
Efficace, la drague s'opère en trois temps.
1/ Solliciter tes reflexes conditionnés - toi spectateur lambda - par l'usage d'une calligraphie colorée estampillée "psyché" - devenue cliché. Un gimmick visuel facile et hop, te voilà à Woodstock. Jimi Hendrix, LSD, barbus et seins nus : ouah c'était le bon vieux temps, te dis-tu en tirant sur ta clope avec la mine nostalgique de celui qui n'y était pas. Trop snif.
2/ Insister sur ta fibre nostalgique - précédemment conditionnée dans l'étape 1 - en feignant l'authenticité, parce que le monde capitaliste de 2009 pue trop le factice et le dentifrice tu vois, le vrai truc c'était avant. Faux plis vintage de l'affiche = le temps qui passe = ça c'est vraiment passé ça mec.
3/ Porter le coup de grâce : "Inspiré d'un histoire vraie". C'est bon, tout est en place : tu es fin prêt à te laisser pousser les cheveux, à gambader dans la boue sous acide sur fond de solo guitaristique anti-Vietnam, et pourquoi pas à manger bio.
Et puis... Non. Hotel Woodstock coupe le son, troquant le kit trop cool man contre un drôle de tableau : un proto-geek et deux patibulaires septuagénaires dans un banal champs de vaches, sur fond de ciel banalement bleu. "Découvrez comment tout a commencé!", comprends-tu enfin. Tu veux bien te laisser convaincre, même si tu ne pensais pas que l'origine du Flower Power pouvait ressembler à tes vacances en Normandie. L'affiche d'Hotel Woodstock t'a bien eu.
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