Le grain est épais, rugueux. La lumière, intense ou nocturne, ne cherche pas à séduire. La vision est abrupte, directe, comme cette jeunesse d’Acapulco qui pendant près de deux heure se croise, s’invective, se chahute, se prostitue. Loin des clichés, de la ville solaire des cartes postales, Acapulco dans Drama/Mex, présenté à la Semainde de la critique, se montre dans toute sa franchise. Gangrenée par l’argent roi, machiste, impitoyable, elle s’ouvre le temps d’une nuit, du crépuscule à l’aube. Durant ces quelques heures, un employé de bureau aura dérobé la paye de ses collègues et, réfugié dans un hôtel minable, pensera à mettre fin à ses jours. Là il croisera une adolescente fugueuse, prête à la prostitution, ainsi qu’un trio de jeunes amoureux, pétri de rapports à la fois minables et passionnels. Tout cela bouge, virevolte, mais au fond, débouche sur bien peu de choses. Tout au plus sent-on émerger le constat d’une situation désespérée, illuminée par un seul éclat : celui d’une jeunesse qui, quoi qu’il arrive, restera elle-même, c’est-à-dire impatiente, imbécile, inconséquente, mais vivante. C’est ce qui sauve de désespoir l’homme prêt à rencontrer la mort. Et, in fine, le film lui-même, en l’éloignant d’un nihilisme trop appuyé pour être totalement honnête.
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pasé por aquí,
veo que conoces mucho de cine y de muy buen cine, Drama/Mex es una de mis películas favoritas, tuve la oportunidad de estar en la premiere, me alegra también ser de México.
seguiré revisando tu blog
bonn nuit