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La programmation commentée de l'auditorium, la salle de cinéma du Louvre. Voir aussi la ciné-club.

L'Enfer, film inachevé de Clouzot, réapparaît

Posté par Van le 26.11.07 à 15:27 | tags : films perdus, classique, auditorium du louvre

Dans son édition datée de demain, Le Monde consacre sa page 3 au mythique film jamais achevé de Henri Georges Clouzot, L'Enfer, qu'un infarctus avait définitivement compromis en 1964.

On y apprend quelques détails de l'histoire de ce film, que Clouzot envisageait visiblement comme son chef-d'oeuvre, extrêmement ambitieux sur la forme, qui devait être un drame fantasmagorique sur la jalousie où tout se jouait entre Romy Schneider et Serge Reggiani.
Différents états du scénario furent plus tard présentés à Marin Karmitz par la veuve de Clouzot, et à Claude Chabrol qui en fit son Enfer à lui, en 1994.

Les quinze heures de rushes tournées étaient bloquées jusqu'ici par les assurances qui avaient perdu énormément d'argent dans l'affaire, dont Serge Bromberg a racheté les droits et dont une partie sera montrée pour la première fois le 16 décembre à 17h à l'Auditorium du Louvres : 15 minutes de bouts d'essai et de prises de vue, dans lesquelles on découvre des scènes étonnantes, et une Romy Schneider torride comme jamais. "Largement de quoi perdre son sang-froid" selon Jacques Mandelbaum, l'auteur du papier. 

Avis aux amateurs. 

 


Wagner est-il pop ?

Posté par Sandor le 21.02.06 à 20:05 | tags : auditorium du louvre, musique, star wars, musique au cinéma


Wouf ! Je vois déjà se froncer les sourcils des wagnériens les plus conservateurs (euh, c'est pas un peu tautologique, ça ? sans doute...) Pour ma part, j'appartiens à la génération de ceux qui ont découvert Wagner avec le Ring de Boulez mis en scène par Chéreau en 1976. 1976, c'est-à-dire pile un an avant la sortie au cinéma de Star Wars, dont les analogies scénaristiques avec le grand oeuvre wagnérien sont évidentes : les amours incestueuses des frères et soeurs Luke/Leïa et Siegmund/Sieglinde (ah ! le premier acte de La Walkyrie, peut-être la plus belle évocation musicale de l'amour jamais composée...), la puissance du sabre laser vs. celle de l'épée Nothung, l'antre du nain Yoda et la forge du Nibelung Mime, l'innocence du jeune Luke/Siegfried vs. la déchéance du père Dark Vador/Wotan, etc. Il y aurait en fait beaucoup à dire, et beaucoup est d'ailleurs déjà évoqué dans une excellente BD sur Wagner publiée à Londres il y a déjà 10 ans (collection "... for beginners").
Mais au fait, pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que dès jeudi 23 février au soir (après-demain), l'auditorium du Louvre célèbre Wagner par presque un mois de projections comprenant des captations des plus belles représentations de ses opéras (Boulez donc, mais aussi Toscanini, Karajan, et même... Karl Böhm, oui, Karl Böhm himself !) mais aussi des films que le génial compositeur a inspirés à de grands cinéastes comme Hans Jürgen Syberberg ou Werner Herzog. A ne pas rater également, le 18 mars à 17h30, la séance dédiée à la version de Tristan et Isolde que Daniel Barenboïm avait osé donner en Israël (pardon... à Jérusalem) en 2001. Et aussi la soirée du 9 mars consacrée aux versions hollywoodiennes des opéras de Wagner (mais pas à Star Wars), pour enfin tenter de répondre à la question : Wagner est-il pop ?

Laurent Garnier : archives Gaumont + électro

Posté par Sandor le 19.01.06 à 15:56 | tags : musique, auditorium du louvre, cinema muet, musique au cinéma








Finis Terrae (Jean Epstein, 1929)Ca pourrait devenir un peu lassant : j'en ai presque moi-même un peu marre de vous signaler toutes les bonnes initiatives de l'auditorium du Louvre mais bon, elles sont tout de même nombreuses, alors c'est reparti. Cette fois-ci, c'est Laurent Garnier. Le Magic French Guy des clubs de Manchester était sans doute plus affûté - et surtout plus fin - quand il enchaînait en glissando une variété assez incroyable de riffs électro dans les années 1990, mais il a gardé un bon sens du rythme, et un certain amour des vieilles pelloches. Il y a deux ans, il investissait le Palais de Tokyo pour accompagner les films des opérateurs Albert Kahn, partis il y a presque un siècle dans de lointaines contrées pour y enregistrer des expressions culturelles déjà menacées par la standardisation occidentale des modes de vie. Cette fois-ci, ça se passe au Louvre, donc, et Laurent Garnier programme un cycle de projections mensuelles où les archives Gaumont des années 1900-1920 défilent aux sons produits par des musiciens électro. Début du cycle ce vendredi à 20h : les excellents dj's marseillais de Troublemakers accompagneront un ensemble de films de Segundo de Chomon, Gaston Velle, Ferdinand Zecca... Et réserver dès maintenant son 21 avril pour ne pas manquer Finis Terrae de Jean Epstein (1929 - illus.) et Laurent Garnier himself à la sono...

Faust : au diable la philo !

Posté par Sandor le 12.01.06 à 13:24 | tags : web, cinema muet, auditorium du louvre, musique


Et patatras ! La conférence de Peter Sloterdijk, qui devait introduire la projection du Faust de Murnau (illus.) ce soir à 20h30 à l'auditorium du Louvre, vient d'être annulée. S'en plaindra-t-on vraiment ? Pas sûr, tant la glose du philosophe allemand sur "la transformation des Erinyes à l'âge moderne" (???) semblait modérément prometteuse. Et après tout, le personnage original de Goethe envoie lui-même valdinguer la philo dès les premiers vers de la pièce, alors...
En revanche, s'il sagit d'explorer les différents "Visages de Faust" dans la culture européenne (livre, musique, cinéma...) comme le propose le Louvre jusqu'au 22 janvier, on pourra avantageusement se rendre à la conf' de l'écrivain Claudio Magris (Danube, éd. orig. 1986) dès demain. Quelques proj' alléchantes à signaler dans ce cycle également : le Murnau ce soir donc, la séance consacrée à Hans Jürgen Syberberg samedi 14 à 17h, Faust par Brakhage lundi 16 à 20h30, la Leçon de Faust par Jan Svankmajer précédée de courts métrages de Méliès samedi 21 à 20h30. Sans compter les captations d'opéra (Gounod, Boïto...). A découvrir sans mesure, donc, en évitant toutefois de vendre son âme au diable. Programme complet sur le site de l'auditorium.

Week-end Limite

Posté par Sandor le 16.12.05 à 16:15 | tags : auditorium du louvre, musique au cinéma, brésil









(un film de Mario Peixoto, projeté sur une musique originale de Gerome Nox)



Berlin, Sao Paulo : miroir des avants-gardes des années 1920











Ca se passait ce week-end à l'auditorium du Louvre et, comme souvent en sortant de ce bel écrin audiovisuel trop méconnu, on était content de s'y être déplacé. Sur l'écran, Sao Paulo, symphonie d'une métropole, bizarrerie quasi-expérimentale des années vingt signée Rudolph Rex Lustig et Adalberto Kemeny. Dans la lignée du film mythique de Walter Ruttmann sur le Berlin de la même époque, les deux cinéastes d'origine hongroise y content dans son déroulé une journée ordinaire de la ville brésilienne, la façon dont elle se met à vivre à mesure que ses habitants sortent dans les rues, à rugir au rythme du battement mécanique de ses industries. Mais là où Berlin semblait s'emballer et submerger les humains qui l'animent dans le film de Ruttmann, Sao Paulo restait au contraire sous contrôle, parfaitement encadrée par les institutions de la jeune République brésilienne veillant à la bonne application de sa devise "Ordre et Progrès". Une scène aussi hallucinante que drôle décrit ainsi le "Centre de réparation sociale" de la ville - en fait, un pénitencier - où les détenus pris d'enthousiasme se mettent à danser en phase devant la caméra. Autant de réjouissances qui donnent largement envie de se rendre en décembre à la prochaine séance de cinéma en concert du Louvre, toujours sur une vieillerie avant-gardiste brésilienne. En savoir plus, c'est .

Chuuut!





Avant que le flot de "juillettistes" ne s'élance sur nos bruyantes autoroutes, nous tenions à vous avertir, en ce presque début d'été, du bouchon le plus silencieux que l'on puisse imaginer. Par le hasard du calendrier, durant la première quinzaine de juin, plusieurs films muets dontTour_Eiffel.jpg quelques poids lourds qu'il sera difficile d'éviter, vont converger sur les écrans de la capitale. La marche sera ouverte par Paris qui dort (photo), une merveille de 1923 à l'inspiration surréaliste signée par un René Clair à peine âgé de 25 ans mais déjà au sommet (de son art, pas de la dame de fer). Il sera accompagné d'une musique de Yan Maresz jouée en création mondiale par l'ensemble Court-circuit (Auditorium du Louvre, 3 et 4 à 20h et 5 à 16h). A peu près au même moment, l'énorme Cuirassé Potemkine de S. M. Eisenstein crèvera l'un des écrans du MK2 Bibliothèque (les 5 à 18h et 6 à 20h) sur des notes du pianiste Pascal Pistone. Mais le gros morceau sera à guetter un peu plus en aval, du côté du Musée d'Orsay. Là-bas, du 3 au 15 juin, débouleront sans bruit les oeuvres de Germaine Dulac, grande avant-gardiste proche de Breton et consorts. La plupart de ses films ont été redécouverts récemment. C'est dire si cette rétrospective est précieuse. Et pour les accros aux voix sans parole qui n'auraient pas eu leur comptant de silence (on les comprend), le cortège se poursuivra avec Madame du Barry, un délire historique à la Dumas réalisé en 1919 par Ernst Lubitsch, encore allemand à l'époque (le 18 juin à 20h au cinéma Le Lincoln, 14 rue Lincoln). De doux airs joués au clavecin illumineront cette séance qui, une fois de plus, prouvera combien les films muets peuvent combler tant nos yeux que nos oreilles.




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