La plupart d'entre nous l'a connu par son formidable Yi Yi, présenté au Festival de Cannes. Mais le cinéaste de Taïwan, Edward Yang, est l'une des découvertes du festival des 3 Continents.
Hommage lui est fort justement rendu par une intégrale de son oeuvre, trop brève puisqu'il est décédé l'année dernière. Maître des chevauchements de temporalités, et de la durée, puisque ses long métrages atteignent facilement les 3 heures, Yang, dès son premier film Ce Jour là sur la plage (1983), invente l'art d'un récit dont le sujet principal évolue perpétuellement, attachant de l'importance à tous ses personnages, et plus particulièrement au temps qui les réunit et les sépare. On pense bien sûr beaucoup à Proust, puisque ses films se construisent souvent autour de souvenirs racontés par les protagonistes.
Avec Tapei Story (1985), il aborde même frontalement le thème de l'écriture, avec un personnage de femme écrivain dont la vie se rapproche dangeureusement de son roman. On ne peut rester insensible aux personnalités décalées, souvent mal à l'aise, qui peuplent son univers, où la mélancolie ne s'oppose jamais à l'énergie de la vie, mais lui offre une profondeur troublante. Avec Hou Hsiao Hsien, Edward Yang est bien le deuxième grand maître du cinéma de Taïwan.
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Les étudiants du Master 2 InfoCom de Nantes se chargent de décortiquer le festival.
Bon visionnage.