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L'actualité des festivals de cinéma du monde entier : de Berlin à Venise, Paris à Deauville, à l'exception du festival de Cannes. Voir aussi les collections Etrange festival et Berlinade.

Le Festival du Cinéma Américain s'ouvre à Deauville

Posté par Van le 05.09.08 à 12:06 | tags : festival

Un certain contraste devrait apparaître dès l'ouverture du festival de Deauville entre l'ambiance des films présentés en compétition, et les avants-premières hors compétition. En effet, si la sélection rassemble des films globalement sombres, le festival s'ouvre aujourd'hui sur Mamma Mia ! - le film, l'improbable transposition à l'écran d'une comédie musicale sur des chansons d'ABBA.

Côté compétition donc, citons Gardens of the Night, de Damian Harris, l'histoire de deux jeunes traumatisés par un événement survenu 9 ans auparavant, American Son de Neil Abramson, un jeune marine qui s'apprête à partir en Irak, ou encore le premier film d'Alan Ball (scénariste d'American Beauty et créateur de l'excellent Six Feet Under), Towel Head, l'histoire d'une jeune musulmane renvoyée chez son père libanais par une mère ne supportant pas qu'elle plaise aux hommes.

C'est hors compétition qu'il faudra aller chercher les paillettes et grosses pointures. Spike Lee présentera son Miracle à Santa Anna en avant-première, tout comme Ed Harris son western Appaloosa, dans lequel il se met en scène aux côtés de Viggo Mortensen. Et John Malkovich, présent par ailleurs pour Gardens of the Night, soutiendra L'Echange de Clint Eastwood, déjà présenté au festival de Cannes.

Tout le programme sur le site du festival. 


Festival des 4 écrans : appel à création

Posté par Van le 30.08.08 à 10:34 | tags : digima, festival

Encore une occasion de montrer vos talents de cinéaste. Le Festival européen des 4 écrans - cinéma, télévision, Net et téléphone mobile - organise pour sa 2e édition une compétition ouverte à tous sur les films destinés au Net et au mobile. Le principe : réaliser un film court (moins de 7 minutes) sur le thème des modes de vie urbains, sous la forme documentaire, de reportage ou de fiction. Les 15 meilleurs films seront sélectionnés pour la compétition et projetés pendant les trois jours du festival.

Le jury, présidé par Jean Nouvel, décernera deux prix, l'Ecran d'Or (1000 euros) et l'Ecran d'Argent (500 euros).

Vous pouvez envoyer vos films jusqu'au 14 octobre, via le site du festival, ou sa page Dailymotion.

www.festival-4ecrans.eu


La Mostra de Venise s'ouvre sur les frères Coen

Posté par Van le 27.08.08 à 10:38 | tags : mostra, festival

La 65e Mostra de Venise s'ouvre aujourd'hui avec le prometteur Burn After Reading (illus.) des Frères Coen, présenté en avant-première mondiale et hors compétition. Pour être exacte, le festival italien s'ouvrira sur un court métrage de Manoel de Oliveira, le cinéaste portugais centenaire.

Cette édition, qui sera dédiée au cinéaste égyptien Youssef Chahine décédé le 27 juillet, présentera 52 films, dont 21 en compétition pour le Lion d'or. Parmi eux, deux films français : L'Autre, un film fantastique de Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic, et Inju, la bête dans l'ombre, dernier film de Barbet Schroeder (en salles le 3 septembre).

Takeshi Kitano, Hayao Miyazaki, Darren Aronofski, Jonathan Demme pour les plus connus présenteront leurs dernières oeuvres, aux côtés de pas mal de premiers films, au jury présidé par Wim Wenders.


Festival du Film de Vacances : appel à candidature

Posté par Van le 25.08.08 à 14:08 | tags : festival

C'était bien vos vacances ? Prouvez-le !

La 2e édition du Festival International du Film de Vacances (dont nous avions parlé l'année dernière) n'attend plus que vos oeuvres pour pouvoir les projeter le 14 novembre prochain sur grand écran à Issy-les-Moulineaux (92). De plus, vous rendrez service à tous vos amis en participant à ce festival, car il vous obligera à faire un montage nerveux de vos dizaines d'heures de rushes.

Comment participer ? Il suffit de s'inscrire avant le 15 septembre sur le site du festival. Tout vacancier ayant trimballé son camescope pendant ses vacances peut participer. Il faudra tout de même passer par la phase montage : votre film doit durer moins de 8 minutes - point trop n'en faut.

Les 12 films sélectionnés seront donc projetés au cinéma d'Issy-les-Moulineaux le 14 novembre, avec cinq prix à la clé.

Toutes les infos : www.festivaldufilmdevacances.com


Festival du Film de Lama, 15e

Posté par Van le 18.07.08 à 15:44 | tags : festival

Rares sont ceux qui connaissent le petit village médiéval de Lama, en Haute Corse, qui accueille pourtant chaque été depuis 15 ans un festival de cinéma de qualité : le Festival Européen du Cinéma et du Monde Rural.

Le septième art prend place pendant une semaine dans les ruelles de ce village de moins de 150 habitants (cf illus.), avec une compétition de courts métrages, une sélection de longs métrages dont pas mal d'avant-premières, des documentaires, et un aperçu de la création corse des derniers mois.

Au programme notamment cette année : L'Empreinte de l'ange de Safy Nebbou qui sera présenté en ouverture par Sandrine Bonnaire. Les Grandes personnes, de Anna Novion avec Jean-Pierre Darroussin, le film d'animation Fly Me to the Moon, en 3D, Versailles de Pierre Schoeller, La Vie moderne de Raymond Depardon, ou encore Gomorra de Matteo Garrone qui fera la fermeture du festival. 

Pour ceux qui le peuvent, la programmation, l'ambiance et le village valent largement le détour. C'était la minute guide de voyage, et ça se passe du 26 juillet au 1er août.
Toutes les infos ici.


New York célèbre le cinéma frenchy

Posté par Cyril D. le 17.07.08 à 17:22 | tags : festival

Cocorico ! Le cinéma français prend ses quartiers au Festival du film de New York du 26 septembre au 12 octobre prochains. La 46è édition de cette manifestation prestigieuse accueillera deux longs métrages en provenance de l'hexagone.

Première oeuvre à se tailler la part du lion : Entre les murs de Laurent Cantet. La récente Palme d'or cannoise ouvrira même le festival. Acheté pour les Etats-Unis par Sony, le film inaugurera à cette occasion sa première projection outre-Atlantique.

New York rendra également hommage au cinéaste Guy Debord avec la diffusion d'In girum imus nocte et consumimur igni. Une célébration anniversaire pour ce film sorti initialement en 1978.

Le festival confirme une nouvelle fois sa vocation : "projeter les derniers travaux et les oeuvres maîtresses des réalisateurs du monde entier".

 


Wim Wenders présidera la Mostra de Venise

Posté par Van le 02.07.08 à 10:19 | tags : réalisateur, festival, mostra

Alors que les associations italiennes de producteurs et de distributeurs de films menacent de boycotter les festivals de Turin et Venise, ce dernier annonce le nom du président de son jury. Ce sera le réalisateur allemand Wim Wenders, auteur des magnifiques Paris Texas et Les Ailes du désir pour ne citer qu'eux - mais dont le dernier film The Palermo Shooting a déçu nombre de festivaliers à Cannes.

Les associations italiennes protestent contre l'abandon, dans la prochaine loi de finance, d'une mesure fiscale en faveur des sociétés finançant des films. L'effet Berlusconi en somme. Chacun sa croix.

La Mostra de Venise se déroulera (si tout se passe bien) du 27 août au 6 septembre 2008.


Paris fait son cinéma

Posté par Cyril D. le 01.07.08 à 18:52 | tags : festival, cinéma à paris, paris cinéma

Paris, capitale du cinéma. Durant douze jours, la ville accueille le festival Paris Cinéma.Objectif : réunir cinéphiles ou simples curieux autour de nombreux événements et de projections exceptionnelles. Pour sa 6ème édition, la manifestation met les petits plats dans les grands et investit de nombreux lieux parisiens. Le Studio des Ursulines, le Théâtre du Châtelet ou encore la Cinémathèque française participent aux festivités. Avec Charlotte Rampling en maître d'oeuvre.

Ce soir, la cérémonie d'ouverture se consacre au film Entre les murs de Laurent Cantet, récente Palme d'or à Cannes. Et dès demain, la compétition commence. Une sélection internationale de courts et longs métrages se disputent les honneurs du jury et du public.
Paris Cinéma mise en effet sur une programmation éclectique. A l'image de ses invités d'honneur, parmi lesquels figurent Nathalie Baye, David Cronenberg et Aki Kaurismaki. Le festival met également à l'honneur le cinéma philippin, entre âge d'or et nouveaux talents. A découvrir ou redécouvrir.

Parmi les événements à ne pas manquer :

- Soirée hommage à Jean-Claude Carrière le 2 juillet à 20h30 au Champo
- Soirée David Cronenberg le 3 juillet à 20h au Théâtre du Châtelet
- Soirée hommage à Aki Kaurismaki le 4 juillet à 20h30 à l'Arlequin
- Soirée hommage à Nathalie Baye le 5 juillet à 20h30 à l'Arlequin
- Soirées Joseph Kuo les 8 et 9 juillet à 22h au Max Linder
- Paris CinéCampus sur les métiers du cinéma le 11 juillet à 17h à la BNF
- Avant-première en copie neuve de Mariage à l'italienne de Vittorio De Sica le 11 juillet à 20h au Latina


Séances en plein air : le programme 2008

Posté par Damien L. le 26.06.08 à 15:15 | tags : cinéma à paris, festival

Depuis quelques années, les séances de cinéma en plein air sont entrées dans les moeurs estivales. Moment de convivialité mais aussi opportunité de découvrir des films peu accessibles en temps normal, le succès de la formule ne se dément pas.
A l'occasion de l'ouverture aujourd'hui à Saint-Cloud des "Films sous les étoiles", voici un aperçu des programmes de l'été 2008 :

-
Au Domaine national de Saint-Cloud les 26, 27 et 28 juin, la 5ème édition Des Films sous les étoiles propose une programmation autour de L'automobile, star de cinéma, avec entre autres Les Choses de la vie, Un homme et une femme, Duel, Taxi Driver, La dernière cavale de Kiefer Sutherland ou Christine. Projections gratuites l'après-midi et le soir (au milieu d'un océan de bougies) : consultez le programme.

- Au Parc de La Vilette, la 18ème édition de Cinéma en plein air se tiendra du 15 juillet au 17 août, avec la programmation Ava, Rita, Gina... les étoiles ne meurent jamais, qui proposera entre autres Loulou, Rashômon, Ninotchka, Laura ou Le Port de l'angoisse. Trois nuits seront par ailleurs consacrées à Clint Eastwood, à Al Pacino et aux "femmes de Pedro Almodovar". Nouveauté : les séances coûtent désormais 2 euros. Le programme est consultable ici.

- A Lyon, du vendredi 27 juin au 26 août, une projection gratuite est organisée chaque semaine à la nuit tombée, place Ambroise Courtois face à L'Institut Lumière. La programmation est éclectique, avec Trois enterrements, La Règle du jeu, Infernal affairs, The Snapper ou Brazil. Les informations se trouvent ici.

- A Marseille, le 13ème édition de Ciné Plein air se tient du 21 juin au 24 août avec des projections gratuites dans divers lieux de la ville. Les oeuvres proposées vont de Fish and Chips au Salaire de la peur en passant par Pompoko, Le Kid, Mon oncle, Danse avec les loups ou Priscilla, folle du désert. Consultez le programme.

Quant au 7ème Festival Silhouette (qui propose une compétition de courts-métrages), il se tiendra à Paris, au Parc des Buttes-Chaumont, du 31 août au 7 septembre.


Différent ! Espagnolas en Paris (suite)

Posté par Van le 19.06.08 à 14:56 | tags : festival, cinéma à paris
Espagnolas en Paris, c'est un groupe de cinéphiles et hispanophiles parisiens qui organisent depuis quelques mois des événements et projections dans des cinéma parisiens.

De ce soir à dimanche, des projections et des concerts (notamment à l'occasion de la fête de la musique) sont organisés au Majectic Passy, au Reflet Medicis et au Latina. Avec en ouverture ce soir un hommage à Catherine Deneuve et la projection de Tristana de Luis Bunuel au Majestic Passy .

Ensuite, des courts et longs métrages, des documentaires, des vieilleries et des nouveautés seront projetés au Latina vendredi et dimanche à partir de 16h, et au Reflet Medicis samedi et dimanche.

Sélection :

- Jeudi 19 juin 2008 -

Hommage à Catherine Deneuve en sa présence suivi de la projection de Tristana de Luis Buñuel
Projection suivie d'une dégustation gastronomique proposée par Aragón Alimentos

(Cinéma Majestic Passy Grande Salle : 18 rue de Passy - 75016 Paris - 20h00)

 

- Vendredi 20 juin 2008 -

16h
Intolérances

Trois films brefs et un long métrage contre les discriminations
Marianne, de Philippe Guez (2007, 5mn40). L'entretien d'embauche n'est jamais une mince affaire
Zcuse-nous, de Chad Chenouga (2007, 5mn43). Avant d'insulter, il faut regarder...
Implicación, de Julián Quintanilla (2004, 5mn). Deux acteurs de Pedro Almodovar, deux vipères
Positius, de Judith Colell (2007, 1h27) La peur du sida ne fait pas dans les détails d'âge, sexe ou condition
En présence des équipes des films.
19h00
Rogelio Ibáñez, ¡amigo!
Les vilains, de Xavier Durringer (1999, 1h34). Un braquage, ça se prépare bien. Et après...
22h00
La Nuit de l'Étrange Espagnol
El rey de la montaña (Les Proies), de Gonzalo Lopez-Gallego (2007, 1h30).
Echapper ! S'échapper d'une forêt inhospitalière, tout en se méfiant de la personne séduisante rencontrée en cours de route...
En présence de Gonzalo López-Gallego
24h00
De bien étranges courts-métrages
Máquina, de Gabe Ibáñez (2006, 16mn). Une jeune fille perturbée, l'harmonie perdue
Avant pétalos grillados, de Velasco Broca (2006, 11mn). Aliénigènes, bodybuilders, aveugles, extra-terrestres
Snip, de Julien Zenier (2007, 11mn). Un monde cauchemardesque d'apathie, aliénation, vide et désespoir
Las horas muertas, de Haritz Zubillaga (2007, 11mn). La randonnée macabre de quatre jeunes campeurs
En présence de Gabe Ibáñez et Julien Zenier

(Cinéma Le Latina : 20 rue du Temple - 75004 Paris - 16h)


- Samedi 21 juin 2008 -

16h
« Tous les chemins mènent au cœur de la musique... »
Die Stille vor Bach (Le Silence avant Bach), de Pere Portabella (2007, 1h42)
En camion, à cheval, en métro, du Bach comme vous ne l'aviez pas imaginé.
En présence de l'acteur Feodor Atkine
18h30
La Leyenda del tiempo, de Isaki Lacuesta (2005, 1h49)
Titre d'un disque emblématique de Camarón de la Isla, un enfant gitan, une jeune fille japonaise...
En présence de Paco El Lobo (et une guitare pas loin !)
21h00
Joaquín Sabina, 19 Días y 500 Noches, de Ramón Gieling (2008, 1h22)
Voir et écouter avec émotion un chanteur et poète incomparable, des témoignages inédits
23h00
Concert à l'improviste "En la puta rue [roué]"
Blanca Li, Miguel-Ange, Myriam Mezières, illustres membres de Espagnolas en París, se produiront en "live" sur le trottoir de la rue Champollion et accueilleront des amis
(Elsie Douce, Magalí Ripoll, Fabien Chagnoux, Nell...) et autres invités surprise, pour faire un show en famille

(Cinéma Reflet Médicis 3 rue Champollion - 75005 Paris 16h00)

(affiche par Agatha Ruiz de la Prada)




Festival des Nouveaux Cinémas 2008 : 10 jours consacrés au numérique

Posté par Damien L. le 14.06.08 à 16:59 | tags : musique au cinéma, festival, court métrage

C'est hier qu'a débuté la quatrième édition du Festival des Nouveaux Cinémas, qui propose depuis 2005 une sélection internationale de courts-métrages numériques (tournés avec caméra HD, SD, téléphones portables, webcam, etc). Jusqu'au 22 juin, le Festival se déroule dans différents lieux prestigieux et insolites de Paris et de la région Ile-de-France (le Club de l'Etoile, le Grand Action, le Divan du Monde, la Tête des Trains à Tousson, le Centre des Arts d'Enghien-les-Bains, le Cube à Issy-les-Moulineaux, l'Ecole Normale Supérieure, la Péniche Cinéma ou l'Elysées Biarritz).
A l’issue de chacune des projections, le public pourra participer à des débats avec les réalisateurs et les personnalités du cinéma invitées. Les séances sont toutes en entrée libre et se prolongeront avec des groupes en live, DJs et Vjs, notamment le 21 juin lors de la fête de la musique dédiée cette année au centenaire de la musique de film.

- Le programme complet est ici.

- Réservation conseillée en précisant le nombre de place désirées à : resafestival@cinefac.fr


Voici la bande-annonce de cette édition 2008 :


Par ailleurs, pour marquer son implication dans le cinéma numérique, Nouveaux Cinémas produit chaque année un court-métrage. Il s'agit cette année de "CTRL +Z" de Marie Pochoy (15 minutes), à découvrir chaque soir en ouverture...

Festival Pocket Films au centre Pompidou

Posté par Damien L. le 13.06.08 à 14:28 | tags : centre pompidou, digima, festival, forum des images

C'est aujourd'hui que débute la 4ème édition du Festival Pocket Films, qui explore depuis 2005 "les potentialités de l'expression artistique" offertes par les téléphones mobiles. Pendant 3 jours, l'entrée est libre au centre Pompidou et les programmes variés. Aujourd'hui vendredi, c'est une journée spéciale "éductation à l'image". Demain, ce sera la journée des invités : Isabella Rossellini, Stephen Dwoskin ou Nathalie Magnan. La remise des prix aura lieu dimanche à 18h30.
L'évènement de ce Festival est donc la présence d'Isabella Rossellini, qui viendra présenter samedi à 18h30 Green Porno (photo), série de 8 sketches consacrée à "la vie sexuelle des insectes et autres créatures” écrite, réalisée et interprétée par l'actrice de Blue Velvet. Déjà projetés au Festival de Berlin, ces sketches seront visibles en permanence durant le Festival, sur les fameux "arbres à portables". Drôles, colorés et délirants, ces 8 mini-métrages ne sont  pourtant pas les seuls atouts de cette édition 2008.

- Consulter le programme complet de Pocket Films 2008.

- Lire notre entretien avec Benoît Labourdette, délégué général du Festival.

- Lire la critique de J'aimerais partager le printemps avec quelqu'un, premier long-métrage réalisé avec un téléphone mobile.


De Cannes à Toulouse : un palmier pour cacher la forêt ?

Posté par Marc le 06.05.08 à 11:58 | tags : festival
Brillant de milles feux, le festival de Cannes s'avance à grands pas et sans souci majeur. C'est, hélas, une exception dans le paysage français où le financement des festivals s'obtient de haute lutte. Exemple avec Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse.

Comme la plupart des festivals, celui-ci rend accessible des œuvres et des talents qui resteraient invisibles au public ...mais pour combien de temps ? S'il a pu avoir lieu cette année, c'est, comme souvent, à l'issue d'âpres discussions avec les pouvoirs publics dont il dépend financièrement. Il est majoritairement subventionné par la Région, la part de la ville n'excèdant pas 15 % du budget total. Paradoxal car c'est avant tout le nom de la Ville Rose qui se trouve mis en avant ! Ça pourrait changer puisque, depuis mars, la région, le département et la municipalité sont de la même couleur : rose socialiste. L'occasion de voir ces différents partenaires tirer dans le même sens... sans craindre que l'adversaire politique en profite ?

On peut l'espérer. Mais c'est une première étape qui ne sera peut-être pas suffisante. En effet, Cinémas d'Amérique Latine était, jusqu'à l'an dernier, subventionné par les DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles). Or, comme on le sait, depuis l'élection de M. Sarkozy, celles-ci sont en passe de devenir des coquilles vides, mettant du même coup nombre de manifestations en difficulté. Cette année, Toulouse s'en est bien sorti grâce aux subventions du CNC, parce qu'il a eu la chance d'être reconnu d'utilité publique. Ce qui est la moindre des choses mais ne pourra pas être le cas de tous. Dans une drôle d'époque où Goliath (les exploitants mastodontes) n'hésite pas à s'attaquer, juridiquement, à David (le cinéma Méliès de Montreuil), ce quinquennat paraît décidément bien hostile à la diversité culturelle et... son éventuel aspect subversif.

Dans ce contexte, le festival Cinémas d'Amérique Latine 2008 a dignement fêté son vingtième anniversaire notamment grâce à une programmation dont la qualité générale fut bien meilleure que l'année précédente. Si certains films seront sur nos écrans cette semaine (Agnus Dei, Haïti chérie), ou très bientôt (El Asaltante, Partes Usadas...), il faut espérer que d'autres puissent profiter de cette brève exposition pour attirer les distributeurs. Ainsi, la justesse de Dos Abrazos, la tendresse de Postales de Leningrado, les obsessions d'Otavio e as letras ou l'étonnant et rythmé marabout de ficelle animalo-humain d'Ainda Orangotangos, méritent assurément de se confronter à un plus large public. Pourvu que ça dure...


Le Festival des Très Courts fête ses 10 ans

Posté par Damien L. le 24.04.08 à 10:22 | tags : festival, cinéma des cinéastes, court métrage

Impressionnante évolution que celle du Festival International des Très Courts. Certains vétérans se souviennent des premières éditions organisées au Forum des Images, dans une quasi intimité qui n'empêchait en rien le dynamisme de la programmation.

Mais pour le dixième anniversaire de la manifestation, les organisateurs ont vu les choses en grand. Le festival aura lieu les 2, 3 et 4 mai 2008 au Cinéma des Cinéastes, et simultanément dans 65 villes du monde (24 villes en France et 41 villes à l’étranger).

Le principe n'a pas changé : chaque film doit durer moins de 3 minutes (hors titre et générique) et tous les genres sont acceptés, fiction, documentaire, animation, image de synthèse. Seule compte la créativité. Amateurs ou professionnels, les réalisateurs viennent de divers horizons et de divers continents. 17 pays sont cette année représentés.

Toutes les infos sont disponibles sur le site du festival.

Soirée d'ouverture le vendredi 2 mai 20h au Cinéma des Cinéastes (7 avenue de Clichy, 75017 Paris) : projection de la sélection officielle suivie de la remise des prix en présence des réalisateurs et du jury.


Les Ch'tis à Hollywood (2)

Posté par Van le 21.04.08 à 16:32 | tags : hollywood, festival, comédie

Les Ch'tis ont donc traversé l'Atlantique.

Présenté en ouverture du festival COL.COA (City of lights, city of angels, organisé par le Fonds culturel franco-américain) en fin de semaine dernière, Bienvenue chez les Ch'tis a visiblement conquis le public américain. Oui, l'humour du nord s'adapte bien chez les yankees, qui ont descerné au film de Dany Boon, rebaptisé Welcome to the Sticks, le COLCOA Audience Award, qui témoigne de la très bonne réception d'un film français auprès du public américain.

Le film a été projeté cinq fois : une devant 700 professionnels - qui auraient ri malgré l'austérité bien connu des gens du métier -, deux devant des lycéens américains qui, si l'on en croit les explications des relations presse, se sont copieusement esclaffés alors même que certains d'entre eux voyaient un film sous-titré pour la première fois... Et deux séances publiques qui ont fait salle comble, l'une à l'issue de laquelle le public votait pour le Audience Award. L'autre en tant que gagnant du prix en question.

Il faut saluer les sous-titreurs, qui ont réussi l'exploit de traduire l'humour ch'tis et de trouver des équivalents anglais aux mots déformés dans le film. Et son esprit apparemment universel.

La Graine et le mulet a obtenu par ailleurs le prix de la critique à l'unanimité, et le film de Sandrine Bonnaire, Elle s'appelle Sabine, une mention spéciale.


40 ans de Quinzaine des réalisateurs à Paris

En 1969, la création de la Quinzaine des réalisateurs fut une conséquence directe des évènements qui paralysèrent le Festival de Cannes 1968. Pour lutter contre l’académisme dont la sélection faisait preuve, il s'agissait de présenter des films « gratuitement, sans palmarès et sans censure ». Quarante ans plus tard, la Quinzaine se porte bien, merci. Pour célébrer cet anniversaire, plusieurs évènements sont prévus, mais le premier d'entre eux a lieu...à Paris.

L'Action Christine propose en effet une rétrospective des films découverts à la Quinzaine des réalisateurs. Pendant deux semaines (jusqu'au mardi 29 avril), la programmation du cinéma est tout bonnement hallucinante. Seront ainsi projetés Aguirre, la colère de Dieu, Benny's Video, La Captive, L'Empire des sens (photo), Family Life, Macunaima, Mean Streets, Le Prisonnier du Caucase, La Salamandre, Stranger than Paradise, Summer of Sam, The Indian Runner ou Wanda.

 

Vous pouvez jeter un oeil au programme complet

Du 16 au 29 avril, Action Christine, 4 rue Christine, 75006 Paris

 


Nemo : Heima, Sigur Ros comme à la maison

Posté par anita b. le 14.04.08 à 15:59 | tags : festival, musique au cinéma, you tube

Belle découverte de ce week end au festival Nemo, Heima est un film qui retrace la dernière tournée en date de Sigur Ros, dans son beau pays, l'Islande. Un exercice a but promotionnel, mais qui se révèle bien plus relevé que les modèles du genre. D'abord parce qu'au lieu de nous abreuver des propos du groupe, gentils et naïfs comme il se doit, le réalisateur se concentre sur les paysages fantastiques, les visages dans le public, les petits détails qui sont normalement occultés (fabrication des t-shirts du groupe, préparation de la scène). Et puis surtout, quels concerts ! En 8 dates, 8 concerts gratuits offerts à la maison (Heim = home), le groupe se produit aussi bien sur une immense scène que dans un petit entrepot de pêche abandonné, une salle des fêtes ou au beau milieu d'un champ. Et à chaque fois, cet écrin offre à leur musique un cadre de rêve. Magnifique objet filmique, Heima (dont parlaient déjà nos amis du blog musique) est projeté deci-delà lors de festivals, et mérite pleinement d'être vu sur grand écran, la musique à fond. Une très belle plongée dans l'univers plein d'elfes et d'intensité de Sigur Ros.

 


Festival Nemo : 6ème

Posté par anita b. le 12.04.08 à 09:40 | tags : cinéma à paris, musique au cinéma, festival
Ce soir s'ouvre la sixième édition du festival Némo, programmation toujours aventureuse des formes audiovisuelles les plus inovantes à travers le monde. Ca veut dire quoi ? Eh bien cette année, beaucoup de films liés à la musique, pour notre plus grande joie. Comme par exemple ce Scott Walker : 30 Century Man, documentaire de Stephen Kijak coproduit par David Bowie, exploration de l'univers artistique et dialogue avec le musicien le plus mystérieux du 20eme siècle. Des panorama de la création vidéo internationale, des performances, des workshops ou encore un hommage au studio américain Motion Theory viennent étoffer un programme riche et ambitieux. On conseillera d'expérience de se laisser porter, de choisir des séances au hasard pour profiter pleinement de l'effet de surprise.

Réparti sur plusieurs lieux, parmi lesquels le très classe Elysée Biarritz, mais aussi le Cube ou la Bellevilloise, Nemo offre cette année des conditions exceptionnelles pour suivre l'évolution des artistes et studios les plus originaux du moment.

Et en plus, c'est gratuit ! Tout le programme ici.

Festival Nemo : du 10 au 20 avril.


Pocket films : créez votre série

Posté par Damien L. le 10.04.08 à 15:17 | tags : centre pompidou, digima, festival, forum des images

La quatrième édition du Festival Pocket Films aura lieu du 13 au 15 juin 2008 au Centre Pompidou à Paris. Elle présentera le meilleur de la création audiovisuelle réalisée avec et pour téléphone mobile.
A cette occasion, SFR lance un appel à projets auprès de tous les vidéastes sur le thème de la série
: simples pilotes ou ensemble d’épisodes, tout est accepté. Une seule condition : que la série soit adaptée à une diffusion sur écran mobile. Le lauréat verra sa vidéo diffusée lors du Festival et recevra également un prix de 1000 euros.
Vous avez jusqu’au mardi 29 Avril 2008 pour proposer vos vidéos. Toutes les informations se trouvent sur le site de SFR Jeunes talents.

Le Festival a donc trouvé la parade face aux reproches qui avancent qu’un film mobile n’a rien à voir avec le cinéma. La création d'une « série » semble en effet plus adaptée à la nouvelle multitude de supports…

 


L'Amérique latine à Toulouse : l'Argentine brille

Posté par Marc le 04.04.08 à 17:30 | tags : festival
Encore une histoire de couple ! Attendu avec une certaine impatience, le nouveau Matias Bize est une petite déception. Après le mariage avorté de Sabado ... et l'adultère jouissif de En la Cama, voici la rupture affectueuse de Lo bueno de llorar. Un scénario toujours très bien écrit même si beaucoup moins bavard, où Bize confirme son talent de mise en scène ainsi que sa capacité à tirer le meilleur de comédiens attachants. On a hâte, pourtant, de le voir s'aventurer vers d'autres thématiques... et diriger, soyons fous, 3 voire 4 acteurs !

Au rang des agréables surprises, citons El Asaltante. Pablo Fendrik y suit sans relâche un drôle de personnage auquel, sans guère de mots, l'excellent Arturo Goetz (La fiancée du pirate) donne corps, sans vraiment dévoiler son âme. Une habile façon de questionner, avec le minimum de mots, ce qu'est la véritable humanité et, in fine, de souligner l'importance de « bien regarder ».

Dans un genre bien différent, et beaucoup plus bavard, Agnus Dei (illus.) a, lui aussi, obtenu les applaudissements d'un public séduit. Lucia Cedron plonge dans son histoire personnelle pour évoquer l'Argentine de son enfance, pendant le mondial de 78, après le coup d'état militaire, et ses conséquences 20 ans plus tard. Le récit est complexe mais parfaitement compréhensible grâce à un remarquable travail d'écriture. Les passages d'une époque à l'autre s'opèrent avec beaucoup de fluidité et témoignent d'un prometteur talent de narration car la densité de ce premier long-métrage était plutôt casse-gueule.

Ses deux films sont à découvrir dans les salles le 7 mai prochain.


Festival Images mouvementées : à l'Attac !

Posté par Van le 02.04.08 à 18:08 | tags : festival, cinéma à paris

 

 

"Identité sans frontières" : tel est le thème de cette 6e édition du Festival Images mouvementées, festival de cinéma organisé par Attac, qui se tient jusqu'au 8 avril au Cinéma des 7 Parnassiens (Paris 14e).

Une thématique bien actuelle, à l'heure des quotas d'expulsion et de l'immigration choisie, quand des concepts comme tests génétiques et centres de rétention passent dans le langage politique courant... Un festival évidemment engagé, qui propose d'approfondir les questions d'identité et d'altérité à travers le cinéma : 40 films et 8 débats comme autant de points de vue, sérieux ou plus légers, sur un monde de plus en plus fermé.

Toutes les infos ici


Les rencontres Cinéma d’Amérique Latine de Toulouse : 20ème

Posté par Marc le 26.03.08 à 14:49 | tags : festival
A partir du 28 mars, et jusqu'au 6 avril, les salles obscures de la Ville Rose accueillent une sélection dense - plus d'une centaine d'œuvres - et complète des cinématographies d'Amérique Latine. Trois programmes suscitent une attention toute particulière.

Tout d'abord une projection en HD numérique de A Pedra do Reino, de Luiz Fernando Carvalho. Déjantées et surréalistes, les mémoires tragi-comiques de Quaderna, un vieux clown qui rêve d'instaurer une monarchie populaire et littéraire de gauche (!!) semblent particulièrement intrigantes. Annoncé à grands renfort de superlatifs, cet énorme succès populaire brésilien a déjà remporté la palme du film le plus long du festival (3H48 !). On attend de voir.

Aucun doute, par contre, sur cet autre film brésilien, Limite (illus.), qui est l'unique réalisation de Mario Peixoto (1931). Restauré par Arte et présenté au Festival de Cannes l'an dernier, il a fait l'unanimité auprès des privilégiés ayant pu le (re-)découvrir, comme il avait, semble-t-il, conquis les cœurs des plus grands en son temps (Eisenstein, Orson Welles...). La promesse d'une pépite.

Enfin, on guettera le nouvel opus de Matias Bize, Lo Bueno de Llorar. Ce jeune réalisateur chilien nous avait séduits avec son film de fin d'étude (Sabado, una pellicula...), que l'on pourra revoir durant la semaine, puis En la Cama (2007). Symbole d'une nouvelle vague chilienne (Sebastian Lelio, Alicia Scherson, etc.) prometteuse, on l'attend au tournant.

Rendez-vous est donc pris dès ce vendredi, à la Cinémathèque de Toulouse, pour saisir le pouls d'une manifestation toujours très chaleureuse.

Le site des rencontres.


Newsreel, vivifiant cinéma de contre-information

Posté par Van le 25.03.08 à 18:01 | tags : les incorrigibles, cinéma du réel, festival

Quatrième billet de la carte blanche accordée au collectif Les Incorrigibles, à l'occasion de la 30e édition du Cinéma du réel. Toute la série ici.

Ils s‘autoproduisaient. Se mobilisaient pour diffuser leurs images. Quarante ans après, l'exemple des Newsreel américains frappe encore par la force de leur production collective. Des films présentés au Cinéma du réel dans la rétrospective Americana.

A l'heure des commémorations, le Cinéma du réel présente les années 67 et 68 américaines. « Pourquoi laissons-nous l'exclusivité des reportages à la presse et à la télé ? Ces types sont sympas mais ce qui les intéresse, c'est l'argent, les jolies choses, mais pas de voir les choses. Nous avons perdu contact avec notre réalité. Grâce à la caméra-œil, nous reprendrons contact avec elle », écrivait Jonas Mekas, catalyseur du mouvement Newsreel. Entre 1966 et 1971, cinéastes et activistes américains s‘unissent pour produire de la contre information. Les films du Newsreel traduisent les préoccupations de leurs auteurs. Guerre du Vietnam, Black Panthers, drogue, répression policière... la production est hétéroclite et exprime une diversité de formes esthétiques et d'intérêts politiques. De groupe en réseau de groupes, le phénomène fait tache d'huile et s'étend de New York à San Francisco, Chicago Boston, Toronto. En quelques mois, des échanges se créent avec des sympathisants à Londres et Paris, au Mexique, à la Havane, à Buenos Aires et Tokyo.


Traces de mémoires inimaginables sans le cinéma, le mode de production frappe encore aujourd'hui par son efficacité et son énergie créatrice. Les films sont produits et réfléchis collectivement. Les désaccords au sein du mouvement sur les propos ou la thèse d'un film sont monnaie courante. Leur appartenance au Newsreel est alors vivement discutée lors des réunions des groupes. « Nous faisions des films de l'intérieur du mouvement pour le mouvement. Pour le film des Panthers, par exemple, les Panthers eux-mêmes ont participé au montage, avec tous les problèmes que cela peut poser. Les premiers films de femmes sont issus de discussions des groupes de femmes. Les films n'étaient pas conçus à l'avance. Nous n'écrivions pas de scénario. Il s'agissait d'apporter le matériel de tournage à un groupe, un mouvement ou un événement et d'exprimer ce qui se passait là. » L'aventure est racontée dans Recycling the newsreel with Paul Mcisaac. Membre du Newsreel newyorkais, McIsaac, producteur vidéo et radio, impliqué dans Indymedia, dirige actuellement le Playback Theater à New York. Il apparaît dans Ice, Doc's Kingdom et Route One: USA, trois films réalisés par l'un des membres fondateurs de Newsreel, Robert Kramer. Il souligne : « Montrer les films constituait une part importante de notre activité. Nous les apportions nous-mêmes sur place, façon guérilla [...]. Beaucoup de gens du mouvement ne faisaient pas de film mais travaillaient à ce qu'ils soient vus. » Centres sociaux, universités, camps militaires, vitrines des magasins, et partout où l'on pouvait réunir du public. Projection en plein air sur les façades des immeubles, les membres du Newsreel saisissent toutes les occasions de montrer les films et, surtout, engagent des discussions avec les spectateurs. Entre usage anti-conformiste du cinéma et contre-champ à l'actualité télévisuelle, l'expérience du Newsreel peut inspirer encore les cinéastes, vidéastes ou artistes d'aujourd'hui.

Caroline Thiery / Collectif Les Incorrigibles

Recycling the newsreel with Paul Mcisaac
Documentaire de Ivora Cusack & James June Schneider
2007 - 64 minutes - vidéo
http://360etmemeplus.org/

 

 


Kookaï fait son cinéma

Posté par Damien L. le 21.03.08 à 13:15 | tags : festival, court métrage, web

Depuis quelques jours, KOOKAÏ FILMS vous propose de devenir membre du Jury du "Prix de l'émotion" au prochain festival Paris Cinéma (prix qui sera décerné dans le cadre de la compétition internationale des courts métrages). Il faut pour cela répondre à trois questions dans la partie "Concours" du site. Les cinq candidats sélectionnés seront accueillis au Festival en V.I.P et participeront aux soirées d'ouverture, de clôture et aux séances de projection de la sélection internationale. Rendez-vous majeur de l'été culturel, le Festival Paris Cinéma se tiendra du 1 au 12 Juillet 2008.

Par ailleurs, Kookaï soutient la création cinématographique par la diffusion d'une sélection de courts métrages « coup de coeur ». Plusieurs d'entre eux sont ainsi diffusés depuis quelques jours, et une nouvelle série suivra le 7 Mai 2008. La marque lance donc un appel à ceux qui souhaitent bénéficier de ce soutien à la diffusion. Toutes les informations se trouvent dans la partie "Mécénat" du site KOOKAÏ FILMS (qui rémunèrera les créateurs des films pour la diffusion de leurs oeuvres).

Toutes les formes sont les bienvenues, comme le montrent les courts-métrages actuellement en ligne sur le site: si la forme chantée de "Comme un air" permet un envahissement progressif de l'urbanisme parisien par la musique, "Le Bon numéro" est lui un traditionnel film d'animation, qui explore brillamment le thème de l'amour sur commande.

Le site de Kookaï films.
Le site de Paris Cinéma.


Cinéma du réel : Barcelone ou la mort

Posté par Van le 19.03.08 à 16:11 | tags : les incorrigibles, cinéma du réel, festival

Deuxième billet de la carte blanche accordée au collectif Les Incorrigibles, à l'occasion de la 30e édition du Cinéma du réel. Toute la série ici.

C'est un peu "la bourse ou la vie" version sénégalaise. Au 30ème festival du Cinéma du réel, Barça ou Barzakh (Barcelone ou la mort), le premier film d'Idrissa Guiro, a reçu le prix Louis Marcorelles du ministère des Affaires étrangères.

La première activité économique des habitants de Thiaroye-sur-mer au Sénégal est la pêche. Pourtant ils ne peuvent rien contre les chalutiers européens, chinois ou japonais qui écument leurs eaux. Les pêcheurs reviennent trop souvent bredouilles après une journée en mer. Ils ne peuvent ni gagner leur vie chez eux ni aller tenter de le faire en Europe. Reste la migration et ses aléas. Les villageois ne crient pas leur colère, ils sont assommés, l'air déjà parti. Dans Barça ou Barzakh, son premier film, Idrissa Guiro montre à quel point l'obsession de rejoindre l'Europe domine la peur de la mort. Le film s'articule autour du récit de Modou qui a failli mourir lors de sa deuxième tentative de traversée de l'Atlantique en pirogue. La mer était déchaînée, des vagues de huit mètres de haut. Les passagers, entassés par 100 dans une pirogue de 12 mètres, chantaient pour se donner du courage. Ils connaissaient bien la mer mais ils ne l'avaient jamais vu comme cela. Le GPS était en panne, les hommes pleuraient d'épuisement, de froid et de peur. Des cargos les ont ignorés. Des gardes côtes marocains les ont sauvés. Retour forcé au Sénégal. Seul point positif : les passagers s'en sont tous sortis vivants. Ils ont eu de la chance.

 

En 2006, 25 000 clandestins sénégalais ont rejoint les Canaries. 3000 sont morts dans leur tentative. Même s'il est traumatisé par ses traversées précédentes, Modou n'a pas l'intention d'abandonner. La tension entre son départ possible, incarné par la construction d'une pirogue, et le hors champ de son récit cauchemardesque structure le film. Pas de répit pour le spectateur, malmené par un sentiment d'impuissance et la couleur rouge omniprésente. La musique de Youssou N'Dour et les cadres très proches des personnages adoucissent l'atmosphère. Les images sont belles, très belles et permettent de s'installer dans cette réalité difficile. Tala, l'autre personnage central du film a fait le choix inverse de son cousin Modou. Son combat à lui se situe au Sénégal. Enseignant aux Etats-Unis, il a choisi de revenir au village pour soutenir le développement du pays. Son entourage et sa famille le prennent pour un farfelu. Dans les rues de Thiaroye-sur-mer de larges panneaux publicitaires en faveur de la banque Western Union qui gère les transferts d'argent rappellent : "Mon fils m'envoie une raison supplémentaire d'être fier de lui". Tala le professeur tente de dissuader son cousin Moudou de repartir. Sans succès. Barcelone ou la mort, Barça ou Barzakh, en wolof ...

 

La force du film tient à la manière de capter la pugnacité des hommes et des femmes qui habitent ce village. Mais aussi à celle du réalisateur Idrissa Guiro qui n'a pas attendu de trouver des financements pour partir seul avec une caméra de location. Il a ressenti l' urgence. Il connaît bien le pays : son père est Sénégalais. Il fait souvent des allers-retours depuis la France, son pays natal, et se désole que les Africains ne jouissent pas du même droit de circuler que lui d'un pays à l'autre. L'élément déclencheur du film a été la lettre d'adieu écrite par un migrant avant de mourir en mer qui disait : "La situation est si pénible à bord que je ne crois pas que je vais m'en sortir vivant. Je veux que ceux qui trouvent cet argent le donne à ma famille (...) Adieu et pardonnez-moi". Cette lettre a été retrouvée à bord d'un navire fantôme, en face du Brésil, après quatre mois à la dérive.

 

L'immigration a toujours fait partie de l'histoire du Sénégal, mais elle a pris une allure dramatique ces dernières années. Pourquoi ceux qui mesurent les risques de la traversée envisagent-ils de les braver pendant des jours et des nuits ? Idrissa Guiro a voulu comprendre la complexité de ce choix. Barcelone ou la mort est un film sur le départ. Il est là, en permanence : dans les plans des pirogues peintes de fleurs ou des regards perdus des élèves en cours d'anglais, quand chacun raconte la perte d'un proche dans un naufrage. La mer rythme le film. Ni menaçante ni trop belle. Là, simplement. Pour certains le film est trop esthétisant, les images trop belles, "cartes postales" et loin de la réalité. Idrissa assume son style. Ce qui compte c'est que le public africain voie ce film. Il est heureux d'avoir saisi des scènes inattendues. Celle d'un jeune garçon, à la sortie de l'école, qui se plante silencieux devant la caméra, une feuille à la main avec l'inscription : "partir en Europe".

Marie Bonnard/Collectif Les Incorrigibles




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