Pour nous prouver que la banlieue parisienne est souvent tout aussi riche en évènements marquants que la capitale, le Magic Cinéma de Bobigny organise depuis 20 ans le festival Théâtres au cinéma. Après nous avoir récemment offert des intégrale fouillées, et encadrées de rencontres et de beaux ouvrages, autour des cinéastes Glauber Rocha, Alain Robbe-Grillet ou encore Andrzej Wajda, c'est au tour cette année des italiens Marco Bellocchio et Carmelo Bene.
Deux cinéastes aux oeuvres radicelement différentes, si ce n'est pour leur engagement politique, toujours ardant. Si l'on connait mieux Bellocchio pour ses récents films magnifiques que sont Le Sourire de ma mère ou Buongiorno, notte, il est temps de redécouvrir ses premières oeuvres, brulôts très pamphlétaires qui ont marqué leur époque, tout comme ils l'ont reflétée fidèlement. Les Poings dans les poches (1965), La Chine est Proche (1967) ou encore Au nom du père (1972), remise en cause de l'ordre religieux, laissent peu de doute sur les ideaux quasi révolutionnaire que nourrit alors le cinéaste, dans une Italie particulièrement bouleversée.
S'il opte toujours pour la forme du récit cinématographique versant "classique", Camelo Bene, qui vient du théâtre, s'affirme comme un cinéaste beaucoup plus expérimental. Réinventant violemment le théâtre (Shakespeare, Oscar Wilde...) sur scène, il invente pour le cinéma un language neuf, où le sublime fréquente de près l'hystérie et le délire pur. Une vision poétique avant tout, que Bene exprimera en 6 films, de 1967 à 1973, avant de trouver à la télévision une nouvelle terre d'accueil, qu'on pourra découvrir lors du festival.
Festival Théâtres au cinéma
du 20 mars au 5 avril au Cinéma Magic de Bobigny
programme : www.ville-bobigny.fr
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