Summer palace : l'amour et la révolte

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Posté par Anne-Laure le 18.05.07 à 18:02 | tags : sélection officielle, cannes 2006, festival de cannes
A cannes, les films s'enchaînent et la course effrénée pour n'en rater aucun est perdue d'avance. Parfois l'écran surprend et arrête le festivalier dans son élan, histoire de lui murmurer : le cinéma n'est pas une accumulation de films vus... Ainsi de Summer Palace du chinois Lou Ye. A quelques mois des événements de la place Tienan Men, les facs chinoises sont en pleine effervescence. Hong Yu, une jeune lycéenne, est déjà au bord du monde. Elle vient de perdre son premier amour et connaît sa première douleur. "Le pire, c'est que je sais qu'il y en aura d'autres" constate déjà la jeune femme de manière terrifiante. En inscrivant ce fait dans le prégénérique, Lou Ye raconte les débuts de la vie d'une femme. Captant l'essentiel des sentiments de ses personnages, il travaille dans une belle économie de mots. Pas franchement besoin d'en dire plus que de montrer dans une juste lumière les corps pleins de désirs naissants, pleins d'envies changeantes et de déceptions rentrées. Au milieu des prémices du soulèvement Hong Yu étudie, fait des rencontres s'émancipe dans des cafés et des boîtes de nuit. Elle découvre les diverses formes de l'amour. Dans une sorte de fougue bravache, elle décide bientôt comme de n'en plus souffrir. Le monde bouge autour d'elle, combat, elle choisit d'être une machine de guerre qui à faire s'enfermer dans un amer cynisme. A peine 18 ans, la peur d'avoir mal la coupe peu à peu du monde. A force de s'endurcir pour ne pas souffrir, elle en vient par ne pas vivre sa vie et s'enfonce dans la spirale infinie de la douleur. Existant pleinement dans le cadre que la comédienne irradie de sa présence, ce personnage est coincé par la peur d'aimer. Alors que la Chine traverse un moment son Histoire, la jeune femme est préoccupée par la sienne, comme si elle plaçait l'amour au cœur de l'action politique. Au cœur du mouvement étudiant, elle n'est tiraillée que par les turpitudes de l'engagement et du laisser-aller. Summer Palace est toutefois un peu malade de sa fin. Le film dure plus de 2h00 et s'éternise inutilement. On a comme l'impression que les 40 dernières minutes sont destinées à la censure. Comme Tarkovski qui filmait des scènes dans le seul but de délayer l'attention de ses juges, Lou Ye (Su Zhou River) semble rajouter une dernière partie redondante à un film qui, s'il avait été plus court, aurait été un chef d'œuvre.

Summer Palace - Un film de Lou Ye
Chine, 2006, 2h20 - Sélection officielle, en compétition

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