Les caméras rivées sur Kirsten, Sofia et Penelope ne se sont guère attardées sur lui, et pourtant, Ken Loach fait depuis longtemps partie des cinéastes qui comptent. Avec douze films présentés en compétition et de nombreux prix, Le Vent se lève offre au réalisateur la consécration. Passionné d'histoire, l'engagement du cinéaste transparait souvent dans ses films : la revendication syndicaliste d'une femme de ménage mexicaine dans Bread and Roses, la guerre civile espagnole avec Land and freedom et, dans Le Vent se lève, la lutte indépendantiste irlandaise contre les Anglais au début du siècle. Représentant aux côtés de Mike Leigh (All or nothing) et Stephen Frears (High Fidelity) du néo-réalisme anglais, Ken Loach choisit souvent de montrer l'envers de la société anglaise, le monde des travailleurs et l'âpreté de la vie quotidienne. Mais ses films ne se réduisent pas à cela. Point de misérabilisme complaisant chez Ken Loach. Le cinéaste réussit toujours à dépasser le "fait social" pour aller vers autre chose : l'humanité des personnages, et l'espoir malgré tout dans My name is Joe ou Raining Stone. A l'image de Kes (illus.), l'histoire d'un petit garçon qui réussit à dompter un faucon, le réalisme documentaire est toujours sublimé. Travailleur social du cinéma anglais, Ken Loach, l'air de rien, fait de la poésie.
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