Posté par Damien L. le 20.11.09 à 10:11 | tags : berlinale, bande annonce, réalisateur, festival

On a appris hier que le cinéaste allemand Werner Herzog présiderait le jury du 60ème Festival du Film de Berlin, qui se tiendra du 11 au 21 février 2010. Le communiqué de presse officiel présente Herzog comme « l'un des plus importants réalisateurs du cinéma d'auteur » et « l'une des personnalités essentielles de la Nouvelle Vague Allemande ». Il sucède à l'actrice Tilda Swinton, qui présidait le jury de la Berlinale 2009.
Werner Herzog a réalisé près de cinquante films, parmi lesquels figurent les mythiques Aguirre, la colère de Dieu et Fitzcarraldo, ainsi que les documentaires Grizzly Man et Encounters at the End of the World (nommé aux Oscars 2009).
Le cinéaste effectuera en 2010 un véritable retour en force, puisque deux nouvelles réalisations anglophones sortiront en salle : Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans (avec Nicolas Cage et Eva Mendes) sortira le 3 mars, quelques mois avant My Son, My Son, What Have Ye Done (avec Michael Shannon, Willem Dafoe et Chloë Sevigny); ce dernier film s'inspire de l'histoire d'un homme qui transposa dans la réalité une pièce de Sophocle, en tuant sa mère d'un coup de sabre.
Voici les bande-annonces des deux films en question :
Réagir à cet article

On retrouve au festival de Berlin, comme dans tous les grands festivals, une sélection officielle avec les films en compétition pour l'Ours d'or et quelques grandes affiches pour le glam. Mais à Berlin, on mise beaucoup sur les outsiders, dans la compétition et dans les sélections parallèles, défricheuses de talents et de courants. Forum et Panorama notamment présentent des oeuvres personnelles, expérimentales, parfois déroutantes et souvent dérangeantes. Une sélection permet au monde de voir de plus près ce qu'il se passe dans la production cinématographique allemande. Et depuis trois ans, la sélection Cinéma culinaire donc, dont le princinpe est : un film, un repas, un débat. Regard militant sur l'alimentation ou éloge du plaisir de manger, les films qui y sont présentés abordent tous, par des biais très différents, les relations possibles entre le cinéma et la cuisine.
Le cinéma culinaire à la Berlinale.
Tous les films de la sélection officielle.
(illus. Food, Inc. - (c) Participant Media/River Road Entertainment)
Réagir à cet article
Bertrand Tavernier, François Ozon, Stephen Frears ont rejoint la sélection, presque bouclée, de la 59e édition du festival de Berlin qui se tiendra du 5 au 15 février prochains.
"Les films de la compétition avec leur signature artistique différente sont des documents sur les conditions de vie dans notre monde globalisé" a souligné le directeur de la Berlinale, Dieter Kosslick. Explications ? Prenons pour l'exemple les synopsis des films présentés par les réalisateurs mentionnés plus haut.
- Ricky, de François Ozon (illus.) : Quand Katie, une femme ordinaire, rencontre Paco, un homme ordinaire, quelque chose de magique et de miraculeux se produit : une histoire d'amour. De cette union naîtra un bébé extraordinaire : Ricky. Une comédie dramatique et fantastique sur la famille, avec Sergi Lopez et Alexandra Lamy.
- In the Electric Mist, de Bertrand Tavernier : New Iberia, Louisiane. Dave Robicheaux, détective, enquête sur un serial killer dont les victimes sont de très jeunes femmes. A la suite du dernier meurtre en date, il fait la rencontre d'une star hollywoodienne, Elrod Sykes, qui tourne un film dans la région. Celui-ci raconte à Dave une scène dont il a été témoin : la découverte du cadavre d'un homme enchaîné, gisant dans le Marais. Pour ce nouveau film, Tavernier est parti tourner dans les marais de Louisiane, avec Tommy Lee Jones et John Goodman. Un polar peut toujours dire quelque chose du monde dans lequel on vit.
- Cheri, de Stephen Frears : Dans les années 1920, une courtisane d'une cinquantaine d'année est la maîtresse d'un jeune homme nommé Chéri... Le réalisateur des Liaisons dangereuses adapte cette fois un roman de Colette, avec Michelle Pfeiffer et Kathy Bates. On ne savait pas Colette si en avance sur son temps que ces romans parleraient de notre monde globalisé.
Etonnamment, un film plus évidemment politique sera présenté à Berlin, mais hors compétition. C'est Eden à l'Ouest, du toujours très engagé Costa-Gavras, qui raconte les errances d'un migrant qui tente sa chance en France.
Tous les films en compétition :
- Cheri, Stephen Frears (Royaume-Uni)
- Darbareye Elly, Asghar Farhadi (Iran)
- Gigante, Adrián Biniez (Uruguay/Allemagne/Argentine)
- Happy Tears, Mitchell Lichtenstein (Etats-Unis)
- In the Electric Mist, Bertrand Tavernier (France/Etats-Unis)
- Katalin Varga, Peter Strickland (Roumanie/Royaume-Uni/Hongrie)
- La Teta Asustada, Claudia Llosa (Espagne/Pérou)
- Lille Soldat, Annette K. Olesen (Danemark)
- Ricky, François Ozon (France/Italie)
- Storm, Hans-Christian Schmid (Allemagne/Danemark)
- Tatarak, Andrzej Wajda (Pologne)
Réagir à cet article
L'actrice écossaise Tilda Swinton sera la Présidente du Jury du 59ème Festival de Berlin, qui se tiendra du 5 au 15 février 2009. Agée de 48 ans, celle qui fut camarade de classe de Lady Diana à l'école primaire, a su se rendre incontournable au fil des années.
Tilda Swinton a commencé sa carrière cinématographique en 1986, en jouant dans Caravaggio de Derek Jarman (son compagnon de l'époque). C'est sous la direction de ce même réalisateur qu'elle remporta en 1991 le Prix d'interprétation féminine au Festival de Venise, pour son rôle de la reine Isabella dans Edward II.
Le grand public découvre l'actrice en 2000, avec La Plage. Elle y incarne Sal, la chef de la communauté hippie qu'intègrent Leonardo DiCaprio, Guillaume Canet et Virginie Ledoyen. Les films hollywoodiens s'enchaînent alors pour Tilda Swinton : Vanilla Sky, Adaptation, Broken flowers ou Le Monde de Narnia : chapitre 1, dans lequel elle incarne Jadis, la sorcière blanche.
En 2004, l'actrice a été membre du Jury du Festival de Cannes, présidé cette année-là par Quentin Tarantino, qui offrit la Palme d'or au brûlot anti-Bush de Michael Moore, Fahrenheit 9/11.
En 2008, Tilda Swinton a reçu l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, pour son interprétation d'une avocate froide et cynique dans Michael Clayton. Son personnage y affrontait l'avocat idéaliste George Clooney. Cette même année, Tilda Swinton était en compétition au Festival de Berlin avec Julia, réalisé par le Français Erick Zonca.
Actrice charismatique au regard perçant et à la gestuelle gracieuse, Tilda Swinton sera le 10 décembre prochain à l'affiche de Burn After Reading, le nouveau film des frères Coen. On la retrouvera également aux côtés de Brad Pitt et Cate Blanchett dans L'Etrange histoire de Benjamin Button, la nouvelle réalisation de David Fincher qui sortira en France le 4 février 2009, soit la veille de l'ouverture du 59ème Festival de Berlin.
Réagir à cet article
Ca y est, il est tombé, le palmarès de la Berlinale 2008. Paul Thomas Anderson va rajouter un trophée à sa déjà chouette collection : meilleur réalisateur pour There Will Be Blood, mais pas l'Ours d'or, contrairement aux pronostics. C'est un film brésilien de Jose Pahilha, particulièrement contesté par la presse internationale, qui rafle la mise. Plongée ultra clipesque dans les favelas, au côté de policiers particulièrement violents, The Elite Squad (illus.) a vu sa projection de presse se vider rapidement, les journalistes n'hésitant pas à accuser le film de fascisme latent. Aura-t-on l'occasion de le voir en France ? Rien n'est moins sûr.
Ours d'or : The Elite Squad.
Ours d'argent, grand prix du jury : Standard Operating Procedure de Errol Morris, sur Abu Ghraib.
Ours d'argent, Meilleur réalisateur : Paul Thomas Anderson
Ours d'argent, Meilleure actrice : Sally Hawkins pour Happy go lucky de Mike Leigh (un réalisateur qui porte chance à ses actrices)
Ours d'argent, Meilleur acteur : Reza Najie pour The Song of the Sparrows de Majid Majidi
Ours d'argent, meilleure contribution artistique : Jonny Greenwood (de Radiohead) pour la BO de There Will Be Blood
La liste complète des prix sur le site de la Berlinale.
(illus. Wagner Moura; Photo: David Prichard/TWC 2008)
2 commentaires
Posté par Van le 14.02.08 à 14:57 | tags : berlinale, dailymotion
3Madonna peut tout faire. Et notamment réaliser un film, le présenter au festival de Berlin dans la section d'art et essai Panorama, et recueillir des premières impressions plutôt positives.
Filth and wisdom ("saleté et sagesse") marque donc les débuts de la chanteuse super-star derrière la caméra, avec une histoire d'amis qui luttent pour accomplir leur rêve et faire vraiment quelque chose de leur vie.
En attendant d'y arriver, il se trouve que certains personnages pratiquent ardemment le pole dancing :
3 commentaires
Il sortira en salles le 27 février mais nombre de critiques ont déjà dégainé leur plus belle plume pour faire l'éloge de There Will Be Blood, le film de Paul Thomas Anderson en course pour l'Ours d'or à Berlin.
Et on les comprend. Film magistral, à la beauté âpre, There Will Be Blood est une grande fresque à mi-chemin entre les meilleurs films de mafieux et les plus beaux westerns, à un point unique des genres cinématographiques - on en reparlera bien sûr dans le mag au moment de sa sortie. Par ailleurs, et ça ne peut que souligner (voire exagérer ?) la qualité du PT Anderson, la sélection de cette Berlinale semble plus que médiocre. Notre envoyée spéciale à Berlin en est d'ailleurs déjà revenue, et bredouille.
Il se pourrait donc bien que nous tenions là l'Ours d'or 2008, et pourquoi pas le prix d'interprétation pour Daniel Day-Lewis, fabuleux une fois de plus dans ce rôle de rude magnat du pétrole et déjà favori pour les Oscars, 19 ans après celui décroché pour son interprétation de Christy Brown dans My left foot - et ce rôle de paralytique lui ayant laissé des séquelles physiques à vie, ce n'était que justice.
(A ce sujet il fallait lire l'excellent portrait de l'acteur dans Le Monde 2 du week end dernier).
1 commentaire
C'est sous la présidence du jury de Costa Gavras que le 58eme festival de Berlin s'ouvre le 7 février. Sous les décibels des Stones aussi, puisque le film d'ouverture sera Shine A Light, documentaire musical de Martin Scorsese.
Trois français seront en compétition : Eric Zonca avec Julia, Robert Guédiguian avec Lady Jane (aucun rapport avec les Stones cette fois-ci, a priori) et Philippe Claudel avec Il y a longtemps que je t'aime. Dans la série des films très attendus, There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson sera présenté (et on vous en reparle bientôt), The Sparrow de Johnnie To, Restless, le retour de Amos Kollek, ou encore Bam gua Nat de Hong Sangsoo (même si on n'y croît plus vraiment à celui-là). Pour le reste, beaucoup de cinéastes encore inconnus, et une séléction qui se revendique toujours aussi socio-politisée. Sujets humanistes lourds et bons sentiments sont ainsi les maîtres mots de la compétition berlinoise, ce qui invite plutôt à aller voir du côté des sections parallèles.
Petit détail amusant, on découvre au détour du film de clôture, que le nouveau Gondry Be Kind Rewind a été traduit en français par : Soyez sympas, rembobinez. On se croirait au Québec !
2 commentaires
Posté par Van le 17.01.08 à 12:13 | tags : bande annonce, berlinale, documentaire, musique au cinéma, you tube
2Martin Scorsese et les Rolling Stones ouvriront le Festival International du Film de Berlin le 7 février prochain avec Shine A Light, le documentaire du premier sur les seconds.
Le réalisateur américain a filmé deux concerts new-yorkais du groupe en 2006, pris des images en coulisses et fait des interviews des musiciens, rassemblés dans ce documentaire projeté en avant-première mondiale à Berlin. Il sortira en France le 16 avril prochain.
Bande-annonce :
2 commentaires
Posté par LovelyRita le 19.02.07 à 16:08 | tags : berlinale, festival, news
La Berlinale s’est achevée ce week-end sur une cérémonie de clôture qui a distribué son lot de déceptions et de récompenses pour les films en compétition. Parmi les films sélectionnés, il y avait notamment La Môme de Dahan, pour lequel on attendait un petit prix. L’Ours d’Or a été remis à Tuya’s Marriage, film chinois de Wang Quan An. I’m A Cyborg That’s Ok, la toute nouvelle réalisation de Park Chan-Wook (Old Boy, Lady Vengeance…) a reçu le prix Alfred Bauer. El Otro de l’Argentin Ariel Rotter a fait coup double en remportant l’Ours d’Argent du meilleur acteur et le Grand Prix du Jury. L’Allemagne, déjà peu présente dans la liste des nominées s’est vue logiquement peu récompensée, tout juste un Ours d’Argent pour l’actrice Nina Hoss, pour sa prestation dans Yella.
Réagir à cet article
Fait marquant et unanimement reconnu, la compétition officielle n'aura pas été cette année le point fort de la Berlinale. Des films faibles (Beaufort, Goodbye Bafana, La Môme), voire insupportables de médiocrité (Bordertown, Die Falscher), une absence de cinéastes reconnus, a l'exception des francais Rivette et Téchiné, des stars pour des films très contestés (Cate Blanchett dans le Soderbergh, Sharon Stone dans le film de Brian Eslinger, Jennifer Lopez dans Bordertown) ou gentillement accueillis (le Good Shepherd de De Niro, Notes on a scandal de Richard Eyre). Côté pronostics, c'est Marianne Faithfull dans Irina Palm qui tient la côte pour le prix d'interprétation féminine. Woody Harrelson, en escort boy homosexuel dans le Walker de Paul Schrader ferait aussi un beau prétendant au nounours, si le film n'était pas hors compétition. Reste l'habitué de Berlin Julio Chavez, pour son role dans El Otro. Côté Ours d'or par contre, difficile d'etre emballé... Touchez pas a la hache de Rivette a recu un très bel accueil de la presse, tout comme le mélo drôlatique Irina Palm, et le nouveau film de Christian Petzold, Yella, qui nous a pourtant laissé assez froids...
3 commentaires
Il se nomme Brand Upon the Brain et il a eu droit a une projection spéciale a l'opéra de Berlin : le nouveau film de Guy Maddin confirme que son auteur est aujourd'hui enfin reconnu comme un cinéaste à part et pourtant de première catégorie. Il est toujours aussi délicieux de se plonger dans son univers en noir et blanc, à la fois cruel et rempli des tendres souvenirs de l'enfance. Méditation frénétique, limite épileptique, le style Maddin pratique à merveille l'oxymore : un passé tellement présent qu il semble voué a se répéter, un petit garcon qui découvre le désir avec une femme-garcon, une mère toute prête a dévorer les orphelins dont elle s'occupe... Chaque personnage révèle ses désirs les plus obscurs dans une transe de sensations et d'images fantasmagoriques. Le tourbillon dans lequel nous entraîne encore une fois le cinéaste, accompagné ici par la voix off d'Isabella Rossellini, nous offre le bonheur d une matière cinématographique retrouvée (le noir et blanc, le grain, le muet, les intertitres), d un sens de l'humour tordu et délirant, mais aussi son formidable sens de la narration, aussi experimental que parfaitement maîtrisé. Expériences aussi rares que les films de Lynch, ceux de Maddin enfoncent à coups de hache les portes de l'imaginaire, et en redessinent les contours. Un conteur de génie.
Réagir à cet article
Mercredi, on est impatient de voir les deux films américains de la journée, qui sont un peu aux antipodes l'un de l'autre : 300, de Zack Snyder (hors compétition) et Interview de Steve Buscemi (au Panorama). Dommage pour nous, c'est la mauvaise pioche des deux cotés. Du premier, on s'attendait bien sûr à ce déluge de combats dopés aux ralentis niaiseux et rythmés au pseudo Carmina Burana. Visuellement, si on se rapproche beaucoup de la BD originale signée Franck Miller, on se rapproche surtout d'un ennui infini, car le cinéaste répète la même scène de charge à peu près 10 fois dans le film. Mais le + de Zack, c'est cette esthétique qui jouit de filmer des torses bondés, bronzés et queer en diable. Le grand méchant Xerxès semble tout droit sorti d'une publicité Diesel de David LaChapelle, qui semble finalement être la source première du film, bien avant Miller. Sans oublier un bon vieux fond nazi, étant donné que, of course, les Spartes sont tous beaux et biens faits alors que les Perses sont un melting pot des créatures les plus hideuses possibles, difformes, qui n'ont plus rien d'humain.
Réagir à cet article
Après le Girl Power, on glisse naturellement vers le syndrome de la Femme Fatale à Berlin, via deux films portant le nom de leurs héroines et présentés en compétition officielle : Yella et Irina Palm. Dans le premier, le cinéaste allemand Christian Petzold dessine un portrait clinique et angoissant d'une jeune femme qui tente de changer de vie, de quitter son mari borderline et sa petite ville de l'ancien Est pour rejoindre le "business", mais qui se voit rattrapée par des souvenirs et hantée par un étrange accident. En filmant le monde des affaires comme une sorte d'asile de fous en liberté, Petzold semble vouloir mettre en lumière la violente mutation qu'a connu son pays récemment. Par ses zones d'ombre et de peur, le film se détache nettement d'une compétition en plein ronron, mais ne parvient pourtant pas tout à fait à convaincre, faute de laisser un peu de vie irriguer sa parfaite construction.
Réagir à cet article
Le lundi, après avoir fait une overdose de mauvais films prétentieux et vains, on décide de jouer la carte des films "fun". Bonne idée, car la pêche fut bonne. Tout d'abord, vu au marché du film le nouveau Gregg Araki, Smiley Face. Après son sublime Mysterious Skin, l'Américain passe à un registre beaucoup plus léger, avec ce portrait d'une jeune fille qui se défonce tellement à l'herbe un matin que toute sa journée en est totalement perturbée. Portée de bout en bout par l'interprétation géniale d'Anna Faris, le film nous entraine dans un déluge de scènes loufoques et mémorables. Meme s'il reste sur un mode mineur, Araki confirme sa position de grand cinéaste pop. Une ode au rêve et aux mondes imaginaires...
Autre parcours féminin, celui de la teenager Dawn, une grande défenseuse de la virginité jusqu'au mariage qui va se découvrir une anomalie des plus étranges : son vagin est muni de machoires assérées. Teeth, réalisé par l'acteur Mitchell Lichtenstein est un peu le film coup de coeur immédiat : un traitement de teenage movie parfaitement réussi, un penchant certain vers l'horreur (et au moins deux scènes d'anthologie, dont une chez le gynécologue...) sans oublier un bel intérêt pour la mythologie : le vagina dentata étant aussi bien connu des anciens Grecs que des Egyptiens... on en redemanderait presque!
Réagir à cet article
Hasard des programmations Andy Warhol est présent dans deux films à Berlin cette année. Andy Warhol, a documentary film, est comme son nom l'indique un documentaire consacré à la vie et l'oeuvre du mythique fondateur de la Factory. Réalisé par Ric Burns et présenté dans la sélection Panorama, ce portrait tente, en pas moins de 4 heures, le pari d'une analyse ultra poussée, où la présence de divers spécialistes est sensée éclairer la moindre zone d'ombre. Un film très américain, en somme, dont la construction plus proche du reportage TV ainsi que l'insupportable et omniprésente musique interdisent meme aux plus grands fans de résister jusqu'au bout. Autre évoquation, encore moins heureuse, par Esther B. Robinson, avec A Walk into the sea : Danny Williams and the Warhol Factory, présenté par le Forum. Parce que son oncle Danny Williams était le caméraman et l'amant de Warhol, avant de disparaitre brutalement sans jamais laisser de trace, la réalisatrice s'est non seulement donné pour mission, via ce documentaire, d'honorer la mémoire de cet oncle disparu, mais aussi et surtout de faire le procès de la Factory pour l'avoir tout bonement oublié. Warhol accusé de mépris et d'indifférence par des proches et membres de la Factory, des preuves suspectes étalées en désordre, et une musique pompée sur The Velvet Underground, tout est fait ici pour mettre le spectateur mal à l'aise. La réhabilitation du travail et de l'importance de Danny Williams au sein de la Factory devait-elle passer par un tel lavage de linge sale en public ? On en doute.
Réagir à cet article
Il est venu, il était là : Karl Lagerfeld en personne pour le film modestement consacré à sa personne, réalisé par Rodolphe Marconi et sobrement intitulé Lagerfeld Confidentiel. Comme la séance était évidemment complète, on s'est contentés d'apercevoir le maestro du luxe lors de la très chic soirée qui l'honorait, organisée comme il se doit dans une boutique de vêtements hype. Alors qu'on essayait de ne pas renverser sa coupe de champagne sur la subliiiime robe en soie Miu Miu qu'on aimerait tant porter, et tandis que d'autres tentaient d'enfiler discrètement des manteaux de cachemire sous leurs impers, Karl fit une entrée ultra flashée, et accorda environ 20 minutes de son précieux temps à cette coterie hautement plan plan. Comme lui, tout le petit monde du cinéma préféra bien vite s'éclipser pour rejoindre l'ambiance enfumée d'un club de Kreutzberg. Comme quoi, les grands esprits se rencontrent.
1 commentaire
Berlin, c'est bien. Une très grande ville, ou il fait bon se promener, manger de délicieuses patisseries, faire les puces... Mais il y a aussi des films, et jusque là reconnaissons-le, ce n'est pas une "cinécure"... Arrivé trop tard pour assister a la projection du très attendu film réalisé par Robert de Niro, on se rapatrie donc sur le premier film allemand en compétition cette année : Die Fälscher. Basé sur l'histoire vraie d'un faussaire de génie et juif qui, pendant la second guerre mondiale, sauva sa vie et celle de ses camarades en produisant, au sein meme d'un camp de concentration, des faux billets pour les nazis. Le réalisateur, Stefan Ruzowitzky, retrace cette histoire facon "agence tous risques", faux suspens, passages par la comédie et violons angoissants inclus. Le package passe pour le moins mal. Lors d'une scène où les détenus se voient convoqués en pleine nuit, terrifiés, pour apprendre qu'ils ont en fait réussi leur "mission", l'explosion de joie qui s'en suit provoque une nausée que la suite ne parvient jamais à faire oublier. Oublions plutot ce film ne fera pas date.
Réagir à cet article
Posté par LovelyRita le 02.02.07 à 13:00 | tags : berlinale, festival
3
C’est Edith Piaf, enfin La Môme qui aura l’honneur d’ouvrir la 57ème Berlinale. Le dernier film d’Olivier Dahan donnera le 8 février le coup d’envoi du festival et tentera aussi de remporter l’Ours d’Or pour le meilleur film. La France sera représentée par quatre autres productions. Angel de François Ozon clôturera le festival et sera également en compétition, ainsi que le dernier André Techiné, Les Témoins. Enfin, dans la catégorie documentaire, on pourra retrouver le film réalisé par Fred Poulet et le footballeur Vikash Dhorasoo, Substitute. Pendant dix jours, Berlin va accueillir des tonnes de projection, dont 19 films en avant-première et voir s’affronter 22 films pour l’Ours d’Or ou d’Argent. Parmi les films attendus et auxquels on ne pourra échapper cette année dans les festivals internationaux, le dernier Clint Eastwood, Lettres de Iwo Jima, mais aussi le dernier De Niro et Soderbergh. On attend aussi Sai Bo Gu Ji Man Gwen Chan A, le dernier long-métrage du réalisateur de Old Boy.
3 commentaires
Posté par anita b. le 19.02.06 à 20:13 | tags : berlinale, festival, short list
1
Ca y est, le jury présidé par Charlotte Rampling a rendu son verdict (.pdf) : l'Ours d'or 2006 a été remis à un premier film bosniaque, Grbavica, réalisé par Jasmila Zbanic. Plutôt une surprise, le film n'a pas vraiment été remarqué pour ses qualités artistiques, mais le sujet a sans doute prévalu : il est en effet question du sort d'une de ces femmes bosniaques violées pendant la guerre, et forcées d'acoucher de l'enfant ainsi conçu.
1 commentaire
La projection ce matin du nouveau film de Jafar Panahi a fait forte impression. Réalisé en temps réel pendant le match de football qui a vu se qualifier l'Iran pour la coupe du monde 2006, Offside (Hors jeu) suit le parcourt de plusieurs femmes qui tentent d'entrer dans le stade, un lieu qui leur est interdit. Arrêtées par des policiers tout aussi déçus qu'elles de ne pas pouvoir assister au match, leur situation de prisonnières permet au cinéaste de poursuivre son travail de critique de la société iranienne, à travers un dispositif assez finement mené. Comique de l'absurde + football + coup de gueule féministe : on tient là un bon prétendant à l'Ours d'Or...
Réagir à cet article
Les news de la compét' ne sont pas des plus
resplendissantes. De l'avis général, aucun film n'apparaît pour l'instant
comme marquant, à défaut d'être un potentiel Ours d'or. Mis à part le
Altman, un fil rouge se dessine un peu plus chaque jour : le Berlinale 2006
restera come l'année de la dépression. Une adaptation allemande des
Particules Elémentaires (Elementarteilchen) de Oskar Roehler, aïe, des
histoires d'hommes embourbés dans une société qui les rejette comme Zemestan
de Rafi Pitts ou El Custodio de Rodrigo Moreno, des histoires d'amour
totalement tragiques comme Candy de Neil Armfield et Sehnsucht (Longing - illus.) de
la jeune Valeska Grisebach. Heureusement, ce dernier film sort du lot par sa
magnifique mise en scène. Quelque part dans la province allemande, la cinéaste
explore les ravages de la passion amoureuse sur trois personnages
interprétés par des non-acteurs qui se révèlent comme de véritables découvertes. Le résultat
est bouleversant, pour une fois.
2 commentaires
Avec Dear Pyongyang (.pdf et illus.), la Japonaise Yang
Yong-hi poursuit son travail de journal intime en vidéo qui, loin des
écueils du genre, trouve ici une résonnance plus universelle et troublante.
Yang Yong-hi est en effet la fille de parents nord-coréens exilés au Japon, mais
dont l'allégeance au parti communiste n'aura jamais été démentie. Alors que
ses trois frères sont envoyés en Corée du nord à la fin de leur adolescence,
Yang Yong-hi a pu rester au Japon. Pour fêter les 70 ans du père, toute
la famille se retrouve à Pyongyang, l'occasion pour la cinéaste de tenter
de comprendre le choix pour elle difficilement supportable de ses parents.
Vu par ce prisme intime, la grande Histoire qui relie la Corée du Nord au
Japon nous apparaît sous un nouveau jour.
2 commentaires
Posté par anita b. le 15.02.06 à 13:24 | tags : berlinale, festival, réalisateur
1
Chaque année, le suractif Michael Winterbottom nous
gratifie de deux nouveaux films. A la Berlinale, on a même la primeure des
deux à la fois, avec A Cock and Bull Story visible au marché, et The
Road to Guantanamo (illus.) en competition officielle. Comme, en général, le monsieur
rate allègrement un film sur les deux, on en a pris un au hasard, le premier
en l'occurrence, et... too bad, c'était le mauvais. Basé sur l'histoire de
Tristram Shandy, le film mélange avec plus ou moins de bonheur différents
niveaux de fiction, emmené par un Steeve Coogan plus dandy que jamais. Mélange improbable entre Barry Lyndon et 24 Hour Party People, A Cock and
Bull Story perd très vite le spectateur, sans vraiment le retrouver en
route.
1 commentaire
Une des bonnes surprises de cette Berlinale nous arrive (enfin) de Grande-Bretagne, où Keith Fulton and Louis Pepe, les réalisateurs du documentaire
quasi surréaliste Lost in La Mancha, sur les déboires de Terry Gilliam avec
son Don Quichotte maudit, remettent le couvert avec cette fois-ci une
fiction... qui se fait passer pour un documentaire. Brothers of the Head (illus.) conte l'histoire (vraie, fausse ?) de deux frères siamois transformés en
rock star dans les années 1970 par un entrepreneur sans scrupule... Totalement
tordu, franchement hilarant, cette parodie du cirque rock fait mouche.
1 commentaire
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Dernière d'Hamlet aux Laboratoires d'Aubervilliers ce soir : des milliers* de spectateurs éconduits