Begotten à l'étrange festivalPosté par Manu le 04.09.06 à 13:18 | tags : étrange festival
La 14ème édition de L’Etrange Festival, manifestation très attendue des amateurs de ciné en marge, a débuté mercredi dernier et se tiendra jusqu’au 12 septembre à Paris, au Grand Rex et juste en face de ce dernier, au Cinéma du monde. Au milieu des séances interdites aux moins de 16 ou 18 ans, on peut découvrir cette année entre autres perles noires un hommage au japonais Sono Sion (dont sera projeté le célèbre Suicide club, le 8 septembre à 21h30) et quelques séances spéciales et avant-premières croustillantes (dont Severance, le 6 à 21h45, qui sortira en salles le 18 octobre 2006 et dont on dit déjà le plus grand bien). Parmi elles, notons une curiosité, Begotten (illus.) de E. Elias Merhige, que le distributeur vante en ces termes : « ce film, unique dans l'histoire du cinéma, date de 1991 et peut enfin de nouveau être montré. Attention cependant, il s'agit d'un film extrêmement radical, expérimental et poétique, insupportable et inoubliable. Pour J. Hoberman du Village Voice, Begotten fait passer Eraserhead pour Le Père Noël est une ordure et pour Susan Sontag, c'est un des films les plus importants de l'histoire du cinéma. ». Alléchant ! La projection de Begotten, ce sera le mardi 5 à 22h. Pour le reste, direction le programme à télécharger sur le site du festival.Commentaires
De minos801, posté le 06.09.06 à 12:11
![]() En effet, Begotten est exactement ce que Manu avertissait : radical, expérimental et poétique, insupportable et inoubliable. A peu près dans l'ordre inverse d'ailleurs : demandez aux 200 personnes ayant rempli la salle du cinéma du monde (spécialiste en truquerie hors EF2006), et dont très peu (tout compte fait) ont quitté la projection en cours. On peut toutefois reprocher à Begotten de posséder trop peu de visibilité pour le rendre agréable à regarder, au delà de la recherche esthétique évidente mais hélas souvent inaccessible sous une épaisse couche de mauvaise qualité d'image. De kether, posté le 06.09.06 à 16:01 ![]() Mardi juste un film au programme, mais du costaud. BEGOTTEN de E. Elias Merhige : 1 H 18. La salle est comble et devra même refuser du monde pour cause de fauteuils cassés. Avant le film, un avertissement. Film daté de 1991 et invisible dans les conditions « cinoche », existe en DVD mais très peu projeté en salle. D’ailleurs la copie étant celle de l’auteur, la séance de ce soir est une rareté. Après quelques cartons poétiques et écorchés on plonge dans un univers étrange, en noir et blanc, avec une image travaillée jusqu’à l’intangible. Begotten est un film expérimental basé sur quelque obscure mythologie indo-européenne. Un dieu s’éventre lui-même et enfante de la déesse terre qui elle-même, après avoir récupéré un peu de sperme du dieu suicidé va enfanter d’un homme de chair et d’os. La déesse et son fils seront victimes d’hommes masqués (façon nazzgul), agressés, démembrés avant de renaître puis d’être à nouveau réduits en morceaux par d’autres êtres masqués. Au final, l’un des êtres masqué donnera l’impression de vouloir re-créer une nouvelle créature avec les bouts des cadavres. (enfin ça c’est mon interprétation). Tout est filmé dans un noir et blanc saturé qui donne au film une intemporalité totale ainsi qu’une vibration douce et hypnotique. Oui, il est impossible de se détacher de cet objet cinématographique non identifié. Musique profonde, respiration, soupirs, craquements. La bande son n’est pas en reste. On ne comprend que peu de chose mais l’envoûtement est là. Pas loin d’un Tetsuo ou d’un Organs pour certaines scènes délirantes de massacre, (la déesse mère se fait violer par un sorte de burin avant d’être aspergée d’acide sulfurique et de devenir une masse indistincte), ce film fascine, intrigue, répugne par certaines scènes et les images résonnent avec d’autres images de notre monde, guerres, charnier, pollution. Une séance marquante ! Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum cinéma :
|