L’aire d’autoroute était calme au crépuscule. Quelques familles passaient en transit vers leur destination estivale, des bribes de musiques éparses étaient entrecoupées de bruits de moteur et des cris d’enfants. Jeremy et Thomas attendaient, se contentant d’observer le non paysage de cet espace abstrait où seul l’humain subsistait. "En soi cet endroit n’est qu’un concept", pensait tout haut Thomas. C’est comme ce film de Fuller, White Dog, il n’a rien à voir avec les autoroutes mais c’est un concept. "Plus précisément, c’est la tentative d’éradication d’un concept (et son action sur le réel) : le racisme".- "C’est celui sur ce chien dressé pour tuer les noirs ?" ajouta Jeremy les yeux mi-clos, une cigarette entre les lèvres. Oui, ce chien blanc sans nom sauvé par une jeune actrice, elle tombe amoureuse de lui lorsqu’il lui sauve la vie, elle croît pouvoir le guérir, se refusant à ce qu’il termine au four crématoire de la SPA. Elle espère inverser le mal de l’homme placé chez le chien, mais c’est irréversible, une question d’éducation. C’est un film de gros plans, Fuller en mettait partout, sur le chien surtout, et sur les regards beaucoup. Il jouait sur le champ/contre-champ, c’était sa question, la même que Godard son disciple, ou presque. Comment regarder l’autre au plus près, même à travers l’innocence corrompue de l’animal transformé en monstre, c’était tenter un discours sur l’humain par le chien. Faire une allégorie sur l’absurdité du racisme. C’était un peu simple mais, comme disait Truffaut de Fuller, jamais simpliste. La monstruosité de l’animal n’était pas la sienne, on lui avait enseigné la distinction, et même lorsque celle-ci pouvait être enfin effacée, restait la violence, la folie meurtrière. White Dog voulait un peu dire tel chien tel maître. Pour Thomas le moment le plus violent n’était pas l’une des scènes de meurtre, mais celle où le maître vient chercher l’animal avec ses filles. C’est l’effroi qui nous saisit, le vrai visage du monstre apparaît enfin, humain, père de famille, n’importe qui. "Pas son meilleur film", murmura Jeremy. Peut-être, mais une fable d’une lucidité et d’un humanisme immense.
Dressé pour tuer (White Dog)
Samuel Fuller, 1982
Ciné-Cinéma Classic, mercredi 29 juin à 2h55
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J'aime ce film depuis très longtemps, malheureusement je l'avais en k7 et mon pere l'a effacé, et depuis, je n'ai jamais pu remettre la main sur une cassette ou meme en version dvd (si ca existe) de ce film! mais je veux l'acheter!! connaissez vous un endroit ou je pourrais me le procurer??
je vous en remercierais infiniment
De J.D, posté le 03.10.05 à 18:37
Non malheureusement, à part peut-être dans certains vidéo club (Vidéo Shère à Paris ?, Atmosphères à Lyon ?), ou encore de guetter une rediffusion sur le câble. Sinon vous pouvez aussi toujours lire le livre de Romain Gary que Fuller a adapté, White Dog donc, du même nom, qu'on trouve par exemple ici : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/0226284301/qid=1128357379/sr=8-12/ref=sr_8_xs_ap_i12_xgl14/171-3977822-8685859
De Jim, posté le 28.01.07 à 02:49
Oui, chère Julie ! Je l'ai trouvé. Vous pouvez l'acheter sur Price Minister : http://www.priceminister.com/offer/buy/1659562/Dresse-Pour-Tuer-VHS.html
De demilouve, posté le 04.11.07 à 23:33
C'EST UN FILM SUPER génial que j'ai découvert il y a quelques années et que j'aimerai pouvoir regarder de nouveau via mon pc
De demilouve, posté le 04.11.07 à 23:33
C'EST UN FILM SUPER génial que j'ai découvert il y a quelques années et que j'aimerai pouvoir regarder de nouveau via mon pc
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