Et un biopic, un ! La country a eu droit à son Johnny Cash, la soul à son Ray Charles, la chanson française à sa Piaf, le folk à son Bob Dylan, la makina musette à son... Non, rien pour l'instant, mais le hip hop en tout cas, a désormais - en plus des semi-biopics sur Eminem et 50 Cent - son Notorious B.I.G. ! Et vlan.
Réalisé par George Tillman Jr., responsable de l'assommant Les chemins de la dignité avec Cuba Gooding Jr, Notorious B.I.G. ne vaut pas tripette. Académique comme trop de biopics, prévisible dans la forme (chronologique et clipée) comme dans le fond (se dépasser pour atteindre ses rêves, ce genre), le film se contente de retracer l'ascension de Christopher Wallace, du ghetto au sommet des charts, jusqu'à la chute brutale. Le problème étant que tout le monde connait l'histoire, peu ou prou.
Car au lieu de désamorcer nos attentes sur cette "histoire vraie", ou de donner sa vision personnelle du mythe, Tillman déroule son catalogue d'images enfumées au ralenti, calquées sur quelques images d'épinal, et se fait l'hagiographe officiel de Biggie Smalls. Au menu donc, enfance avec la mère protectrice (père absent), deal, paternité précoce, passage par la case prison, romance avec Lil Kim (seul perso intéressant du film) puis la chanteuse Faith Evans, mais surtout rencontre avec Puff Daddy, buisnessman de génie qui fait exploser le "Big Poppa" en mettant un peu de sucre R'n'B dans son hardcore "seulement bon pour les mixtapes".
Une petite remarque s'impose à ce stade. Si Sean Combs, alias P.Diddy, ne joue pas lui-même son propre rôle dans Notorious B.I.G, c'est tout comme. L'ex rap tycoon et actuel présentateur de Making the Band sur MTV s'est gracieusement réservé, en tant que producteur exécutif, le beau rôle (joué par Derek Luke) : celui du sage, du cataliseur, du sauveur. Mais bizarrement, aucune allusion, même lointaine, à ses liens resté flous (cf Biggie et Tupac de Nick Broomfield) avec l'affaire Death Row.
Deuxième personnage clé du film : Voletta Wallace, mère du rappeur et seul repère moral de Biggie - avec Puff Daddy. Et une deuxième petite remarque : Voletta Wallace est elle aussi productrice de Notorious B.I.G. ! D'où la platitude globale de ce biopic, pas désagréable mais régenté, cadré et donc forcément aseptisé par ses producteurs/protagonistes principaux. Dommage.
Les cinéphiles repasseront, les fans de hip hop laisseront passer, conscients que Biggie Smalls, c'était mieux avant (vivant) et en vrai :
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