Les nominations des César 2010 sont tombées ce matin. Qu'en ressort-il ?
Un grand favori, Un Prophète : présent dans 13 catégories, l'impressionnant film carcéral de Jacques Audiard pourrait achever sa moisson de prix 2009 (Prix Louis-Delluc, Grand Prix à Cannes) par une razzia le 27 février prochain. Méritée.
Des choix contestables, aussi, par leur aspect démago : la grand-messe écolo Home, nommée dans les documentaires. Le rappeur Joey Starr en meilleur second rôle dans Le Bal des actrices. François Cluzet nommé deux fois dans la catégorie reine du meilleur acteur. La nomination du sympathique mais insipide Firat Ayverdi (Welcome) dans les meilleurs espoirs. Les six nominations du succès Le Concert. Le médiocre (télé)film de Jean-Paul Lilienfeld (La Journée de la jupe), dans la catégorie Meilleur film.
Et par conséquent, des oublis : parmi les premiers films, le brillant Rien de personnel de Mathias Gokalp, mais aussi le magnifique Adieu Gary de Nassim Amaouche ou encore le bouleversant La Famille Wolberg d'Axelle Ropert, n'ont pas capté l'attention des sélectionneurs. Parmi les réalisateurs confirmés, notons l'abence mystérieuse de Cédric Kahn (Les Regrets) et Bertrand Tavernier (Dans la brume électrique), qui ont livré cette année deux de leurs plus beaux films. De même, Les Derniers jours du monde (des frères Larrieu) ne récolte aucune nomination. Et l'un des meilleurs films de l'année, surtout, est totalement ignoré par les César : Le Roi de l'évasion, d'Alain Guiraudie. Un film fou, plein d'audace et de vie, qui aurait mérité des nominations au moins pour ses acteurs, Hafsia Herzi et l'incroyable Ludovic Berthillot. François Damiens (La Famille Wolberg) et Jean Dujardin (OSS 117 : Rio ne répond plus), sans doute pas assez "sérieux" pour l'Académie, sont injustement snobés.
Présidée par Marion Cotillard, la 35e cérémonie des César sera présentée par Gad Elmaleh et Valérie Lemercier. Harrison Ford, 67 ans, et l'immense Eric Rohmer, décédé il y a quelques jours, auront droit à un hommage.
NOMINATIONS 2010 :
Meilleur film
A l'origine de Xavier Giannoli
Le Concert de Radu Mihaileanu
Les Herbes folles d'Alain Resnais
La Journée de la jupe de Jean-paul Lilienfeld
Rapt de Lucas Belvaux.
Un Prophète de Jacques Audiard
Welcome de Philippe Lioret
Meilleur acteur
Yvan Attal dans Rapt
François Cluzet dans A L'Origine
François Cluzet dans Le Dernier pour la route
Vincent Lindon dans Welcome
Tahar Rahim dans Un Prophète
Meilleure actrice
Isabelle Adjani dans La Journée De La Jupe
Dominique Blanc dans L'Autre
Sandrine Kiberlain dans Mademoiselle Chambon
Kristin Scott-thomas dans Partir
Audrey Tautou dans Coco avant Chanel
Meilleur acteur dans un second rôle
Jean-hugues Anglade dans Persécution
Niels Arestrup dans Un Prophète
Joey Starr dans Le Bal des actrices
Benoît Poelvoorde dans Coco Avant Chanel
Michel Vuillermoz dans Le Dernier Pour La Route
Meilleure actrice dans un second rôle
Aure Atika dans Mademoiselle Chambon
Anne Consigny dans Rapt
Audrey Dana dans Welcome
Emmanuelle Devos dans A l'origine
Noémie Lvovsky dans Les Beaux gosses
Meilleur réalisateur
Jacques Audiard pour Un Prophète
Lucas Belvaux pour Rapt
Xavier Giannoli pour A l'origine
Philippe Lioret pour Welcome
Radu Mihaileanu pour Le Concert
Meilleur Espoir Masculin
Firat Ayverdi dans Welcome
Adel Bencherif dans Un Prophète
Vincent Lacoste dans Les Beaux gosses
Tahar Rahim dans Un Prophète
Vincent Rottiers dans Je suis heureux que ma mère soit vivante
Meilleur Espoir Féminin
Pauline Etienne dans Qu'Un Seul Tienne Et Les Autres Suivront
Florence Loiret-caille dans Je L'Aimais
Soko dans A L'Origine
Christa Théret Dans Lol (laughing Out Loud) ®
Mélanie Thierry dans Le Dernier Pour La Route
Meilleur Premier Film
Les Beaux Gosses de Riad Sattouf
Le Dernier Pour La Route de Philippe Godeau
Espion(s) de Nicolas Saada
La Première étoile de Lucien Jean-baptiste
Qu'un seul tienne et les autres suivront de Léa Fehner
Meilleur Film Documentaire
L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea
La Danse, le ballet de l'Opéra de Paris De Paris de Frederick Wiseman
Himalaya, Le Chemin Du Ciel de Marianne Chaud
Home de Yann Arthus-bertrand
Ne me libérez pas je m'en charge de Fabienne Godet
Meilleur Scénario Original
Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Abdel Raouf Dafri, Nicolas Peufaillit pour Un Prophète
Xavier Giannoli pour A L'Origine
Jean-paul Lilienfeld pour La Journée De La Jupe
Philippe Lioret, Emmanuel Courcol, Olivier Adam pour Welcome
Radu Mihaileanu, Alain-michel Blanc pour Le Concert
Meilleure Adaptation
Stéphane Brizé, Florence Vignon pour Mademoiselle Chambon
Anne Fontaine, Camille Fontaine pour Coco Avant Chanel
Philippe Godeau, Agnès De Sacy pour Le Dernier Pour La Route
Laurent Tirard, Grégoire Vigneron pour Le Petit Nicolas
Alex Reval, Laurent Herbiet pour Les Herbes Folles
Meilleur film étranger
Avatar de James Cameron
Gran Torino de Clint Eastwood
Harvey Milk de Gus Van Sant
J'ai tué ma mère de Xavier Dolan
Panique au village de Stéphane Aubier et Vincent Patar
Le Ruban blanc de Michael Haneke
Slumdog Millionaire de Danny Boyle
La totalité des nominations ici.
Parmi les 32 jeunes acteurs sélectionnés par le comité Révélations de l'Académie pour concourir au César du meilleur espoir, nous en avons choisi deux. Un garçon, une fille. Et nos lauréats 2010 sont...
MEILLEUR ESPOIR FEMININ :
Pauline Etienne, dans Qu'un seul tienne et les autres suivront. Vue à trois reprises et notamment, après Elève libre de Joachim Lafosse, dans deux premiers films prometteurs (Qu'un seul tienne... et Le Bel Age), Pauline Etienne a marqué l'année 2009. Dans Le bel Age, de Laurent Perreau, elle tient tête à un grand-père cinématographique imposant, Michel Piccoli. Ce choc des générations la révèle en actrice physique (championne de natation), garçon manqué et spontanée. Son regard à la fois rieur et défiant la terre entière (comme une ombre sur sa mine poupine, son sourcil froncé en forme de signature évoque la fossette de Sandrine Bonnaire d'A nos amours) a également électrisé le premier long métrage de Léa Fehrer, Qu'un seul tienne et les autres suivront. Face à un autre jeune loup, le magnétique Vincent Rottiers (véritable aimant à caméra 2009 : A l'origine, Je suis heureux que ma mère soit vivante), Pauline Etienne compose à nouveau un personnage d'ado écorchée vive mais battante (elle joue au foot), cette fois en milieu carcéral.
A noter, l'absence (discutable) parmi les nommées de Julie Sokolowski, impressionnante dans Hadewijch de Bruno Dumont.
MEILLEUR ESPOIR MASCULIN :
Tahar Rahim dans Un Prophète. Quasi-inconnu il y a un an (un rôle dans la série La Commune), Tahar Rahim crève l'écran dans l'un de meilleurs films de 2009, Un Prophète, de Jacques Audiard. Sa prestation dans le rôle du taulard malin Malik, à la fois physique (son visage prend 10 ans en 2h30) et électrique (ses yeux envoient les mêmes éclairs amusés que ceux de Robert De Niro en Johnny Boy dans Mean Streets), en fait un comédien incontournable et archi-favori pour les César, y compris dans la catégorie "Meilleur Acteur" tout court.
Du coup, c'est pas drôle pour les autres nommés (condamnés d'avance), voire dommage pour certains d'entre eux, comme Anthony "elle veut ton corps" Sonigo (l'inoubliable Camel dans Les Beaux gosses), Reda Kateb (le "Gitan" d'Un Prophète et premier rôle troublant dans Qu'un seul tienne...) et Vincent - yeux revolver - Rottiers, qui a déjà la carrure et le charisme d'un grand.
La totalité des 32 nommés ci-dessous :
César du meilleur espoir féminin 2010
Marie-Julie Baup dans Micmacs tire-larigot
Astrid Bergès-Frisbey dans Un Barrage contre le Pacifique
Agathe Bonitzer dans Un chat, un chat
Sophie Cattani dans Je suis heureux que ma mère soit vivante
Judith Davis dans Je te mangerais
Anaïs Demoustier dans Sois sage
Mati Diop dans 35 Rhums
Pauline Etienne dans Qu'un seul tienne et les autres suivront
Alice de Lencquesaing dans Le Père de mes enfants
Florence Loiret-Caille dans Je l'aimais
Sara Martins dans Mensch
Lola Naymark dans L'Armée du crime
Vimala Pons dans La Sainte Victoire
Soko dans A l'origine
Christa Theret dans Lol (laughing out loud ®)
Mélanie Thierry dans Le Dernier pour la route
César du meilleur espoir masculin 2010
Mhamed Arezki dans Adieu Gary
Firat Ayverdi dans Welcome
Abraham Belaga dans Cendres et sang
Adel Bencherif dans Un Prophète
Mehdi Dehbi dans La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy
Yann Ebonge dans La Journèe de la jupe
Cyril Guei dans L'Autre
Jérémy Kapone dans Lol (laughing out loud ®)
Reda Kateb dans Qu'un seul tienne et les autres suivront
Vincent Lacoste dans Les Beaux gosses
Julien Lucas dans Qu'un seul tienne et les autres suivront
Alex Lutz dans OSS 117 : Rio ne répond plus
Tahar Rahim dans Un Prophète
Vincent Rottiers dans Je suis heureux que ma mère soit vivante
Samy Seghir dans Neuilly sa mère !
Anthony Sonigo dans Les Beaux gosses
"Reconnaître des films qui, pour une raison ou une autre, sont devenus tout à coup un événement social". C'était l'idée (très floue) de départ, annoncée en octobre dernier via Le Soir par Alain Rocca, le trésorier de l'Académie des Arts et Techniques du Cinéma. Mais après avoir débattu (et réfléchi semble-t-il) en séance vendredi 6 novembre, le conseil d'administration de l'Académie a décidé de rendre aux César ce qui appartient aux César (récompenser la qualité et non le nombre de zéros), en décidant à l'unanimité "de ne pas modifier le nombre et le mode d'attribution des vingt trophées pour la cérémonie 2010".
Sus à la démagogie, donc : il n'y aura pas de César du box-office. On s'attend à une nouvelle bouderie de Dany Boon. Rappelons que l'acteur/réalisateur avait déclenché cette "réflexion" sur un nouveau prix avant la dernière cérémonie des Césars (vexé comme un pou que ses pauvres Ch'tis n'aient pas tout rafflé AUSSI aux César...) en expliquant son boycott (avorté) par la phrase suivante : "Par respect pour le public, je m'attendais à ce que le film soit bien représenté au premier tour. C'aurait été un juste retour des choses".
Mais finalement, le "public" (= l'ego de M. Boon) ne sera pas "respecté" ( = honoré d'un prix cool à mettre sur sa cheminée) : aucune des "propositions étudiées visant à créer un César supplémentaire pour les films ayant réalisé un grand nombre d'entrées en salle n'a été retenue", a annoncé l'Académie. Beaucoup de micmacs pour rien, en somme.

Les membres de l'Académie ont donc cogité depuis la polémique de l'année dernière autour de Bienvenue chez les Ch'tis qui, malgré ses 20 millions d'entrées, n'avait décroché qu'une nomination aux Césars, pour le meilleur scénario original. Dany Boon y voyait là une injustice et avait annoncé qu'il boycotterait la cérémonie, avant de revenir sur sa décision.
Faute de créer un César qui récompenserait la meilleure comédie, ce qui aurait visiblement brûlé les doigts de l'Académie, celle-ci s'intéresse donc au succès effectif des films, et cela revient à peu près au même - seules les comédies peuvent réellement cartonner en France. Selon Alain Rocca, le trésorier de l'Académie cité par Le Soir, le champion du box office sera désormais récompensé, l'idée étant de "reconnaître des films qui, pour une raison ou une autre, sont devenus tout à coup, un événement social". C'est-à-dire de reconnaître les films que le public a reconnus.
Il y aura sept nominations, dont on ne comprend pas encore bien les critères - les sept premiers films du box office annuel ?

Grand Prix du dernier Festival de Cannes, encensé par l'ensemble de la presse française, favori incontesté de la cérémonie des César 2010 et triomphalement accueilli il y a 8 jours au Festival de Toronto (pour sa première projection outre-Atlantique), Un Prophète est depuis jeudi dernier le candidat officiel de la France aux prochains Oscars (on saura début 2010 si le film de Jacques Audiard figure parmi les 5 finalistes pour l'Oscar du meilleur film étranger).
Le ciel semble donc dégagé pour Un Prophète, qui cumule par ailleurs 900 000 entrées en France après 4 semaines d'exploitation. Mais ces éloges sont-ils entièrement mérités ? Le film de Jacques Audiard écrase-t-il à ce point tous les autres films hexagonaux de l'année ?
Parmi les réussites françaises de 2009, on pourrait citer OSS 117 : Rio ne répond plus, Welcome, Les Beaux gosses, Les Derniers jours du monde, Le Roi de l'évasion, Rien de personnel, Les Regrets, Espion(s), ainsi que les excellentes Herbes folles d'Alain Resnais (sortie le 4 novembre). Mais ces oeuvres ne possèdent sans doute pas l'ampleur d'Un Prophète, qui effectue une parfaite liaison entre film d'auteur et spectacle populaire.
Malgré les mises en garde de Fadela Amara (inquiète de l'influence que pourrait avoir le parcours de Malik sur "une certaine catégorie de jeunes"), Un Prophète va-t-il tout rafler aux cérémonies de fin d'année ?
- Lire la critique d'Un Prophète
- Voir notre entretien avec Tahar Rahim

Un Prophète sort le 26 août dans les salles françaises. Nous vous proposons déjà un entretien avec Tahar Rahim, le brillant acteur qui porte sur ses épaules ce film de Jacques Audiard.
Après le docu-fiction Tahar l’étudiant (2005), un rôle de policier dans A l'intérieur et une prestation remarquée dans la série La Commune (créée par Abdel Raouf Dafri, également auteur du scénario original d’Un Prophète), Tahar Rahim a connu les honneurs de la compétition cannoise (Un Prophète a remporté le Grand Prix du dernier Festival de Cannes).
Dans son entretien avec Fluctuat, Tahar Rahim nous parle de la façon dont il a abordé le rôle de Malik (le fameux Prophète), de ses désirs d'acteur et des éventuelles récompenses que pourrait lui valoir le film de Jacques Audiard.
Voir notre entretien avec Tahar Rahim
Séraphine, Yolande Moreau, Vincent Cassel, Jean-François Richet sont quelques uns des grands gagnants de la cérémonie des Césars 2009. Une soirée un peu moins morne qu'à l'habitude grâce à l'effort louable (quoique souvent vain) d'Antoine de Caunes en maître de cérémonie, mais surtout grâce, et parfois à cause, de quelques représentants de la scène comique française comme Elie Semoun et Florence Foresti.
Commençons par saluer le courage de de Caunes qui s'est lancé sur les traces de l'excellent Hugh Jackman aux Oscars en ouvrant la cérémonie par une petite performance de claquette et de chant sur l'air de Chantons sous la pluie. Un peu minimaliste comparé au show américain, mais bien tenté. Entre deux moments d'émotion souvent embarrassants que nous laisserons de côté (d'entrée de jeu, les larmes d'Elsa Zylberstein venue chercher son César du meilleur second rôle...), quelques petits sketches avaient été prévus - écrits même, pour une fois - pour tenter de dérider un public réputé pour son austérité. Voici quelques moments marquants pour ceux qui auraient manqué la cérémonie - ou qui auraient été coupés par Canal juste avant la remise des prix les plus importants :
- Florence Foresti, lisant le scénario de ce qu'elle est supposé faire lors de la cérémonie, a tout de même réussi à faire monter l'indéridable Sean Penn sur scène - un exploit :
- Elie Semoun rendant hommage à Tootsie sous le regard amusé de Dustin Hoffman :
- Dany Boon, sauvant in extremis son image en faisant une apparition surprise à une cérémonie qu'il avait menacé de boycotter.
Voilà pour les quelques réussites scénaristiques de la soirée. Pour les échecs cuisants, à cause desquels on se retrouve à s'enfoncer dans son canapé avec une main devant les yeux tant on est embarrassé, nous ne citerons que la longue agonie que fut l'intervention de Julie Ferrier, venue remettre le prix du court métrage, un sein à l'air. Mais était-ce fait exprès ? Sa prestation était si laborieuse qu'on ne savait plus démêler ce qui relevait de l'humour, ou de l'excès de drogues dures :
(illus. NIVIERE/VILLARD/SIPA)
La 34ème cérémonie des César a plébiscité Séraphine, grand vainqueur avec sept récompenses (meilleur film, meilleure actrice pour Yolande Moreau, meilleur scénario original, meilleure musique, meilleure photo, meilleurs décors et meilleurs costumes). Cette édition 2009 a donc le mérite de faire émerger un vainqueur incontesté, à la manière des Oscars qui ont accordé un triomphe à Slumdog Millionaire.
Réalisé par Martin Provost, Séraphine retrace la vie de Séraphine Louis (1864-1942), qui fut domestique avant d'atteindre une petite notoriété comme peintre primitif sous le nom de "Séraphine de Senlis". Classique dans sa forme et son propos, le film se distingue surtout par quelques jolies séquences illustrant l'irruption de la grâce dans l'existence dépouillée du personnage.
On pourrait interpréter la victoire de Séraphine comme une absence de prise de risques, l'Académie des César récompensant là une reconstitution historique dénuée de tout point de vue sur l'époque contemporaine. Mais ce choix peut également s'avérer logique, au vu de la liste des nominations : Entre les murs ayant reçu la Palme d'Or au Festival de Cannes, le diptyque Mesrine ou Le Premier jour du reste de ta vie ayant connu un succès public et Un Conte de Noël ayant rencontré un beau succès critique, les César ont décidé d'attirer l'attention sur un film moins exposé, honorable incarnation des fameux "films du milieu" qui continuent de faire la spécificité du cinéma français. Crédité jusqu'ici de plus de 560 000 entrées (tout de même), Séraphine devrait connaître les honneurs d'une ressortie en salles.
Les autres films n'ont pas totalement été oubliés. Le diptyque Mesrine a valu le César du meilleur acteur à un Vincent Cassel très ému et celui du meilleur réalisateur à Jean-François Richet, prouvant que le cinéma de genre hexagonal peut être récompensé lorsqu'il est ambitieux et réussi (le diptyque a aussi décroché le César du meilleur son). Trois récompenses ont également été décernées au Premier jour du reste de ta vie (meilleur espoir masculin pour Marc-André Grondin, meilleur espoir féminin pour Déborah François et meilleur montage). Il y a longtemps que je t'aime empoche deux César (meilleur premier film et meilleur second rôle pour Elsa Zylberstein). Petite déception pour Entre les murs (meilleure adaptation) et Un Conte de Noël (meilleur second rôle pour Jean-Paul Roussillon), qui ne récoltent qu'une récompense chacun.
La cérémonie fut longue (presque 3 heures), la présentation désespérément plate (Antoine de Caunes ayant eu du mal à renouveler des blagues plus qu'éculées) et l'émotion n'a affleuré qu'avec les interventions de Dustin Hoffman (qui a reçu un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière) et donc Vincent Cassel.
On retiendra deux derniers César : celui du meilleur film étranger pour l'excellent Valse avec Bachir d'Ari Folman et celui du meilleur documenaire pour les très belles Plages d'Agnès (qui n'appartient pourtant pas à proprement parler au genre documentaire).
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