La 34ème cérémonie des César a plébiscité Séraphine, grand vainqueur avec sept récompenses (meilleur film, meilleure actrice pour Yolande Moreau, meilleur scénario original, meilleure musique, meilleure photo, meilleurs décors et meilleurs costumes). Cette édition 2009 a donc le mérite de faire émerger un vainqueur incontesté, à la manière des Oscars qui ont accordé un triomphe à Slumdog Millionaire.
Réalisé par Martin Provost, Séraphine retrace la vie de Séraphine Louis (1864-1942), qui fut domestique avant d'atteindre une petite notoriété comme peintre primitif sous le nom de "Séraphine de Senlis". Classique dans sa forme et son propos, le film se distingue surtout par quelques jolies séquences illustrant l'irruption de la grâce dans l'existence dépouillée du personnage.
On pourrait interpréter la victoire de Séraphine comme une absence de prise de risques, l'Académie des César récompensant là une reconstitution historique dénuée de tout point de vue sur l'époque contemporaine. Mais ce choix peut également s'avérer logique, au vu de la liste des nominations : Entre les murs ayant reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes, le diptyque Mesrine ou Le Premier jour du reste de ta vie ayant connu un succès public et Un Conte de Noël ayant rencontré un beau succès critique, les César ont décidé d'attirer l'attention sur un film moins exposé, honorable incarnation des fameux "films du milieu" qui continuent de faire la spécificité du cinéma français. Crédité jusqu'ici de plus de 560 000 entrées (tout de même), Séraphine devrait connaître les honneurs d'une ressortie en salles.
Les autres films n'ont pas totalement été oubliés. Le diptyque Mesrine a valu le César du meilleur acteur à un Vincent Cassel très ému et celui du meilleur réalisateur à Jean-François Richet, prouvant que le cinéma de genre hexagonal peut être récompensé lorsqu'il est ambitieux et réussi (le diptyque a aussi décroché le César du meilleur son). Trois récompenses ont également été décernées au Premier jour du reste de ta vie (meilleur espoir masculin pour Marc-André Grondin, meilleur espoir féminin pour Déborah François et meilleur montage). Il y a longtemps que je t'aime empoche deux César (meilleur premier film et meilleur second rôle pour Elsa Zylberstein). Petite déception pour Entre les murs (meilleure adaptation) et Un Conte de Noël (meilleur second rôle pour Jean-Paul Roussillon), qui ne récoltent qu'une récompense chacun.
La cérémonie fut longue (presque 3 heures), la présentation désespérément plate (Antoine de Caunes ayant eu du mal à renouveler des blagues plus qu'éculées) et l'émotion n'a affleuré qu'avec les interventions de Dustin Hoffman (qui a reçu un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière) et donc Vincent Cassel.
On retiendra deux derniers César : celui du meilleur film étranger pour l'excellent Valse avec Bachir d'Ari Folman et celui du meilleur documenaire pour les très belles Plages d'Agnès (qui n'appartient pourtant pas à proprement parler au genre documentaire).
Réagir à cet article
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Césars mérités pour Séraphine et Yolande Moreau, mais 7 césars ça fait beaucoup quand je pense à tous ces fims restés en rade et même pas nominnés.
Dommage aussi pour l'excellent Eldorado.
Enfin, je suis d'accord pour que Danyboon et son film revienne bredouille, étant donné son succès et qu'il faille pousser le cinéma " moins vu". Toutefois un césar d'honneur ça ne mange pas de pain et 20millions de spectateurs ça ne tombe pas sous le sabot d'un cheval. En tout cas pour moi ça reste un des bons moments cinéphiliques de 2008. Vive le rire libre.