Nocturnes pour le roi de Rome : visions fantômes Ce film réalisé avec un téléphone portable a été présenté à la Semaine de la critique, dans la séance « Nouvelles images », que l’auteur lui-même, Jean-Charles Fitoussi, a préféré rebaptiser « Cinéma en liberté ». Et effectivement, cette dernière formule est la mieux appropriée pour une écriture affranchie des contraintes du cinéma traditionnel. L’usage de cet appareil si singulier n’est pas un exercice de style. A l’origine, Fitoussi avait en tête un projet réalisé avec des images floues. L’usage du téléphone portable s’est donc imposé de lui-même et la rencontre entre l’idée et l’outil s’est faite naturellement. Réalisé sur cinq mois, par touches et accumulations, ce Nocturnes pour le roi de Rome se composent d’images incertaines, presque hagardes. Elles sont les dernières visions d’un compositeur qui, à l’approche de la mort, regarde le monde et se souvient. L’objectif est si discret qu’il s’efface du paysage. Et avec lui, l’être qui alors regarde. Il en devient comme absent au monde qu’il contemple. Mais par une inversion étrange, ce dernier paraît lui-même peuplé de fantômes. Images de guerre, visages et corps de femmes, convives d’une soirée romaine à la recherche de je ne sais quel Marienbad, tous deviennent objets du passé. Ils sont les ombres qui hantent la mémoire du futur défunt. Jean Cocteau aurait apprécié. Où l’on voit, encore une fois, que la technologie n’est rien, mais l’idée est tout. Nocturnes pour le roi de Rome – Un film de Jean-Charles Fitoussi France, vidéo, 2006, 1h17 – Semaine de la critique CommentairesAjouter un commentaire |
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