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L'actualité des festivals de cinéma du monde entier : de Berlin à Venise, Paris à Deauville, à l'exception du festival de Cannes. Voir aussi les collections Etrange festival et Berlinade.

De Cannes à Toulouse : un palmier pour cacher la forêt ?

Posté par Marc le 06.05.08 à 11:58 | tags : festival
Brillant de milles feux, le festival de Cannes s'avance à grands pas et sans souci majeur. C'est, hélas, une exception dans le paysage français où le financement des festivals s'obtient de haute lutte. Exemple avec Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse.

Comme la plupart des festivals, celui-ci rend accessible des œuvres et des talents qui resteraient invisibles au public ...mais pour combien de temps ? S'il a pu avoir lieu cette année, c'est, comme souvent, à l'issue d'âpres discussions avec les pouvoirs publics dont il dépend financièrement. Il est majoritairement subventionné par la Région, la part de la ville n'excèdant pas 15 % du budget total. Paradoxal car c'est avant tout le nom de la Ville Rose qui se trouve mis en avant ! Ça pourrait changer puisque, depuis mars, la région, le département et la municipalité sont de la même couleur : rose socialiste. L'occasion de voir ces différents partenaires tirer dans le même sens... sans craindre que l'adversaire politique en profite ?

On peut l'espérer. Mais c'est une première étape qui ne sera peut-être pas suffisante. En effet, Cinémas d'Amérique Latine était, jusqu'à l'an dernier, subventionné par les DRAC (Direction régionale des Affaires culturelles). Or, comme on le sait, depuis l'élection de M. Sarkozy, celles-ci sont en passe de devenir des coquilles vides, mettant du même coup nombre de manifestations en difficulté. Cette année, Toulouse s'en est bien sorti grâce aux subventions du CNC, parce qu'il a eu la chance d'être reconnu d'utilité publique. Ce qui est la moindre des choses mais ne pourra pas être le cas de tous. Dans une drôle d'époque où Goliath (les exploitants mastodontes) n'hésite pas à s'attaquer, juridiquement, à David (le cinéma Méliès de Montreuil), ce quinquennat paraît décidément bien hostile à la diversité culturelle et... son éventuel aspect subversif.

Dans ce contexte, le festival Cinémas d'Amérique Latine 2008 a dignement fêté son vingtième anniversaire notamment grâce à une programmation dont la qualité générale fut bien meilleure que l'année précédente. Si certains films seront sur nos écrans cette semaine (Agnus Dei, Haïti chérie), ou très bientôt (El Asaltante, Partes Usadas...), il faut espérer que d'autres puissent profiter de cette brève exposition pour attirer les distributeurs. Ainsi, la justesse de Dos Abrazos, la tendresse de Postales de Leningrado, les obsessions d'Otavio e as letras ou l'étonnant et rythmé marabout de ficelle animalo-humain d'Ainda Orangotangos, méritent assurément de se confronter à un plus large public. Pourvu que ça dure...


Le Festival des Très Courts fête ses 10 ans

Posté par Damien L. le 24.04.08 à 10:22 | tags : festival, cinéma des cinéastes, court métrage

Impressionnante évolution que celle du Festival International des Très Courts. Certains vétérans se souviennent des premières éditions organisées au Forum des Images, dans une quasi intimité qui n'empêchait en rien le dynamisme de la programmation.

Mais pour le dixième anniversaire de la manifestation, les organisateurs ont vu les choses en grand. Le festival aura lieu les 2, 3 et 4 mai 2008 au Cinéma des Cinéastes, et simultanément dans 65 villes du monde (24 villes en France et 41 villes à l’étranger).

Le principe n'a pas changé : chaque film doit durer moins de 3 minutes (hors titre et générique) et tous les genres sont acceptés, fiction, documentaire, animation, image de synthèse. Seule compte la créativité. Amateurs ou professionnels, les réalisateurs viennent de divers horizons et de divers continents. 17 pays sont cette année représentés.

Toutes les infos sont disponibles sur le site du festival.

Soirée d'ouverture le vendredi 2 mai 20h au Cinéma des Cinéastes (7 avenue de Clichy, 75017 Paris) : projection de la sélection officielle suivie de la remise des prix en présence des réalisateurs et du jury.


Les Ch'tis à Hollywood (2)

Posté par Van le 21.04.08 à 16:32 | tags : hollywood, festival, comédie

Les Ch'tis ont donc traversé l'Atlantique.

Présenté en ouverture du festival COL.COA (City of lights, city of angels, organisé par le Fonds culturel franco-américain) en fin de semaine dernière, Bienvenue chez les Ch'tis a visiblement conquis le public américain. Oui, l'humour du nord s'adapte bien chez les yankees, qui ont descerné au film de Dany Boon, rebaptisé Welcome to the Sticks, le COLCOA Audience Award, qui témoigne de la très bonne réception d'un film français auprès du public américain.

Le film a été projeté cinq fois : une devant 700 professionnels - qui auraient ri malgré l'austérité bien connu des gens du métier -, deux devant des lycéens américains qui, si l'on en croit les explications des relations presse, se sont copieusement esclaffés alors même que certains d'entre eux voyaient un film sous-titré pour la première fois... Et deux séances publiques qui ont fait salle comble, l'une à l'issue de laquelle le public votait pour le Audience Award. L'autre en tant que gagnant du prix en question.

Il faut saluer les sous-titreurs, qui ont réussi l'exploit de traduire l'humour ch'tis et de trouver des équivalents anglais aux mots déformés dans le film. Et son esprit apparemment universel.

La Graine et le mulet a obtenu par ailleurs le prix de la critique à l'unanimité, et le film de Sandrine Bonnaire, Elle s'appelle Sabine, une mention spéciale.


40 ans de Quinzaine des réalisateurs à Paris

En 1969, la création de la Quinzaine des réalisateurs fut une conséquence directe des évènements qui paralysèrent le Festival de Cannes 1968. Pour lutter contre l’académisme dont la sélection faisait preuve, il s'agissait de présenter des films « gratuitement, sans palmarès et sans censure ». Quarante ans plus tard, la Quinzaine se porte bien, merci. Pour célébrer cet anniversaire, plusieurs évènements sont prévus, mais le premier d'entre eux a lieu...à Paris.

L'Action Christine propose en effet une rétrospective des films découverts à la Quinzaine des réalisateurs. Pendant deux semaines (jusqu'au mardi 29 avril), la programmation du cinéma est tout bonnement hallucinante. Seront ainsi projetés Aguirre, la colère de Dieu, Benny's Video, La Captive, L'Empire des sens (photo), Family Life, Macunaima, Mean Streets, Le Prisonnier du Caucase, La Salamandre, Stranger than Paradise, Summer of Sam, The Indian Runner ou Wanda.

 

Vous pouvez jeter un oeil au programme complet

Du 16 au 29 avril, Action Christine, 4 rue Christine, 75006 Paris

 


Nemo : Heima, Sigur Ros comme à la maison

Posté par anita b. le 14.04.08 à 15:59 | tags : festival, musique au cinéma, you tube

Belle découverte de ce week end au festival Nemo, Heima est un film qui retrace la dernière tournée en date de Sigur Ros, dans son beau pays, l'Islande. Un exercice a but promotionnel, mais qui se révèle bien plus relevé que les modèles du genre. D'abord parce qu'au lieu de nous abreuver des propos du groupe, gentils et naïfs comme il se doit, le réalisateur se concentre sur les paysages fantastiques, les visages dans le public, les petits détails qui sont normalement occultés (fabrication des t-shirts du groupe, préparation de la scène). Et puis surtout, quels concerts ! En 8 dates, 8 concerts gratuits offerts à la maison (Heim = home), le groupe se produit aussi bien sur une immense scène que dans un petit entrepot de pêche abandonné, une salle des fêtes ou au beau milieu d'un champ. Et à chaque fois, cet écrin offre à leur musique un cadre de rêve. Magnifique objet filmique, Heima (dont parlaient déjà nos amis du blog musique) est projeté deci-delà lors de festivals, et mérite pleinement d'être vu sur grand écran, la musique à fond. Une très belle plongée dans l'univers plein d'elfes et d'intensité de Sigur Ros.

 


Festival Nemo : 6ème

Posté par anita b. le 12.04.08 à 09:40 | tags : cinéma à paris, musique au cinéma, festival
Ce soir s'ouvre la sixième édition du festival Némo, programmation toujours aventureuse des formes audiovisuelles les plus inovantes à travers le monde. Ca veut dire quoi ? Eh bien cette année, beaucoup de films liés à la musique, pour notre plus grande joie. Comme par exemple ce Scott Walker : 30 Century Man, documentaire de Stephen Kijak coproduit par David Bowie, exploration de l'univers artistique et dialogue avec le musicien le plus mystérieux du 20eme siècle. Des panorama de la création vidéo internationale, des performances, des workshops ou encore un hommage au studio américain Motion Theory viennent étoffer un programme riche et ambitieux. On conseillera d'expérience de se laisser porter, de choisir des séances au hasard pour profiter pleinement de l'effet de surprise.

Réparti sur plusieurs lieux, parmi lesquels le très classe Elysée Biarritz, mais aussi le Cube ou la Bellevilloise, Nemo offre cette année des conditions exceptionnelles pour suivre l'évolution des artistes et studios les plus originaux du moment.

Et en plus, c'est gratuit ! Tout le programme ici.

Festival Nemo : du 10 au 20 avril.


Pocket films : créez votre série

Posté par Damien L. le 10.04.08 à 15:17 | tags : centre pompidou, digima, festival, forum des images

La quatrième édition du Festival Pocket Films aura lieu du 13 au 15 juin 2008 au Centre Pompidou à Paris. Elle présentera le meilleur de la création audiovisuelle réalisée avec et pour téléphone mobile.
A cette occasion, SFR lance un appel à projets auprès de tous les vidéastes sur le thème de la série
: simples pilotes ou ensemble d’épisodes, tout est accepté. Une seule condition : que la série soit adaptée à une diffusion sur écran mobile. Le lauréat verra sa vidéo diffusée lors du Festival et recevra également un prix de 1000 euros.
Vous avez jusqu’au mardi 29 Avril 2008 pour proposer vos vidéos. Toutes les informations se trouvent sur le site de SFR Jeunes talents.

Le Festival a donc trouvé la parade face aux reproches qui avancent qu’un film mobile n’a rien à voir avec le cinéma. La création d'une « série » semble en effet plus adaptée à la nouvelle multitude de supports…

 


L'Amérique latine à Toulouse : l'Argentine brille

Posté par Marc le 04.04.08 à 17:30 | tags : festival
Encore une histoire de couple ! Attendu avec une certaine impatience, le nouveau Matias Bize est une petite déception. Après le mariage avorté de Sabado ... et l'adultère jouissif de En la Cama, voici la rupture affectueuse de Lo bueno de llorar. Un scénario toujours très bien écrit même si beaucoup moins bavard, où Bize confirme son talent de mise en scène ainsi que sa capacité à tirer le meilleur de comédiens attachants. On a hâte, pourtant, de le voir s'aventurer vers d'autres thématiques... et diriger, soyons fous, 3 voire 4 acteurs !

Au rang des agréables surprises, citons El Asaltante. Pablo Fendrik y suit sans relâche un drôle de personnage auquel, sans guère de mots, l'excellent Arturo Goetz (La fiancée du pirate) donne corps, sans vraiment dévoiler son âme. Une habile façon de questionner, avec le minimum de mots, ce qu'est la véritable humanité et, in fine, de souligner l'importance de « bien regarder ».

Dans un genre bien différent, et beaucoup plus bavard, Agnus Dei (illus.) a, lui aussi, obtenu les applaudissements d'un public séduit. Lucia Cedron plonge dans son histoire personnelle pour évoquer l'Argentine de son enfance, pendant le mondial de 78, après le coup d'état militaire, et ses conséquences 20 ans plus tard. Le récit est complexe mais parfaitement compréhensible grâce à un remarquable travail d'écriture. Les passages d'une époque à l'autre s'opèrent avec beaucoup de fluidité et témoignent d'un prometteur talent de narration car la densité de ce premier long-métrage était plutôt casse-gueule.

Ses deux films sont à découvrir dans les salles le 7 mai prochain.


Festival Images mouvementées : à l'Attac !

Posté par Van le 02.04.08 à 18:08 | tags : festival, cinéma à paris

 

 

"Identité sans frontières" : tel est le thème de cette 6e édition du Festival Images mouvementées, festival de cinéma organisé par Attac, qui se tient jusqu'au 8 avril au Cinéma des 7 Parnassiens (Paris 14e).

Une thématique bien actuelle, à l'heure des quotas d'expulsion et de l'immigration choisie, quand des concepts comme tests génétiques et centres de rétention passent dans le langage politique courant... Un festival évidemment engagé, qui propose d'approfondir les questions d'identité et d'altérité à travers le cinéma : 40 films et 8 débats comme autant de points de vue, sérieux ou plus légers, sur un monde de plus en plus fermé.

Toutes les infos ici


Les rencontres Cinéma d’Amérique Latine de Toulouse : 20ème

Posté par Marc le 26.03.08 à 14:49 | tags : festival
A partir du 28 mars, et jusqu'au 6 avril, les salles obscures de la Ville Rose accueillent une sélection dense - plus d'une centaine d'œuvres - et complète des cinématographies d'Amérique Latine. Trois programmes suscitent une attention toute particulière.

Tout d'abord une projection en HD numérique de A Pedra do Reino, de Luiz Fernando Carvalho. Déjantées et surréalistes, les mémoires tragi-comiques de Quaderna, un vieux clown qui rêve d'instaurer une monarchie populaire et littéraire de gauche (!!) semblent particulièrement intrigantes. Annoncé à grands renfort de superlatifs, cet énorme succès populaire brésilien a déjà remporté la palme du film le plus long du festival (3H48 !). On attend de voir.

Aucun doute, par contre, sur cet autre film brésilien, Limite (illus.), qui est l'unique réalisation de Mario Peixoto (1931). Restauré par Arte et présenté au Festival de Cannes l'an dernier, il a fait l'unanimité auprès des privilégiés ayant pu le (re-)découvrir, comme il avait, semble-t-il, conquis les cœurs des plus grands en son temps (Eisenstein, Orson Welles...). La promesse d'une pépite.

Enfin, on guettera le nouvel opus de Matias Bize, Lo Bueno de Llorar. Ce jeune réalisateur chilien nous avait séduits avec son film de fin d'étude (Sabado, una pellicula...), que l'on pourra revoir durant la semaine, puis En la Cama (2007). Symbole d'une nouvelle vague chilienne (Sebastian Lelio, Alicia Scherson, etc.) prometteuse, on l'attend au tournant.

Rendez-vous est donc pris dès ce vendredi, à la Cinémathèque de Toulouse, pour saisir le pouls d'une manifestation toujours très chaleureuse.

Le site des rencontres.


Newsreel, vivifiant cinéma de contre-information

Posté par Van le 25.03.08 à 18:01 | tags : les incorrigibles, cinéma du réel, festival

Quatrième billet de la carte blanche accordée au collectif Les Incorrigibles, à l'occasion de la 30e édition du Cinéma du réel. Toute la série ici.

Ils s‘autoproduisaient. Se mobilisaient pour diffuser leurs images. Quarante ans après, l'exemple des Newsreel américains frappe encore par la force de leur production collective. Des films présentés au Cinéma du réel dans la rétrospective Americana.

A l'heure des commémorations, le Cinéma du réel présente les années 67 et 68 américaines. « Pourquoi laissons-nous l'exclusivité des reportages à la presse et à la télé ? Ces types sont sympas mais ce qui les intéresse, c'est l'argent, les jolies choses, mais pas de voir les choses. Nous avons perdu contact avec notre réalité. Grâce à la caméra-œil, nous reprendrons contact avec elle », écrivait Jonas Mekas, catalyseur du mouvement Newsreel. Entre 1966 et 1971, cinéastes et activistes américains s‘unissent pour produire de la contre information. Les films du Newsreel traduisent les préoccupations de leurs auteurs. Guerre du Vietnam, Black Panthers, drogue, répression policière... la production est hétéroclite et exprime une diversité de formes esthétiques et d'intérêts politiques. De groupe en réseau de groupes, le phénomène fait tache d'huile et s'étend de New York à San Francisco, Chicago Boston, Toronto. En quelques mois, des échanges se créent avec des sympathisants à Londres et Paris, au Mexique, à la Havane, à Buenos Aires et Tokyo.


Traces de mémoires inimaginables sans le cinéma, le mode de production frappe encore aujourd'hui par son efficacité et son énergie créatrice. Les films sont produits et réfléchis collectivement. Les désaccords au sein du mouvement sur les propos ou la thèse d'un film sont monnaie courante. Leur appartenance au Newsreel est alors vivement discutée lors des réunions des groupes. « Nous faisions des films de l'intérieur du mouvement pour le mouvement. Pour le film des Panthers, par exemple, les Panthers eux-mêmes ont participé au montage, avec tous les problèmes que cela peut poser. Les premiers films de femmes sont issus de discussions des groupes de femmes. Les films n'étaient pas conçus à l'avance. Nous n'écrivions pas de scénario. Il s'agissait d'apporter le matériel de tournage à un groupe, un mouvement ou un événement et d'exprimer ce qui se passait là. » L'aventure est racontée dans Recycling the newsreel with Paul Mcisaac. Membre du Newsreel newyorkais, McIsaac, producteur vidéo et radio, impliqué dans Indymedia, dirige actuellement le Playback Theater à New York. Il apparaît dans Ice, Doc's Kingdom et Route One: USA, trois films réalisés par l'un des membres fondateurs de Newsreel, Robert Kramer. Il souligne : « Montrer les films constituait une part importante de notre activité. Nous les apportions nous-mêmes sur place, façon guérilla [...]. Beaucoup de gens du mouvement ne faisaient pas de film mais travaillaient à ce qu'ils soient vus. » Centres sociaux, universités, camps militaires, vitrines des magasins, et partout où l'on pouvait réunir du public. Projection en plein air sur les façades des immeubles, les membres du Newsreel saisissent toutes les occasions de montrer les films et, surtout, engagent des discussions avec les spectateurs. Entre usage anti-conformiste du cinéma et contre-champ à l'actualité télévisuelle, l'expérience du Newsreel peut inspirer encore les cinéastes, vidéastes ou artistes d'aujourd'hui.

Caroline Thiery / Collectif Les Incorrigibles

Recycling the newsreel with Paul Mcisaac
Documentaire de Ivora Cusack & James June Schneider
2007 - 64 minutes - vidéo
http://360etmemeplus.org/

 

 


Kookaï fait son cinéma

Posté par Damien L. le 21.03.08 à 13:15 | tags : festival, court métrage, web

Depuis quelques jours, KOOKAÏ FILMS vous propose de devenir membre du Jury du "Prix de l'émotion" au prochain festival Paris Cinéma (prix qui sera décerné dans le cadre de la compétition internationale des courts métrages). Il faut pour cela répondre à trois questions dans la partie "Concours" du site. Les cinq candidats sélectionnés seront accueillis au Festival en V.I.P et participeront aux soirées d'ouverture, de clôture et aux séances de projection de la sélection internationale. Rendez-vous majeur de l'été culturel, le Festival Paris Cinéma se tiendra du 1 au 12 Juillet 2008.

Par ailleurs, Kookaï soutient la création cinématographique par la diffusion d'une sélection de courts métrages « coup de coeur ». Plusieurs d'entre eux sont ainsi diffusés depuis quelques jours, et une nouvelle série suivra le 7 Mai 2008. La marque lance donc un appel à ceux qui souhaitent bénéficier de ce soutien à la diffusion. Toutes les informations se trouvent dans la partie "Mécénat" du site KOOKAÏ FILMS (qui rémunèrera les créateurs des films pour la diffusion de leurs oeuvres).

Toutes les formes sont les bienvenues, comme le montrent les courts-métrages actuellement en ligne sur le site: si la forme chantée de "Comme un air" permet un envahissement progressif de l'urbanisme parisien par la musique, "Le Bon numéro" est lui un traditionnel film d'animation, qui explore brillamment le thème de l'amour sur commande.

Le site de Kookaï films.
Le site de Paris Cinéma.


Cinéma du réel : Barcelone ou la mort

Posté par Van le 19.03.08 à 16:11 | tags : les incorrigibles, cinéma du réel, festival

Deuxième billet de la carte blanche accordée au collectif Les Incorrigibles, à l'occasion de la 30e édition du Cinéma du réel. Toute la série ici.

C'est un peu "la bourse ou la vie" version sénégalaise. Au 30ème festival du Cinéma du réel, Barça ou Barzakh (Barcelone ou la mort), le premier film d'Idrissa Guiro, a reçu le prix Louis Marcorelles du ministère des Affaires étrangères.

La première activité économique des habitants de Thiaroye-sur-mer au Sénégal est la pêche. Pourtant ils ne peuvent rien contre les chalutiers européens, chinois ou japonais qui écument leurs eaux. Les pêcheurs reviennent trop souvent bredouilles après une journée en mer. Ils ne peuvent ni gagner leur vie chez eux ni aller tenter de le faire en Europe. Reste la migration et ses aléas. Les villageois ne crient pas leur colère, ils sont assommés, l'air déjà parti. Dans Barça ou Barzakh, son premier film, Idrissa Guiro montre à quel point l'obsession de rejoindre l'Europe domine la peur de la mort. Le film s'articule autour du récit de Modou qui a failli mourir lors de sa deuxième tentative de traversée de l'Atlantique en pirogue. La mer était déchaînée, des vagues de huit mètres de haut. Les passagers, entassés par 100 dans une pirogue de 12 mètres, chantaient pour se donner du courage. Ils connaissaient bien la mer mais ils ne l'avaient jamais vu comme cela. Le GPS était en panne, les hommes pleuraient d'épuisement, de froid et de peur. Des cargos les ont ignorés. Des gardes côtes marocains les ont sauvés. Retour forcé au Sénégal. Seul point positif : les passagers s'en sont tous sortis vivants. Ils ont eu de la chance.

 

En 2006, 25 000 clandestins sénégalais ont rejoint les Canaries. 3000 sont morts dans leur tentative. Même s'il est traumatisé par ses traversées précédentes, Modou n'a pas l'intention d'abandonner. La tension entre son départ possible, incarné par la construction d'une pirogue, et le hors champ de son récit cauchemardesque structure le film. Pas de répit pour le spectateur, malmené par un sentiment d'impuissance et la couleur rouge omniprésente. La musique de Youssou N'Dour et les cadres très proches des personnages adoucissent l'atmosphère. Les images sont belles, très belles et permettent de s'installer dans cette réalité difficile. Tala, l'autre personnage central du film a fait le choix inverse de son cousin Modou. Son combat à lui se situe au Sénégal. Enseignant aux Etats-Unis, il a choisi de revenir au village pour soutenir le développement du pays. Son entourage et sa famille le prennent pour un farfelu. Dans les rues de Thiaroye-sur-mer de larges panneaux publicitaires en faveur de la banque Western Union qui gère les transferts d'argent rappellent : "Mon fils m'envoie une raison supplémentaire d'être fier de lui". Tala le professeur tente de dissuader son cousin Moudou de repartir. Sans succès. Barcelone ou la mort, Barça ou Barzakh, en wolof ...

 

La force du film tient à la manière de capter la pugnacité des hommes et des femmes qui habitent ce village. Mais aussi à celle du réalisateur Idrissa Guiro qui n'a pas attendu de trouver des financements pour partir seul avec une caméra de location. Il a ressenti l' urgence. Il connaît bien le pays : son père est Sénégalais. Il fait souvent des allers-retours depuis la France, son pays natal, et se désole que les Africains ne jouissent pas du même droit de circuler que lui d'un pays à l'autre. L'élément déclencheur du film a été la lettre d'adieu écrite par un migrant avant de mourir en mer qui disait : "La situation est si pénible à bord que je ne crois pas que je vais m'en sortir vivant. Je veux que ceux qui trouvent cet argent le donne à ma famille (...) Adieu et pardonnez-moi". Cette lettre a été retrouvée à bord d'un navire fantôme, en face du Brésil, après quatre mois à la dérive.

 

L'immigration a toujours fait partie de l'histoire du Sénégal, mais elle a pris une allure dramatique ces dernières années. Pourquoi ceux qui mesurent les risques de la traversée envisagent-ils de les braver pendant des jours et des nuits ? Idrissa Guiro a voulu comprendre la complexité de ce choix. Barcelone ou la mort est un film sur le départ. Il est là, en permanence : dans les plans des pirogues peintes de fleurs ou des regards perdus des élèves en cours d'anglais, quand chacun raconte la perte d'un proche dans un naufrage. La mer rythme le film. Ni menaçante ni trop belle. Là, simplement. Pour certains le film est trop esthétisant, les images trop belles, "cartes postales" et loin de la réalité. Idrissa assume son style. Ce qui compte c'est que le public africain voie ce film. Il est heureux d'avoir saisi des scènes inattendues. Celle d'un jeune garçon, à la sortie de l'école, qui se plante silencieux devant la caméra, une feuille à la main avec l'inscription : "partir en Europe".

Marie Bonnard/Collectif Les Incorrigibles


Festival Cinéma du réel, palmarès

Posté par anita b. le 17.03.08 à 10:22 | tags : festival, cinéma du réel

Samedi se tenait la remise des prix du Festival Cinéma du Réel. Voici son palmarès, très international comme attendu :

- Grand Prix : Holunderblute, de Volker Koepp (Allemagne)

- Mentions spéciales : Wollis Paradies, de Gerd Kroske (Allemagne) et San, de Du Haibin (Chine)

- Prix du Court métrage : Minot North Dakota, de Cynthia Madansky et Angelika Brudniak (Etats-Unis)

- Prix Joris Ivens, attribué à un jeune cinéaste : La Frontera infinita, de Juan Manuel Sepúlveda (Mexique)

Il reste des projections aujourd'hui et demain. Palmarès intégral et programme ici.


Cinéma du réel : Garin Nugroho, le cinéaste du renouveau indonésien

Posté par Van le 14.03.08 à 17:48 | tags : festival, les incorrigibles, cinéma du réel, documentaire

Premier billet de la carte blanche accordée au collectif Les incorrigibles, à l'occasion de la 30e édition du Cinéma du réel . Toute la série ici.

Il y a une sorte d'urgence dans la démarche de Garin Nugroho. Documentaire, fiction ou forme hybride entre les deux genres, le cinéaste enchaîne les réalisations audiovisuelles depuis les années 1980. Son ambition ? Montrer, le plus possible, toutes les facettes d'un pays en pleine mutation, le sien. Le regard qu'il porte sur l'Indonésie est alerte mais pas sans espoir. Pour lui « le cinéma, la télévision, ont un rôle pédagogique à jouer ». Dans la programmation qui lui rend hommage cette année au Cinéma du Réel, deux films retiennent particulièrement l'attention : Dongeng Kancil tentang kemerdekaan (lL'histoire de Kancil et de l'indépendance), tourné en 1995 et Daun di atas bantal (Feuille sur un oreiller; illus1), réalisé en 1998. Tous deux racontent l'exclusion, la précarité et l'injustice à travers la vie quotidienne d'enfants des rues de Yogaykarta, la ville javanaise où le réalisateur a grandi.

Dans le premier, un documentaire à la réalisation épurée, Garin Nugroho suit plusieurs gamins dans leur environnement quotidien. Premier documentaire « social » indonésien, le film contraste violemment avec les productions propagandistes habituellement proposées à l'époque de Suharto.
Trois ans plus tard, le cinéaste retrouve les gavroches de Yogyakarta et réalise avec eux Daun di atas bantal. D'une grande tendresse malgré la violence de l'univers dépeint, cette fiction qui emprunte ses arguments narratifs au documentaire (faits réels, acteurs non professionnels...) rencontre vite son public en Indonésie et reçoit les honneurs européens en étant sélectionnée dans la catégorie « Un certain regard » à Cannes.

Plus que son succès commercial ou sa reconnaissance internationale, ce qui importe à Garin Nugroho, c'est d'avoir rendu visible une problématique ignorée du plus grand nombre. Depuis, le cinéaste n'a eu de cesse d'œuvrer dans ce sens, réalisant à tour de bras des films de tous genres, courts, longs, plus ou moins grand public, sur des aspects ignorés ou méconnus de son pays. Ses réalisations, telles des clochettes, des sonnettes ou des sirènes d'alarme, entendent chatouiller les oreilles d'une population anesthésiée par trente années de dictature puis abasourdie par une mondialisation galopante. C'est le sens de sa dernière réalisation, Opéra Jawa (illus.2) qui sort sur les écrans français le 26 mars prochain. En faisant tinter les gamelans sur un air de requiem, le film rappelle la progressive disparition des cultures traditionnelles en Indonésie.

Laurence Pinsard, collectif Les Incorrigibles

Le site du Cinéma du réel.


Une Nuit Trop Courte : festival du court à Grenoble

Posté par Van le 10.03.08 à 14:21 | tags : court métrage, festival

 

 

 

 

La 5e édition d'Une Nuit Trop Courte, festival international de courts-métrages étudiants, se tiendra du 13 au 15 mars prochains à Grenoble.

Des courts métrage en tous genre seront diffusés, hors ou en compétition, au cours de trois soirées de projection. Avis aux amateurs de courts de la région de Grenoble.

Toutes les infos ici


Reflets du cinéma ibérique et latino-américain : la panne de copies

Posté par Van le 05.03.08 à 17:40 | tags : festival

Mounir nous écrit de Villeurbanne :

Un peu de soleil dans la grisaille ambiante, Villeurbanne ouvre la 24ème édition des Reflets du cinéma ibérique et latino-américain (5 au 19 mars).
Cette année le cinéma fantastique espagnol sera à l'honneur, avec en clin d'œil au festival de Gerardmer, la section Fantastic Artes. Seulement une avant-première, Los Cronocrimenes (illus.), symptome de la diffuclté pour les festivals à obtenir des copies récentes. On s'attendait à découvrir [Rec] ou L'Orphelinat, deux futurs blockbusters qui avaient toute leur place dans cette manifestation, mais la lutte qui oppose les gérants de salles indépendantes et les multiplexes a des conséquences sur la programmation des festivals. Les distributeurs préfèrent réserver les bobines aux grands réseaux qui vampirisent tous les films au succès commercial potentiel.
Résultat, plusieurs reprises de Guillermo Del Toro (L'Echine du diable), Jaume Balaguero (La Secte sans nom, Fragile), et le déjanté Le Jour de la bête de Alex de la Iglesia seront au programme.

Le président des Reflets, Laurent Hugues déplore cette situation : « Les festivals sont les meilleurs endroits pour mettre un film en avant, nous avons un taux de remplissage de 97% ce qui est énorme. Les multiplexes adoptent une stratégie d'occupation du terrain et se moquent de l'exposition du film », et il rappelle la présence à Villeurbanne de réalisateurs comme Guillermo del Torro dès 1993, et Alejandro Amenabar en 1996, bien avant le succès d'Ouvre les yeux.

Malgré ces difficultés, 56 films seront présentés dont 8 en avant-première. Pendant quinze jours ce panorama montrera des productions en provenance de 11 pays où le cinéma « a des choses à dire et une vision résolument optimiste, à l'opposé du misérabilisme. Ces cinéastes montrent à leur manière que dans toutes les situations la lutte a toujours un sens ». Un résumé qui dans la bouche du président sonne comme un message cinglant destiné aux pontes du cinéma Français.


Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain
5 au 19 mars - Villeurbanne
Le site du festival
Notre petite histoire du Cinéma espagnol

(merci Mounir !)

 


Le premier Festival du film d'Arabie Saoudite

Posté par Van le 28.02.08 à 16:41 | tags : festival

Cela fait 30 ans que les salles de cinéma ont été bannies d'Arabie Saoudite. Pourtant, le royaume organisera en mai (en plein Festival de Cannes !) son tout premier festival du film, avec une sélection de courts-métrages et de documentaires de tous les pays du Golfe.

La toute première projection publique depuis la fin des années 1970, période à laquelle les autorités religieuses ont estimé que le cinéma était par trop subersif, a eu lieu en 2005 dans un hôtel de Riyad où une sélection de dessins animés a été projetée pour des femmes et leurs enfants. Ce fut un premier pas.

Car certains optimistes pensent qu'il s'agit peut-être de signes laissant espérer un assouplissement du régime et une levée de l'interdiction qui frappe les salles de cinéma. Des nouveaux centres commerciaux comporteraient d'ailleurs des espaces restés vides, pour accueillir le moment venu ces lieux de liberté cinématographique... qui on l'imagine resteront étroitement contrôlés par la censure.

Malgré la rudesse des temps, on n'est pas si mal en France.

(source Variety)

 

 


Combat Rock : Amos Poe et ses histoires extraodinaires

Posté par anita b. le 14.02.08 à 10:15 | tags : réalisateur, festival

A la croisée des chemins entre Jim Jarmusch, Patti Smith, les Ramones, Deborah Harry et Ivan Kral, on trouve un des piliers de la scène rock new yorkaise des années 1970 : Amos Poe. C'est sous l'influence de Godard et Truffaut qu'il réalise Unmade Beds (illus.) en 1975, remake improbable de A bout de souffle avec Debbie Harry en Jean Seberg dévergondée ; c'était à découvrir cette semaine au Méliès de Montreuil. The Blank Generation, collage de performances et de disques des groupes phares de cette scène demeure un classique, tout comme l'étrange The Foreigner, sorte de Stranger than Paradise encore plus low budget. Des films où New York City emplit le cadre, nous aveugle de ses lumières et nous égare dans son immensité. Des poèmes rock.

(illus. © RainFilm 2004)

 


Combat Rock : Peter Whitehead recomposé

Posté par anita b. le 13.02.08 à 10:36 | tags : festival, réalisateur

Découvert à la Cinémathèque française )à l'occasion de plusieurs soirées devenues depuis lors mythiques, Peter Whitehead était à redécouvrir dans le cadre du festival Combat Rock à St Denis. Clips, long métrages, courts métrages documentaires, le cinéaste anglais offre une vision souvent sombre et toujours très éclairée sur les swinging 60's et leur lot de groupes incontournables. En parallèle aux documentaires de Pennebaker (Don't Look Back) ou des frères Maysles (Gimme Shelter), Whitehead est sans doute le plus dandy et ouvertement Nouvelle Vague de ces cinéastes amis du rock. Un nom a retenir, et des films à guetter.

 


Combat Rock : avant premières

Posté par anita b. le 12.02.08 à 11:42 | tags : musique au cinéma, festival

Ce soir, pour clôturer le festival Combat Rock, deux avant premières rockissimes : Kurt Cobain : About a son, un hallucinant portrait du chanteur... par lui-même. AJ Schnack ayant longuement rencontré et enregistré Cobain, il livre ici une plongée inédite dans sa psyché torturée. Dans un tout autre genre, Violent Days de Lucile Chafour joue du noir et blanc pour mieux tracer une Histoire intemporelle, celle de l'amour du rock années 50, mais aussi de la violence dans laquelle se croisent classe ouvrière et rockabilly. La grande cusriosité de ce festival.

Au cinéma l'Ecran de St Denis.

 


Festival de Berlin : c'est parti !

Posté par anita b. le 07.02.08 à 09:46 | tags : berlinale, festival

C'est sous la présidence du jury de Costa Gavras que le 58eme festival de Berlin s'ouvre le 7 février. Sous les décibels des Stones aussi, puisque le film d'ouverture sera Shine A Light, documentaire musical de Martin Scorsese.

Trois français seront en compétition : Eric Zonca avec Julia, Robert Guédiguian avec Lady Jane (aucun rapport avec les Stones cette fois-ci, a priori) et Philippe Claudel avec Il y a longtemps que je t'aime. Dans la série des films très attendus, There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson sera présenté (et on vous en reparle bientôt), The Sparrow de Johnnie To, Restless, le retour de Amos Kollek, ou encore Bam gua Nat de Hong Sangsoo (même si on n'y croît plus vraiment à celui-là). Pour le reste, beaucoup de cinéastes encore inconnus, et une séléction qui se revendique toujours aussi socio-politisée. Sujets humanistes lourds et bons sentiments sont ainsi les maîtres mots de la compétition berlinoise, ce qui invite plutôt à aller voir du côté des sections parallèles.

Petit détail amusant, on découvre au détour du film de clôture, que le nouveau Gondry Be Kind Rewind a été traduit en français par : Soyez sympas, rembobinez. On se croirait au Québec !


Travelling sur Buenos Aires

Posté par Van le 06.02.08 à 14:54 | tags : festival

 

Le festival de cinéma de Rennes Métropole part, pour sa 19e édition, à la découverte d'un continent nouveau et d'une de ses villes emblématiques : Buenos Aires.

Du 9 au 19 février, ce festival des cités du monde sur grand écran explore les grandes époques du cinéma et de la société argentine : Du muet aux années 1970, du cinéma militant au cinéma engagé, le tango à l'écran ou encore le renouveau depuis 1992, voici le tour d'horizon proposé par l'association Clair Obscur.
Sans oublier quelques focus sur les réalisateurs argentins actuels en leur présence : Diego Lerman (Mientras tanto, Tan de Repente), Martin Rejtman (Rasé, Copacabana), Daniel Burman (Le Fils d'Elias, Les Lois de la famille).

Rencontres, débats, conférences et événements artistiques dépassant le cadre cinématographique émailleront également ces journées argentines.

Toutes les infos ici.


Combat Rock, victoire du cinéma

Posté par anita b. le 05.02.08 à 10:11 | tags : musique au cinéma, festival

Du 6 au 12 février se tiendront les 8eme journées cinématographiques dionysiennes, intitulées cette année Combat Rock. Une référence aux Clashs pour une programmation hors paire consacrée à tout ce que "film rock" peut signifier : documentaires musicaux, films sur le rock, films rock, etc... L'occasion de voir ou revoir quelques chefs d'oeuvres comme Outsiders (Coppola), Phantom of the Paradise (De Palma), Scorpio Rising (Kenneth Anger), One Plus One (Godard), Gimme Shelter (frères Maysles), Don't look Back (Pennebaker), mais aussi des raretés à la réputation flamboyante, comme Mona et moi (Patrick Grandperret), The Little Richard Story (William Klein), The Blank Generation (Amos Poe et Ivan Kral). Des cinéastes aux parcours fascinant seront présent : Amos Poe, descendant de la bande à Warhol, Lech Kowalski, documentariste qui réinvente le punk dans chacun de ses films, FJ Ossang, poète inégalé. Lydia Lunch et Peter Whitehead vient compléter ce tableau incroyablement dense et vaste du cinéma qui puise sa source à la musique électrique. Hommage à une éternelle jeunesse sonique.

Cinéma L'écran de St Denis du 6 au 12 février.

 

 


La vie en boite... à tartines

Posté par Easywriter le 03.02.08 à 21:58 | tags : festival, documentaire

On ne vous a pas parlé cette année du festival parisien Bobines sociales, dévolu comme son nom l'indique au documentaire..social.

Le festival s'est terminé dimanche soir avec un film aussi inattendu que drôle et intelligent. La boite à tartines de Floriane Devigne est une improbable épopée en mode mineur dans la Belgique d'aujourd'hui.
Cette boîte à tartines c'est ce banal parallépipède de plastique ( longtemps elle fut en fer, figurez-vous) dans laquelle nos amis d'Outre-Quiévrain trimballent leur sandwichs de déjeuner.

Cette modeste boîte permet à l'ingénieuse réalisatrice d'ouvrir des réflexions passionnantes sur la récente histoire sociale de son pays.

 

Particularisme local ( la boite à tartines les frontières jamais ne dépassa) l'objet témoigne notamment de la lente agonie de la classe ouvrière, des gamelles emportées à l'usine ou sur les chantiers pour ne perdre ni temps ni argent, pragmatisme toujours en vogue aujourd'hui dans les petites entreprises qui peuplent encore le désert industriel wallon ou flamand.

Car à la boîte à tartines si elle renferme des clivages sociaux patents, ne recoupe pas la fracture entre francophones et flamands, angle d'attaque exclusif de tous ceux qui parlent de la Belgique aujourd'hui.

 

On l'utilise aussi dans les modestes usines de...boites à tartines du par ailleurs florissant port d'Anvers. Ou dans les écoles communales où les enfants des classes populaires entreposent leur sandwichs froids – la cantine étant hors de portée des bourses parentales.

La boite à tartines est donc aussi une boite de Pandore qui libère quelques uns des maux contemporains : mal manger et le faire vite, passer l'essentiel de sa vie à sortir d'une boite pour entrer dans une autre. On peut aussi spéculer sur le symbole précaire d'un pays sans grande tradition d'Etat régulateur et donc plus porté sur l'art de la demmerde.

Ce sont donc bien des "traces politiques" présentes selon Marx (dont une citation ouvre le film) dans tout objet manufacturé que contient cette boite ouverte par Floriane Devigne.
Se mettant elle-même en scène pour éviter les aspects pontifiants de la démonstration documentaire, la réalisatrice réussit un film drôle, touchant et parfaitement abouti – jusque dans ses aspects bricolés. « Chaque objet du monde peut passer d'une existence fermée, muette, à un état oral, ouvert à l'appropriation de la société. » disait Roland Barthes. Il aurait sans doute aimer ce film.




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