
« Une main d'homme aiguise un rasoir et vérifie son tranchant sur l'ongle du pouce.
L'homme sort sur le balcon, regarde la pleine lune et trois nuages effilés. La même main écarquille l'oeil d'une femme entre le pouce et l'index. La femme nous fixe avec un léger sourire. Un nuage passe devant la lune ; en très gros plan, le rasoir coupe l'oeil de la femme.
Aujourd'hui encore, les spectateurs se détournent. Certains crient. Luis Buñuel a commencé comme ça. Le 6 juin 1929, Un chien andalou est présenté au Studio des Ursulines. Examen de passage réussi : le jeune Espagnol et son complice (un certain Salvador Dalí) rejoignent le mouvement surréaliste. »
Vous détournez-vous devant cette scène comme le suggère Frédéric Bonnaud en introduction de sa présentation de la rétro Bunuel à la Cinémathèque ?
Que cette scène nous fasse le même effet qu'en 1929, quand le cinéaste espagnol a montré Un chien andalou, son premier film, pour la première fois, prouve la capacité subversive d'une oeuvre qui s'étale sur près d'un demi-siècle et qui a débuté il y a 80 ans... Artiste loué et mal aimé, exilé aux Etats-Unis puis au Mexique où s'est déroulé une grande partie de sa carrière, Bunuel le surréaliste est de ceux dont les films nous hantent longtemps après les avoir vus.
Pour vérifier cette assertion, la Cinémathèque propose donc du 10 juin au 2 août une rétrospective intégrale, dont Fluctuat est partenaire. Tandis que trois de ses films, Viridiana (1961), L'Ange exterminateur (1962) et Simon du désert (1965) ressortent à Paris et dans quelques salles de Province (toutes les infos ici).
Voir notre portrait de Luis Bunuel.
Toutes les infos sur le site de la Cinémathèque.
(illus. Un chien andalou de Luis Buñuel (1929) - DR)
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