
Une silhouette massive et dorée jaillissant des ténèbres : le catcheur selon Aronofsky a des airs de Christ peint par Rembrandt.
Les bras ne sont par vraiment en croix (le combattant vacillant semble même à la verticale, rampant sur les cordes du ring), mais l'attitude évoque un don total de soi, une exhibition dans la souffrance, sous l'auréole brûlante des néons. Et comme dans The Wrestler, l'affiche met l'accent sur la pesanteur du corps de Mickey Rourke. Ses épaisses mains écorchées sont ballantes, sa tête est baissée comme un "Bêlier" ("The Ram" est son alias de combat) aux omoplates saillantes, sa crinière blonde (seul indice temporel marqué 1980's) se répand sur son visage... La pose générale évoque la déchéance d'un corps meurtri (christique donc), mais aussi la concentration théâtrale du guitariste hard rock en plein solo. Ce contraste entre réalité et show est au coeur du beau film de Aronovsky : les combats sont factices mais la douleur est réelle. Par le spectacle de sa douleur, le colosse aux pieds d'argile peut se sublimer, oublier son corps donné en offrande et entrer en état de grâce.
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Désolé d'être désagréable, mais déjà il est mal en point, alors s'il se re-pend, il est fini!