La ballade de Narayama Parmi les bonnes nouvelles la rentrée, vous pouvez compter sur l'édition dvd d'un film des studios de la Shochiku : La ballade de Narayama de Keisuke Kinoshita . Il dresse le portrait d'un Japon régi par des coutumes ancestrales. Le film raconte l'histoire d'Orin, une femme de 70 ans qui tente de convaincre son fils Tatsuhei de la porter sur son dos, conformément à la tradition, jusqu'au sommet du Mont Nara. Là bas, elle pourra mourir sans être à la charge de la communauté.Kinoshita a choisit de raconter son histoire sur le mode de la représentation théâtrale, un parti pris radicalement différent de celui très réaliste d'Imamura qui réalisera sa propre version en 1983. Les personnages de Kinoshita évoluent dans des décors reconstitués en studios, éclairés à la lumière artificielle. Comme au théâtre, on ne les voit jamais en gros plan. On pense à de curieuses bêtes isolées dans une nature factice (un zoo?). Car c'est bien d'animalité que parle la ballade de Narayama. Les hommes affamés se transforment en bêtes, les plus faibles sont éliminés au mépris des liens de filiation et ceux qui refusent de se soumettre à la tradition sont exclus de la communauté. Aussi lorsque dans la maison voisine, le fils laisse mourir de faim son propre père, c'est tout le caractère inhumain des traditions japonaises qui se fait jour. Le salut vient de l'amour qui dépasse la douleur de la séparation, qui soude une famille, comme un petit groupe entré en résistance. En se rendant dans la montagne, la vieille Orin, offre sa vie pour soulager celle de sa famille affamée tandis qu'en accompagnant sa mère, c'est une leçon d'humilité que reçoit le fils. Vanité, vanité... Les décors minutieux et splendides, les déplacements de la caméra, les déplacements de pans du décor comme s'il s'agissait de rideaux et les jeux de lumière et de filtres colorés, tout concourt à donner à situer le récit dans la tradition du théâtre et à donner une tonalité tragiques aux événements. Une pépite éditée par MK2. Bonus du DVD
Commentaires
De CF, posté le 14.09.06 à 11:17
![]() Humm je connaissais uniquement la version d'Imamura primée à Cannes...De quelle année est celle-ci? De jypegue, posté le 14.09.06 à 11:49 ![]() 1958 et c'est vraiment un petit bijou, à mettre entre toutes les mains. De CF, posté le 14.09.06 à 12:08 ![]() Merci! Ajouter un commentaire |
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