
On n'arrête pas une recette qui marche. Prenez un problème dans l'air du temps (la crise financière), un gros bonhomme à casquette de base-ball sale (Michael Moore), et filmez-le en train de poser des questions désarmantes de naïveté ("Où est notre argent"?) à des gens qui n'ont pas les réponses ou n'ont pas le droit de les donner ou n'ont pas envie d'y répondre (en gros, les méchants).
Touillez le tout avec une musique dans l'air du temps (le tube "Paper planes" de M.I.A, oscarisé avec Slumdog Millionaire) pour en faire une bande annonce qui montre qu'un docu peut être aussi "catchy" qu'une comédie hollywoodienne.
Faites-vous plaisir en capitalisant une énième fois sur votre célébrité acquise par vos précédents films (un membre du Congrès un peu groupie, au téléphone : "Tu connais Michael Moore, le réalisateur ? Il est en train de me filmer!"), l'ego-trip ne faisant jamais de mal à personne, et peut meme servir à mieux piéger vos adversaires narquois. Par exemple, balladez vous devant Wall Street en gueulant aux traders "Qu'on nous rende notre argent!", avec un sac de patate vide siglé d'un dollar au feutre, genre Piscou, et déclarer fièrement, d''un beau trait d'esprit vengeur "j'ai d'autre sacs, 10 milliards tiendront dedans!".
Ajoutez une pincée de démago rigolarde, une voix-off dramatisante, et une date de sortie ultra-signifiante (le 2 octobre, soit pile un an après le vote du Sénat américain allouant 700 milliards de dollars à Wall Street pour renflouer ses caisses... Fortiche), vous obtiendrez un plat bourratif mais efficace - Capitalism : A love Story : du 100% pur Moore.
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