Honneur aux dames... Les femmes ne sont pas en reste cette semaine avec les sorties de
Nausicaä (illus.gche; le second long métrage de
Hayao Miyazaki, inédit depuis 22 ans!),
Rosario (illus. centr.; un polar colombien entre réalisme et effets à la mode, où la belle est encore une fois fatale),
La jeune fille de l'eau (le nouveau mystère de M. Night Shyamalan, qui risque de tourner court, tant sa naïveté affichée peut laisser perplexe),
Citizen dog (illus. dte; une romance thaïlandaise farfelue),
Chocker Bali (depuis
Devdas, Aishwarya Rai l'indienne au sublime regard fait tourner pas mal de têtes, y compris dans ce drame social tiré d'un classique de la littérature bengalaise) et les reprises des
Passagers de la nuit (avec le couple Bacall/Bogart),
La Blonde ou la rousse (ah! Rita Hayworth) et
La Soif du mal (où Janet Leigh et Marlène Dietrich, splendide de négligé, volent la vedette à Charlton Heston). A cela il faut ajouter
Selon Charlie, mis en scène par
Nicole Garcia, que l'on évoque avant tout par galanterie car à côté du Ken Loach,
Le Vent se lève, sa chronique du mal-être du mâle français fait bien pâle figure. Autant la Palme d'or donnée à l'anglais reste discutable (car s'il fait oeuvre cette fois de finesse dans sa mise en scène - quoiqu'en disent les mauvaises langues -, son cinéma reste très classique), autant on comprend que le film de Garcia ait pu être reçu froidement à
Cannes. Et si
Le Vent se lève donne une image pas très reluisante de la gente masculine, ce ne sont pas les autres sorties qui vont remonter le niveau. Les acteurs digitaux de
Monster house (qui n'a de monstrueux que son esthétique en motion capture, nouveau truc du producteur
Robert Zemeckis après
Le pôle express) n'ont que peu à voir avec l'humain. Et
Taxidermie, ou comment, après
Hic et ses effets tocs, faire perdurer une imposture qui semble avoir trouvé son public, et
L'immeuble Yacoubian, peinture maladroite de l'avènement de l'extrémisme islamique en Egypte au cours des 50 dernières années, n'y changeront rien. Seule peut-être la musique arrivera-t-elle à redorer le blason de cette virilité bien mal au point, avec les documentaires
Teshumara, les guitares de la rébellion touareg et
Ali Farka Touré, le miel n'est jamais bon ans une seule bouche. Ceci étant écrit sans esprit revanchard ou misogynie, mesdames.