Le samedi a commencé par la projection d’Anché libero va bene, une chronique de l’enfance tendre et inoffensive. Il s’est terminée par Shortbus (Voir la bande annonce du film), présentée en séance de minuit (ce qui signifie : images à ne pas mettre devant tous les yeux). Autant dire qu’au Festival, les extrêmes se suivent et se bousculent, dessinant un monde riche, complexe, multiple. Cette diversité qui se construit de film en film transparaît parfois au sein d’une seule œuvre, qui s’illumine alors de mille feux. Shortbus, le second long de John Cameron Mitchell (Hedwig and the angry inch, 2001), accomplit ce miracle. Le titre désigne une boite très spéciale où se croisent divers new-yorkais. Sa caractéristique est d’offrir un lieu où la sexualité peut s’émanciper, se révéler même. L’ambiance est joyeuse, musicale, calme, orgiaque. On sent la jouissance autant que la perplexité ou la lassitude. Un couple en mal d’orgasme y croise un trio d’homosexuels en quête de sentiments. Un ancien maire de la ville y butine de petits jeunes pendant qu’une prostituée SM cherche affection et écoute auprès d’amies. Cameron Mitchell orchestre ces rencontres dans un mouvement continue d’inventions et de découvertes. Il chante la diversité de nos émotions, littéralement par une bande son qui en fait presque une comédie musicale, et symboliquement par sa peinture d’une communauté en recherche d’union(s). Bariolé à l’image de cette vue aérienne de New-York, lumineux patchwork qui l'ouvre et le ferme, le film éclate à chaque instant d'un besoin de partage. S’il rend parfaitement compte de la solitude de chacun, il exalte aussi une multiplicité sexuelle et amoureuse, qu’il montre de manière frontale, sans hypocrisie, avec simplicité et humour. Nulle provocation ici, juste le désir de faire sentir les plaisirs, les inquiétudes et tristesses contenus dans les relations affectives. Au fond, Shortbus ne dit peut-être qu’une chose, avec intensité : si chacun doit vivre avec sa solitude, l’accepter, il doit aussi exister avec et pour l’autre, tous les autres, charnellement, spirituellement, sans méfiance. Le plaisir, le vrai, est à ce prix. Le public cannois a apprécié le message. A 2h30 du matin, le film a été comblé d’applaudissements. Dommage qu'il ne soit pas en compétition. Trop original, sans doute.
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je veux le regarder silvoupler
De bahareh, posté le 09.12.06 à 00:05
SHORTBUS is a GREAT MOVIE!!!! i love it !
je l'ai vue aujourd'hui
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