
Le 35e Festival du Cinéma Américain de Deauville débute aujourd'hui, sous la pluie. Le Président du jury Jean-Pierre Jeunet (notamment suppléé par son acteur de Micmacs à tire-larigot Dany Boon) devra trouver un successeur à Collision, Little Miss Sunshine, The Dead Girl et The Visitor, précédents (et très inégaux) lauréats du festival normand. En gros pour gagner, il faut être indé dans la forme, et vaguement subversif dans le fond. Avoir été primé à Sundance auparavant peut être un plus.
Les favoris naturels :
Precious, de Lee Daniels, est donc méga favori : sélectionné à Cannes (Un certain regard) et récompensé au dernier Festival du film de Sundance, le film révèle une jeune actrice noire et obèse (Gaboure Sidibe) dans le rôle d'une analphabète qui veut s'en sortir. Mariah Carey (!) et Lenny Kravitz (?) complètent un casting improbable mais so cool. Larmes et discours politiquement correct sur la différence en perspective...
Autre grand favori, Sin nombre, que nous avons vu. Ce film de Cari Joji Fukinaga s'intéresse aux gangs d'Amérique centrale (dans l'actu ciné malheureusement) et à l'immigration latino aux USA : une tragédie tiers-mondiste formatée, plus carte postale que sociale, quelque part entre le racolage pop de Slumdog Millionaire et les suffocantes sagas omniscientes d'Inarritu. Sundance a adoré.
Nos favoris à nous, les voici :
Humpday, de Lynn Shelton : excellente comédie dans la veine virile d'Apatow, mais filmée par une femme et enrobée dans une mise en scène très "arty". C'est l'histoire de deux potes hétéros qui décident, lors d'une nuit bien arrosée, de tourner ensemble un porno gay. Beau et hilarant film sur l'amitié masculine.
The Good Heart (photo), de Dagur Kari, le réalisateur islandais de Noi Albinoi s'interesse encore à des marginaux. Avec l'étoile montante Paul Dano (l'inoubliable prêtre malin qui volait la vedette à Daniel day Lewis dans There Will Be Blood) et la superbe Isild le Besco.
Youth in Revolt de Miguel Arteta avec Michael Cera, Ray Liotta et Steve Buscemi. Casting de luxe pour une histoire d'amour ado. Par le réalisateur de Chuck et Buck, et de nombreux épisodes de Six Feet Under et Freeks and Geeks.
Et le retour de Kevin Spacey dans Shrink (de John Pate), qui comme son nom l'indique est un film de psy.
Au rayon premiers films, on attendra au tournant :
Cold Souls, de Sophie Barthes. L’histoire d’un célèbre acteur américain (Paul Giamatti) en pleine crise existentielle. Et sans doute sauvé par Emily Watson.
Harrison, Montgomery, de Daniel Davila avec Martin Landau. Un délinquant se lie d’amitié avec une jeune fille dont la mère est sous la coupe d’un homme violent.
Et au rayon pas attendu au tournant du tout :
World's Greatest Dad de Bob Goldthwait, avec Robin Williams. Un titre gnan-gnan avec un acteur spécialiste du genre, mais qui sait ?
The Killing Room de Jonathan Liebesman (responsable du remake inutile de Massacre à la tronçonneuse); l'histoire de quatre cobayes qui acceptent de subir une expérience scientifique. Mais bon, il y a l'irresistible (et trop rare) Chloё Sevigny dedans alors...
The Messenger de Oren Moverman (scénariste habile de I'm Not There) avec Ben Foster et Woody Harrelson. Après avoir combattu en Irak, le sergent Will Montgomery est muté au sein d’un service chargé de prévenir les familles des soldats tombés au combat. Ca sent la bombe lacrymogène, non ?
Les stars hollywoodiennes attendues à Deauville :
Pas grand monde cette année : seulement Harrison Ford, Robin Wright Penn et Meryl Streep. Et c'est tout. Mais où est passée la jeunesse ?
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Paul Dano ! Acteur surprenant ! Vivement les sorties en salles de tous ces films...
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