Claire Simon est avant tout connue pour son travail documentaire. Ça brûle !, présentée à la Qinzaine des réalisateurs, n’est pourtant pas sa première fiction. Pour autant, ce qui convainc le plus dans ce dernier film, c’est son rapport charnel au réel. Son histoire d’adolescente rebelle, devenant pyromane par amour pour un pompier qui la repousse, ne vaut pas tripette. Ce qui capte notre attention se situe ailleurs. Dans cette caméra où l’on sent en permanence, à chaque seconde, la présence d’une cinéaste amoureuse des corps, de leur peau, de leur force animale. Le cadre colle aux acteurs, à leur sensualité. Le grand sujet du film, celui qui suinte de chaque image, c’est le corps, dans toutes ses dimensions. Jeune, vieux, léger, lourd, sec, mouillé, féminin, masculin, humain, animal… La caméra en enregistre tous les états qui passent à sa portée. Elle les met en valeur, les vivifie, jusqu’à un point de fusion où la matière vivante ne fait plus qu‘une. La jeune fille, l’homme de ses désirs, le cheval qu’elle monte, tout semble emporté en un seul mouvement, atteignant un point d’incandescence qui brûle le regard. Quel dommage, après un tel apogée, que Claire Simon se sente obligée de pontifier sur la jeunesse, sur ce qui a ses yeux la caractériserait : son besoin de violence sans but, ses troubles générés par des pulsions naissantes, sa nécessaire révolte. D’un cas particulier, elle semble vouloir faire une démonstration. Presque un modèle. Sous le soleil du midi, en plein été, au lieu de s’en tenir à une intense peinture de chairs en devenir, vouées à souffrir sous l'effet d'une chaleur intérieure, elle se perd dans le discours. Dommage.
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Vivement le 16 Août jour de sa sortie ! De yann, posté le 04.08.06 à 14:46