Xavier Dolan n'a que 20 ans. Avec son premier film, J'ai tué ma mère, ce Canadien à l'allure de petit Prince (même mèche bouclée-maniérée) tout juste sorti de l'adolescence, a impressionné le public de la Quinzaine de réalisateurs. Déjà lauréat de trois prix à Cannes (Europa Cinema, Art Cinema, SACD), Dolan concourt aussi pour la Caméra d'Or.
Son film évoque avec une audace graphique constante, tout en décadrages extêmes et avec un sens de la déco proche de Wes Anderson, la difficulté d'un fils homosexuel à communiquer avec sa génitrice, personnage aussi castrateur que lunatique et déphasé. Dans ce monde hystérisé par des rapports parents-enfants déjantés, les pères sont absents, et les mères envahissantes. Le jeune cinéaste joue le rôle principal, aux forts accents autobiographiques. Brillant, parfois agaçant de nombrilisme (assumé), Dolan réussit une comédie dramatique enlevée, piquante, bardée de scènes hilarantes. On n'a pas fini d'entendre parler de Xavier Dolan.
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