
Un film vénéré par quelques happy few, puisqu'après sa sélection en compétition au festival de Berlin en 1998, il fut interdit de salles en Italie. Merci donc au courageux distributeur ED Distribution d'offrir une deuxième vie à Toto, réalisé par deux enfants terribles : Daniele Cipri et Franco Maresco. Filmé dans un sublime noir et blanc qui évoque à la fois Rossellini et Pasolini (le film peut se lire comme une version trash de La Passion selon St Mathieu), Toto qui vécut deux fois nous entraîne, en trois tableaux, dans un univers sicilien rural et pauvre, où la frustration sexuelle domine une population exclusivement composée d'hommes. Le simplet qui se fait humilier par tout le village, l'homosexuel qui pleure son amant mort sous les quolibets de la famille, une sorte de Jesus bis... On suit le calvaire de ces trois personnages grotesques pris dans un univers aussi violent que poétique. Parfois surréaliste et proche de Bunuel, le film propose le collage, indécent pour certains, de l'imagerie religieuse avec une imagerie violemment sexuelle. Les réalisateurs inventent un dialogue inédit, cru et hilarant, entre les tourments humains les plus triviaux et des aspirations plus spirituelles.
A ne surtout pas rater.
Voici la bande-annonce :
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Après trois semaines d'exploitation, OSS 117 : Rio ne répond plus totalise 2 016 221 entrées. C'est un succès et c'est mieux que OSS 117, Le Caire nid d'espions (qui totalisait 1 758 732 spectateurs à la même période). Mais le film fera moins d'entrées que des comédies comme Camping, Je vous trouve très beau ou Prête-moi ta main.
Si de nombreuses personnes ont découvert Le Caire nid d'espions en DVD ou à la télévision, la saga OSS 117 n'élargira donc pas sa base de spectateurs (2,3 millions d'entrées pour le premier film) jusqu'aux 4 ou 5 millions.
On pourra toujours incriminer la relative mollesse de la bande-annonce ou le beau temps qui a détourné certains Français des salles obscures. Mais il apparaît surtout que l'humour parodique et irrévérencieux d'OSS 117 n'est pas destiné à déplacer autant les foules qu'un Bienvenue chez les Ch'tis.
Par ailleurs, le fait que les OSS 117 soient des oeuvres à l'esthétique particulièrement soignée semble peu déterminant aux yeux du public français.
Le score du film reste excellent et devrait autoriser la mise en chantier d'un troisième (et dernier ?) volet des aventures d'Hubert Bonisseur de la Bath.
- Voir notre rencontre avec Jean-François Halin, scénariste et dialoguiste d'OSS 117.
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Posté par Slick Rick le 29.04.09 à 18:24 | tags : en salles, bande annonce
Tressautants, lo-fi, improvisés, féminins, vifs et écorchés, âpres et minimalistes : Wendy and Lucy, et The Pleasure of Being Robbed : ces deux films sortis à une semaine d’intervalle, l’un réalisé par Kelly Reichardt, l’autre par le jeune Joshua Safdie, évoquent beaucoup l’unique film mis en scène par Barbara Loden, Wanda. Ce film « culte », datant de 1970 (Loden meurt dix ans après d’un cancer), relate la dérive erratique d’une femme mariée, croisant sur sa route un petit gangster. Tourné en 16 mm, Wanda posait, après John Cassavetes (Shadows), les bases d’un certain cinéma indépendant, concentré sur les variations de jeu des acteurs. Comme un morceau de jazz, ces films expérimentaux, et Wanda en particulier, tiennent une note, une émotion, et la triturent pour en prélever toute la richesse et la profondeur.
De la même manière, mais avec une douceur particulière au style de Kelly Reichardt, Wendy & Lucy parvient superbement à exprimer le sentiment d’abandon, de solitude extrême d’une femme à la recherche de son chien, ballottée par les évènements pendant tout le film. La solitude est un thème central dans Wanda, film sur la marginalité et l’errance d’une femme, tout comme The pleasure of being robbed. Safdie filme la belle Eleonore Hendricks dans son parcours chaotique de kleptomane, donnant l’impression (un peu maladroitement) d’une suite de situations provoquées par le hasard. L’image est salie, lo-fi, comme pour mieux exprimer l’aspect indéfini, esquissé (tel un croquis ou un brouillon) d’une narration en work in progress.
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Réalisé en 1988, A bout de course (Running on empty) est ressorti mercredi dernier dans quatre salles françaises.
Emmené par l'estomaquante performance de River Phoenix (qui fut logiquement nommé aux Oscars), ce film de Sidney Lumet s'intéresse à une famille contrainte de vivre en perpétuelle cavale. Anciens activistes contre la guerre du Vietnam, Annie et Arthur Pope sont recherchés par le F.B.I : leurs deux fils doivent ainsi subir une enfance sans attaches et développent parallèlement une sensibilité à fleur de peau.
Bouleversant drame familial, habile réflexion sur la notion de Loi, ode à la liberté, A bout de course est d'une richesse inouïe. Si le film a été réalisé à la fin des années 1980, on retrouve le souffle et le sensualité du cinéma américain des années 1970. Certaines séquences (l'anniversaire, la déclaration d'amour de Danny/River Phoenix à Lorna/Martha Plimpton ou les retrouvailles entre Annie et son père) comptent parmi les plus belles jamais réalisées par Sidney Lumet.
A ne pas rater.
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Alors que le trop académique Coco avant Chanel sort en salles, la nouvelle tendance française du biopic donne déjà l'impression de tourner en rond...
Après le triomphe en 2007 de La Môme (cinq millions d'entrées, un César et un Oscar venant saluer la performance de Marion Cotillard en Edith Piaf), les biopics consacrés à de célèbres figures hexagonales n'ont plus quitté les écrans : Sagan, Coluche, Mesrine et aujourd'hui Coco Chanel. Ces projets proposent à chaque fois d'excitants défis, que ce soit au niveau de la mise en scène, de l'interprétation, de la reconstitution historique ou du traitement de l'inconscient collectif français.
Mais face au profond manque de folie de Coco avant Chanel, un doute nous assaille : ces films ne se ressemblent-ils pas tous ? Car si l'énergie haletante du diptyque Mesrine lui permettait de sortir du lot, les autres biopics offrent le même académisme dépressif et les mêmes procédés narratifs. Tout se passe comme si ces oeuvres étaient façonnées dans le même moule.
Le biopic français se trouve-t-il dans une impasse ? On attend pourtant beaucoup des prochains Coco Chanel et Igor Stravinsky de Jan Kounen ou Serge Gainsbourg : vie héroïque de Joann Sfar, qui pourraient bien venir secouer les codes du genre.
Ci-dessous : les bande-annonces de La Môme et de Coco avant Chanel.
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Posté par Van le 20.04.09 à 15:27 | tags : en salles, adaptation, film policier, réalisateur

De la différence de faire des films en France et aux Etats-Unis, de Tommy Lee Jones, des Français qui se sont perdus à Hollywood, de Bob Dylan ou des fantômes, il est question de tout cela dans l'entretien que Tavernier nous a accordé à l'issue de l'avant-première de son film.
Voir l'entretien vidéo suivi des meilleurs moments de la conférence de presse autour du film.
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Posté par Damien L. le 14.04.09 à 18:58 | tags : adaptation, en salles, comédie
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Alors que l'humour décapant de OSS 117 : Rio ne répond plus s'apprête à déferler demain sur la France, Jean-François Halin - l'homme à l'origine de cette nouvelle saga comique - revient pour Fluctuat sur les audacieux sujets du film : Nazis, Collaboration, racisme à la française...
Ex-auteur des Guignols de l'info, Jean-François Halin a co-signé les dialogues et scénarios des deux OSS 117 qu'a réalisés Michel Hazanavicius. Dans un entretien vidéo découpé en 5 chapitres, il évoque la genèse des deux films, l'arrière-fond politique de Rio ne répond plus, le travail sur les dialogues et l'éventualité d'une troisième aventure d'Hubert Bonisseur de la Bath. Jean-François Halin aborde également le difficile statut des scénaristes dans le cinéma français.
Une interview passionnante, à conseiller à tous les amateurs d'OSS 117.
Voir l'entretien avec Jean-François Halin.
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Après plusieurs années d’absence à l’écran, l’actrice Sophie Guillemin revient cette semaine dans la comédie Un chat, un chat. Mais elle refuse désormais les séquences de nudité, ce qui semble constituer un obstacle à sa carrière d’actrice.
En 1998, le réalisateur Cédric Kahn offrait à Sophie Guillemin (20 ans à l’époque) son premier rôle à l’écran, celui de la sulfureuse Cécilia dans L'Ennui, adaptation d'un roman d’Alberto Moravia. Ses nombreuses scènes d’amour avec Charles Berling avaient troublé plus d’un spectateur. L’actrice fut nommée au César du meilleur espoir féminin, avant de jouer dans le carton français de l’été 2000, Harry, un ami qui vous veut du bien, film qui lui valut une nouvelle nomination au César du meilleur espoir.
Après quelques comédies (Ca ira mieux demain ou A la folie... pas du tout), l’actrice n’était plus apparue au cinéma depuis 2003. On la retrouve cette semaine dans l’excellente fantaisie burlesque Un chat, un chat, aux côtés de Chiara Mastroianni. Mais Sophie Guillemin explique sa nouvelle politique dans plusieurs interviews : convertie depuis près de 10 ans à la religion musulmane, elle refuse maintenant toute scène d’amour ou de baiser. Le portrait que Libération a publié cette semaine confirme que le choix de l'actrice « élimine d’office 80 % des rôles auxquels elle pourrait prétendre».
Si Sophie Guillemin souhaite poursuivre sa carrière dans le cinéma (elle s’apprête notamment à réaliser un court-métrage), elle risque de lutter pour trouver des rôles intéressants. Il est vrai que le cinéma français demande souvent à ses jeunes actrices une grande disponibilité corporelle.
Peut-on mener en France une florissante carrière d'actrice sans tourner de scènes de baiser ou de nudité ? C'est la question que Sophie Guillemin nous amène à nous poser.
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Quatre excellents films asiatiques sont actuellement à l'affiche des salles françaises, phénomène suffisamment rare pour être signalé...

Qualitativement parlant, ce début de printemps cinématographique est asiatique. La semaine dernière sortaient The Chaser, trépidant thriller sud-coréen qui entraîne le spectateur dans sa glauque insomnie, et 24 City, brillant docu-fiction de Jia Zhang-Ke qui retrace l'histoire d'une cité ouvrière chinoise. Aujourd'hui, deux autres bijoux sortent en salles : Tokyo Sonata, sublime drame familial du japonais Kiyoshi Kurosawa, et Les Trois royaumes, retour pharaonique et spectaculaire du hong-kongais John Woo.
De telles périodes sont plutôt rares pour le cinéma asiatique, qui continue à bénéficier d'une couverture discrète en France, malgré les efforts et les audaces des distributeurs. On remarquera d'ailleurs que les vagues de films asiatiques déferlent surtout à l'Automne et au Printemps, comme si les autres périodes de l'année étaient plus risquées.
Les francs succès au box-office restent exceptionnels. Les derniers films asiatiques à avoir dépassé le million d'entrées sont ainsi Tigre et dragon d'Ang Lee (1 700 000 entrées) et In the Mood for Love de Wong Kar-Wai (1 040 000 entrées) en 2000 ainsi que Le Voyage de Chihiro d'Hayao Miyazaki (1 400 000 entrées) en 2002...
Mais ce Printemps 2009 pourrait bien offrir un nouveau triomphe asiatique au box-office, puisque le dernier film d'Hayao Miyazaki, l'excellent Ponyo sur la falaise, sort le 8 avril en France.
- Lire la critique de Tokyo Sonata
- Lire la critique des Trois Royaumes
- Lire la critique de The Chaser
- Lire la critique de 24 City
- Lire la critique de Ponyo sur la falaise
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Posté par Slick Rick le 20.02.09 à 11:44 | tags : horreur, en salles, box office
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Posté par Slick Rick le 18.02.09 à 17:27 | tags : en salles, actrice
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Marisa Tomei. Qui se souvient de son nom, en sortant de la projection de The Wrestler ? Tous les spectateurs n'ont d'yeux que pour Mickey - l'homme qui valait un Oscar - Rourke, et on les comprend bien, puisqu'on en fait un peu partie.
Il faut dire qu'avec son physique de girl next-door rieuse, l'actrice italo-américaine semble être née pour les seconds rôles. Sur sa cheminée trône d'ailleurs depuis 17 ans un trophée qui en dit long sur sa carrière : un Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle (Mon cousin Vinny). Depuis, son nom est régulièrement cité dans cette catégorie un peu ingrâte, comme si un plafond de verre la séparait des vraies étoiles hollywoodiennes. En 2002, elle est nominée pour le second rôle dans In the bedroom, où Sissi Spacek étincelle. Puis rebelotte en 2009 pour...The Wrestler, littérallement bouffé par le colosse Rourke.
Si à 28 ans, une nomination pour un second rôle doit sonner comme une sorte d'encouragement, on s'imagine qu'à 45 ans, l'âge actuel de la Tomei, la répétition a une saveur plus amère, en forme de sentence définitive : toi, tu joueras toute ta vie la femme discrète et meurtrie, faire-valoir sexy des stars mâles. Dans le splendide 7h58 ce samedi-là, de Sidney Lumet, il y avait cette scène incroyablement éloquente où elle avouait à son mari (Philip Seymour Hoffman) qu'elle le quittait, mais aussi qu'elle le trompait avec son frère depuis des lustres. Bizarrement, le mari cocufié restait de marbre, comme si elle n'existait pas et n'avait jamais existé. Dans The Wrestler aussi, l'actrice finit, à force d'effacement, par disparaitre de l'écran. Sylvester Stallone, Joe Pesci, Keanu Reeves, ou encore Matt Dillon ont eux aussi bénéficié de la présence bonifiante de Marisa Tomei. Et la belle eclipsée ne semble pas près de s'arrêter.
En guise de dédicace, cette dispute hilarante entre Marisa Tomei et Joe Pesci, à propos d'un gentil daim en danger :
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Posté par Damien L. le 13.02.09 à 11:51 | tags : short list, en salles
1La Saint-Valentin c'est demain.
Voici nos bons et mauvais conseils ciné, selon la coloration que vous souhaitez donner à cette fête des amoureux.
- Ce qu'il ne faut pas faire :
. Emmener votre douce moitié voir Les Noces rebelles en lui annonçant qu'elle va assister à une grande histoire d'amour. Et la demander en mariage juste après la séance.

. Aller voir Salo ou les 120 journées de Sodome au cinéma l'Accatone (dans le 5ème arrondissement de Paris). La salle a beau passer fidèlement le film tous les week-ends depuis 20 ans, il existe plus glamour comme sortie.
- Ce qu'il faut faire :
. Assister à deux au retour de Jim Carrey dans Yes Man. Le couple magique qu'il forme avec Zooey Deschanel risque bien de faire craquer votre binôme.

. Offrir des gants à la prunelle de vos yeux, comme le fait Vinessa Shaw à Joaquin Phoenix dans Two Lovers. Symbole de protection et de stabilité, ce cadeau pourrait vous valoir à l'avenir d'heureux retournements...

D'autres suggestions ?
- Consulter la Playlist St-Valentin pour amoureux (du) rock
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Posté par Slick Rick le 02.02.09 à 13:00 | tags : en salles, affiche
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A l'endroit, à l'envers...La double affiche du dernier David Fincher rappelle celle du dernier Francis Ford Coppola. Et ce n'est pas étonnant, tant les deux films (L'Etrange histoire de Benjamin Button / L'Homme sans âge) fonctionnent sur la même idée : un homme vit en sens interdit.

A rebours, il rajeunit. Basées sur un principe de symétrie, les affiches (US) jouent intelligemment avec la typographie, en la reflétant - à l'envers donc. Une manière d'en dire beaucoup, sans trop en dévoiler non plus. Dans les deux cas, aucun slogan explicatif ne vient ternir le mystère contenu dans l'image. Mais si l'on regarde bien le diptyque Button, le "pitch" s'avère remarquablement explicite ! La face Brad Pitt est sens dessus dessous, comme sa vie ("Life" écrit à l'envers), tandis que celle de Cate Blanchett suit son cours normal. Leurs existences sont cloisonnées comme deux routes en sens inverse (deux affiches séparées), mais gardent le souvenir d'un carrefour (un baiser ?) comme si Brad Pitt venait de se "décoller" du visage de Cate Blanchett.
Pour le film de Coppola, la symétrie fonctionne sur un plan vertical, au sein même de l'image et du titre, qui change de sens en cours de route : "Youth without youth" est presque un palindrome, comme le destin yo-yo du héros, en aller-retour. Le tourbillon du temps, évoqué avec les motifs circulaires de la rose (l'amour) et celui plus menaçant, de la croix gammée (l'histoire), rapproche les deux amants, perdus dans un kaleidoscope complexe. C'est l'histoire d'une rencontre. Plus inquiétante, moins romantique, l'affiche du dernier Fincher semble illustrer l'impossibilité de cette rencontre, ou du moins sa fugacité.
A lire aussi :
David Fincher : du sombre Alien 3 au sublime Benjamin Button
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Première collaboration entre le réalisateur Bryan Singer et l'acteur Tom Cruise, Walkyrie se penche sur la tentative d'assassinat d'Adolf Hitler, fomentée en 1944 par un groupe de hauts responsables nazis, emmené par le colonel Claus von Stauffenberg. Le film rejoint à sa façon la liste des oeuvres cinématographiques évoquant la figure du dictateur.
Tous les films qui se confrontent à des figures du mal se frottent au problème de sa représentation - trop subjective, trop manichéenne, trop complaisante... Dans Walkyrie, Bryan Singer adopte une position inédite, et semble avoir voulu se mesurer au dictateur à travers un récit très minutieux et plein de suspens - bien que chacun connaisse parfaitement la fin de l'histoire - du complot pour l'assassiner.
La sortie du film est l'occasion de revenir sur quelques-unes des façons dont le cinéma a abordé le personnage d'Adolf Hitler.
- Indiana Jones et la dernière croisade, réalisé par Steven Spielberg (1989)
Le célèbre aventurier (Harrison Ford) croise la route d'Adolf Hitler à Berlin, un soir d'autodafé. Steven Spielberg offre une tonalité comique à la scène, le dictateur allemand dédicaçant le livre que tient Indiana Jones à la main, sans savoir que celui-ci contient des informations secrètes permettant de mettre la main sur le Saint Graal.
- Max, réalisé par Menno Meyjes (2003)
Le film se penche sur la jeunesse du futur dictateur, par le biais du personnage de Max Rothman (John Cusack), amateur d'art qui prend le jeune peintre Adolf Hitler (Noah Taylor) sous son aile pour l'aider à exorciser sur la toile ses haines et ses angoisses. Un jeu dangereux et voué à l'échec, qui mettra en branle la montée du nazisme.
- La Chute, réalisé par Oliver Hirschbiegel (2004)
Le film dissèque les derniers jours d'Adolf Hitler, en avril 1945. Le IIIe Reich est à l'agonie et le dictateur s'est réfugié dans son bunker, accompagné de ses généraux et de ses plus proches partisans. Emmené par la terrifiante prestation de Bruno Ganz, La Chute a suscité des débats quant à la question de la représentation du Mal, certains reprochant à Oliver Hirschbiegel d'humaniser avec indulgence la figure d'Hitler.
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Deuxième long-métrage réalisé par l'actrice Maïwenn, Le Bal des actrices est un documentaire fictif qui se penche sur le métier de comédienne. Audacieuse, l'affiche constitue un moyen très efficace de faire parler du film.

Provocante, gracieuse, sordide, épurée : l'affiche du Bal des actrices suscite des qualificatifs variés. On y voit neuf des comédiennes (dont une Romane Bohringer enceinte) poser dans leur plus simple appareil. Si l'image joue avant tout sur l'idée d'actrices "sans artifices" qui se dévoilent et jouent la transparence (c'est le sujet du film), certains y voient une utilisation malsaine de la nudité.
Cette affiche évoque celle de la série américaine The L Word, la différence étant que nos Françaises se trouvent ici en position allongée. Il est vrai que les codes iconographiques associent en général un corps renversé à l'idée de vice et de désordre. L'image peut également évoquer un charnier ou une fosse commune, reliant l'affiche à la pulsion de mort.
Mais l'affiche du Bal des actrices possède également un éclat inhabituel dans nos contrées. Ces femmes qui revendiquent fièrement la propriété de leur corps évoquent les glorieuses heures du féminisme tout en se rapprochant de certains chefs d'oeuvre de la peinture.
L'objectif de l'affiche est en tout cas rempli : l'attention du public a été attirée vers le film, que nous vous conseillons vivement. Créatif, bien écrit, drôle et sans complaisance, Le Bal des actrices brille par son casting (Jeanne Balibar, Romane Bohringer, Julie Depardieu, Mélanie Doutey, Marina Foïs, Estelle Lefebure, Linh Dan Pham, Charlotte Rampling, Muriel Robin, Karin Viard, Joey Starr, Pascal Greggory, Yvan Attal, Jacques Weber) et par ses nombreuses séquences musicales.
En bonus, le visuel de The L Word.

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Posté par Damien L. le 21.01.09 à 11:58 | tags : en salles, acteur, comédie, you tube, bande annonce
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Absent des écrans français depuis deux ans, Jim Carrey revient cette semaine avec la comédie Yes Man, charmant remède contre la morosité ambiante.
Le public français n'avait plus vu Jim Carrey depuis le mois de février 2007 et le médiocre thriller de Joel Schumacher, Le Nombre 23. En perte de vitesse depuis quelques années, l'acteur tient dans Yes Man le rôle de Carl Allen, homme blasé qui décide de dire oui à tout et de ne plus rien refuser à personne. Sa route va notamment croiser celle de la jolie Zooey Deschanel...
Rendu célèbre au milieu des années 1990 par les succès des comédies The Mask, Ace Ventura et Dumb and Dumber, Jim Carrey se cantonnait alors à l'humour burlesque et contorsionniste.
Puis, à la fin des années 1990, le talent de Jim Carrey est utilisé dans des oeuvres mêlant comique et noirceur, comme The Truman show de Peter Weir et Man on the Moon de Milos Forman, qui traitent chacun à leur manière des vertiges de l'identité :
Dès lors, l'acteur alterne comédies (Fous d'Irène, Bruce Tout Puissant, Braqueurs amateurs) et films plus dramatiques (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, The Majestic), n'atteignant pas toujours les sommets du box-office mais démontrant à chaque fois de réelles qualités d'interprétation. C'est donc avec plaisir qu'on retrouve Jim Carrey dans ce très plaisant Yes Man, en attendant sa prestation fin 2009 dans Un Chant de Noël, la nouvelle réalisation de Robert Zemeckis.
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Alors que sort aujourd'hui Des idiots et des anges, la dernière merveille de Bill Plympton, Fluctuat vous propose une interview vidéo du plus allumé, corrosif, génial et névrosé des réalisateurs américains d'animation.
Pour l'occasion, voici des extraits de quatre films majeurs de Bill Plympton.
L'Impitoyable Lune de miel (1997) :
Les Mutants de l'espace (2001) :
Hair High (2005) :
Des idiots et des anges (2009) :
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Posté par Damien L. le 13.01.09 à 18:52 | tags : en salles, you tube, bande annonce, réalisateur
6Le succès aux Golden Globes de Slumdog Millionaire - qui sort ce mercredi dans les salles françaises - fait du film de Danny Boyle le grand favori de la Cérémonie des Oscars 2009, qui se tiendra le 22 février. Ce serait pour le réalisateur britannique la consécration d'un style visuel parfois décrié...
En 1996, le succès de Trainspotting vient couronner le tonitruant début de carrière de Danny Boyle. Après l'excellent Petits meurtres entre amis, le cinéaste enchante critique et public avec cette chronique autour de la drogue, filmée comme un clip vidéo. Les effets de style et l'omniprésence de la musique constituent alors un moyen idéal d'exprimer la dépendance et l'excitation d'Ewan McGregor et de ses camarades.
Les oeuvres suivantes de Danny Boyle - la comédie Une vie moins ordinaire et le thriller exotique La Plage (réalisé en 2000) - reçoivent un accueil critique nettement plus mitigé. Certains reprochent à Danny Boyle de conserver son style clippesque, considérant que cette esthétique ne peut pas s'accorder à tous les types de récits. Une séparation entre pro et anti-Danny Boyle commence à apparaître.
En 2003, Danny Boyle s'attaque au film de science-fiction avec 28 jours plus tard et ses zombies. Si le cinéaste continue de faire la part belle au montage syncopé et aux effets clippesques, le genre du survival auquel se rattache le film semble justifier une telle esthétique.
En 2007, Danny Boyle présente Sunshine, son odyssée spatiale à lui, qui fait preuve d'une mise en place calme et contemplative. Mais les détracteurs du cinéaste se mordent à nouveau les doigts face au style plus agité de la dernière partie, censée illustrer la panique des personnages.
Et nous voici début 2009. Slumdog Millionaire retrace l'histoire d'un jeune Indien qui triomphe au jeu télévisé "Qui veut gagner des millions ?". Danny Boyle reste fidèle à son esthétique controversée et gagne les faveurs des traditionnelles récompenses hollywoodiennes. Fort de ses Golden Globes du meilleur film dramatique et du meilleur réalisateur, le cinéaste pourrait bien triompher aux prochains Oscars. Grâce à son style visuel ou grâce à la tonalité miraculeuse du scénario de Slumdog Millionaire ?
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Posté par Damien L. le 07.01.09 à 14:00 | tags : en salles, réalisateur
Réalisateur de Che - 1ère partie : L'Argentin, Steven Soderbergh s'est fait une place de choix dans le cinéma américain depuis la Palme d'Or obtenue en 1989, à 26 ans, pour Sexe, mensonges et vidéo.
Producteur, monteur, scénariste, directeur de la photographie et parfois acteur (comme dans Schizopolis en 1997), Steven Soderbergh multiplie les casquettes et surprend souvent l'industrie hollywoodienne. Après Sexe, mensonges et vidéo, le jeune cinéaste s'est ainsi consacré pendant près de dix ans à des films expérimentaux (Kafka, A fleur de peau ou Schizopolis) qui l'ont coupé du grand public.
Puis il signe au début des années 2000 Erin Brockovich, seule contre tous et Traffic, deux oeuvres à la tonalité politique qui rappellent les meilleurs "films-dossiers" des années 1970. Fort de ces deux succès, Steven Soderbergh acquiert un nouveau statut à Hollywood et peut enchaîner en toute liberté élégants films de braquage (Ocean's Eleven et ses deux suites) et oeuvres plus déroutantes (Bubble, thriller réalisé en HD qui sortit aux Etats-Unis simultanèment en salles et en DVD).
Après le diptyque consacré à Che Guevara (le second volet, Che - Guerilla, sortira le 28 janvier 2009) qui valut à Benicio Del Toro le prix d'interprétation à Cannes, Steven Soderbergh a réalisé The Girlfriend Experience, journal de bord d'une call-girl tourné avec une véritable actrice de films X.
Fluctuat vous propose de lire son portrait de Steven Soderbergh.
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Posté par Damien L. le 30.12.08 à 17:00 | tags : en salles, documentaire, réalisateur
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Primé au Festival de Sundance, ce documentaire - en salles le 31 décembre- revient sur les déboires judiciaires du réalisateur de Chinatown, qui l'ont contraint à fuir les Etats-Unis il y a 30 ans.
Si Roman Polanski a réalisé en Amérique des chefs d'oeuvre comme Rosemary's Baby, le cinéaste français d'origine polonaise fut accusé en 1977 du viol d'une mineure de 13 ans. Il plaida coupable et passa 47 jours en prison, avant de quitter le continent américain le 1er avril 1978, profitant d'une libération conditionnelle. Toujours recherché par la justice américaine, Roman Polanski n'a plus mis les pieds aux Etats-Unis depuis cette date. On se souvient par exemple qu'il n'avait pas pu recevoir en mains propres son Oscar du meilleur réalisateur, obtenu en 2003 pour Le Pianiste.
Roman Polanski: Wanted and Desired se consacre au sulfureux procès qui entraîna la condamnation du cinéaste. Les révélations du film alimentent la thèse d'un procès injuste, qui fut plus proche de la mascarade que de la recherche de la vérité. Au début du mois de décembre 2008, Roman Polanski a d'ailleurs demandé à la justice californienne un non-lieu concernant les poursuites dont il fait l'objet depuis 1978.
Réalisé par l'américaine Marina Zenovich (auteure en 2001 du documentaire Who Is Bernard Tapie ?), Roman Polanski: Wanted and Desired a reçu le prix du meilleur montage au Festival de Sundance (le monteur est Joe Bini, collaborateur habituel du cinéaste allemand Werner Herzog).
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Posté par Damien L. le 25.12.08 à 09:30 | tags : en salles, musique au cinéma, you tube
11Plus gros succès de l'année en Israël, Mes plus belles années est sorti hier dans les salles françaises (lire la critique).
Cette chronique familiale possède une bande originale furieusement eighties qui compile les tubes de manière quasi-industrielle. A la manière du canadien C.R.A.Z.Y., le film fait découvrir aux novices certaines chansons cultes des années 1980 et permet aux amnésiques de mettre un nom sur le titre et l'interprète de morceaux déjà entendus des dizaines de fois.
En ce jour de Noël, nous vous offrons cinq tubes de la B.O de Mes plus belles années :
Bonnie Tyler - Total Eclipse Of The Heart :
Dexy's Midnight Runners - Come On Eileen :
Yazoo - Only You (slow qui parcourt la magnifique séquence finale de la série anglaise The Office) :
Gary Jules – Mad World (cette reprise du tube de Tears for Fears fut spécialement interprétée pour la B.O de Donnie Darko) :
Gilbert O’Sullivan – Alone Again (naturally) (chanson également entendue dans Virgin suicides) :
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Chacun à leur manière, Le Bon, la brute et le cinglé, Les Plages d'Agnès et Mister Lonely se basent sur la mémoire du septième art.
Certaines semaines de sorties affichent une cohérence inattendue et involontaire. Ce mercredi 17 décembre 2008 propose ainsi trois films qui tournent autour des souvenirs cinématographiques de leurs auteurs.
Dans la catégorie comédie d'action, Le Bon, la brute et le cinglé (photo 1), film le plus cher de l'histoire du cinéma coréen, se présente comme un hommage réussi et jubliatoire au western culte de Sergio Leone, Le Bon, la brute et le truand.
Dans la catégorie "documentaire autobiographique", Les Plages d'Agnès (photo 2) revient sur les souvenirs d'Agnès Varda, réalisatrice emblématique de la Nouvelle Vague qui fut proche des réalisateurs Jacques Demy, Jean-Luc Godard ou Alain Resnais; loin de toute nostalgie forcée, le film constitue une vivifiante déclaration d'amour au passé, au présent et au futur.
Enfin, dans la catégorie "ovni cinématographique", Mister Lonely, délire loufoque du réalisateur Harmony Korine, raconte l'histoire d'un sosie de Michael Jackson qui invite un sosie de Marilyn Monroe à l'accompagner à un rassemblement de doublures en Ecosse. En plus du sosie de Charlie Chaplin, on croise dans Mister Lonely les "vrais" réalisateurs Leos Carax et Werner Herzog, dans une sorte d'hommage à leurs oeuvres respectives.
Le Bon, la brute et le cinglé, Les Plages d'Agnés et Mister Lonely : trois films bien différents, mais qui cultivent un même goût de la citation cinématographique pour mieux aboutir à des formes d'expression nouvelles et résolument modernes.
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A l'affiche cette semaine de Burn After Reading, Richard Jenkins clôt un automne cinématographique bien rempli qui l'a vu apparaître dans quatre films.
Quand on voit le visage de Richard Jenkins, on songe immédiatement à Nathaniel Fisher Senior, le père dans la série Six Feet under (diffusée sur la chaîne HBO de 2001 à 2005). Il est vrai que l'acteur apporta à ce personnage une intensité remarquable. Mais Richard Jenkins a également beaucoup tourné pour le cinéma, devenant au fil des années un des seconds rôles les plus en vue d'Hollywood.
Il a joué dans Hannah et ses soeurs (Woody Allen, 1986), dans Mélodie pour un meurtre aux côtés d'Al Pacino (1989), dans Wolf (Mike Nichols, 1994), dans Mary à tout prix (frères Farrelly, 1998), dans Intolérable Cruauté (frères Coen, 2003) ou dans Le Royaume (Peter Berg, 2007).
En 2008, Richard Jenkins s'est donc illustré dans quatre oeuvres, toutes sorties en France à l'automne. L'acteur a d'abord tenu le rôle principal (une première pour lui, à 61 ans) de The Visitor, Grand Prix du Jury au Festival de Deauville. Il y incarnait un professeur d'université se liant d'amitié avec un couple d'immigrés clandestins. On l'a ensuite vu jouer le père de John C. Reilly dans la comédie Frangins malgré eux puis le père de l'héroïne dans le film d'horreur The Broken.
Cette semaine, Richard Jenkins retrouve les frères Coen avec la comédie Burn After Reading, où il incarne Ted Treffon, le directeur de la salle de sport dans laquelle travaillent Brad Pitt et Frances McDormand. Aux côtés de stars comme George Clooney, John Malkovich ou Tilda Swinton, le comédien apporte tout son savoir-faire et son ironie à ce rôle d'amoureux transi et de patron perspicace.
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A l'affiche cette semaine de Délire Express (qui, comme la plupart des films de la galaxie Apatow, se voit offrir en France un discret parc de salles), Seth Rogen est la nouvelle star incontestée de la comédie américaine.
Aujourd'hui âgé de 26 ans, il était déjà présent en 1999 dans la série télé Freaks and Geeks, acte de naissance de la troupe d'acteurs reliés à Judd Apatow (le producteur/réalisateur/scénariste qui règne depuis deux ans sur la comédie hollywoodienne).
Acteur mais aussi scénariste (SuperGrave, Drillbit Taylor : garde du corps, Délire Express) et producteur exécutif (En cloque, mode d'emploi, SuperGrave, Délire Express), Seth Rogen est déjà entièrement booké pour les prochaines années.
Les différents rôles que Seth Rogen a interprétés montrent l'importance croissante qu'a pris le jeune homme dans la galaxie Apatow et dans la comédie américaine en général.
- 40 ans, toujours puceau (écrit, produit et réalisé par Judd Apatow, 2005) : Seth Rogen (à droite) tient un amusant second rôle, celui d'un pote lourdaud du puceau Steve Carell (à gauche).

- En cloque, mode d'emploi (écrit, produit et réalisé par Judd Apatow, 2007) : Seth Rogen tient le premier rôle de cette comédie sentimentale qui cartonne au box-office américain. Grâce à ce rôle d'ado attardé découvrant la paternité, il accède au statut d'acteur bankable.

- SuperGrave (produit par Judd Apatow, 2007) : co-scénariste du film, Seth Rogen est déjà considéré comme une guest-star et apparaît en policier aussi moustachu qu'irresponsable.

- Délire Express (produit par Judd Apatow, 2008) : devenu star, Seth Rogen s'essaie à la comédie d'action et compose avec James Franco un duo à mi-chemin entre Tex Avery et Tarantino.

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Posté par Damien L. le 25.11.08 à 17:46 | tags : comédie, en salles, realisateur, you tube
Baby Blues, qui sort sur les écrans ce mercredi 26 novembre, est la première incursion dans la comédie romantique de la réalisatrice Diane Bertrand, jusqu'ici auteure d'oeuvres plus confidentielles.
Récompensée en 1992 par le César du meilleur court-métrage pour 25 décembre 58, 10h36, avec Dominique Pinon et Karin Viard, Diane Bertrand est considérée comme une réalisatrice expérimentale. En 1996, son premier long-métrage, Un samedi sur la Terre (avec Elsa Zylberstein), présentait un récit en puzzle qui invitait le spectateur à reconstituer lui-même l'action. Huit ans plus tard, L'Annulaire, rêverie d'une magnifique sensualité, révélait la future James Bond girl Olga Kurylenko en employée d'un mystérieux laboratoire.
On ne s'attendait pas à voir Diane Bertrand aborder le genre de la comédie romantique. L'intéressée assure pourtant qu'elle voulait s'y consacrer depuis longtemps : "Après mon premier long-métrage Un samedi sur la Terre, j'avais commencé à en écrire une avec Guillaume Laurant, le scénariste de Jean-Pierre Jeunet, mais cela ne s'est pas concrétisé pour des raisons de production. Ce genre de films est en réalité très difficile à réussir, faire rire et émouvoir sur des questions qui nous touchent, c'est un joli challenge".
Baby Blues parle du désir féminin d'avoir un enfant et de la difficulté à communiquer dans le couple, à travers l'histoire d'Alex (Karin Viard), femme énergique de 40 ans, et de son petit ami Fabrizio (Stefano Accorsi). Le film passe par les figures imposées de la comédie romantique : désirs contradictoires au sein du couple, quiproquos en tous genres (Alex et Fabrizio consultent sans le savoir la même psychanalyste), disputes, retournements de situations, importance des personnages secondaires, dialogues savoureux.
Bénéficiant d'une réalisation soignée, Baby Blues n'échappe pourtant pas aux écueils de la comédie française contemporaine : prévisibilité des situations, manque de mordant et respect du politiquement correct. Diane Bertrand, qui a co-écrit le film avec Bruno Japy, ne retrouve pas la sensualité de L'Annulaire ni l'audace stylistique d'Un samedi sur la Terre. Mais elle apporte tout de même une contribution personnelle au genre de la comédie romantique française, ayant par exemple confié la bande originale à Beth Gibbons, la chanteuse anglaise du groupe Portishead (elle avait déjà composé la musique de L'Annulaire).
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