
Pour clore la rétrospective Rainer Werner Fassbinder, il fallait bien un film coup de poing, un dernier cri jeté à la gueule du monde, une oeuvre où se mêlent violence et tendresse jusqu'à l'overdose : il fallait bien l'Année des 13 lunes. Réalisé en 1978, ce film relate l'histoire véridique d'un amant de Fassbinder, transexuel et désorienté qui finit par se suicider après sa rupture avec le cinéaste. Ecrit, mais aussi tourné et monté "à chaud" par un Fassbinder en pleine douleur du deuil, le film suit la détresse d’Erwin/Elvira jusqu’à sa mort. Magnifiquement interprété(e) par Volker Spengler, ce personnage nous rappelle que, paradoxalement, dans ce cinéma des passions compulsives et des rapports humains/politiques sado-masochistes, le suicide était jusque là assez peu présent chez Fassbinder. Ici, malgré un enchevêtrement de scènes inégales, trop vites tournées/montées, l’émotion naît dans la douleur la plus brutale, pour le personnage comme pour le spectateur. La scène la plus mémorable du film, où Elvira narre son amour du théâtre à Zora la rouge, sa seule amie (Ingrid Caven, égale à elle-même, sublime), se déroule ainsi dans un abattoir. Pendant 10 bonnes minutes, Fassbinder impose au spectateur le spectacle des bœufs décapités puis évidés au premier plan, alors que ses actrices trottinent en talons compensés au milieu des carcasses. Rouge sang, l’écran devient le portait « à vif » des sentiments d’Elvira, et gore se met à rimer avec cœur.
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J'ai bien aimé, également, les textes sur les DVD Fassbinder sur le magazine Fluctuat.net. Rita, c'était vous (Laurence) ? Ou vous (Marie) ? Ou quelqu'un d'autre encore (Sandor est-il une femme ?)
De rita, posté le 27.06.05 à 12:45
Mystère, mystère... le dévoiler apporterais si peu de choses...
Quant à Sandor...
De Sandor, posté le 27.06.05 à 15:14
Tout ce que je peux dire, à ce stade, c'est que Rita n'est pas moi...
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