Posté par Van le 28.01.09 à 15:24 | tags : chine, documentaire, festival
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A l'heure où la Chine passe dans l'année du Buffle, le festival "La Chine s'éveille" s'installe au cinéma le Lincoln à Paris pour présenter une collection de 12 documentaires du 28 janvier au 3 février.
Les films présentés durant ce festival sont des co-productions franco-chinoises, toutes réalisées par de jeunes cinéastes chinois. A l'origine du projet, Michel Noll, auteur, réalisateur et producteur de documentaires, également directeur artistique du festival de documentaires de Canton. Son but : montrer, à travers l'oeil de réalisateurs chinois, la Chine qu'ils vivent au quotidien, dans un pays en pleine mutation et qui cherche sa place dans le monde - entraînant la perte de repères et la quête d'identité de toute une nation.
Une initiative similaire - qui présentait plus largement un aperçu des productions de documentaires mais aussi de fictions, de vidéos et d'animations - eût lieu à l'automne lors du festival Shadows à Paris.
Après les huit jours parisiens du festival, cette collection de documentaires circulera dans près de 20 villes en France.
Toutes les infos sur le blog du festival.
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Posté par Van le 02.12.08 à 12:56 | tags : chine, cinémathèque française

La naissance du Septième art en Chine est étroitement associée à l'opéra : le premier film tourné à Pekin en 1905, Le Mont Dingjun, est une série d'enregistrements du répertoire d'un grand acteur d'opéra. Le premier film chinois en couleur est également la mise en scène d'un opéra, Regrets éternels, interprété par l'acteur Mei Lanfang qui fit connaître l'opéra chinois dans le monde entier.
Pour devenir populaire, le cinéma chinois a intégré les codes et conventions complexes de l'opéra auxquels le public était habitué. Ce qui lui a en même temps permis de transgresser ces conventions, en faisant passer de façon codée ce qui ne pouvait pas être exprimé clairement. L'opéra permet par exemple à Chen Kaige, dans Adieu ma Concubine en 1993, d'évoquer l'homosexualité, sujet tabou en Chine.
Du 4 au 11 décembre, la Cinémathèque française projette une sélection de films illustrant l'influence de l'opéra sur les cinéastes chinois.
Tout le programme sur le site de la Cinémathèque.
(Illus. La légende du serpent blanc de FU Chaowu)
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Tout le programme du festival Shadows, du 9 au 19 octobre à Paris, sur le site du festival.
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Posté par Van le 25.05.08 à 10:13 | tags : chine, festival de cannes, sélection officielle

Lire la suite de la critique (par Ophélie Wiel, invitée) de 24 City, présenté en compétition au festival de Cannes.
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Posté par Van le 01.02.08 à 14:45 | tags : asie, chine, concours, flu, le mag

Pour l'occasion, ça tombe bien, Wildside sort les derniers titres de la collection Shaw Brothers, le studio mythique du cinéma hongkongais, et propose de gagner quelques uns de ces titres sur Flu. C'est sur la page concours.
Un peu de lecture pour le week end.
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Posté par anita b. le 04.09.07 à 14:04 | tags : chine, documentaire, festival, mostra
Pas de jeu de mot sur les personnages que s'en va filmer le cinéaste chinois dans Wu Yong (Inutile) puisqu'il s'intéresse ici au travail des couturiers. Ce documentaire est en fait une commande d'une styliste chinoise revelée ces dernières années sur la scène internationale, et qui se passionne pour les vêtements des travailleurs.
Jia Zhangke filme la présentation de sa dernière collection en France et remonte à l'origine de ces tissus, auprès des petits couturiers des banlieues industrielles chinoises. Une analyse du Made in China ? On peut le croire lors des premières minutes, mais le film perd son fil conducteur (quel paradoxe) et nous égare quelque part en route.
Wuyong, de Jia Zhangke, en compétition dans la section Horizons Documentaires.
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Posté par Van le 08.07.07 à 10:11 | tags : bande annonce, chine, you tube
Ang Lee retourne aux sources et au Mandarin pour son prochain film, Lust, Caution.
Adapté d'une nouvelle de l'auteure chinoise Eileen Chang, il s'agit d'une histoire d'espionnage en Chine durant la seconde guerre mondiale.
Au casting, Tony Leung, acteur fétiche de Wong Kar Wai, et Joan Chen, dont les fans de David Lynch se souviendront en Josie Packard, dans la série Twin Peaks.
Lust, Caution sort le 28 septembre aux Etats-Unis.
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Ceux qui ont vu Pirates des Caraïbes, jusqu'au bout du monde seront sans doute étonnés d'apprendre que les censeurs chinois ont cru devoir couper certaines scènes de ce blockbuster familial, et pourtant.
L'acteur hong-kongais Chow Yun-Fat, qui apparaissait pour la première fois dans un film de la série, y totalise environ 20 minutes. Mais les Chinois n'en verront qu'une dizaine, ainsi en ont décidé les hautes autorités compétentes. La raison d'une telle censure ? Le personnage de Chow est une insulte au peuple chinois.
L'agende de presse Chine nouvelle cite un magazine chinois en guise de justification :
"Le capitaine incarné par Chow est chauve, son visage est terrifiant, il porte une longue barbe et des ongles longs, des images qui renvoient à la tradition d'Hollywood de diaboliser les Chinois".
C'est vrai qu'après cette décision, on se demande pourquoi on diabolise la Chine.
Ce que le magazine semble avoir oublié, c'est que même Johnny Depp est laid dans Pirates. Cheveux, barbes, ongles longs... ses groupies n'ont pas boycotté le film, alors même que monsieur Verbinski s'acharne à nous le montrer sous ce jour très peu flatteur, casseur de beauté multi-récidiviste qu'il est.
Quand Hollywood montre un Français béret sur la tête, clope au bec et baguette sous le bras, on ne s'en offusque pas autant - encore que, j'avoue que ça peut être énervant.
Mais un peu de bravitude, que diable.
(illus. © Buena Vista International - terrifiant en effet !)
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Posté par anita b. le 21.05.07 à 18:18 | tags : chine, festival de cannes
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On a découvert Wang Bing, tout jeune cinéaste chinois, avec le magistral documentaire A l'ouest des rails, dans lequel, 9 heures durant, il nous entraînait dans un incroyable voyage le long des voies ferrées d'un complexe industriel abandonné.
Avec ce portrait d'une femme chinoise, à peine 3 heures, le cinéaste poursuit sa démarche passionnante et exigeante pour une auto-critique de la Chine communiste, par une forme cinématographique radicale et droite comme la justice. Il s'agit ici d'un portrait de femme, et pas n'importe laquelle : Fengming a traversé l'histoire du XXeme siècle en Chine, en affrontant de plein fouet ses aspects les plus noirs, puisqu'elle fût internée dans plusieurs camps, mise au rebut, et finalement réhabilitée par un état communiste qui reconnaîtra à peine ses erreurs. En plan fixe, on la regarde droit dans les yeux pendant ces trois heures, assise dans son gros fauteuil, attendant les quelques minutes lorsqu'elle s'éclipse pour aller aux toilettes. Le montage est ainsi très fidèle à la durée initiale de l'enregistrement : Fengming nous raconte sa vie, et le processus de la mémoire se déroule sous nos yeux, alors qu'elle développe certains détails et passe rapidement sur des pans de l'Histoire du pays. Portrait intimiste et bouleversant, cette Chronique repose des questions élémentaires de cinéma, et nous offre une sorte de bain de jouvence, en cette période d'overdose de films. Un salutaire retour.
Fengming, chronique d'une femme chinoise de Wang Bing - Chine (Hong Kong), 2007, 3h06. Séance spéciale.
De notre envoyée spéciale au Festival de Cannes 2007.
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Posté par Marc le 17.05.07 à 15:57 | tags : chine, festival de cannes, sélection officielle
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La soixantième édition du Festival de Cannes s'est ouverte avec le tempo lent d'un habitué des lieux : Wong Kar-Wai. Malgré la présence de stars américaines au générique de son nouveau film, estampillé « US », le réalisateur chinois creuse à nouveau le même sillon maniériste. Au risque de se répéter, et lasser.
Après une rupture douloureuse qui lui a permis de rencontrer un charmant patron de bar (Jude Law), Elizabeth (premier rôle pour la chanteuse Norah Jones) parcourt les Etats-Unis, occupe de petits boulots et rencontre des figures plus tourmentées et solitaires les unes que les autres.
S'appuyant sur une excellente interprétation, My Blueberry Nights apparaît comme une nouvelle mise en forme de l'irréconciliable solitude des êtres, si chère à WKW. Lorsque deux personnages débutent dans un même plan, ils sont vite isolés par une caméra qui n'a de cesse de souligner leur difficulté à s'insérer dans des lieux, souvent publics, et à créer du lien avec l'autre. Mélancolique et légèrement dépressif, ce nouveau film ressemble, d'un point de vue formel, à une légère variation du thème de In the Mood for Love. Mais plus que l'amour, toujours à l'origine mais bien moins exalté, c'est le vide infini séparant les êtres qui est au centre de ses préoccupations.
Temps et Distance chapitrent d'ailleurs son récit comme autant de marqueurs des différentes formes d'éloignement subies par les hommes. Telles des étoiles brillant vainement dans les ténèbres, ses stars seront mortes bien avant de s'éteindre. Seules de petites choses (clés, tarte à la myrtille, alcool) semblent capables de créer du lien et d'éclairer, momentanément, leurs tristes abîmes de solitude.
Mais si, plastiquement, il compose de superbes plans (scène risquée du baiser, qui frôle le ridicule mais se révèle fort émouvante), l'abus de ralentis esthétisants, accentuant l'isolement des personnages dans un temps muet et suspendu, plombent un ensemble au fort goût de déjà-vu... et qui rappelle un peu trop ces irréprochables publicités lisses, froides et sans âme.
My Blueberry Nights de Wong Kar-Wai, 1h51. Avec Norah Jones, Jude Law, David Strathairn et Natalie Portman.
Sortie le 28 novembre 2007.
(Illus. © Mars Distribution)
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Posté par Daveinthehay le 29.11.06 à 15:12 | tags : chine, news
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Tandis que Rob Cohen meurt d'envie de le ressusciter digitalement dans Rage And Fury (son prochain Fast-and-furious-like), la Chine annonce la construction de tout un parc de loisirs dédié à Bruce Lee. Le James Dean chinois en rirait presque : le lieu devrait abriter une académie d'arts martiaux, les élèves évoluant sous l'oeil sévère d'une statue géante, elle-même gardée par une patrouille de robots clonés sur la star. Pour le grand public, une demi-douzaine d'attractions seront éparpillées autour du mémorial, curieusement inspirées par ses prouesses hollywoodiennes dans La fureur de vaincre, Le jeu de la mort ou encore la série Le frelon vert (notons que sa filmographie compte 20 affiches chinoises contre 5 américaines). Coût de l'opération dragon : 25 millions de dollars. «La simplicité est le dernier pas de l'art» comme dirait l'autre...
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Posté par Elfi le 09.08.06 à 09:12 | tags : bande annonce, chine

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Posté par Elfi le 06.07.06 à 09:12 | tags : bande annonce, chine
Hamlet transposé en grandes pompes par Feng Xiaogang dans la Chine du 10e siècle, c'est une fois de plus le souffle coupé que nous découvrons les premières images de the Banquet. Des combats chorégraphiques, un luxe de costumes et de décors et des sentiments dégoulinants, on risque l'indigestion. Mais pour ceux qui sont sensibles aux charmes de Zhang ziyi (Mémoires d'une geisha), la bande annonce se laisse voir.
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Posté par Elfi le 26.04.06 à 10:43 | tags : chine, steven spielberg
Après la télé réalité, Steven Spielberg organisera aux côtés de Zhang Yimou l'ouverture et la clôture des Jeux Olympiques de Pékin en 2008.
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Posté par Elfi le 14.04.06 à 12:51 | tags : chine, site officiel, web
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Après Balzac et le Petite tailleuse chinoise qui traitait de la révolution culturelle chinoise, Dai Sijie offre une nouvelle fois une vision alternative de son pays avec Les filles du botaniste, l'histoire d'une relation sensuelle entre deux jeunes filles dans la Chine des années 1980. Le site officiel du film donne un bon aperçu du décor, l'île d'un botaniste transformée en jardin luxuriant. Espérons que la beauté des images ne constitue pas le seul intérêt du film.
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Posté par Sandor le 13.03.06 à 16:37 | tags : centre pompidou, chine, ciné du réel, documentaire, festival
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Parfois pendant cette Berlinale, avouons-le, entre un documentaire de
Singapour et une fiction tchèque, l'envie nous prend de nous relaxer devant
quelque chose d'un peu plus... facile. Et hop, on va donc voir Wu ji, The
Promise (illus.) de Chen Kaige, qui a tout l'air d'un grand mélo mythologique à
souhait et saupoudré de Kung Fu. Mauvaise pioche : jamais un film n'aura été
autant défiguré (au sens propre comme au figuré) par un usage dément
d'effets spéciaux totalement ratés. Un mystère que ce film réllement
incompréhensible, hystérique et épuisant soit présenté ici hors compétition.
Pas un mystère, par contre, qu'au moment de la fin tragique, toute la salle
soit partie d'un grand éclat de rire...
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Posté par Sandor le 04.01.06 à 21:06 | tags : chine, clint eastwood, david cronenberg, gus van sant, philippe garrel, short list
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Posté par Sandor le 26.11.05 à 01:48 | tags : asie, chine, cinémathèque française, jean luc godard
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- Ordet (Dreyer, 1955), samedi 20h30, Cinémathèque française (Paris)
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Posté par anita b. le 29.07.05 à 15:37 | tags : asie, chine, quentin tarantino
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Pourquoi un film, pris dans une foultitude de productions moulées par l'artisanat d'un studio (la Shaw Brothers), appartenant à un genre très codifié et connu des spécialistes (le film de kung-fu), pourquoi ce film, donc, devient-il un prototype, une oeuvre qui s'échappe, et marque le grand public de son empreinte particulière ?
Ce film, il s'agit de La Main de Fer, ressorti mercredi sur nos écrans. Réalisé par Chen Chang-Ho en 1972, il va très vite devenir un triomphe international, le premier film de kung-fu à la mode Hong-Kong à parcourir le monde en y trouvant inlassablement des adeptes. Le dernier en liste n'étant pas le moindre: Quentin Tarantino himself, qui lui rend hommage à maintes reprises dans Kill Bill. Ces sirènes violentes qui annoncent la montée du danger, l'utilisation des éclairages colorés sur certaines parties du corps pour les mettre en valeur, le héros mutilé qui doit tout réapprendre pour se venger, et ne laisser d'autre survivant que lui-même et sa famille, une mise en scène de combats d'une violence inouïe : tout cela est puisé directement à la source, cette Main de fer qui n'a rien perdu de son tranchant et de la grande originalité qui le caractérisait déjà à l'époque.
L'expérience le prouve : après avoir dû essuyer lors du permier quart d'heure les gloussements moqueurs d'un public venu là pour le kitsch 70's, le silence l'a emporté, et c'est le souffle coupé que nous assistions à la revanche finale de Chi-hao. Beauté et rapidité des combats à mains nue, sens pictural hallucinant, alliance parfaite du détail et du mouvement : La Main de Fer n'a pas fini de nous fasciner. (En particulier dans ces magnifiques copies neuves).
La Main de fer
Chen Chang-Ho, 1972
Sortie salles France (reprise) : 27 juillet 2005
bande-annonce et trailer : ***
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Posté par Sandor le 03.07.05 à 18:05 | tags : asie, chine, documentaire, festival, fid marseille
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Comment Jia Zhang-Ke lui-même, contemplant son propre reflet dans le verre de sa caméra, prend conscience de son travail de réalisation d'une image de la société chinoise en pleine mutation (The World, 2005).
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Posté par Medvedkine le 15.06.05 à 18:40 | tags : chine, classique, noir et blanc
« L’exotisme ne peut être que singulier, individualiste. Il n’admet pas la pluralité », écrivait Victor Segalen dans son Essai sur l’exotisme, une esthétique du divers. Un livre en adéquation parfaite avec Josef Von Sternberg et son cinéma de l’altérité comme dissociation, de l’ailleurs, pour un homme de voyage ayant vécu une époque où l’exotisme n’était pas devenu une finalité de notre modernité : le tourisme. De retour de Tokyo où il venait de tourner les premières images de son film, Jeremy se replongeait dans Segalen, Baudrillard et ses analyses du Crime Parfait, François Affergan et son Exotisme et altérité. Il se disait qu’il n’y aurait plus d’homme comme Sternberg, car le voyage était devenu la carte postale de la mondialisation. Le voyage comme relation aux autres, le voyage comme métamorphose si inhérent aux films de Sternberg avait aujourd’hui disparu. Ces œuvres de l’exil révélant « une espèce d’énergie de la distance, du détachement, de la nostalgie » n’étaient plus possibles. Jeremy repensait particulièrement à Shanghai Express, ce beau film ferroviaire avec Marlène Dietrich, l’égérie de Sternberg. Il se disait que ce film était une sorte d’exotisme radical. Un film qui ne « survit que de l’impossibilité de la rencontre, de la fusion, de l’échange des différences » , où seul demeure l’étrangeté de l’étranger. Avec comme épicentre scénique un train et des personnages reflets d’un microcosme universel, le voyage y était le moteur du récit. Toute la construction rythmique du film était en corrélation avec le train, Sternberg allant jusqu’à ce que les dialogues soient dits de façon à en mimer les mouvements. Il y a comme une sorte de surenchère de l’intégration de l’étranger dans Shanghai Express, une Diversité au sens de Segalen. Jeremy se disait qu’aujourd’hui nous vivons dans l’indifférence d’un monde sans distance où les contraires ont été remplacés par du folklore culturel. Pourtant il pensait déjà repartir, il voulait encore croire à l’exotisme radical et au cinéma.
Josef Von Sternberg, 1932
Cinécinéma Classic, jeudi 16 juin à 20h45
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