Cinéma de la lutte, cinéma en lutte... les images sortant cette semaine se veulent aussi politiques et revendicatives. Avec en tout premier lieu,
Indigènes (illus. gche) de Rachid Bouchareb, produit par Jamel Debbouze. Au delà du fait que le film milite explicitement pour la reconnaissance des anciens combattants venus de nos anciennes colonies et pour le versement des pensions qui leur sont dues, et avec tout le respect que l'on peut avoir pour son réalisateur et ses interprètes, évidemment sincères, on peut s'interroger: ce film ne cherche-t-il pas à valoriser un sentiment nationaliste chez nos jeunes issus de l'immigration et qui seraient soi disant en mal de repère? Les propos de l'acteur-producteur disséminés ici et là ne font d'ailleurs aucun doute. On peut seulement se demander si le cinéma doit servir aussi à ça et surtout si finalement le propos de ce film, qui use parfois de moyens propagandistes (simplification et détournements des faits historiques) ne se retourne pas contre lui. Au fond,
Indigènes ne parle peut-être pas tant des anciens combattants que des immigrés d'aujourd'hui, en mal de reconnaissance. Ce qui pose un certain problème, je crois, car on ne mélange pas les temps impunément. Relire le passé à l'aune du présent est une erreur qui débouche parfois sur le contresens. Cette ambiguité, on ne la retrouve acuncunement dans le document efficace de fernando Solanas,
La Dignité du peuple (illus. centr.) qui fait suite à son
Mémoire d'un saccage, lui aussi film de mémoire sur les années noirs qu'a connu l'Argentine contemporaine. Ni dans les chansons d'un Neil Young, qu'un réalisateur talentueux et ami, Jonathan Demme, a filmé en concert - ce qui a donné le beau
Heart of gold (illus. dte).
Néanmoins, toutes réserves mises à part, il faut bien reconnaître que
Indigènes et ces derniers films ne manquent pas de souffle. On y voit un cinéma confiant en son pouvoir. Ce qui est loin d'être le cas dans le verbeux et ennuyeux
Les Amitiés maléfiques. Ou dans
Le Diable s'habille en Prada, comédie US efficace mais qui ne prend aucun risque et s'enfonce dans la bête caricature. On peut y préfèrer la virulence des films engagés, mêmes maladroits.
Autres sorties :
Hard Candy, Voiture de luxe, Monsieur et monsieur, She's the man
Cette phrase est d'une bêtise absolue. Elle est paternaliste, faux-cul (la réponse est dans la question) et vacharde ("soi disant"). Vous vous y connaissez sans doute beaucoup en cinéma, mais de toute évidence vous n'êtes pas un très grand politicien. De Trabendo, posté le 28.09.06 à 22:38