En ouverture de la sélection Un Certain Regard, hier était projeté le film collectif Paris je t'aime. Composé de 18 courts-métrages réalisés par différentes pointures du cinéma, il a été tourné dans différents quartiers de Paris. L'exercice était d'associer à chaque arrondissement une histoire se terminant par un "je t'aime" plus ou moins énoncé. On trouve beaucoup de gens ici pour décrier ce film mais tant de haine ne se justifie pas. L'entreprise est très belle bien qu'un peu artificielle et renseigne assez sur le travail des réalisateurs qui se sont prêté au jeu.
Bien sûr la forme courte accentue les travers. Certains font des films bavards qui pourraient prendre la forme d'une nouvelle et on ne sait pas bien pourquoi ils ont choisi la forme filmée – c'est notamment le cas de Bruno Podalydès. D'autres tels Gus Van Sant ou Assayas, accentuent le travail de la lumière et fascinés par certains milieux, y plongent leur histoire quitte à verser dans la caricature : le film de Van Sant se passe dans le marais et insiste sur un Gaspard Uliel beau comme un mannequin de cover. Le réalisateur de Clean suit une actrice qui achète de la drogue.
D'autres encore restent dans leur univers. Wes Craven en joue d'ailleurs admirablement bien. Le maître du film d'horreur place son histoire d'amour au cimetière du Père Lachaise ! Tengo io et Leucemie détournent un peu l'exercice. Leurs films se passent à Paris mais pourraient se passer ailleurs. Un des meilleurs courts est celui des frères Coen : ils nous offrent quelque chose d'original et ont un propos très synthétisé. Ils font partie de ceux qui subliment le mieux le sujet. Ainsi Paris je t'aime est à voir parce qu'on aime le travail des cinéastes qui ont réalisé le film, avec leur défauts, qu'on peut ici mieux comprendre…
Paris je t'aime par Olivier Assayas, les frères Cohen, Sylvain Chaumet, Gus Van Sant etc...
France, 2h - Sortie en salles le 21 juin 2006
De éèëê, posté le 22.06.06 à 13:48 
Moui.. il est quand même très tiède, ce patchwork. J'ai été assez déçu par le
Assayas, et le
Wes Craven n'est vraiment pas extra. En fait, les bons moments ne sont pas faramineux (celui de
Cohen est quand même bien, c'est vrai) et les mauvais pas si mauvais. Y a de l'idée (
Sylvain Chomet) mais ça reste un peu artificiel, oui (
Vincenzo Natali). de la part d'autant de "pointures", on pouvait quand même espérer plus de... folies, je sais pas.