Présenté en séance spéciale à la Quinzaine des réalisateurs, Mala Noche, le premier film de Gus Van Sant, est une petite merveille inédite qui sortira sous peu sur les écrans MK2. Une plongée en noir et blanc dans le quotidien d’un garçon de Portland, Oregon, qui aime un jeune émigré mexicain qui ne l’aime pas en retour. Abordant l’homosexualité sur un mode qu’on ne lui connaissait pas, bien plus cru et direct que plus tard dans My Own Private Idaho, Van Sant filme ces visages, ces lieux qui lui sont chers, et les nuages en accéléré, avec déjà la grâce et la tendresse qui le caractérisent. On peut s’amuser à tisser les nombreux fils qui relient cette première œuvre au reste, mais Mala Noche existe très bien par lui-même, comme un blues burlesque et romantique en terre aride. Cannes nous donna cette année l’occasion de célébrer un des cinéastes les plus importants de sa génération. Par une standing ovation de 10 minutes, pour commencer, mais aussi au travers d’autres films, affirmant leur admiration pour GVS. Passons très vite sur Two Thirty 7, présenté à Incertain Regard, grossière photocopie d’Elephant sur un mode proche d’Hélène et les garçons - pour le jeu des acteurs, leurs physiques, et le degré intellectuel de la chose. Mais on retiendra surtout l’hommage de Daft Punk dans leur Electroma, qui se réapproprie Gerry pour l’emmener dans leur propre univers. Du navet à l’objet arty et brillant, GVS est en tout cas en train de s’affirmer comme un inventeur de formes incontournable. Applause.
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Et sinon, il boos sur quoi en ce moment Gus ?
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