Entrée en matière sulfureuse, comme il se doit, pour cet Etrange Festival 13e édition, avec une avant-première d'un premier film qui a déjà fait couler beaucoup d'encre à Cannes cette année : The Great Ectasy of Robert Carmichael. Réalisé par Thomas Clay, un Anglais issu de la musique contemporaine plus que du cinéma, ce film coup de poing aurait pu être un des plus beaux "ofni" du moment si sa magistrale rigueur ne s'effondrait malheureusement en une fin de parcours hystérique. Vendu pour la violence de cette scène finale, sensée en faire un enfant d'Orange Mécanique, film culte du metteur en scène, le film impressionne beaucoup plus par la tension qu'il fait naître dès ses premières images. Cinémascope au couteau, regard posé en longs plans sur une ville portuaire pauvre, décors grandioses devant lesquels des gosses paumés viennent fumer leur dope, le film accompagne au plus près les petits traits de la violence quotidienne. On pense beaucoup alors à Alan Clark, réalisateur du premier Elephant, ainsi quà Gus Van Sant par l'utilisation de la musique. Cela jusqu'à la véritable immense scène du film, celle d'un viol, d'autant plus insoutenable qu'on ne la verra pas. Arrivé là, et sans doute poussé par cette tendance forte à cloturer les scénarii par des coups d'éclats en forme de fait divers, le film dérape totalement, et s'achève dans une chorégraphie macabre grand-guignolesque hors de propos. Dommage, car sur sa première heure, The Great Ectasy... fait preuve d'une virtuosité impressionnante. On en reparlera forcément.