
Ah l'amour. On nous en a dit de belles, sur l'amour. Et on y a cru, quand Michel Fugain nous a maintenu que c'était "une forteresse dont les murs sont faits de promesses". Puis quand Yves Duteil nous révéla qu'en fait non, Michel exagerait un peu, puisque l'amour est en fait "une maison". Nous restâmes quelque peu dubitatifs, puis tout se bouscula ensuite dans notre tête, ne sachant à quel saint se vouer, entre la thèse enthousiaste et utilitaire de Bruce Willis ("l'amour est une solution au malheur"), et celle, plus pessimiste, de Louis Ferdinand Céline ("l'amour c'est l'infini à portée des caniches").
Nous cherchâmes alors refuge chez le poète Serge Gainsbourg - "L'amour est aveugle et sa canne est rose." - joli, mais trop obscur pour nous, qui nous rabattîment sur la thèse de Carmen, qui s'y connait parait-il, et pour qui l'amour est un enfant immigré, de Bohème précisément. Nous en étions resté là. Mais voilà-t-y pas qu'un film entend nous révéler - pas trop tôt ! - la vérité vraie.
Et L'abominable véritè, si l'on en croit l'affiche de ce film de Robert Luketic (La Revanche d'une blonde), serait la suivante : l'amour n'est qu'une vulgaire partie de (ping) pong. Avec d'un côté du filet, un joueur qui se servirait de sa tête (la femme) comme d'une raquette, pour envoyer la balle (= les sentiments, tout ça) vers un joueur un peu simple (l'homme, donc), qui lui se servirait exclusivement de son kiki. Adieu forteresses, parapluies et bohémiens : on tombe de haut.
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