Avec deux films présentés le même jour à Cannes, on peut affirmer que le 25 mai fut bel et bien la journée Louis Garrel (malgré son absence annoncée pour cause de représentation théâtrale). Le fils du génial Philippe (les Amants réguliers) est en train de creuser son sillon dans le cinéma français et d’imposer son style déphasé, en rupture avec notre époque, volontiers spirituel, exigent…en un mot : dandy. On a ainsi pu, ce jeudi matin, admirer sous toutes ses coutures son apollinesque stature dans le nouveau film de Christophe Honoré, Dans Paris, présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Plus qu’inspirée par la Nouvelle Vague, cette oeuvre compose une famille totalement inédite : Guy Marchand en papa poule un peu radoteur, Romain Duris en grand frère dépressif après avoir été quitté par sa femme, et Louis Garrel, petit frère drolatique et dragueur. Ce dernier nous renvoie souvent à Antoine Doinel, tant pour sa diction que pour sa volubilité insatiable et débordante. Deux éléments que l’on pouvait retrouver ce même jour dans un court métrage présenté en sélection officielle hors compétition : Un Lever de Rideau de François Ozon. D’après un texte de Montherlant, le cinéaste explore une veine qu’on lui connaît peu, qui évoquerait presque du Arnaud Desplechin. Centré sur le tandem Garrel/Amalric, il nous offre un dialogue enfiévré autour de l’idée d’exigence dans les sentiments. Un peu glacé et agaçant, on ne succombe pas moins au charme de Louis, sa fantaisie naturelle, son éternel air de ne pas être tout à fait là. Mais cette année à Cannes, on ne peut tout simplement pas le rater.
Réagir à cet article
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z