
L'affiche de Quelque chose à te dire n'a rien à dire : plate malgré la profondeur de champ, statique malgré les lignes de regard divergentes, soporifique avant même que le film n'ait commencé, elle promet une comédie romantico-dramatique populaire et sans prétention, avec des sentiments simples et universels, et un style accessible aux petites gens, pas élitiste comme du Desplechin, au seul service d'acteurs attachants.
Parmi eux, Pascal Elbé, au fond à droite, l'oeil sombre, comme jaloux de son collègue Olivier Marchal. Et pour cause. Marchal a en effet pris la place attitrée d'Elbé, dans le rôle du mec sans relief mais rassurant, auquel on ne refuse pas un hug. Regardez plutôt les affiches de 3 Amis et de Comme les autres, toujours avec Elbé... C'est édifiant : Elbé semble bel et bien rétrogradé. Allez, ouste ! Au piquet Pascal. Le discret Elbé - c'est un pléonasme - s'était récemment imposé comme l'acteur incontournable de la comédie romantico-dramatique à la française... On a le Hugh Grant qu'on mérite. A noter que, si l'on regarde attentivement, les affiches de "films avec Mathilde Seigner" (un genre en soi) offrent quasiment les mêmes symptômes que celles de "films avec Elbé" : visages d'acteurs se serrant les coudes sur fond uni, kiffant la vie malgré ses galères, parce que carpe diem, quoi. Ils incarnent bien ce cinéma vieillot, sans esthétique propre, consensuel et prémâché par la télé. On les retrouve d'ailleurs souvent dans les mêmes films.


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