MAJ : consultez prochainement le palmarès du festival de Cannes 2007 ici.
On attendait les outsiders. On a eu la vieille garde. D’un jury présidé par un cinéaste peu orthodoxe, on pouvait espérer un peu plus d’audace. La déception fut donc à la hauteur de l’attente. Encore une fois, dirons-nous, tant les derniers palmarès (exception faite des choix présidés par David Cronenberg, d’heureuse mémoire) ont semblé chercher systématiquement le consensuel. Il est remarquable que trois des films primés cette année (
Indigènes,
Le Vent se lève,
Flandres) évoquent la guerre et ses conséquences. On sent là une volonté démonstrative, un besoin de faire sens. Oui, mais à quoi bon ? Le
Festival de Cannes est-il une rencontre artistique, en recherche d’innovation, ou une simple vitrine pour valeurs universelles ? Autrement dit, le Festival serait-il en train de se transformer en messe œcuménique ?
Car c’est bien le cinéma lui-même, entendu comme art de l’image en mouvement, qui semble avoir été oublié par ce palmarès. Ainsi, seule une volonté de faire hommage justifie ce prix d’interprétation attribué à un collectif d’acteurs qui, dans
Indigènes, ne jouent jamais à l’unisson (mais n’ont pas manqué, durant cette célébration de la mort de l’esprit critique, de pousser un chant militaire fort applaudi, et néanmoins très discutable). Et quid de la Palme d’or au
Vent se lève de Ken Loach? Ce film, qui nous a fortement déplu, est loin d’être le meilleur d’un cinéaste estimable mais inégal. Mais cette récompense vient à point nommé couronner la carrière d’un artiste septuagénaire. Quant au prix du scénario à Almodovar pour
Volver, cela ressemble à une blague et un aveu. Une blague, car ce script, même parfait, est
pompé sur les mélos américains et n’a rien d’innovant. Et un aveu, car saluer ce cinéaste si visuel pour autre chose que sa réalisation montre la légèreté sinon le mépris avec lequel le jury a traité l’idée même de mise en scène.
Comme disait un producteur d’Hollywood, si vous voulez faire passer un message, passez plutôt par la poste. Aujourd’hui, il dirait plutôt : faites vous sélectionner à
Cannes. En résumer, tout ça sentait un peu la poussière et le monument commémoratif. Et à part la présence de
Flandres au Palmarès, on n’a aucune raison de se réjouir de cette litanie de prix digne d’une cérémonie pour « people » bien pensants.
MAJ : prochainement, le
palmares de Cannes 2007.
Kill Cannes. (^_^) De elfi, posté le 29.05.06 à 16:27
Juste, donner la palme d'or à michael Moore, ça c'est démago. La donner à Ken Loach, ça me parait pas complètement déplacé. Il fait partie des 10 plus grands réalisateurs actuels, et je ne crois pas que Le vent se lève ait été spécialement mal accueilli...
De elfi, posté le 29.05.06 à 16:28