
La chose a été dite et redite :
Indigènes évoque le sort des volontaires de nos colonies africaines, mobilisés sur le front allemand en 1944-45. Il se donne pour mission de montrer un épisode oublié de notre Histoire, et par là, de souligner la dette de la France envers ces populations. Jusque là, ça va. Réhabiliter une mémoire et mettre la république face à ses obligations (l’indemnisation de ces anciens combattants a été suspendue pendant la guerre d’Algérie, et le dû n’a toujours pas été versé) est une volonté louable. On serait même tenter d’applaudir, si un problème ne se posait : le film lui-même, dont la présence au sein du Festival est, je crois, purement politique.
Passons sur la mise en scène, incapable de saisir une action dans l’espace et de nous faire ressentir le poids de la guerre. Evacuons le jeu maladroit des acteurs, habituées aux productions françaises (dont
Jamel Debbouze, co-producteur du film) et parlant ici arabe - ce qui est logique. Et posons nous la question de la représentation. Pourquoi tous ces maghrébins font-ils allégeance au drapeau tricolore ? Aucun ne semble questionner son « appartenance » à la France et tous s’engagent volontairement, avec des mobiles diverses. Un fait est posé d’emblée : ils sont Français de cœur et d’esprit. D’où le scandale de la non reconnaissance de leur participation au conflit. En parallèle, le racisme hexagonal est cantonné à des caricatures (l’ancien de Vichy), les Français(es) accueillant à bras ouverts leurs sauveurs à la peau noire ou mâte. Vision discutable, au sein d’un film qui se veut exemplaire.
Edifiant, il déculpabilise notre rapport aux anciennes colonies : si la France ne s’est pas montrée à la hauteur des services rendus, la faute en incomberait à ses seuls dirigeants.
Indigènes, qui au fond ne parle jamais de la guerre, se veut réconciliateur et intégrateur. Il invite par l’implicite les Maghrébins vivant en Hexagone à se penser comme Français, et les nationaux à ne pas se sentir coupables du mépris subi par nos « étrangers ». Au vu de l’actualité récente (émeutes en banlieues, lois sur l’immigration et sur notre passé colonial), ce discours, simpliste, est trop circonstanciel pour ne pas être taxé de manipulateur.
Indigènes – un film de Rachid BoucharebFrance, 2006, 2h05 – Sélection officielle, en compétition
Je suis allée voir le film hier soir et j'en suis encore fortement troublée.
Je suis sortie de la sallle de ciné la gorge serrée et les nerfs gonflés à bloc.
Ce film est dur, il fait mal car essentiellement VRAI. Nos ancêtres (je suis d'origine marocaine) ont été les grands oubliés des livres d'histoire, je ne me souviens pas avoir étudié ces faits pendant toute ma scolarité, tous les livres scolaires que j'ai pu ouvrir semblaient tous avoir perdus la mémoire ou peut être n'avais je peut être pas prêté attention à une astérix à peine visible !!!
Je ne peux taire ma révolte face à tant d'injustice et de mensonges, cette non reconnaissance de nos pères je la ressens comme une blessure en plus, une trahison car il n'y a pas d'autres mots pour décrire cette ignominie de l'Etat français.
Merci à JAMEL et à toutes les équipes du film pour ce film qui d'ailleurs est plus qu'un film pour moi, je conseillerais à tous les professeurs enseignant dans leur programme la 2ème guerre mondiale d'emmener leurs élèves au cinéma cette semaine.
L"émotion" de Chirac après la diffusion de ce film ne me touche en rien, je la trouve fausse, vu sa position et son attachement à De Gaulle il ne pouvait ignorer ces faits historiques, il aurait dû agir AVANT, les tirailleurs africains ont pour beaucoup vécus dans la misère et sont de vieux messieurs aujourd'hui, ça ne coûtera donc pas beaucoup à notre chère France.
Je suis en colère et le mot est faible, La France se doit de demander Pardon à tous ces hommes vivants ou morts aujourd'hui, Pardon à leurs enfants et à leur famille pour les avoir utiliser comme de la chair à canon, comme une arme stratégique dont on se débarrasse une fois usée.
J'ai Honte aujourd'hui pour ce que l'Etat Français à fait à nos ancêtres, un devoir de mémoire s'impose à la France....
De homme-hirondelle, posté le 03.10.06 à 03:22habib
De habib moufaddal, posté le 02.04.08 à 13:09
EL HANNI THAMI a du blues dans les veines ,ses hirondelles iront loin,
avec un bémol au theatre med 5.
De Jas, posté le 07.04.08 à 21:14J'ai trouvé ce film très émouvant et très réaliste aussi, parce qu'il dénonce l'absence de reconnaissance du système français en entier face à tous les volontaires des colonies française qui ont donné leur vie, probablement par lavage de cerveau et manipulation de la part de la France, espérant à tort une reconnaissance qui ne viendra sans aucun doute jamais.
Au contraire de Manu, je pense que ce film culpabilise d'un bout à l'autre le colonialisme et néocolonialisme français, d'hier et d'aujourd'hui. On y montre l'ampleur de la manipulation et l'utilisation de ces braves soldats musulmans, convaincus de leur tâche beaucoup plus que les généraux français qui les utilisaient comme chair à canon.
Est-ce qu'on indemnise de la chair à canon?????? ce n'est certainement pas Sarko qui va le faire.
Bravo particulièrement à Jamel Debbouze et tous les autres, surtout à Roschdy Zem (Messaoud) Je ne suis pas arabe ni française, mais j'ai pleuré à plusieurs reprises en visionnant le film. L'Islam est la plus belle des religions quand on la considère comme il se doit, c'est celle du courage.
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De liza, posté le 22.05.09 à 02:12