
Les 2100 cinémas français vont éteindre leurs enseignes lumineuses ce soir, entre 18h et 19h. Initiée par la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF), ce geste a pour objectif de sensibiliser le gouvernement à la situation préoccupante des salles de cinéma.
En effet, si de lourds investissements ont permis aux salles obscures d'augmenter leur taux d'affluence ces dix dernières années, les équipements en question n’ont toujours pas été amortis, en raison de la trop faible augmentation du prix du ticket d’entrée.
L’adoption de la loi Hadopi n'est rien venue arranger puisque, dans l’effort de lutte contre le téléchargement illégal, le délai d'exclusivité pour les salles a été ramené de 6 à 4 mois; les films étant plus rapidement accessibles en DVD, le public risque de délaisser une nouvelle fois les salles obscures.
Voici le communiqué intégral de la Fédération Nationale des Cinémas Français :
LES SALLES DE CINEMA VONT MAL !
Pour manifester leur vive inquiétude auprès des pouvoirs publics face à leur situation économique dégradée, les 2100 cinémas de France s'unissent pour une opération symbolique en éteignant leurs enseignes lumineuses le mercredi 4 novembre de 18h à 19h
- Les salles de cinéma souffrent de difficultés économiques structurelles, aggravées par la nouvelle chronologie des médias
Les salles de cinéma ont investi près de 2 milliards d'euros en moins de 20 ans. Ces investissements ont été le facteur déclenchant de la relance de la fréquentation qu'a connu la France à partir de 1992. Cette croissance des entrées a profité en tout premier lieu aux films français dont les entrées ont plus que doublé depuis 1992 (+112%) contre une augmentation de « seulement » 23% pour les films américains et de 62% pour le total des entrées confortant les salles de cinéma dans leur rôle de premier contributeur de la filière cinématographique.
Cependant, ces investissements se sont effectués au prix d'équipements coûtant de plus en plus cher non seulement à construire mais aussi à exploiter. Le coût de la construction d'un fauteuil a ainsi augmenté de 87% en 10 ans, tandis que le prix du billet, contrairement à une idée reçue, n'a augmenté lui que de 11%, bien moins que l'inflation sur la même période (19%).
Le taux de taxe sur le prix du billet (TSA) de 10,72% est deux fois plus élevé que celui de la taxe appliquée aux chaînes de télévision et cinq fois plus élevé que celui du DVD et de la vidéo à la demande (VOD).
A la suite de la Loi création et Internet (Hadopi) et de la nouvelle chronologie des médias, la durée d'exclusivité d'exploitation des films par les salles de cinéma est désormais amputée du tiers (réduite à 4 mois) voire de moitié, et l'équilibre économique des salles déjà précaire est ainsi considérablement fragilisé. Dans ces conditions, de plus en plus de salles ne sont plus en mesure de faire face aux échéances.
- La situation économique difficile des salles de cinéma remet en jeu la création cinématographique et l'animation culturelle et sociale du territoire.Maillon essentiel de la création cinématographique, les salles de cinéma reversent 50% de leur recette aux ayants droit contre 20% pour la vidéo, 9% pour Canal + et 3,2% pour les chaînes en clair.
Quand on sait que les films français ont une part de marché de 45,4% dans les salles de cinéma contre 22% pour la vidéo, les difficultés économiques que rencontrent les salles ont un impact direct sur la création cinématographique de notre pays.
Les salles de cinéma sont également un pôle majeur d'animation culturelle et sociale des villes : elles sont bien souvent le seul lieu qui reste ouvert 365 jours sur 365 et la seule façade illuminée des centres villes. La France dispose du premier réseau d'Europe et du 3ème parc au monde (2100 établissements, 5400 écrans). Les salles contribuent au caractère d'exception culturelle de la France.
- Des mesures de rééquilibrage nécessaires pour rétablir une situation économique équitable
Des mesures rétablissant une situation à nouveau équitable doivent maintenant être prises sans délai par les pouvoirs publics pour assurer la pérennité des salles de cinéma. Voici les mesures qui doivent être prises de toute urgence :
- une baisse à 45% du plafond des taux de location des films actuellement fixé par la loi à 50%
- des mesures fiscales (exonération sectorielle de la taxe professionnelle, crédit d'impôts)
Si les pouvoirs publics ne prennent pas en compte ce cri d'alarme et n'agissent pas très vite, les salles de cinéma ne pourront survivre.
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Après, je ne suis pas forcément pour une diminution du prix du billet, je remets juste les pendules à l'heure.
Ensuite, à vous de chercher des cinémas moins chers - il existe tout de même un formidable réseau de cinémas de quartier en France dans lesquels les prix vont de 2 à 6 euros -, ou d'acheter des cartes illimitées qui, franchement, sont souvent amorties après deux ou trois films (sachant que ces mêmes cartes illimitées sont acceptées dans pas mal de petits cinémas parisiens). Si vous me répondez que vous n'avez pas "le temps" d'aller au cinéma trois fois par mois, alors dans ce cas inutile de vous plaindre du prix du billet, car ce n'est pas 10 euros dans le mois qui plomberont vos dépenses culturelles... Ou sinon vous n'allez pas souvent au théâtre. De Andy, posté le 05.11.09 à 00:18