Fil d'actu : Olivier Assayas 

Le réalisateur de Clean Olivier Assayas travaille actuellement sur un projet intitulé Boarding gate avec Asia Argento et Michael Madsen dans les rôles titres. L'histoire, un brin tortueuse peut se résumer ainsi : Sandra (Asia Argento) se débarrasse de Miles Rennberg, mettant fin à une relation amoureuse sans issue . Elle part à Hong Kong refaire sa vie avec son amant Lester. Aux dernières nouvelles, la légende du cinéma hong kongais Andy Lau (Le secret des poignards volants) serait en pourparler avec le réalisateur.


Invité par le festival Art Rock l’année dernière, Olivier Assayas (le réalisateur de Clean) a non seulement livré une carte blanche rock et métissée imparable, mais il a aussi filmé l’événement accompagné par ses acolytes Olivier Thorès, Eric Gautier and co. Ce qui a donné Noise, un doc disponible aujourd'hui en DVD. Programmation et film de famille donc, où l’on retrouve un casting autant cinéma que rock : Joana Preiss dans son duo techno White Tahina, Jeanne Balibar avec Rodolphe Burger, Marie Modiano, Sonic Youth sous diverses formes… ou encore les fantastiques Alla (oud et chant) et Afel Bocoum (filleul d'Ali Farka Touré). Outre les performances, forcément inégales mais riches de tension rock, Assayas invente un espace filmique qui dépasse de loin la stérile captation de concert par un montage plus expérimental, parfois proche de l’essaie. On retiendra tout particulièrement la dérive mélancolique tournée pour accompagner sur scène la performance de Thurston Moore et Kim Gordon (illus.) (Mirror/Dash). Et le magnifique duo Pascal Rambert/Kate Moran, qui se livre à une lecture musicale plus que réussie.
Noise : Festival Art Rock de St Brieuc Un film de Olivier Assayas - 2005 MK2 éditions


Olivier Assayas ne chôme pas. A croire qu'il devra se dédoubler pour réaliser tous les projets qui viennent d'être annoncés sur la Croisette. Porté par le succès de Clean, il tournera cet été à Londres Bording gates, avec Asia Argento et Michael Madsen. Il enchaînera sur un film intégré à une série orchestrée par le Musée d’Orsay. Puis, si tout va bien, un projet de grande ampleur l’attend pour l’hiver 2007-2008 : une adaptation de La Poursuite du bonheur, un roman de Douglas Kennedy. Ce thriller psychologique a pour cadre l’Amérique de l’après-guerre et le maccarthysme. Le film sera financé par une co-production entre la Grande-Bretagne, le Canada et la France. Après des premières oeuvres peu engageantes, plombées par une grisaille et une prétention toutes parisiennes, la carrière d’Assayas prend depuis quelques années des détours de plus en plus surprenants et excitants. Qui s’en plaindra ?


En ouverture de la sélection Un Certain Regard, hier était projeté le film collectif Paris je t'aime. Composé de 18 courts-métrages réalisés par différentes pointures du cinéma, il a été tourné dans différents quartiers de Paris. L'exercice était d'associer à chaque arrondissement une histoire se terminant par un "je t'aime" plus ou moins énoncé. On trouve beaucoup de gens ici pour décrier ce film mais tant de haine ne se justifie pas. L'entreprise est très belle bien qu'un peu artificielle et renseigne assez sur le travail des réalisateurs qui se sont prêté au jeu. Bien sûr la forme courte accentue les travers. Certains font des films bavards qui pourraient prendre la forme d'une nouvelle et on ne sait pas bien pourquoi ils ont choisi la forme filmée – c'est notamment le cas de Bruno Podalydès. D'autres tels Gus Van Sant ou Assayas, accentuent le travail de la lumière et fascinés par certains milieux, y plongent leur histoire quitte à verser dans la caricature : le film de Van Sant se passe dans le marais et insiste sur un Gaspard Uliel beau comme un mannequin de cover. Le réalisateur de Clean suit une actrice qui achète de la drogue. D'autres encore restent dans leur univers. Wes Craven en joue d'ailleurs admirablement bien. Le maître du film d'horreur place son histoire d'amour au cimetière du Père Lachaise ! Tengo io et Leucemie détournent un peu l'exercice. Leurs films se passent à Paris mais pourraient se passer ailleurs. Un des meilleurs courts est celui des frères Coen : ils nous offrent quelque chose d'original et ont un propos très synthétisé. Ils font partie de ceux qui subliment le mieux le sujet. Ainsi Paris je t'aime est à voir parce qu'on aime le travail des cinéastes qui ont réalisé le film, avec leur défauts, qu'on peut ici mieux comprendre…
Paris je t'aime par Olivier Assayas, les frères Cohen, Sylvain Chaumet, Gus Van Sant etc...
France, 2h - Sortie en salles le 21 juin 2006


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