du désir féminin d'avoir un enfant et de la difficulté à communiquer dans le couple, à travers l'histoire d'Alex (Karin Viard), femme énergique de 40 ans, et de son petit ami Fabrizio (Stefano Accorsi). Le film passe par les figures imposées de la comédie romantique : désirs contradictoires au sein du couple, quiproquos en tous genres (Alex et Fabrizio consultent sans le savoir la même psychanalyste), disputes, retournements de situations, importance des personnages secondaires, dialogues savoureux.
Bénéficiant d'une réalisation soignée, Baby Blues n'échappe pourtant pas aux écueils de la comédie française contemporaine : prévisibilité des situations, manque de mordant et respect du politiquement correct. Diane Bertrand, qui a co-écrit le film avec Bruno Japy, ne retrouve pas la sensualité de L'Annulaire ni l'audace stylistique d'Un samedi sur la Terre. Mais elle apporte tout de même une contribution personnelle au genre de la comédie romantique française, ayant par exemple confié la bande originale à Beth Gibbons, la chanteuse anglaise du groupe Portishead (elle avait déjà composé la musique de L'Annulaire).
Réagir à cet article
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z