
Les femmes et les films X ne feraient pas bon ménage ? Faux, les hommes n'ont pas le monopole de la scoptophilie, selon une enquête Marc Dorcel/Ifop réalisée pour les 30 ans de la société de porno. 83% des femmes ont en effet déjà vu un film classé X, dont 41% en intégralité, ou presque... Pas folles, les guêpes. Mais contrairement à ces messieurs, ces visionnages ont davantage lieu en compagnie d'un partenaire (54%) que seule (50%).
Avec 29% des Françaises, qui ont déclaré être consommatrices de films X, occasionnelles ou régulières, les femmes sont donc "bien plus ouvertes sur le sujet qu'on ne pourrait le croire", conclue Dorcel. L'accès privilégié reste les sites internet gratuits (45%). La société de porno serait même d'utilité publique, puisque pour un quart des femmes interrogées, la pornographie aurait participé à l'apprentissage de la sexualité.
Alors que fleurissent les sex-shops aux allures de confiseries et autres coin-coins rigolos en tous genres, le porno, décomplexé, est devenue une façon de pimenter une relation. 1/4 des sondées ont déjà essayé de reproduire des scènes ou positions vues dans un film, tandis qu'une Française sur cinq serait aussi encline à filmer ses ébats.
Réalisés par les hommes, les films de fesses leur restent destinés. 97% d'entre eux déclarent en effet avoir déjà regardé un porno, et 29% sont des consommateurs mensuels. S'attaquant à ce symptôme, une documentariste suédoise, Mia Engberg, à d'ailleurs décidé de réaliser un porno destiné à la gente féminine, subventionné par l'Institut suédois du film (SFI) et qui sortira ce soir. L'objectif : « montrer la sexualité du point de vue des femmes ». Alors Marc Dorcel, roi du porno chic, à quand le porno féministe ?
Voir le site Marc Dorcel
Voir notre blog sexe
Consultez également notre histoire du cinéma porno
Réagir à cet article
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Je ne fais strictement aucune confiance dans une enquête (dont on peut faire dire ce qu'on veut) commanditée par le plus grand producteur français de pornographie.
Si j'ai bien compris, il faut leur dire merci ? Ils peuvent aller se faire foutre ! Apprendre la sexualité via la pornographie tel quelle est représentée encore aujourd'hui c'est impensable. La pornographie ne laisse aucune place à l'imagination et à l'érotisme, c'est de l'excitation rapide, de la jouissance instantané et purement génital, juste une histoire de viande. La femme, encore et encore, n'est qu'un objet d'assouvissement des fantasmes masculins. A-t-on déjà vu dans un porno un orgasme féminin ? Le vrai plaisir féminin ? Non. Même entre lesbiennes la mécanique est la même. Le porno est en train de créer une norme de vie sexuelle à la quelle les gens, hommes et femmes (la preuve cette enquête) vont finir par adhérer : Plus d'acte sexuel sans que la femme se fasse sodomiser (ce n'est jamais l'homme qui se fait sodomiser), sans qu'elle pratique une fellation et sans qu'elle se fasse éjaculer sur le visage. Ca te plaît, ça te plaît pas, peu importe c'est comme ça, c'est le porno qui le dit !
Les chiffres sont certainement bons. Il est vrai que les femmes sont plus décomplexées vis-à-vis du X. Moi même je regarde de temps à autre des pornos et je le fais généralement avec mon homme. Mais plus ça va, plus j'en ai marre des diktats sexuels masculins ! De la pénétration et l'éjaculation comme aboutissement systématique de l'acte. Je veux de l'esthétique, du vrai érostisme, de la sensualité... Alors oui, à quand le porno féministe ????????
Enfin, s'il doit y avoir un porno masculin et un porno féminin, on est pas sorti de l'auberge !
PS : Tu ne dis pas que selon l'enquête les pornos sont regardés assez tardivement en âge, 24 ans il me semble qu'ils disent ! Ils n'ont interrogé que les plus de 18 ans ! Complètement bidon comme enquête. L'objectif me semble clair : redorer leur blason et dédiaboliser le porno !
De Marianne, posté le 10.09.09 à 13:57Autre objectif : encourager plus de femmes a devenir des consommatrices de porno en leur prouvant avec des chiffres qu'il y en a déjà plein qui le font
De tatiana21, posté le 10.09.09 à 15:11ne confondons pas tout : le porno n'est pas un cours pratique de sexualité (vous baisez comme ça vous, non ? ben les autres non plus figurez-vous..) mais un réservoir fantasmatique (qui sert donc surtout à la masturbation) De Femme, posté le 10.09.09 à 16:30
Le billet ne dit pas tout sur les conclusions de l'enquête, il faut voir comment ils minimisent certains aspects, notamment l'impact sur les plus jeunes.
Jusqu'où la femme peut-elle aller ? Avec un tel matraquage (le porno c'est toujours la même chose, toujours les mêmes gestes) on lui laisse de moins en moins le choix. Il faut voir les arguments de certains, que j'ai lu ici et là, pour convaincre leur partenaire de pratiquer une ejac faciale : en quelques mots ce serait une preuve de confiance, une preuve qu’on est une femme libérée. Il ne faut pas avoir quelque chose à prouver, hein ?! Mais nous, que désirons-nous réellement ? L’érotisme féminin, selon le sexologue A Héril est en train de se définir mais en reprenant, dans un premier temps, les rails sur lesquels se sont posés les codes de l’érotisme masculin : en les copiant, en les travestissant, en allant contre… mais il est évident que nous n’avons pas la même façon de ressentir les choses ni les mêmes attentes.
C’est tout bête, le porno ne me fait plus du tout fantasmer. Plus j'en regarde et plus je me braque contre ce qui m'apparaît comme une dictature des fantasmes masculins, probablement parce qu'on ne voit rien d'autre : du bourrage de femme, du bourrage de femme, du bourrage de femme ! Des sexes en gros plan, ça m'excite vite fait, c'est purement biologique, une info captée par yeux qui fait un petit détour par le cerveau et achève sa course dans l'appareil génital ! Très pratique pour la masturbation en effet, mais ça ne me suffit pas...
J'admets que cette enquête très complaisante m'a agacée. Pour moi, c’est juste un coup de pub !
De flipper, posté le 10.09.09 à 16:33c'est le fellations que les femmes apprenne le plus en regardant les pornos
sinon je ne sais pas si femme à raison mais la miene me dit la même chose quand elle regarde un porno avec moi, elle veu de l'emotion.
De thomas, posté le 10.09.09 à 16:45Sinon le "Femdom", les femmes qui dominent et humilient les hommes, c'est aussi un part non négligeable du porno.
Le porno féminin/féministe existe, Van Trier a une boîte de production qui en fait. Je sais pas si ça marche vraiment par contre.
PS: désolé pour le double post De Femme, posté le 10.09.09 à 17:33
Et ce sont qui les connes ?
@ozdoz. Ce n'est pas une caricature. Le porno est principalement réalisé par des hommes avec des fantasmes d'hommes, même le "femdom" est un fantasme particulièrement masculin ! Les femmes commencent seulement à découvrir leur sexualité qui jusqu'à maintenant était juste calqué sur le mode masculin, alors qu'en réalité il est plus sensuel, moins génital.
Moi ce que j'en dis, c'est qu'il faut développer le paysage pornographique !
De Femme, posté le 10.09.09 à 17:38les hommes sont aussi plus complexes d'un point de vue émotionnel et sexuel que cela.
Eh bien ça ne se voit pas au cinéma... et c'est sans doute ça le problème.
De ozdoz, posté le 10.09.09 à 18:08Les féministes ont bataillé avec succès contre la représentation dominante des femmes en tant qu'être dociles, doux, naturellement soumises, émotionnelles plutôt qu'intellectuelles, etc ... Il me semble qu'il est temps que les hommes luttes également contre la représentation des hommes en tant qu'être agressif, conquérant, insensible et dominateur. Le porno représente cette vision des choses. Plein de femmes réalisent des films porno et font exactement pareille. Pour la simple et bonne raison qu'elles ont elles aussi intégré cette représentation de l'homme et la reproduit dans les films porno. Elles aiment aussi ce genre de films et ont font. ça correspond aussi à leurs propres fantasmes. De Femme, posté le 10.09.09 à 18:34
Tu penses que les hommes doivent lutter contre la représentation des hommes en tant qu'êtres agressifs, conquérents, insensibles et dominateurs, eh bien il est temps, allez-y !
Il faut que tu me cites des titres de films (plein de films) réalisés par des femmes où les hommes se conduisent comme tel. La femme aime la force chez l'homme mais pas forcément être prise systématiquement pour un objet, une salope, une pute. On a un sexe dont on aimerait bien aussi qu'on s'occupe autrement qu'en le pénétrant brutalement. Les cunnis c'est moyen dans le porno. Ce qui me fait fantasmer personnellement, c'est l'image d'un homme qui vénère le sexe féminin, qui le cajole en prenant son temps, c'est de voir les corps s'aimer dans ses moindres recoins : le cou, les épaules, les tétons, les pieds, les fesses, le sexe, TOUT.
La dernière fois que j'ai entendu parler de films réalisés par des femmes, des internautes masculins se plaignaient que le plaisir de l'homme était négligé, que c'était long, pas assez explicite. C'est sûr que ça doit changer ! J'ai regreté de les avoir manqué.
De toute façon, je pense que le sexologue A Heril a parfaitement raison ; la femme construit sa sexualité sur le mode masculin, pratiqué depuis des lustres, on ne revoit pas les codes aussi facilement
De Femme, posté le 10.09.09 à 18:37Sinon je crois pas que beaucoup d'hommes tombent "amoureux" des actrices de boules dans le cadre de leurs films. De thomas, posté le 10.09.09 à 21:27
Ce genre de film pourrait très bien exister et réaliser pour les femmes, cependant ceux qui s'y sont essayés étaient des hommes qui avaient certainement une idée claire de ce que pourrait être une pornographie féministe.
La quasi-totalité de la production de films pornographiques, ont toujours le même objectif : la décharge, la performance, la domination des hommes éjaculant leur sperme sur des femmes. Il est très rare que les films pornographiques soient à l'avantage des femmes. Les scénarios sont toujours les mêmes et toujours dans le même sens : grosse fellation, petit cunilingus, pénétration vaginale, sodomie et douche de sperme. Il ne faut pas oublier une petite scène sapphique pour pimenter le tout et on finit avec une double, voir une triple pénétration.
Pourquoi ne pas montrer dans un film pornographique féminin, deux hommes en train de faire l'amour ? Pourquoi ne pas faire des films pornographiques avec un scénario travaillé, des lumières, un cadrage, des dialogues avec des scènes pornographiques tout aussi hardcores? Et des femmes qui dominent des hommes ? Et des femmes qui pénètrent des hommes? De Femme, posté le 11.09.09 à 08:40
Je vois qu'on se comprend Reine-Azure, mais bon, il faut se taire, il faut penser comme tout le monde, rester dans la norme -une norme toute masculine- même si elle ne te plaît pas, parler comme tout le monde : ouais le porno c'est génial, même les femmes adorent. Ben oui, il y a des femmes qui aiment, sauf qu'elles n'ont rien vu d'autre sans quoi elles changeraient peut-être d'avis.
Je ne me sens pas agressée, je suis simplement lasse, et cette enquête qui cherche a nous prouver que tout va pour le mieux dans le monde X, alors j'ouvre ma gueule bien grande pour dire : montrez-nous un autre genre de porno parce que je sature des scénarios actuels !
De Crab, posté le 11.09.09 à 11:21Pourquoi ne pas montrer dans un film pornographique féminin, deux hommes en train de faire l'amour ? Pourquoi ne pas faire des films pornographiques avec un scénario travaillé, des lumières, un cadrage, des dialogues avec des scènes pornographiques tout aussi hardcores? Et des femmes qui dominent des hommes ? Et des femmes qui pénètrent des hommes?
Mais tout cela existe ma chère Reine-Azur, il suffit de chercher un peu. En fait aujourd'hui tous les types de pornographie existent, alors oui il y a certainement un créneau dominant (anal/ dp/ éjac facial mâtiné de violence) mais enfin on en trouve pour tous les goûts, et les dominants sont aussi parfois des femmes. Si par contre vous reprochez à la pornographie de n'être que dans un rapport dominants/dominés alors là oui, il y a sans doutes de nouvelles formes à inventer, encore que, je vous le dis, on trouve vraiment de tout.
De gilles, posté le 11.09.09 à 17:39Ceux qui apprécient les films pornos actuels devraient s'imaginer leur mère, leur femme, leur soeur ou leur fille à la place des actrices bourrées par tous les trous et aspergées par plusieurs mâles en rut dans la scène finale : ils changeraient peut-être d'avis ... A quand des hommes au visage coincé entre plusieurs vulves déchaînées, contraints d'avaler de puissants jets de cyprine évacués par des femmes fontaines ? Ce serait tout aussi grotesque, mais au moins on parviendrait à une certaine "égalité des sexes" ... peut-être !
De naelin, posté le 11.09.09 à 21:17Je découvre vos interventions, et je lis pas mal de bon sens, mais aussi beaucoup de bêtises (c'est mignon "bêtises", ce n'est pas du tout insultant).
Il y a matière à débat sur les goûts de chacun et sur l'aspect commercial. Je vais passer rapidement et donner mon avis. Avant cela, je tiens à préciser que je travaille dans la production audiovisuelle (tout public ET public adulte).
Je me permets de citer à l'emporte-pièce certains commentaires, ne m'en veuillez pas, c'est plus pour structurer mon propos que pour tenter de dire qui a raison et qui a tort (tout le monde ! C'est l'Ecole des Fans ici !).
On demande pourquoi on ne produit pas des films pornographiques avec un vrai scénario, une vraie lumière, un vrai cadrage, bref, de vrais moyens.
Il existe de grosses productions dans l'industrie du pr0n. Le leader et pionnier de cette "niche" est bien sûr l'américain Private, dont les productions sont le plus souvent léchées (si j'ose dire) et bien réalisées, avec une histoire qui se tient à peu près, et tout les ingrédients et moyens de films traditionnels.
Pourquoi n'en voit-on pas plus ? C'est une double question de rentabilité et de public-cible.
Le prono, ça rapporte pas mal. Mais quand on commence à mettre les moyens, forcément, le retour sur investissement est moindre. C'est mathématique : plus on dépense en fabrication, plus il faut vendre cher (et / ou beaucoup) pour rentabiliser.
Et puis tout le monde ne cherche pas l'originalité et la qualité. L'aspect "petite branlette rapide" est aujourd'hui le modèle le plus rentable. Une fille payée une misère, deux mecs pas forcément payés, une caméra et un spot (type Mandarine), dans une chambre, ça fait 20 minutes exploitables en ligne pour une somme modique, mais multipliée par un grand nombre de consommateurs "rapides et peu exigeants".
Faites le calcul, c'est assez évident.
On demande ici pourquoi le porno subit les diktats des hommes, pourquoi les femmes ne réalisent pas plus de porno "féminin" (c'est à dire qui ne répond pas uniquement aux codes masculins comme c'est souvent le cas des films réalisés par d'anciennes actrices porno).
Là encore, deux réponses.
La première est assez évidente : peu de femmes ont envie de le faire. Elles sont peut-être nombreuses à récuser les codes de la pornographie masculine, mais très peu ont le désir de se lancer dans une carrière de réalisatrice X pour palier ce manque. D'autant que là encore, le vrai diktat est celui bien connu de la loir de l'offre et de la demande. Pourquoi se casser le dos à réaliser quelque chose qui, de toute façon, ne sera pas ou peu rentable ?
La deuxième partie de la réponse est qu'il existe, en France notamment, une nouvelle vague de cinéma pornographique écrit et réalisé par des femmes (et pour hommes et femmes). Les productions SoFilles et Montpensier Films ont déjà produit, en partenariat avec Canal+, deux saisons de la série "X-femmes": des court-métrages signés par des grands noms du cinéma français (Lola Doillon, Mélanie Laurent, Arielle Dombasle, Héléna Noguera, Laetitia Masson, etc.). On en a d'ailleurs parlé sur le blog Sexe récemment. Une troisième saison, plus internationale, est en cours de négociation.
Je ne m'étendrai pas plus, je voudrais juste conclure en parlant de cet axe triple qui explique, à mon sens, ce qui titille votre entendement :
1/ L'offre et la demande façonne l'ensemble de la production
2/ La nécessité de répondre à un modèle économique de plus en plus tourné vers la rentabilité à tout prix force les maisons de production à revoir leurs attentes en termes de qualité à la baisse. Et je ne parle pas seulement du porno. C'est la crise, ma bonne dame !
3/ Votre "ignorance" de ce qui se fait (très explicable par le fait qu'on ne fait en général pas beaucoup de battage autour de ce genre de films) vous pousse à prétendre que ce que vous espérez voir n'existe pas encore. C'est faux. C'est encore minoritaire, mais ça existe !
Voila, j'espère ne pas avoir été trop long pour exprimer, somme toute, ce qui se trouvait déjà éparpillé dans toutes vos interventions précédentes.
J'ai pas réinventé l'eau chaude, j'ai centralisé l'information, en tentant de l'expliciter.
A vous ! De naelin, posté le 11.09.09 à 21:19
Dans un sens comme dans l'autre, pour exprimer pleinement les fantasmes du public, il y a un jeu de dominant/dominé, même minime.
@ Mario : tu veux qu'on imagine ta sœur sous une douche de sperme ? Tu es un mauvais frère !
A gilles. Sincèrement désolée pour mon agressivité. J'ai vu rouge. Je me suis emportée.
A naelin. Permets-moi de relever ceci : "3/ Votre "ignorance" de ce qui se fait (très explicable par le fait qu'on ne fait en général pas beaucoup de battage autour de ce genre de films) vous pousse à prétendre que ce que vous espérez voir n'existe pas encore. C'est faux. C'est encore minoritaire, mais ça existe !"
Personne ne croit vraiment qu'il n'existe pas de bons films porno. La femme n'est pas encore suffisamment "libérée sexuellement" je pense pour aller au devant, pour chercher dans le domaine de la pornographie ce qui va réellement la stimuler, elle prend ce qui se trouve à sa portée : le fims du samedi soir à la télé... on s'attarde un peu devant la télé et, oh chouette, un film porno ! Un petit clic sur internet et sans avoir besoin de regarder un film en entier, on a accès à une profusion d'images des plus explicites. Ce que font d'ailleurs les ados ! Si l'âge moyen du premier rapport sexuel n'a pas changé, les jeunes ont largement expérimenté ce qu'ils appellent les "préliminaires", à savoir les pipes et les cunni !
J'avais récemment une discussion sur l'effet normalisateur du discours sexuel. Je vous laisse simplement cet extrait écrit par des hommes :
"L'homme qui veut passer d'un privilège de pouvoir absolu à un privilège de jouissance, appelle cela "révolution sexuelle" et fait de son maigre capital (éjaculation, sperme) la marchandise suprême, le nouvel argent en quoi tous les trajets libidinaux devront se convertir, se comparer, se rattacher. L'homme qui prélève dans son corps l'image génitale, la "libère" et donne cette libération pour celle de toute la société ; qui remplace l'assujetissement sur les femmes par son équivalent proclamé avec elles (le "je suis meilleur que vous" s'effaçant devant le "nous sommes tous pareils) et fait du même coup l'économie d'une répression ouverte en ce que loin d'interdire, il normalise, façonne des "besoins" nouveaux, forme les êtres à jouir dans des procédés spécifiques (modèle génital de l'orgasme). La ligne de partage ne passe plus entre le permis et le défendu mais entre la Norme et ses Ecarts, régulation qui, loin de maintenir comme l'interdit les pulsions refoulées mais vivantes, contraint tous les corps à somatiser l'organisation génitale masculine."
Du plaisir masculin, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il est bref et faible ; facile à obtenir, rapide à assouvir, pauvre en sensations. L'orgasme viril n'est pas comme l'extase féminine une transmutation du corps profane, une exploration subtile, l'éveil lent et délicat des virtualités inouïes de la chair ; mais une évacuation, un soulagement, l'annulation immédiate d'une tension. La sexualité masculine compte et parle donc de gaspillage ; désire moins le plaisir que le chiffre, moins la volupté que le pouvoir ; convoque les perversions les plus extrêmes pour contrecarrer sa monotone régularité... Le mythe viril de l'orgasme est d'abord préjudiciable aux hommes eux-mêmes !!!"
Le porno concourt simplement à entretenir ce mythe... et au passage enferme la femme dans son carcan !
De Femme, posté le 15.09.09 à 14:57Pardon, le porno "contribue", et non pas concourt, quelle idée !
Sinon cet extrait provient du livre "Le nouveau désordre amoureux" de Alain Finkielkraut et Pascal Bruckner paru il y a 30 ans et plus actuel que jamais.
De naelin, posté le 19.09.09 à 02:08J'ai un peu de mal à accepter de laisser dire que le plaisir masculin est "bref et faible ; facile à obtenir, rapide à assouvir, pauvre en sensations (...) une évacuation, un soulagement, l'annulation immédiate d'une tension."
Il peut être tout ça, mais il ne se résume pas à ces quelques épithètes choisis dans le but évident d'en faire une énumération fournie, mais sans répétition.
Le plaisir masculin, n'en déplaise à MM Finkelkraut et Bruckner, est plus profond qu'une simple éjaculation, plus subtile que la conclusion sordide d'un va-et-vient génital. Ce n'est pas uniquement l'aboutissement d'un coït, la vague conclusion poisseuse d'une excitation bestiale.
Il peut aussi être l'apothéose d'un moment complice, le parangon ornant une débauche de tendresse, le point culminant d'une ascension sensuelle, l'acmé ébouriffante d'une fusion des corps et des âmes, le paroxysme enivrant d'une débauche assumée et partagée, l'embrasement d'une inextinguible passion.
Et l'éjaculation n'en est qu'un signe avant-coureur, un indice - parfois trompeur - de la venue du plaisir, tantôt éclaireur précédant l'extase, tantôt crépuscule teintant l'orgasme d'une douce léthargie.
L'évacuation de sperme n'est PAS le plaisir.
Et bon weekend à tous.