Fil d'actu : festival de cannes  Toute l'actu du festival de Cannes, le rendez-vous cinéma le plus important, le plus médiatisé, le plus glamour de l'année.
Sur le mag cinéma, retrouvez en détails le programme de la sélection officielle et toutes les programmations de la Quinzaine des réalisateurs, la semaine de la critique et d'un Certain regard. Présentation, analyse, pronostics autour des différentes sections du Festival de Cannes.
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Films, starlettes, paillettes et mauvaise fois : le festival de Cannes a beau avoir 61 ans, il demeure une fête rayonnante du cinéma, où les professionnels s'éclatent tandis que le grand public attrape des morceaux de films et de fantasmes cinéphiliques au passage. Quelques images d'archives pour se rappeler que plus ça change, plus ça reste pareil...


Les diverses commémorations ne manqueront pas de nous le rappeler dans les prochains jours : le 19 mai 1968, le 21ème Festival de Cannes fut déclaré clos, conséquence directe de l'intervention la veille des réalisateurs François Truffaut, Jean-Luc Godard, Louis Malle (alors membre du jury) ou Claude Lelouch, dont la légende a retenu qu'ils se sont "accrochés au rideau de scène" pour empêcher la projection de Peppermint Frappé, de Carlos Saura. Les extraits de la scène traduisent une différence d'approche selon les intervenants, Roman Polanski (lui aussi membre du jury en 1968) estimant par exemple que l'arrêt du Festival ne serait d'aucune utilité, car " les gens s'en foutent du Festival " : Une autre vidéo nous montre Louis Malle au Festival de Cannes 1978, évoquant le souvenir déjà ancien de ces évènements. Il en parle avec une sorte de nostalgie désabusée, qui rappellerait presque le regard porté par les commémorations d'aujourd'hui. 1978/2008, même combat ?


Alors que le nouveau et dernier film français à rejoindre la sélection officielle en compétition a été annoncé hier, - Entre les murs de Laurent Cantet -, on apprend également la venue de James Gray avec Two Lovers, un drame amoureux avec Joaquin Phoenix et Gwyneth Paltrow
Parallèlement, ce sont deux nouveau membres du jury qui apparaissent aujoud'hui : Jeanne Balibar et Marjane Satrapi. On se demande bien ce que Thierry Frémeaux va nous sortir de son chapeau d'ici la semaine prochaine.... (illus. Marjane Satrapi recevant le prix du jury en 2007 pour Persepolis ;Valery Hache AFP)




La plus discrète des sélections parallèles présentées lors du festival de Cannes est celle de l'Acid, l'Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion. Des films choisis par des cinéastes, soucieux de faire entendre des voix souvent trop hors normes ou discrètes pour intégrer les circuits traditionnels. A guetter, la reprise de ces films après le festival.
- 10 + 4, de Mania Akbari (Iran, 2007, fiction documentaire, 1er long métrage) L’actrice de Ten (Abbas Kiarostami) met en scène sa propre histoire dans un film qui, malgré son sujet (elle est atteinte d'un cancer), respire la vie et la liberté.
- CHRIGU, de Jann Gassmann et Christian Ziorjen (Suisse, 2007, documentaire, 1er long métrage) Toujours entre deux fêtes survoltées, Chrigu filme ses amis musiciens en tournée, ses parents babas-bio... Comment ce doux soleil d'automne pourrait-il être le dernier ?
- GUGARA, de Jacek Naglowski et Andrzej Dybczak (Pologne, 2007, documentaire, 2ème long métrage) Dans l’Est russe, une famille Evenki, comme d’autres, regarde sa culture devenir show télévisé ou spectacle folklorique.
- JE SUIS DE TITOV VELES, de Teona Mitveska (Macédoine, 2007, fiction, 2ème long métrage) A Titov Veles, il reste l'usine qui ronge ses habitants, et la maison des trois sœurs : Sapho, Slavica et Afrodita. Que se passe-t-il quand celles qui étaient toute votre vie décident à leur tour de partir ?
- KOMMUNALKA, de Francoise Huguier (France, 2008, documentaire, 1er long métrage) La vie dans un appartement communautaire de St Pétersbourg à travers ses habitants, dont la fascinante Natacha, une plongée dans les méandres d'une intimité collective.
- LEGER TREMBLEMENT DU PAYSAGE, de Philippe Fernandez (France, 2008, fiction, 1er long métrage) Une petite communauté vivant apparemment aux premiers moments de la conquête spatiale.
- Mange, ceci est mon corps, de Michelange Quay (France/Haïti, 2007, fiction, 1er long métrage) Haïti, île noire, solitaire, abandonnée à sa pauvreté et à sa misère. Madame, une femme blanche (Sylvie Testud), vit dans ses fantasmes coloniaux où elle enseigne et nourrit les masses damnées de la terre. Une expérience cinématographique hypnotique et viscérale qui nous emmène au plus profond de la souffrance spirituelle et matérielle de la première République Noire.
- NO LONDON TODAY, de Delphine Deloget (France, 2007, documentaire, 1er long métrage) Une plongée dans l’errance et l’attente à Calais de jeunes réfugiés tentant de passer illégalement en Angleterre.
- TRANS# : WORKING TITLE, de Jin (Corée du Sud / France, 2008, essai, 1er long métrage) Poème, journal filmé d’une jeune coréenne entre la France, la Russie, la Mongolie, la Corée… • Courts Métrages
- L'AMERTUME DU CHOCOLAT, de Lucile Chaufour (inédit)
- BIENTÔT J'ARRETE, de Léa Fazer (inédit)
- EUT-ELLE ETE CRIMINELLE, de Jean-Gabriel Periot
- KAMEL S'EST SUICIDE SIX FOIS, SON PERE EST MORT, de Soufiane Adel (inédit / programmé également à la Quinzaine des réalisateurs)
- LE LOUP BLANC, de Pierre-Luc Granjon
- SKHIZEIN, de Jeremy Caplin (inédit / programmé également à la Semaine de la Critique)
- LA TROISIEME FOIS, de Annarita Zambrano
- WELCOME TO WHITE CHAPEL DISTRICT, de Marie Vieillevie


 On les croyait tangeants pour intégrer la compétition officielle, et bien non, les frères Larrieu et Bertrand Bonello affirment leur fidélité à la Quinzaine des réalisateurs, et c'est tant mieux ! Le Voyage aux Pyrénées des premiers et De la guerre (photo ci-contre) du second seront donc à découvrir dans la salle du Noga Hilton, rebaptisé suite à un changement de propriétaire le Palais Stéphanie (et oui, certains assument ça !). La Quinzaine fête cette année ses 40 ans, et les rétrospectives qui saluent cet anniversaire dans le monde entier méritent le détour ! Comme à son habitude, la sélection française est des plus alléchantes, et on retrouve certains habitués.
La sélection : Acné de Federico Veiroj / Uruguay/Argentine/Espagne/Mexique Aquele querido mês de agosto /Our Beloved Month Of August /Ce cher mois d'août de Miguel Gomes Portugal/France Boogie de Radu Muntean/ Roumanie Les Bureaux de Dieu de Claire Simon / France El Cant dels ocells /Le Chant des oiseaux d'Albert Serra / Espagne Cztery noce z Anna /Quatre nuits avec Anna de Jerzy Skolimowski / France/Pologne De la guerre de Bertrand Bonello / France Dernier maquis de Rabah Ameur-Zaimeche / France/Algérie Eldorado de Bouli Lanners Belgique/France Elève libre de Joachim Lafosse / Belgique/France Liverpool de Lisandro Alonso / Argentine/Espagne/Pays-Bas/France/Allemagne Monsieur Morimoto de Nicola Sornaga / France Nin Lang Zhi Nu / Knitting de Yin Lichuan / Chine Now Showing de Raya Martin / Philippines/France The Pleasure of Being Robbed de Josh Safdie / États-Unis Il resto della notte de Francesco Munzi / Italie Salamandra de Pablo Aguero / Argentine/France/Allemagne Shultes de Bakur Bakuradze / Russie Slepe lasky / Blind Loves de Juraj Lehotsky / Slovaquie Taraneh Tanhayie Tehran / Lonely Tune of Tehran de Saman Salour / Iran Tony Manero de Pablo Larrain / Chili /Brésil Le Voyage aux Pyrénées de Jean-Marie et Arnaud Larrieu / France Parmi les petits cadeaux, une séance autour d'une copie rénovée de Milestones de Robert Kramer, un hommage à Jean-Marie Straub, le film 40x15, documentaire sur les 40 ans de la Quinzaine, et un intriguant programme de courts métrage français : Mes copains, première réalisation de Louis Garrel, Ciel éteint ! de F.J. Ossang et Je vous hais petites filles de Yann Gonzalez.


Après l'officielle et avant la Quinzaine, c'est la sélection de la Semaine de la Critique qui est tombée hier. Moins de films, souvent des premières oeuvres et une programmation qui met sur le même plan longs et courts métrages. Voici donc le programme : Longs métrages
Das fremde in mir / The Stranger in Me d'Emily Atef, Allemagne Aanrijding in Moscou / Moscow, Belgium de Christophe van Rompaey, Belgique - 1er film Better Things de Duane Hopkins, Royaume-Uni - 1er film La sangre brota de Pablo Fendrik, Argentine Les grandes personnes d'Anna Novion, France - 1er film Snijeg / Snow d'Aida Begic, Bosnie/France - 1er film Vse umrut a ja ostanus / Everybody Dies But Me de Valeria Gaia Germanica, Russie - 1er film Courts métrages
Ahendu nde sapukai / I Hear Your Scream de Pablo Lamar, Argentine/Paraguay Skhizein de Jérémy Clapin, France Next Floor de Denis Villeneuve, Canada A espera de Fernanda Teixeira, Brésil Ergo de Geza M. Tothn, Hongrie Nosebleed de Jeff Vespa, Etats-Unis La copie de Coralie de Nicolas Engel, France Le site. (mention spéciale pour l'affiche !)


Sean Penn présidera donc le jury de la Sélection officielle de ce 61e Festival de Cannes, et sera accompagné d'un intéressant panel :
- Sergio Castellitto (scénariste, réalisateur - Libero Burro, A corps perdus -, acteur italien) - Natalie Portman (actrice israélo-américaine qu'on ne présente plus) - Alfonso Cuaron (réalisateur mexicain - Y tu mama tambien, Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, Les Fils de l'homme...) - Apichatpong Weerasethakul (réalisateur thaïlandais - Syndrome and a century) - Alexandra Maria Lara (actrice allemande - vue notamment dans La Chute de Oliver Hirschbiegel, Control d'Anton Corbjin et L'Homme sans âge de Francis Ford Coppola) - Rachid Bouchareb (réalisateur français - Indigènes) Le Jury de la cinéfondation sera présidé par Hou Hsiao Hsien (Réalisateur et producteur taïwanais), accompagné de : - Susanne Bier (Réalisatrice danoise - After the wedding, Nos souvenirs brûlés...) - Marina Hands (Actrice française, vue notamment dans Lady Chatterley) - Olivier Assayas (Réalisateur français - Irma Vep, Demonlover, Clean, L'Heure d'été...) - Larry Kardish (Conservateur du département cinéma du MoMA, américain)
Le Jury Un Certain Regard sera présidé par Fatih Akin (réalisateur allemand - De l'autre côté) Et enfin le Jury Caméra d'or, présidé par Bruno Dumont (Réalisateur français - La vie de Jésus, L'Humanité, Flandres...)


Annoncée aujourd'hui lors d'une conférence de presse, la sélection officielle du 61e Festival de Cannes compte 20 films en compétition. Mais nous ne les connaîtrons pas tous aujourd'hui - le reste devant être annoncé dans les jours à venir. Sur le lot, deux français sont présents (mais un troisième est à venir), trois américains, des grands habitués de la Croisette et quelques petits nouveaux.
- Un Conte de Noël, Arnaud Desplechin (France) - La Frontière de l'aube, Philippe Garrel (France) - The Changeling, Clint Eastwood (Etats-Unis) - Che (The Argentine + Guerrilla), Steven Soderbergh (Etats-Unis) - Synecdoche, New York, Charlie Kaufman (Etats-Unis) - Adoration, Atom Egoyan (Canada) - Le silence de Lorna, Luc et Jean-Pierre Dardenne (Belgique) - The Palermo Shooting, Wim Wenders (Allemagne) - Waltz with Bashir, Ari Folman (Israël) - La Mujer Sin Cabeza (La Femme sans tête), Lucrecia Martel (Argentine) - Leonera, Pablo Trapero (Argentine) - Les Trois singes, Nuri Bilge Ceylan (Turquie) - Linha de Passe, Walter Salles (Brésil) - My Magic, Eric Khoo (Chine) - Serbis, Brillante Mendoza (Philippine) - Il Divo, Paolo Sorrentino (Italie) - Gomorra, Matteo Garrone (Italie) - Delta, Kornel Mundruczo (Hongrie) - 24 City, Jia Zhang-Ke (Chine) Manque le dernier français... étrange. Pour le hors-compétition et comme prévu, Steven Spielberg dévoilera en avant-première son pour le moins attendu Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, et Woody Allen contribuera généreusement aux paillettes de la Croisette en amenant Scarlett Johansson et Penélope Cruz, à l'affiche de Vicky Cristina Barcelona. Il y aura également Maradona, un documentaire sur le footballeur réalisé par Emir Kusturica , et le dernier Dreamworks, Kung Fu Panda, de Mark Osborne et John Stevenson. Stay tuned pour la suite. MàJ : la sélection, Un Certain Regard, les Séances spéciales, de minuit etc ici.


On connaîtra la sélection officielle demain, mais on connaît déjà certains des films qui seront présentés à Cannes cette année dans le cadre de Cannes Classics. Let's Get Lost, documentaire du photographe Bruce Weber, réalisé dans les années 1980, dans les dernières années de la vie du grand Chet, est un monument en noir et blanc, qui ressortira en salles avant la fin de l'année. Autre belle programmation, une version entière restaurée de Lola Montès de Max Ophuls (1955), qui sera présentée en ouverture de Cannes Classics. Lola Montès est non seulement le dernier film du réalisateur, mais aussi son unique fim en couleurs, et il sera ainsi possible de le retrouver dans une qualité perdue depuis des décennies. Un véritable évènement pour le monde cinéphile. A guetter plus tard à la Cinémathèque française, à l'initiative de cette restauration, où dans d'autres salles...
(illus. © Les Films du Jeudi)


Voici l'affiche officiel du 61ème Festival de Cannes : Cette affiche est une photo de David Lynch "mise en scène" par Pierre Collier. Ce dernier a imaginé tout un ensemble graphique à partir de l'affiche pour créer un "environnement esthétique" dans et autour du Palais des festivals. Cette proposition artistique est de bon augure pour ce Cannes 2008, placé sous le haut-patronage de monsieur Lynch - décidément très apprécié de la Croisette. Quand il ne présente pas un film en compétition (Sailor et Lula - 1990, Twin Peaks - 1992, Une Histoire vraie - 1999, Mulholland Drive - 2001), il en préside le jury (2002). Ou au pire, il inspire l'atmosphère du Festival tout entier. Préparez-vous à voir du rouge, des femmes fatales, et des nains chelous sur la Croisette.


Le comédien Edouard Baer succédera à Diane Kruger pour présenter les cérémonies d'ouverture et de clôture du 61ème Festival de Cannes, les 14 et 25 mai prochains. Après Vincent Cassel en 2006, il sera le deuxième homme à occuper cette fonction traditionnellement réservée à la gent féminine. Canal +, retransmetteur des cérémonies, trouve là un enfant de la maison, qui s'est déjà fait la main comme maître de cérémonie des Césars. L'exercice n'est pas si simple, car les blagues et autres mots d'esprit passent souvent mal auprès du public multilingue du Palais Des Festivals. On souhaite par exemple à Edouard Baer plus de réussiste qu'à Cécile De France, dont les quelques tentatives d'humour avaient fait flop en 2005.
Edouard Baer est cette semaine à l'affiche de Passe-passe, dont voici la critique.


C'est pas grand chose, mais la clôture du festival de Cannes vient d'être annoncée dans la presse professionnelle américaine : il s'agit de What Just Happened?, le nouveau film de Barry Levinson, dans lequel Robert De Niro interprète un producteur. Le scénario est adapté de la propre vie du scénariste, Art Linson. Le film semble taillé pour la clôture, puisqu'il comporte une scène tournée au festival, où le producteur présente son film en compétition. Sean Penn, président du jury cette année, fait par ailleurs une apparition dans son propre rôle. Le parfait loukoum de fin de festival, en somme...


En 1969, la création de la Quinzaine des réalisateurs fut une conséquence directe des évènements qui paralysèrent le Festival de Cannes 1968. Pour lutter contre l’académisme dont la sélection faisait preuve, il s'agissait de présenter des films « gratuitement, sans palmarès et sans censure ». Quarante ans plus tard, la Quinzaine se porte bien, merci. Pour célébrer cet anniversaire, plusieurs évènements sont prévus, mais le premier d'entre eux a lieu...à Paris.
L'Action Christine propose en effet une rétrospective des films découverts à la Quinzaine des réalisateurs. Pendant deux semaines (jusqu'au mardi 29 avril), la programmation du cinéma est tout bonnement hallucinante. Seront ainsi projetés Aguirre, la colère de Dieu, Benny's Video, La Captive, L'Empire des sens (photo), Family Life, Macunaima, Mean Streets, Le Prisonnier du Caucase, La Salamandre, Stranger than Paradise, Summer of Sam, The Indian Runner ou Wanda. Vous pouvez jeter un oeil au programme complet Du 16 au 29 avril, Action Christine, 4 rue Christine, 75006 Paris


La traditionnelle leçon de cinéma du Festival de Cannes sera cette année prodiguée par Quentin Tarantino. Après avoir été sélectionné à 29 ans avec Reservoir Dogs, palmé en 1994 avec Pulp Fiction, Président du jury en 2004 et à nouveau sélectionné l'an dernier avec Boulevard de la mort : Grindhouse, le réalisateur américain se dit lui-même totalement accro à la Croisette. Ne pouvant plus se passer du rendez-vous annuel cannois, on imagine que c'est avec un plaisir certain qu'il dispensera son cours, succédant dans ce rôle à Nanni Moretti, Wong Kar-Wai, Sydney Pollack ou Martin Scorsese.
Ce bon vieux Quentin parlera probablement du rôle de la musique, du mélange des genres, de la Nouvelle Vague et des séries B de son enfance. Et soignera sûrement la forme de son intervention, en bon show man fétichiste qu'il est...




Le souvenir de Mai 1968 s’invite au prochain Festival de Cannes. La section « Cannes Classics » diffusera en effet plusieurs des films dont la projection avait été annulée il y a quarante ans. Ouvert le 10 mai 1968, le 21ème Festival de Cannes fut envahi dès le 13 Mai par des étudiants, parallèlement à l’organisation de meetings contre la décision d’André Malraux de démettre Henri Langlois de son poste de directeur de la Cinémathèque. Le 18 Mai, juste avant la projection en compétition de Peppermint Frappé de Carlos Saura, des cinéastes de la Nouvelle Vague, menés par François Truffaut et Jean-Luc Godard, s’accrochent au rideau de scène pour manifester leur solidarité avec les mouvements sociaux que connaît l'Hexagone. Le Festival est déclaré clos le 19 mai à midi et le Jury, présidé par André Chamson, ne présentera pas de Palmarès.
En Mai prochain, Peppermint Frappé sera projeté en présence de Carlos Saura, puis ce sera au tour d’autres films sélectionnés en 1968 mais n’ayant jamais connu de projection cannoise : 24 heures de la vie d'une femme de Dominique Delouche, The Long Day’s Dying de Peter Collinson, Je t’aime, je t’aime d’Alain Resnais, Anna Karenina d’Alexandre Zarkhi ou Treize jours en France de Claude Lelouch. Derrière cette volonté d'hommage, les esprits chagrins verront-ils une nouvelle manière de "liquider Mai 68", en redonnant à ces films les projections qui leur avaient été refusées à l'époque ?


Le 61ème Festival de Cannes se tiendra du 14 au 25 Mai 2008 et la liste des films sélectionnés ne sera dévoilée que le 17 Avril. Comme chaque année, le jeu des pronostics est donc lancé. Voici un premier point sur les rumeurs, bruits de couloir et autres certitudes hasardeuses. Deux films américains sont quasiment assurés de se retrouver sur la Croisette : Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal et Sex and the City: le film, mais ces projections, qu'on imagine déjà très glamour, se feront hors compétition. Côté français, un seul film semble assuré de figurer en compétition officielle : Conte de noël (photo ci-contre) d'Arnaud Desplechin, qui réunit le même casting que Rois et reine. Sont par ailleurs pressentis Parlez-moi de la pluie d'Agnès Jaoui, Le Voyage aux Pyrénées des frères Larrieu et La Possibilité d'une île, adaptation réalisée par Michel Houellebecq lui-même. Une autre adapation de livre, Entre les murs de Laurent Cantet, pourrait être retenue dans les sélections parallèles (La Quinzaine des réalisateurs ou Un certain regard), de même que De la guerre de Bertrand Bonnello et In the Electric Mist , premier film en langue anglaise de Bertrand Tavernier, qui met en scène Tommy Lee Jones.
Comme pour les éditions récentes, le buzz est alimenté par des films attrayants mais dont la présence est peu probable, en raison des délais de post-production. C'est le cas de The Argentine (ou Le Che, ou Guevara, le titre ne semblant pas être définitivement arrêté) de Steven Soderbergh (avec Benicio Del Toro dans le rôle du Che), d'Australia, la nouvelle folie de Nicole Kidman et Baz Luhrmann ou de Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen. Face à cette liste assez incertaine,les vieux habitués de la Croisette amènent une part de certitude et de logique dans cet océan de rumeurs : Les frères Dardenne (Le Silence de Lorna), Wim Wenders (The Palermo Shooting), Walter Salles (Linha de Passe), Abbas Kiarostami (Copie conforme), Atom Egoyan (Adoration) ou Naomi Kawase (If only the Whole World Loved Me). On parle également du cambodgien Rithy Panh avec l'adaptation du roman de Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, avec Isabelle Huppert. Abel Ferrara, déjà présent l'an dernier avec Go Go Tales, pourrait présenter Chelsea on the Rocks, avec Ethan Hawke et Dennis Hopper, qui s'intéresse au Chelsea, hôtel new-yorkais et bouillonnant repaire d'artistes...
Rappelons que le Président du jury de cette 61ème édition sera l'acteur/réalisateur Sean Penn. (Source: FilmDeCulte.com)


Sélectionné à la Semaine de la critique au dernier Festival de Cannes, Les Méduses, film israëlien réalisé par Etgar Keret et Shira Geffen, y avait obtenu la Caméra d'or.
Synopsis : Le jour de son mariage, Keren se casse la jambe et doit renoncer à sa lune de miel aux Caraïbes... Une mystérieuse petite fille sortie de la mer change la vie de Batya, la jeune femme qui la recueille et qu'elle suit comme son ombre... Joy, une employée de maison en exil va, sans le vouloir, renouer les liens entre une vieille femme solitaire et sa fille. Trois histoires tragicomiques de personnages qui se cherchent, dans la ville de Tel-Aviv. Pourquoi Les "Méduses" ? Parce que "les héros du film ont l'illusion de choisir leur propre chemin. Ils se déplacent, tels des méduses, sans pouvoir contrôler leur vie. Les courants souterrains qui les poussent viennet du passé, d'expériences traumatiques ou de stéréotypes. A la fin du film certains personnages réussiront à les vaincre. Il seront alors arrivés au bord de la plage, face à la mer. Et pour un instant ils pourront se tenir debout, dans un endroit clair et vrai. Et espérer." Extraits d'entretiens avec les réalisateurs dans les bonus du DVD. A l'occasion de sa sortie en DVD, Flu vous propose d'en gagner sur sa page concours.


 Pour la première fois depuis 2001 (et la comédienne bergmanienne Liv Ullmann), un acteur sera Président du Jury du Festival de Cannes. Et quel acteur, puisque c'est le génial Sean Penn, icône du cinéma américain engagé, qui vient d'être désigné. Certains y voient déjà un choix politique en cette année d'éléction présidentielle aux USA, l'acteur étant un des plus fervents opposants à la politique républicaine de Bush and co. Mais c'est oublier un peu vite l'année 2004, durant laquelle la Palme d'Or attribuée au Fahrenheit 9/11 de Michael Moore n'eût aucune incidence sur le vote des Américains. Sans doute faut-il plutôt voir dans ce choix la volonté de défendre un cinéma impulsif, mouvementé et en prise sur le monde. Si on reproche parfois à la sélection cannoise un aspect consensuel, il est fort à parier que ce sera moins le cas cette année et que de nouveaux visages apparaîtront. Voilà en tout cas une désignation qui arrive à point nommé pour la dernière réalisation de Sean Penn, Into the Wild, qui sort mercredi prochain dans les salles françaises...


Une polémique enflait autour de la Palme d'or du dernier Festival de Cannes, après que le ministre de l'éducation Xavier Darcos eut refusé d'autoriser la diffusion du film de Cristian Mungiu dans les collèges et lycées.
Mais la Commission de classification des oeuvres cinématographiques a parlé : 4 mois, 3 semaines et 2 jours vient d'être classé "tous publics", ce qui ouvre la voie à sa diffusion sous forme de DVD pédagogique dans les établissements scolaires. Ce film roumain aborde très crûment la question de l'avortement, ce qui fait de lui un film dur, mais également une oeuvre utile à visée pédagogique. C'est ce qu'on fait valoir la Société des réalisateurs de films, le Planning familial et la Ligue des droits de l'homme notamment, qualifiant de "censure" la décision initiale du ministre de l'éducation.


Outre Luc Besson, qui a accompli un bel effort au cours de cette 60e édition du Festival de Cannes, en amenant les films sélectionnés dans diverses banlieues de la région parisienne, des initiatives similaires ont été prises depuis fort longtemps pour faire découvrir à un public plus large les films vus par les quelques milliers de privilégiés de la Croisette. Certes les films n'arriveront pas en bas de chez vous.
Le Forum des images reprend tous les films de la Quinzaine des réalisateurs (hors les murs, au Cinéma des cinéastes). Quatre projections par jour, à partir de ce mercredi et jusqu'au 5 juin, pour découvrir ce que la Quinzaine a soigneusement sélectionné. Entre autres, Control, de Anton Corbijn, sur Ian Curtis le chanteur de Joy Division. Chop Shop, de Ramin Bahrani, ou la bataille d'un tout jeune new-yorkais pour obtenir, à lui et sa grande soeur, une vie meilleure. Ou encore Zoo, de Robinson Devor, documentaire choc sur un groupe de zoophiles américains. Tout le programme ici. Le Reflet Medicis quant à lui accueille, aux même dates, les films de la sélection Un Certain regard. On y trouve notamment le film de Lola Doillon, Et toi t'es sur qui ?, la découverte du sexe par des adolescentes. Le Voyage du ballon rouge, de Hou Hsia Hsien. Ou encore L'avocat de la terreur, le film de Barbet Schroeder sur Jacques Vergès.
La Quinzaine des réalisateurs, au Cinéma des cinéastes (Paris XVII), du 30 mai au 5 juin. La sélection Un Certain regard, au Reflet Médicis (Paris V, tel 01 43 54 42 34) du 30 mai au 5 juin.


Les films dont on n'avait pas parlé : le Festival de Cannes se poursuit sur Ecrans L’attente était rude ce jeudi soir devant la salle de la Semaine de la critique. Séance très très spéciale en perspective : chacun se réjouissait de voir le 1er film d’horreur d’Alexandre Bustilllo (un ancien de Mad Movies, dont le fan club a ponctué la séance d’applaudissements) et Julien Maury, avec Béatrice Dalle en grande prêtresse du mal. Excitation mêlée d’appréhension, car les rumeurs présageaient un vrai bain de sang. Crainte telle qu’une femme défaillit dans la file baignée de chaleur nocturne. Un malaise peut-être provoqué par une grossesse en devenir, ce qui aurait été une excellente pub pour le film. Car A l’intérieur file les métaphores de la gestation et de la position fœtale.
Soit une jeune veuve, enceinte d’un mari mort dans un accident de la route auquel elle a survécu. Image choc – et virtuelle – d’un fœtus subissant le choc du crash : le ton est donné. La jeune femme, convalescente, s’enferme dans son pavillon de banlieue. Et là survient la sublime Béatrice ; et avec elle, la tuerie puissance 10. Une des plus extrêmes et « grand guignolesques » vues récemment (faut dire que je ne suis pas un habitué du gore). Une des plus belles aussi. Car A l’intérieur relève du paradoxe : autant le fait est brutal, sanguinolent, perturbant, autant l’image est d’une beauté à couper le souffle, travaillée avec un soin de maniaque. On frémit, on détourne le regard, mais à contre cœur. L’épure des lignes, de la mise en scène force l’admiration. Certains plans évoquent des travaux de plasticiens, avec néanmoins une parfaite dynamique d’ensemble, un mouvement montant crescendo.
Les deux acolytes connaissent leurs classiques et ça se voit. Mais hormis deux ou trois scories, la référence ne tue pas la singularité du film. Son originalité provient aussi d’un scénario qui mêle avec habilité l’actualité (les émeutes en banlieue, symbole d’un mal rongeant le corps social en son sein) aux angoisses sans âge des futures mères ; et plus généralement aux peurs liées au corps. Un film aux limites du fantastique, qui vous attrape par les tripes sans se couper du cerveau. Comme quoi, c’est bon de se faire du mal.
A l’intérieur – Un film de Alexandre Bustillo et Julien Maury Avec Alyson Paradis, Béatrice Dalle – France, 2007, 1h18 Semaine internationale de la critique


Jamel Debbouze, venu remettre hier soir à Cannes le prix du jury - à Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, ex aequo avec Stelle Licht, de Carlos Reygadas - a officiellement annoncé son ralliement à Nicolas Sarkozy.
La crème de la crème du 7e art réuni dans le Palais des Festivals pour clôre ce 60e Festival de Cannes a patiemment écouté Jamel tenir la tribune - qu'il ne lâche jamais facilement et c'est tant mieux, la cérémonie étant tellement ampoulée et laborieuse -, jusqu'à ce que soit prononcé le nom de notre président, qui a été accueilli sous les sifflets. "Je vous demande de vous arrêter" a-t-il poursuivi ironiquement, en référence à Edouard Balladur au soir de sa défaite de 1995. Il a enfin terminé sa sortie, salutaire pour l'audimat, sur une invitation à un "jogging républicain" avec Sarkozy, et les indispensables Faudel et Mireille Mathieu, au bois de Boulogne. Je tiens à remercier ici l'humoriste/comédien de m'avoir permis de tenir le coup pendant cette cérémonie de clôture, pourtant pas longue, mais chiante comme la pluie. Lire le Palmarès complet du Festival de Cannes 2007. (illus. Anne-Christine Poujoulat AFP) MàJ : la vidéo


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