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Compte-rendu de la Berlinale, le festival de cinéma à Berlin. Voir aussi la collection festival.

Berlinale : le palmarès

Posté par anita b. le 18.02.08 à 10:39 | tags : berlinale

Ca y est, il est tombé, le palmarès de la Berlinale 2008. Paul Thomas Anderson va rajouter un trophée à sa déjà chouette collection : meilleur réalisateur pour There Will Be Blood, mais pas l'Ours d'or, contrairement aux pronostics. C'est un film brésilien de Jose Pahilha, particulièrement contesté par la presse internationale, qui rafle la mise. Plongée ultra clipesque dans les favelas, au côté de policiers particulièrement violents, The Elite Squad (illus.) a vu sa projection de presse se vider rapidement, les journalistes n'hésitant pas à accuser le film de fascisme latent. Aura-t-on l'occasion de le voir en France ? Rien n'est moins sûr.

Ours d'or : The Elite Squad.

Ours d'argent, grand prix du jury : Standard Operating Procedure de Errol Morris, sur Abu Ghraib.

Ours d'argent, Meilleur réalisateur : Paul Thomas Anderson

Ours d'argent, Meilleure actrice : Sally Hawkins pour Happy go lucky de Mike Leigh (un réalisateur qui porte chance à ses actrices)

Ours d'argent, Meilleur acteur : Reza Najie pour The Song of the Sparrows de Majid Majidi

Ours d'argent, meilleure contribution artistique : Jonny Greenwood (de Radiohead) pour la BO de There Will Be Blood

La liste complète des prix sur le site de la Berlinale.

(illus. Wagner Moura; Photo: David Prichard/TWC 2008)


Filth and wisdom : Madonna derrière la caméra

Posté par Van le 14.02.08 à 14:57 | tags : dailymotion, berlinale

Madonna peut tout faire. Et notamment réaliser un film, le présenter au festival de Berlin dans la section d'art et essai Panorama, et recueillir des premières impressions plutôt positives.

Filth and wisdom ("saleté et sagesse") marque donc les débuts de la chanteuse super-star derrière la caméra, avec une histoire d'amis qui luttent pour accomplir leur rêve et faire vraiment quelque chose de leur vie.

En attendant d'y arriver, il se trouve que certains personnages pratiquent ardemment le pole dancing :


Bien sûr il ne s'agit pas que de ça. L'un rêve de devenir une rockstar tout en jouant au travesti pour subvenir à ses besoins, pendant qu'une autre fait du strip-tease la nuit en rêvant d'être une ballerine et qu'une troisième travaille plus sobrement dans une pharmacie en attendant de partir sauver des enfants en Afrique.
On ne connaît pas encore le plan de distribution du film, mais on sait déjà que ce n'est probablement qu'un début.

There Will Be Blood a placé la barre haut à Berlin

Posté par Van le 12.02.08 à 16:26 | tags : oscars, berlinale, acteur, réalisateur

Il sortira en salles le 27 février mais nombre de critiques ont déjà dégainé leur plus belle plume pour faire l'éloge de There Will Be Blood, le film de Paul Thomas Anderson en course pour l'Ours d'or à Berlin.

Et on les comprend. Film magistral, à la beauté âpre, There Will Be Blood est une grande fresque à mi-chemin entre les meilleurs films de mafieux et les plus beaux westerns, à un point unique des genres cinématographiques - on en reparlera bien sûr dans le mag au moment de sa sortie. Par ailleurs, et ça ne peut que souligner (voire exagérer ?) la qualité du PT Anderson, la sélection de cette Berlinale semble plus que médiocre. Notre envoyée spéciale à Berlin en est d'ailleurs déjà revenue, et bredouille.

Il se pourrait donc bien que nous tenions là l'Ours d'or 2008, et pourquoi pas le prix d'interprétation pour Daniel Day-Lewis, fabuleux une fois de plus dans ce rôle de rude magnat du pétrole et déjà favori pour les Oscars, 19 ans après celui décroché pour son interprétation de Christy Brown dans My left foot - et ce rôle de paralytique lui ayant laissé des séquelles physiques à vie, ce n'était que justice.
(A ce sujet il fallait lire l'excellent portrait de l'acteur dans Le Monde 2 du week end dernier).


Festival de Berlin : c'est parti !

Posté par anita b. le 07.02.08 à 09:46 | tags : berlinale, festival

C'est sous la présidence du jury de Costa Gavras que le 58eme festival de Berlin s'ouvre le 7 février. Sous les décibels des Stones aussi, puisque le film d'ouverture sera Shine A Light, documentaire musical de Martin Scorsese.

Trois français seront en compétition : Eric Zonca avec Julia, Robert Guédiguian avec Lady Jane (aucun rapport avec les Stones cette fois-ci, a priori) et Philippe Claudel avec Il y a longtemps que je t'aime. Dans la série des films très attendus, There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson sera présenté (et on vous en reparle bientôt), The Sparrow de Johnnie To, Restless, le retour de Amos Kollek, ou encore Bam gua Nat de Hong Sangsoo (même si on n'y croît plus vraiment à celui-là). Pour le reste, beaucoup de cinéastes encore inconnus, et une séléction qui se revendique toujours aussi socio-politisée. Sujets humanistes lourds et bons sentiments sont ainsi les maîtres mots de la compétition berlinoise, ce qui invite plutôt à aller voir du côté des sections parallèles.

Petit détail amusant, on découvre au détour du film de clôture, que le nouveau Gondry Be Kind Rewind a été traduit en français par : Soyez sympas, rembobinez. On se croirait au Québec !


Shine a Light en ouverture de la Berlinale

Posté par Van le 17.01.08 à 12:13 | tags : berlinale, documentaire, musique au cinéma, bande annonce, you tube

Martin Scorsese et les Rolling Stones ouvriront le Festival International du Film de Berlin le 7 février prochain avec Shine A Light, le documentaire du premier sur les seconds.

Le réalisateur américain a filmé deux concerts new-yorkais du groupe en 2006, pris des images en coulisses et fait des interviews des musiciens, rassemblés dans ce documentaire projeté en avant-première mondiale à Berlin. Il sortira en France le 16 avril prochain. 

Bande-annonce :

 

 


Berlinale, le palmarès

Posté par LovelyRita le 19.02.07 à 16:08 | tags : berlinale, news, festival

La Berlinale s’est achevée ce week-end sur une cérémonie de clôture qui a distribué son lot de déceptions et de récompenses pour les films en compétition. Parmi les films sélectionnés, il y avait notamment La Môme de Dahan, pour lequel on attendait un petit prix. L’Ours d’Or a été remis à Tuya’s Marriage, film chinois de Wang Quan An. I’m A Cyborg That’s Ok, la toute nouvelle réalisation de Park Chan-Wook (Old Boy, Lady Vengeance…) a reçu le prix Alfred Bauer. El Otro de l’Argentin Ariel Rotter a fait coup double en remportant l’Ours d’Argent du meilleur acteur et le Grand Prix du Jury. L’Allemagne, déjà peu présente dans la liste des nominées s’est vue logiquement peu récompensée, tout juste un Ours d’Argent pour l’actrice Nina Hoss, pour sa prestation dans Yella.


Berlinale 2007.08 : la compétition s'enfonce

Posté par anita b. le 19.02.07 à 15:10 | tags : berlinale
Fait marquant et unanimement reconnu, la compétition officielle n'aura pas été cette année le point fort de la Berlinale. Des films faibles (Beaufort, Goodbye Bafana, La Môme), voire insupportables de médiocrité (Bordertown, Die Falscher), une absence de cinéastes reconnus, a l'exception des francais Rivette et Téchiné, des stars pour des films très contestés (Cate Blanchett dans le Soderbergh, Sharon Stone dans le film de Brian Eslinger, Jennifer Lopez dans Bordertown) ou gentillement accueillis (le Good Shepherd de De Niro, Notes on a scandal de Richard Eyre). Côté pronostics, c'est Marianne Faithfull dans Irina Palm qui tient la côte pour le prix d'interprétation féminine. Woody Harrelson, en escort boy homosexuel dans le Walker de Paul Schrader ferait aussi un beau prétendant au nounours, si le film n'était pas hors compétition. Reste l'habitué de Berlin Julio Chavez, pour son role dans El Otro. Côté Ours d'or par contre, difficile d'etre emballé... Touchez pas a la hache de Rivette a recu un très bel accueil de la presse, tout comme le mélo drôlatique Irina Palm, et le nouveau film de Christian Petzold, Yella, qui nous a pourtant laissé assez froids...

Berlinale 2007.07 : Plus Maddin que toi

Posté par anita b. le 19.02.07 à 12:53 | tags : berlinale
Il se nomme Brand Upon the Brain et il a eu droit a une projection spéciale a l'opéra de Berlin : le nouveau film de Guy Maddin confirme que son auteur est aujourd'hui enfin reconnu comme un cinéaste à part et pourtant de première catégorie. Il est toujours aussi délicieux de se plonger dans son univers en noir et blanc, à la fois cruel et rempli des tendres souvenirs de l'enfance. Méditation frénétique, limite épileptique, le style Maddin pratique à merveille l'oxymore : un passé tellement présent qu il semble voué a se répéter, un petit garcon qui découvre le désir avec une femme-garcon, une mère toute prête a dévorer les orphelins dont elle s'occupe... Chaque personnage révèle ses désirs les plus obscurs dans une transe de sensations et d'images fantasmagoriques. Le tourbillon dans lequel nous entraîne encore une fois le cinéaste, accompagné ici par la voix off d'Isabella Rossellini, nous offre le bonheur d une matière cinématographique retrouvée (le noir et blanc, le grain, le muet, les intertitres), d un sens de l'humour tordu et délirant, mais aussi son formidable sens de la narration, aussi experimental que parfaitement maîtrisé. Expériences aussi rares que les films de Lynch, ceux de Maddin enfoncent à coups de hache les portes de l'imaginaire, et en redessinent les contours. Un conteur de génie.

Berlinale 2007.06 : Américain moyen

Posté par anita b. le 19.02.07 à 10:10 | tags : berlinale, festival

Mercredi, on est impatient de voir les deux films américains de la journée, qui sont un peu aux antipodes l'un de l'autre : 300, de Zack Snyder (hors compétition) et Interview de Steve Buscemi (au Panorama). Dommage pour nous, c'est la mauvaise pioche des deux cotés. Du premier, on s'attendait bien sûr à ce déluge de combats dopés aux ralentis niaiseux et rythmés au pseudo Carmina Burana. Visuellement, si on se rapproche beaucoup de la BD originale signée Franck Miller, on se rapproche surtout d'un ennui infini, car le cinéaste répète la même scène de charge à peu près 10 fois dans le film. Mais le + de Zack, c'est cette esthétique qui jouit de filmer des torses bondés, bronzés et queer en diable. Le grand méchant Xerxès semble tout droit sorti d'une publicité Diesel de David LaChapelle, qui semble finalement être la source première du film, bien avant Miller. Sans oublier un bon vieux fond nazi, étant donné que, of course, les Spartes sont tous beaux et biens faits alors que les Perses sont un melting pot des créatures les plus hideuses possibles, difformes, qui n'ont plus rien d'humain.

Retour à New York avec Steve Buscemi et Sienna Miller, qui nous jouent une pièce off Broadway en tandem dans Interview, réalisé par l'acteur lui même. Duo hystérique entre un journaliste politique blasé et une jeune star, actrice de feuilletons télévisés, le film peine à maintenir la tension sensée animer la relation contrariée de ces deux personnages. Un peu trop théatre filmé, un peu trop écrit et surjoué, Interview déçoit d'autant plus que Buscemi nous avait beaucoup séduit par ses films précédents, autrement plus touchant.

Berlinale 2007.05 : Femmes Fatales

Posté par anita b. le 16.02.07 à 10:42 | tags : berlinale, festival

Après le Girl Power, on glisse naturellement vers le syndrome de la Femme Fatale à Berlin, via deux films portant le nom de leurs héroines et présentés en compétition officielle : Yella et Irina Palm. Dans le premier, le cinéaste allemand Christian Petzold dessine un portrait clinique et angoissant d'une jeune femme qui tente de changer de vie, de quitter son mari borderline et sa petite ville de l'ancien Est pour rejoindre le "business", mais qui se voit rattrapée par des souvenirs et hantée par un étrange accident. En filmant le monde des affaires comme une sorte d'asile de fous en liberté, Petzold semble vouloir mettre en lumière la violente mutation qu'a connu son pays récemment. Par ses zones d'ombre et de peur, le film se détache nettement d'une compétition en plein ronron, mais ne parvient pourtant pas tout à fait à convaincre, faute de laisser un peu de vie irriguer sa parfaite construction.

Avec Irina Palm, c'est d'abord le plaisir de voir Marianne Faithfull dans un rôle principal qui prime. Mélodrame tordu comme les britanniques les aiment, réalisé par Sam Eduard Garbarski, ce personnage de gentille grand-mère se voit contraint d'aller chercher un travail délicat afin de gagner assez d'argent pour sauver son petit fils : elle devient hôtesse dans un night club. Mais pas hôtesse de bar, puisqu'elle se retrouve dans une petite pièce, où la présence d'un trou dans le mur lui permet de masturber les monsieurs. Une activité où, surprise, elle va se révéler si talentueuse qu'elle en détrone ses jeunes collègues, qui lui offre une nouvelle reconnaissance... et un sens à sa vie. D'un tel sujet, le cinéaste nous épargne tout l'aspect graveleux, tournant plutot l'ensemble vers la comédie de moeurs plutot que le pur mélo. Voir Marianne Faithfull en petite grand mère qui réaménage sa cabine avec ses petits tableaux est assez hilarant et l'actrice semble se faire plaisir dans ce rôle bien loin d'elle, meme si elle semble parfois un peu terne. Portrait d'une femme qui s'émancipe des carcans moraux de son petit village, Irina Palm n'évite pas certains écueils, mais s'en sort plutot avec honneur. Et doigté.



Berlinale 2007.04 : Girl Power

Posté par anita b. le 15.02.07 à 11:10 | tags : berlinale, festival

Le lundi, après avoir fait une overdose de mauvais films prétentieux et vains, on décide de jouer la carte des films "fun". Bonne idée, car la pêche fut bonne. Tout d'abord, vu au marché du film le nouveau Gregg Araki, Smiley Face. Après son sublime Mysterious Skin, l'Américain passe à un registre beaucoup plus léger, avec ce portrait d'une jeune fille qui se défonce tellement à l'herbe un matin que toute sa journée en est totalement perturbée. Portée de bout en bout par l'interprétation géniale d'Anna Faris, le film nous entraine dans un déluge de scènes loufoques et mémorables. Meme s'il reste sur un mode mineur, Araki confirme sa position de grand cinéaste pop. Une ode au rêve et aux mondes imaginaires...

Autre parcours féminin, celui de la teenager Dawn, une grande défenseuse de la virginité jusqu'au mariage qui va se découvrir une anomalie des plus étranges : son vagin est muni de machoires assérées. Teeth, réalisé par l'acteur Mitchell Lichtenstein est un peu le film coup de coeur immédiat : un traitement de teenage movie parfaitement réussi, un penchant certain vers l'horreur (et au moins deux scènes d'anthologie, dont une chez le gynécologue...) sans oublier un bel intérêt pour la mythologie : le vagina dentata étant aussi bien connu des anciens Grecs que des Egyptiens... on en redemanderait presque!


Berlinale 2007.03 : They shot Andy Warhol

Posté par anita b. le 14.02.07 à 10:26 | tags : berlinale, festival
Hasard des programmations Andy Warhol est présent dans deux films à Berlin cette année. Andy Warhol, a documentary film, est comme son nom l'indique un documentaire consacré à la vie et l'oeuvre du mythique fondateur de la Factory. Réalisé par Ric Burns et présenté dans la sélection Panorama, ce portrait tente, en pas moins de 4 heures, le pari d'une analyse ultra poussée, où la présence de divers spécialistes est sensée éclairer la moindre zone d'ombre. Un film très américain, en somme, dont la construction plus proche du reportage TV ainsi que l'insupportable et omniprésente musique interdisent meme aux plus grands fans de résister jusqu'au bout. Autre évoquation, encore moins heureuse, par Esther B. Robinson, avec A Walk into the sea : Danny Williams and the Warhol Factory, présenté par le Forum. Parce que son oncle Danny Williams était le caméraman et l'amant de Warhol, avant de disparaitre brutalement sans jamais laisser de trace, la réalisatrice s'est non seulement donné pour mission, via ce documentaire, d'honorer la mémoire de cet oncle disparu, mais aussi et surtout de faire le procès de la Factory pour l'avoir tout bonement oublié. Warhol accusé de mépris et d'indifférence par des proches et membres de la Factory, des preuves suspectes étalées en désordre, et une musique pompée sur  The Velvet Underground, tout est fait ici pour mettre le spectateur mal à l'aise. La réhabilitation du travail et de l'importance de Danny Williams au sein de la Factory devait-elle passer par un tel lavage de linge sale en public ? On en doute.

Berlinale 2007.02 : Une touche de Lagerfeld

Posté par anita b. le 13.02.07 à 10:11 | tags : berlinale
Karl, tel qu'on le vit Il est venu, il était là : Karl Lagerfeld en personne pour le film modestement consacré à sa personne, réalisé par Rodolphe Marconi et sobrement intitulé Lagerfeld Confidentiel. Comme la séance était évidemment complète, on s'est contentés d'apercevoir le maestro du luxe lors de la très chic soirée qui l'honorait, organisée comme il se doit dans une boutique de vêtements hype. Alors qu'on essayait de ne pas renverser sa coupe de champagne sur la subliiiime robe en soie Miu Miu qu'on aimerait tant porter, et tandis que d'autres tentaient d'enfiler discrètement des manteaux de cachemire sous leurs impers, Karl fit une entrée ultra flashée, et accorda environ 20 minutes de son précieux temps à cette coterie hautement plan plan. Comme lui, tout le petit monde du cinéma préféra bien vite s'éclipser pour rejoindre l'ambiance enfumée d'un club de Kreutzberg. Comme quoi, les grands esprits se rencontrent.

Berlinale 2007. 01 : une obscénité allemande

Posté par anita b. le 12.02.07 à 10:31 | tags : berlinale
Bienvenue à BerlinBerlin, c'est bien. Une très grande ville, ou il fait bon se promener, manger de délicieuses patisseries, faire les puces... Mais il y a aussi des films, et jusque là reconnaissons-le, ce n'est pas une "cinécure"... Arrivé trop tard pour assister a la projection du très attendu film réalisé par Robert De Niro, on se rapatrie donc sur le premier film allemand en compétition cette année : Die Fälscher. Basé sur l'histoire vraie d'un faussaire de génie et juif qui, pendant la second guerre mondiale, sauva sa vie et celle de ses camarades en produisant, au sein meme d'un camp de concentration, des faux billets pour les nazis. Le réalisateur, Stefan Ruzowitzky, retrace cette histoire facon "agence tous risques", faux suspens, passages par la comédie et violons angoissants inclus. Le package passe pour le moins mal. Lors d'une scène où les détenus se voient convoqués en pleine nuit, terrifiés, pour apprendre qu'ils ont en fait réussi leur "mission", l'explosion de joie qui s'en suit provoque une nausée que la suite ne parvient jamais à faire oublier. Oublions plutot ce film ne fera pas date.

La chasse à l'Ours est bientôt ouverte

Posté par LovelyRita le 02.02.07 à 13:00 | tags : berlinale, festival
C’est Edith Piaf, enfin La Môme qui aura l’honneur d’ouvrir la 57ème Berlinale. Le dernier film d’Olivier Dahan donnera le 8 février le coup d’envoi du festival et tentera aussi de remporter l’Ours d’Or pour le meilleur film. La France sera représentée par quatre autres productions. Angel de François Ozon clôturera le festival et sera également en compétition, ainsi que le dernier André Téchiné, Les Témoins. Enfin, dans la catégorie documentaire, on pourra retrouver le film réalisé par Fred Poulet et le footballeur Vikash Dhorasoo, Substitute. Pendant dix jours, Berlin va accueillir des tonnes de projection, dont 19 films en avant-première et voir s’affronter 22 films pour l’Ours d’Or ou d’Argent. Parmi les films attendus et auxquels on ne pourra échapper cette année dans les festivals internationaux, le dernier Clint Eastwood, Lettres de Iwo Jima, mais aussi le dernier De Niro et Soderbergh. On attend aussi Sai Bo Gu Ji Man Gwen Chan A, le dernier long-métrage du réalisateur de Old Boy.

Berlinale 10e : Palmarès, Grbavica Ours d'or

Posté par anita b. le 19.02.06 à 20:13 | tags : short list, berlinale, festival
Palmarès : Sandra Hüller dans RequiemCa y est, le jury présidé par Charlotte Rampling a rendu son verdict (.pdf) : l'Ours d'or 2006 a été remis à un premier film bosniaque, Grbavica, réalisé par Jasmila Zbanic. Plutôt une surprise, le film n'a pas vraiment été remarqué pour ses qualités artistiques, mais le sujet a sans doute prévalu : il est en effet question du sort d'une de ces femmes bosniaques violées pendant la guerre, et forcées d'acoucher de l'enfant ainsi conçu.
Un palmarès définitivement engagé, puisqu'Offside de Jafar Panahi reçoit le grand prix du jury, en commun avec En Soap de Pernille Fischer Christensen. L'Ours du meilleur réalisateur revient à Michael Winterbottom pour son très controversé Road to Guatanamo.
Les deux acteurs récompensés sont allemands, et symbolisent cette passionnante nouvelle génération : Si Moritz Bleibtreu n'a pas convaincu tout le monde pour son interprétation dans les Particules Elémentaires, Sandra Hüller était toute désignée pour le prix, tant elle porte le bouleversant Requiem de Hans-Christian Schmidt à bout de bras. Dans le rôle (tiré d'une histoire vraie) d'une jeune fille épileptique dans les années 70, dont la famille ultra religieuse finit par recourir à l'exorcisme (ce qui la tuera), Hüller est absolument formidable. Elle n'a rien a envier à Gena Rowlands dans Une Femme sous influence. Dommage que l'autre grand film allemand de cette Berlinale, Sehnsucht (Longing) soit reparti bredouille, c'est pourtant sans doute le film qui restera le plus longtemps dans nos mémoires.

Berlinale 9e : Offside, un favori ?

Posté par anita b. le 17.02.06 à 15:56 | tags : asie, berlinale, festival
La projection ce matin du nouveau film de Jafar Panahi a fait forte impression. Réalisé en temps réel pendant le match de football qui a vu se qualifier l'Iran pour la coupe du monde 2006, Offside (Hors jeu) suit le parcourt de plusieurs femmes qui tentent d'entrer dans le stade, un lieu qui leur est interdit. Arrêtées par des policiers tout aussi déçus qu'elles de ne pas pouvoir assister au match, leur situation de prisonnières permet au cinéaste de poursuivre son travail de critique de la société iranienne, à travers un dispositif assez finement mené. Comique de l'absurde + football + coup de gueule féministe : on tient là un bon prétendant à l'Ours d'Or...


Berlinale, 8e : la Grande Dépression

Posté par anita b. le 16.02.06 à 11:23 | tags : berlinale, festival
Les news de la compét' ne sont pas des plus resplendissantes. De l'avis général, aucun film n'apparaît pour l'instant comme marquant, à défaut d'être un potentiel Ours d'or. Mis à part le Altman, un fil rouge se dessine un peu plus chaque jour : le Berlinale 2006 restera come l'année de la dépression. Une adaptation allemande des Particules Elémentaires (Elementarteilchen) de Oskar Roehler, aïe, des histoires d'hommes embourbés dans une société qui les rejette comme Zemestan de Rafi Pitts ou El Custodio de Rodrigo Moreno, des histoires d'amour totalement tragiques comme Candy de Neil Armfield et Sehnsucht (Longing - illus.) de la jeune Valeska Grisebach. Heureusement, ce dernier film sort du lot par sa magnifique mise en scène. Quelque part dans la province allemande, la cinéaste explore les ravages de la passion amoureuse sur trois personnages interprétés par des non-acteurs qui se révèlent comme de véritables découvertes. Le résultat est bouleversant, pour une fois.

Berlinale 7e : Corée intime

Posté par anita b. le 15.02.06 à 14:52 | tags : asie, corée, berlinale, japon, festival
Avec Dear Pyongyang (.pdf et illus.), la Japonaise Yang Yong-hi poursuit son travail de journal intime en vidéo qui, loin des écueils du genre, trouve ici une résonnance plus universelle et troublante. Yang Yong-hi est en effet la fille de parents nord-coréens exilés au Japon, mais dont l'allégeance au parti communiste n'aura jamais été démentie. Alors que ses trois frères sont envoyés en Corée du nord à la fin de leur adolescence, Yang Yong-hi a pu rester au Japon. Pour fêter les 70 ans du père, toute la famille se retrouve à Pyongyang, l'occasion pour la cinéaste de tenter de comprendre le choix pour elle difficilement supportable de ses parents. Vu par ce prisme intime, la grande Histoire qui relie la Corée du Nord au Japon nous apparaît sous un nouveau jour.

Berlinale, 6e : Winterbottom x 2

Posté par anita b. le 15.02.06 à 13:24 | tags : réalisateur, berlinale, festival
Chaque année, le suractif Michael Winterbottom nous gratifie de deux nouveaux films. A la Berlinale, on a même la primeure des deux à la fois, avec A Cock and Bull Story visible au marché, et The Road to Guantanamo (illus.) en competition officielle. Comme, en général, le monsieur rate allègrement un film sur les deux, on en a pris un au hasard, le premier en l'occurrence, et... too bad, c'était le mauvais. Basé sur l'histoire de Tristram Shandy, le film mélange avec plus ou moins de bonheur différents niveaux de fiction, emmené par un Steeve Coogan plus dandy que jamais. Mélange improbable entre Barry Lyndon et 24 Hour Party People, A Cock and Bull Story perd très vite le spectateur, sans vraiment le retrouver en route.

Berlinale, 5e : parodie rock business

Posté par anita b. le 15.02.06 à 12:21 | tags : berlinale, festival
Une des bonnes surprises de cette Berlinale nous arrive (enfin) de Grande-Bretagne, où Keith Fulton and Louis Pepe, les réalisateurs du documentaire quasi surréaliste Lost in La Mancha, sur les déboires de Terry Gilliam avec son Don Quichotte maudit, remettent le couvert avec cette fois-ci une fiction... qui se fait passer pour un documentaire. Brothers of the Head (illus.) conte l'histoire (vraie, fausse ?) de deux frères siamois transformés en rock star dans les années 1970 par un entrepreneur sans scrupule... Totalement tordu, franchement hilarant, cette parodie du cirque rock fait mouche.

Berlinale, 4e : Chen Kaige, comique troupier ?

Posté par anita b. le 14.02.06 à 19:51 | tags : réalisateur, asie, chine, berlinale, festival
Parfois pendant cette Berlinale, avouons-le, entre un documentaire de Singapour et une fiction tchèque, l'envie nous prend de nous relaxer devant quelque chose d'un peu plus... facile. Et hop, on va donc voir Wu ji, The Promise (illus.) de Chen Kaige, qui a tout l'air d'un grand mélo mythologique à souhait et saupoudré de Kung Fu. Mauvaise pioche : jamais un film n'aura été autant défiguré (au sens propre comme au figuré) par un usage dément d'effets spéciaux totalement ratés. Un mystère que ce film réllement incompréhensible, hystérique et épuisant soit présenté ici hors compétition. Pas un mystère, par contre, qu'au moment de la fin tragique, toute la salle soit partie d'un grand éclat de rire...

Berlinale, 3e : Et les films, alors ?

Posté par anita b. le 14.02.06 à 15:41 | tags : réalisateur, berlinale, festival
Pour l'instant, rien de bien renversant, si ce n'est, fatalement, le nouveau film de Chantal Akerman, Là-bas (.pdf -  illus.). Réalisé pendant un double deuil, alors qu'elle est reclue dans un apartement à Tel Aviv, Akerman est encore une fois au plus près de son expérience, laisse le temps aux plans, nous parle parfois, ici en anglais, avec un accent inimitable (mais peut-être le film sortira-t-il en français ?). Poème pour nos morts, journal intime, chronique familliale, interrogations universelles : la cinéaste poursuit son exploration d'une forme cinématographique totalement personnelle et libérée. Après tout ce que l'on a vu jusqu'à présent, un soulagement : du cinéma, enfin.
(les + de Flu : lire notre chronique de De l'autre côté - Chantal Akerman, 2002)

Berlinale, 2e : Marylin Manson

Posté par anita b. le 14.02.06 à 13:32 | tags : réalisateur, berlinale, festival
Dans un festival international comme la Berlinale, il y a les films que l'on voit, ceux que l'on vend et ceux que l'on achète, mais il y a aussi ceux que l'on vient annoncer, en grande pompe, alors que le tournage n'a pas commencé, dans le but avoué de trouver des financements supplémentaires. Phénomène dans cette catégorie, Marilyn Manson (illus.) était hier à Berlin pour présenter son premier projet en tant que réalisateur : "Phantasmagoria", une adaptation forcément dark de l'univers de Lewis Carroll. Alléchant !

Berlinale, 1re !

Posté par anita b. le 13.02.06 à 19:03 | tags : production, berlinale, festival

A Berlin, en pleine ambiance festivalière, il n'y a pas la mer ni les terrasses ensoleillées de Cannes, mais il y a le charme pas tout à fait discret de Potsdamer Platz. Meme pas le temps d'avoir froid, ici c'est business business, les soirées se terminent tôt, les acteurs ne mettent pas le nez dehors et tout le monde est fatigué à force d'enchaîner les projos... Mais ne nous lamentons pas, tout cela a quand même un immence avantage : la seule star que l'on croise a Berlin, c'est le film. Loin des sentiers rabattus d'une compétition officielle sans allure, que l'on évitera donc sans remord, c'est du côté des sélections parallèles et du marché du film que nous chercherons des pépites... Mais patience, jusqu´à présent, malgré pléthore de films asiatiques alléchants, elles sont bien cachées...



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