
Un film vénéré par quelques happy few, puisqu'après sa sélection en compétition au festival de Berlin en 1998, il fut interdit de salles en Italie. Merci donc au courageux distributeur ED Distribution d'offrir une deuxième vie à Toto, réalisé par deux enfants terribles : Daniele Cipri et Franco Maresco. Filmé dans un sublime noir et blanc qui évoque à la fois Rossellini et Pasolini (le film peut se lire comme une version trash de La Passion selon St Mathieu), Toto qui vécut deux fois nous entraîne, en trois tableaux, dans un univers sicilien rural et pauvre, où la frustration sexuelle domine une population exclusivement composée d'hommes. Le simplet qui se fait humilier par tout le village, l'homosexuel qui pleure son amant mort sous les quolibets de la famille, une sorte de Jesus bis... On suit le calvaire de ces trois personnages grotesques pris dans un univers aussi violent que poétique. Parfois surréaliste et proche de Bunuel, le film propose le collage, indécent pour certains, de l'imagerie religieuse avec une imagerie violemment sexuelle. Les réalisateurs inventent un dialogue inédit, cru et hilarant, entre les tourments humains les plus triviaux et des aspirations plus spirituelles.
A ne surtout pas rater.
Voici la bande-annonce :
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