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Quinzaine des réalisateurs : toute l'actu de la sélection parallèle du Festival de Cannes créée en 1968 par la Société des Réalisateurs de Films. Section indépendante et non compétitive, elle contribue chaque année à la découverte de nouveaux cinéastes du monde entier.

Retrouvez le programme de la Quinzaine des réalisateurs sur le mag.


Dernier maquis : palettes, paroles et résistance

Posté par Damien L. le 17.05.08 à 16:45 | tags : festival de cannes, quinzaine des réalisateurs
Causer, s'exprimer, libérer la parole pour mieux saisir le monde tel qu'il va : c'est une tradition ancienne du cinéma français (qui a par exemple fait merveille chez Jean Renoir ou Maurice Pialat), dont on observe depuis quelques années la vivifiante réactualisation. Si le multi-césarisé Abdellatif Kechiche a parfaitement su lier réinvention de la langue française et vertiges identitaires, Rabah Ameur-Zaimeche frappe lui un grand coup avec ce Dernier maquis, qui dépeint avec grâce la circulation de la parole dans une entreprise de réparation de palettes. Le patron, Mao, est musulman et cherche, entre autorité et complicité, à trouver un juste rapport dans ses relations avec les employés, presque tous originaires du continent africain.

 
Lire la suite de la critique de Dernier maquis, présenté à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes.


3 questions à Rabah Ameur-Zaimeche :

A propos du titre

Le dernier maquis, ça représente ce mur de palettes qui est un lieu de résistance, un lieu de lutte. Finalement les choses ne changent pas, elles demeurent. Le moteur de l'histoire, c'est toujours la lutte des classes. La fin de l'histoire, ce n'est pas pour demain.

Le film est-il la clôture d'une trilogie, après Wesh Wesh et Bled number one ?
J'ai effectivement le sentiment de terminer quelque chose que j'avais commencé avec Wesh Wesh, sur les structures sociales, sur le déterminisme et aussi sur les différentes particularités des diasporas.

Le patron construit-il une mosquée afin de mieux contrôler les travailleurs ?
Ouvrir une mosquée dans un lieu de production ne va pas sans conséquences. C'est un lieu où on peut prier, s'organiser et parler de ses différentes activités quotidiennes. On peut donc y faire de la politique ; la mosquée est un lieu politique par excellence. Elle est gardienne du troupeau mais aussi gardienne des valeurs les plus démocratiques de notre système politique. Le patron ne fait pas ouvrir cette mosquée uniquement pour dominer, c'est avant tout pour participer et tenter de séculariser une religion méconnue.

(propos recueillis par Damien Leblanc lors de la conférence de presse du film à Cannes ; Photo Marc Buchy)

 

 


Four nights with Anna : ouverture choc de la Quinzaine

Posté par Damien L. le 15.05.08 à 21:16 | tags : quinzaine des réalisateurs, festival de cannes
La Quinzaine des realisateurs est réputée pour montrer des scènes trop trash et crues pour la sélection officielle. Avec ses deux scènes de viol (un sur femme et un sur homme), le film d'ouverture de la 40ème édition fait honneur à son rang. Pourtant, Four nights with Anna n'insiste pas sur ces moments et ne cherche pas à choquer a tout prix. Il s'agit plutôt pour Jerzy Skolimowsky de jeter un regard halluciné sur un monde qu'il semble observer d'outre-tombe.

 

Lire la suite de la critique de Four nights with Anna, présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs.

(illus. © Les Films du Losange)

 

 


Quinzaine des réalisateurs : l'alternative

Posté par anita b. le 25.04.08 à 17:17 | tags : quinzaine des réalisateurs, festival de cannes

On les croyait tangeants pour intégrer la compétition officielle, et bien non, les frères Larrieu et Bertrand Bonello affirment leur fidélité à la Quinzaine des réalisateurs, et c'est tant mieux ! Le Voyage aux Pyrénées des premiers et De la guerre (photo ci-contre) du second seront donc à découvrir dans la salle du Noga Hilton, rebaptisé suite à un changement de propriétaire le Palais Stéphanie (et oui, certains assument ça !). La Quinzaine fête cette année ses 40 ans, et les rétrospectives qui saluent cet anniversaire dans le monde entier méritent le détour ! Comme à son habitude, la sélection française est des plus alléchantes, et on retrouve certains habitués.

 

La sélection :

Acné de Federico Veiroj / Uruguay/Argentine/Espagne/Mexique

Aquele querido mês de agosto /Our Beloved Month Of August /Ce cher mois d'août de Miguel Gomes Portugal/France

Boogie de Radu Muntean/ Roumanie

Les Bureaux de Dieu de Claire Simon / France

El Cant dels ocells /Le Chant des oiseaux d'Albert Serra / Espagne

Cztery noce z Anna /Quatre nuits avec Anna de Jerzy Skolimowski / France/Pologne

De la guerre de Bertrand Bonello / France

Dernier maquis de Rabah Ameur-Zaimeche / France/Algérie

Eldorado de Bouli Lanners Belgique/France

Elève libre de Joachim Lafosse / Belgique/France

Liverpool de Lisandro Alonso / Argentine/Espagne/Pays-Bas/France/Allemagne

Monsieur Morimoto de Nicola Sornaga / France

Nin Lang Zhi Nu /Knitting de Yin Lichuan / Chine

Now Showing de Raya Martin / Philippines/France

The Pleasure of Being Robbed de Josh Safdie / États-Unis

Il resto della notte de Francesco Munzi / Italie

Salamandra de Pablo Aguero / Argentine/France/Allemagne

Shultes de Bakur Bakuradze / Russie

Slepe lasky / Blind Loves de Juraj Lehotsky / Slovaquie

Taraneh Tanhayie Tehran / Lonely Tune of Tehran de Saman Salour / Iran

Tony Manero de Pablo Larrain / Chili /Brésil

Le Voyage aux Pyrénées de Jean-Marie et Arnaud Larrieu / France

 

Parmi les petits cadeaux, une séance autour d'une copie rénovée de Milestones de Robert Kramer, un hommage à Jean-Marie Straub, le film 40x15, documentaire sur les 40 ans de la Quinzaine, et un intriguant programme de courts métrage français : Mes copains, première réalisation de Louis Garrel, Ciel éteint ! de F.J. Ossang et Je vous hais petites filles de Yann Gonzalez.


40 ans de Quinzaine des réalisateurs à Paris

En 1969, la création de la Quinzaine des réalisateurs fut une conséquence directe des évènements qui paralysèrent le Festival de Cannes 1968. Pour lutter contre l’académisme dont la sélection faisait preuve, il s'agissait de présenter des films « gratuitement, sans palmarès et sans censure ». Quarante ans plus tard, la Quinzaine se porte bien, merci. Pour célébrer cet anniversaire, plusieurs évènements sont prévus, mais le premier d'entre eux a lieu...à Paris.

L'Action Christine propose en effet une rétrospective des films découverts à la Quinzaine des réalisateurs. Pendant deux semaines (jusqu'au mardi 29 avril), la programmation du cinéma est tout bonnement hallucinante. Seront ainsi projetés Aguirre, la colère de Dieu, Benny's Video, La Captive, L'Empire des sens (photo), Family Life, Macunaima, Mean Streets, Le Prisonnier du Caucase, La Salamandre, Stranger than Paradise, Summer of Sam, The Indian Runner ou Wanda.

 

Vous pouvez jeter un oeil au programme complet

Du 16 au 29 avril, Action Christine, 4 rue Christine, 75006 Paris

 


Cannes 2008 : Jarmusch premier lauréat

Le 61ème Festival de Cannes a déjà un lauréat. Jim Jarmusch se verra en effet attribuer le Carrosse d’Or dans le cadre de la 40ème édition de la Quinzaine des réalisateurs. Derrière cette appellation féérique se cache une récompense que décerne la S.R.F. (Société des Réalisateurs de Films) à l’un de ses pairs, choisi parmi les cinéastes du monde entier pour les qualités novatrices de ses films et son intransigeance artistique.
Créé en 2002, le Carrosse d’Or eut comme précédents lauréats Jacques Rozier, Clint Eastwood, Nanni Moretti, Sembene Ousmane, David Cronenberg et Alain Cavalier. A cette occasion, Stranger than Paradise, sélectionné à la Quinzaine en 1984 (il obtint la Caméra d’Or) sera projeté le 15 mai.

 

Ce choix n’est pas vraiment étonnant, tant Jim Jarmusch est un des chouchous incontestés de la Croisette et des festivaliers. On se souvient de la surréaliste projection officielle de Broken flowers en 2005, digne d’un stade de football. Le public, conquis d’avance, applaudit dès le début chaque nom du générique, chaque mouvement de caméra et chaque bon mot de Bill Murray.

Mais un des films-phares du cinéaste reste sans conteste Stranger than Paradise, dont voici un extrait :

 


Cannes est arrivé près de chez vous

Outre Luc Besson, qui a accompli un bel effort au cours de cette 60e édition du Festival de Cannes, en amenant les films sélectionnés dans diverses banlieues de la région parisienne, des initiatives similaires ont été prises depuis fort longtemps pour faire découvrir à un public plus large les films vus par les quelques milliers de privilégiés de la Croisette. Certes les films n'arriveront pas en bas de chez vous.

Le Forum des images reprend tous les films de la Quinzaine des réalisateurs (hors les murs, au Cinéma des cinéastes). Quatre projections par jour, à partir de ce mercredi et jusqu'au 5 juin, pour découvrir ce que la Quinzaine a soigneusement sélectionné. Entre autres, Control, de Anton Corbijn, sur Ian Curtis le chanteur de Joy Division. Chop Shop, de Ramin Bahrani, ou la bataille d'un tout jeune new-yorkais pour obtenir, à lui et sa grande soeur, une vie meilleure. Ou encore Zoo, de Robinson Devor, documentaire choc sur un groupe de zoophiles américains.
Tout le programme ici.

Le Reflet Medicis quant à lui accueille, aux même dates, les films de la sélection Un Certain regard. On y trouve notamment le film de Lola Doillon, Et toi t'es sur qui ?, la découverte du sexe par des adolescentes. Le Voyage du ballon rouge, de Hou Hsia Hsien. Ou encore L'avocat de la terreur, le film de Barbet Schroeder sur Jacques Vergès.

La Quinzaine des réalisateurs, au Cinéma des cinéastes (Paris XVII), du 30 mai au 5 juin.
La sélection Un Certain regard, au Reflet Médicis (Paris V, tel 01 43 54 42 34) du 30 mai au 5 juin.


La France, une fugue majeure

Posté par anita b. le 24.05.07 à 15:35 | tags : festival de cannes, quinzaine des réalisateurs

Décidemment, le bon cinéma français cette année à Cannes nous enchante de ses chansons. La France n’est pas une comédie musicale, mais une fresque sur la guerre, d’un classicisme que ne renierait pas un Ford, située lors de notre Première Guerre, avec des poilus qui tentent de fuir la boucherie, mais ne peuvent éviter la bêtise humaine, le drame et la peur… sauf lorsqu’ils s’arrêtent pour pousser la chansonnette.

Cette troupe de déserteurs, sur laquelle tombe par hasard Camille (Sylvie Testud), qui tente de retrouver son mari au front travestie en garçon, forme une sorte de famille recomposée, soudée par le désir de survivre à l’horreur. Porté par une mise en scène sobre, qui laisse au drame le temps de s’instaurer sans lui ôter une part d’ambiguïté, le film fait preuve d’un regard humaniste et d’une croyance majeure dans la fiction, jusqu’à lui offrir ces instants oniriques et bouleversants par la musique. Composées par Fugu et Benjamin Esdraffo, inspirées des chansons pop 60’s anglaises et interprétées par les acteurs eux-mêmes, elles sont un contrepoint majestueux, gracieusement fragile, à ce qui restera toujours hors champ : les combats.

Film de guerre sur des hommes, et non des dates ou des faits historiques, La France s’invente une place unique et particulière, et confirme que Serge Bozon n’a pas un univers limité aux dandys parisiens. Une des grandes réussites de ce festival.

La France - de Serge Bozon, France, 2007, 1h27
Avec Sylvie Testud, Pascal Greggory, Guillaume Depardieu
Quinzaine des Réalisateurs

De notre envoyée spéciale au Festival de Cannes 2007.

(illus. © Carole Bethuel)

 

 


Après lui, à Cannes et dans les salles

Posté par Van le 23.05.07 à 19:19 | tags : en salles, festival de cannes, quinzaine des réalisateurs
Après Les Chansons d'amour de Christophe Honoré, en compétition officielle, voici Après lui, de Gaël Morel, écrit par le même Honoré.
Le film de Morel, présenté à la Quinzaine, met en scène une Catherine Deneuve au bord du gouffre après la mort de son fils. A Flu, on a trouvé que c'était le film le plus académique du Festival.
Et vous ?

(illus. © Philippe Quaisse)


Tout est pardonné : tout sauf le film !

Posté par Manu le 23.05.07 à 18:15 | tags : festival de cannes, quinzaine des réalisateurs

La réalisatrice de ce petit, très petit film s'appelle Mia Hansen-Love... un nom qui sonne comme une égérie de la scène rock.
Dans les faits, la jolie demoiselle de 26 ans est la compagne d'Olivier Assayas, maître de la cinéphilie parisienne, présent à Cannes pour Boarding Gate. Parmi ses autres titres de gloire, on notera sa participation aux Cahiers du cinéma de 2001 à 2003 et au casting de deux films du monsieur précité. Etonnez-vous après cela que la presse de la capitale - Libé, Cahiers, Le Monde et consorts - ait unanimement loué son premier long métrage, Tout est pardonné. Des louanges qui à mes yeux équivalent à se moquer copieusement du public.

Imaginez une histoire partagée entre deux temps éloignés de onze ans et oscillant entre des appartements bourgeois de Vienne, des intérieurs bobos de la ville lumière et une grande baraque perdue dans une campagne verdoyante. Dans les années 90, Victor quitte sa femme et sa fille pour se réfugier dans les bras d'une junkie, qui fatalement décédera d'une overdose. Des années plus tard, la gamine devenue frêle jeune fille décide de le revoir, pour enfin lui dire qu'elle lui pardonne. D'où le titre. CQFD.
Imaginez le tout filmer caméra à l'épaule, à la va comme je te pousse, sans une once de talent, avec un objectif collé aux visages comme du Assayas (tiens, tiens...) de la « grande » époque. Une caméra incapable de saisir une réalité concrète, un temps de l'ici et maintenant. La Mia semble vivre dans un monde intemporel, éloigné de notre contemporain et de ses difficultés. Et ce ne sont pas quelques plans attrapés du métro aérien ou une référence à Chirac et Villepin qui y changeront grand chose. Ni, dans le rôle du père absent, le talent fragile, naissant, de Paul Blain, le fils du regretté Gérard Blain.

Ce Tout est pardonné est en soi une caricature du ciné nombriliste et poseur qui creuse la distance entre public et critique. Que cette dernière s'y engouffre une fois de plus est une preuve supplémentaire, s'il en était besoin, de son manque de discernement et de sa lâcheté.

Tout est pardonné - Un film de Mia Hansen-Love
Avec Paul Blain, Marie-Christine Friedrich, Constance Rousseau - France, 2007, 1h45
Quinzaine des réalisateurs

De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007

(illus.1 : © Les films Pelléas; illus.2 : © Carole Bethuel)


Savage Grace : amour, quand tu nous tues...

Posté par Manu le 22.05.07 à 16:56 | tags : festival de cannes, quinzaine des réalisateurs

« Une histoire vraie », comme disent les publicités. Une histoire dérangeante et hors normes... A priori, comment qualifier autrement la relation incestueuse que Barbara Daly, actrice ratée, peintre de talent et scandaleuse de la jet set, noua avec son fils à la fin des années 1960 ? Comment ne pas réagir sans effroi devant le matricide qui s'en suivit ? L'élégance du film tient justement dans sa capacité à nous éloigner de ce point de vue moral ; de nous faire saisir les faits non de l'extérieur mais par le truchement des émotions, bien moins sommaires que les simples faits.

Avec un classicisme assumé, Tom Kalin nous fait épouser le point de vue du fils, Tony, de sa naissance à l'acte criminel. Mais dès le début, ce style est perverti par le décalage. Décalage entre le corps du bébé et la voix off, déjà adulte, qui vient commenter ce que nous voyons ; décalage encore entre les politesses échangées, la magnificence des cadres bourgeois et la dureté des propos et des actes ; contraste également entre la nudité, assumée, et les propos policés. Le film est à l'image de Barbara, clivé, instable, imprévisible malgré son côté « tiré de faits réels ».

Il oscille entre la pose et la crise, comme cette femme, d'origine modeste, cherchant à s'insérer dans une société dont l'hypocrisie la terrifie. Ce personnage asocial mais intense, au comportement erratique, est servi par une actrice à son sommet : Julianne Moore. La belle a son fan club dont je ne suis pas près de faire partie. Mais là, force est de constater que sous la direction de Tom Kalin, elle devient littéralement incandescente. Elle explore ici des chemins que seule, peut-être, notre Huppert nationale avait traversés. Elle y est guidée par une mise en scène rappelant dans ses meilleurs instants l'ambiguïté d'un Joseph Losey ou la tension morbide d'un Luchino Visconti. Classique certes, mais extrêmement efficace et déstabilisant. Du grand cinéma.

Savage Grace - Un film de Tom Kallin
Avec : Julianne Moore, Stephen Dillane, Eddie Redmayne, Elena Anaya - 2007, 1h37
Quinzaine des réalisateurs

De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.


ZOO : Animal, on est mal

Posté par anita b. le 22.05.07 à 14:13 | tags : quinzaine des réalisateurs, festival de cannes, documentaire

Un documentaire sur la zoophilie : dit comme ça, ZOO aurait pu être le film trash et choquant qui fait sursauter le festivalier à mi-parcours. Pourtant, et c'est tant mieux, le film de Robinson Devor parvient à traiter de ce sujet avec tact et humanisme, pour mieux déceler l'homme qui se cache dans l'animal qui se cache dans l'homme.

ZOO est tiré d'un fait divers scabreux, qui fit découvrir à l'état de Washington l'existence d'une ferme zoophile - sorte de centre de vacances pour « amis » des animaux - lorsqu'un des participants, père de famille intégré, mourut en se vidant de son sang, le colon perforé par un accouplement contre-nature avec un cheval.
Contacté par un des membres de cette ferme, afin de retrouver l'honneur perdu du mort, le réalisateur a accepté de rencontrer pour tenter de mieux les comprendre ces hommes et femmes pas tout à fait comme les autres. Le résultat est un des plus beau film vu sur la croisette : s'éloignant du style documentaire classique, le cinéaste invente une forme basée sur les sons de ses entretiens, des reconstitutions « fictionnalisées » avec les vrais protagonistes et des images d'un onirisme et d'une puissance visuelle incroyables. Comme si l'histoire se commentait en se rejouant, ZOO invente une temporalité hors du temps, sorte de voyage dans une 3eme dimension que les premières images du film, très spatiales, inaugurent. Une manière délicate et passionnante d'approcher une des frontières de notre société.

 

ZOO, un film de Robinson Devor
2007, 1h16
Quinzaine des réalisateurs

De notre envoyée spéciale au Festival de Cannes 2007.

 


Caramel : les femmes entre elles... et avec nous

Posté par Manu le 22.05.07 à 11:24 | tags : festival de cannes, quinzaine des réalisateurs

Ma première réaction à la sortie de la salle fut de m'étonner de l'âge de la réalisatrice : elle est née en 1974 et Caramel est son premier long métrage - après une flopée de pubs et de clips réalisés au Moyen Orient. Pourtant rien, ici, ne laisse penser à un coup d'essai. Maîtrisé de bout en bout, il fourmille d'inventions simples, lumineuses de sensualité et de plaisir. Joie de filmer, de jouer, de vivre...
Dans sa vision gaie mais lucide, amère mais pleine d'espérance, le film nous mène par la main comme si nous n'étions que des enfants. Des êtres redécouvrant les émotions, leur richesse, l'attente, la résignation ou l'accomplissement. D'une certaine manière, nous nous retrouvons un peu dans la position du gamin qui, au début du film, regarde, étonné, sous la jupe de sa belle-sœur. On entre dans une intimité déjà connue mais qui, grâce soit rendue à l'écran !, semble se révéler une nouvelle fois.

Soit cinq femmes, d'âges et de charmes divers (dont la réalisatrice, tout simplement sublime), vivant dans ou autour d'un salon de coiffure, de nos jours à Beyrouth (précisons que le tournage s'est achevé quelques jours avant la début du conflit). Nous les suivons dans leurs échanges quotidiens, leurs déconvenues sentimentales ou narcissiques, leurs rencontres inattendues. A travers leurs vécus, nous découvrons un instantané de la société libanaise, entre traditions et ouvertures, Bible et Coran, machisme et sensibilité. Un monde d'images partagé entre la lucidité et une certaine idéalisation. Les couleurs chantent, les femmes sont belles, les lumières pudiques. Et pourtant, on devine derrière tout cela un ordre autoritaire, des espoirs ravalés, des personnalités soumises.

Mais tout se termine sur l'envolée d'un sourire, d'une femme enfin légère, éclatante. Avec Caramel, Nadine Labaki, mine de rien, nous a fait un des plus beaux cadeaux du festival. De ceux que le public applaudit, avec raison. Grand succès de la Quinzaine des réalisateurs, ce premier film, qui témoigne de la puissance de l'image à mêler l'émotion et le présent, ira certainement loin.

Caramel - Un film de Nadine Labaki
Avec : Nadine Labaki, Yasmine Al Masri, Joanna Moukarzel, Fr/Liban, 1h36
Quinzaine des réalisateurs

De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007. 


Garage : histoire d’un rien

Posté par Manu le 21.05.07 à 17:02 | tags : quinzaine des réalisateurs, festival de cannes

Un film où il ne se passe rien ou si peu. Où un geste futile, comme il y en a tant chaque jour, peut provoquer la pire des catastrophes. Un film où le temps s’égrène, immuable, sans que l’on saisisse clairement où veut nous emmener le réalisateur.

On suit Josie, simplet du village, à travers ses actes quotidiens, répétitifs et sans avenir. Bon gars, il garde le garage du coin, là-bas, dans un trou perdu d’Irlande. On se moque de lui, on le chahute, on le considère avec attendrissement ou pitié. Apparemment indifférent, cherchant le contact sans pouvoir le faire aboutir, il vit, simplement. Son seul compagnon, c’est la caméra de Lenny Abrahamson, dont c’est ici le second long-métrage. Elle regarde Josie à hauteur d’homme. Tout au plus se permet-elle de s’arrêter parfois sur la beauté du paysage qui l’entoure, sur un coucher de soleil, un étang, un champ. Comme si cette nature habitait le grand rien que recèle cet homme.

Josie marche, mange, parle, travaille, un peu, dans un monde apparemment figé pour l’éternité. Jusqu’au dérèglement. Celui-ci était-il inévitable ? En tout cas, je l’attendais avec une certaine impatience. Car cette vision d’un univers glacé par la répétition des actes, même réchauffée parfois par l’humour ou la cruauté, ne va pas sans un certain ennui. Filmer le vide est un acte toujours périlleux. Et s’il est très apprécié par une certaine tendance de la critique festivalière, il est souvent vain. Impression qui ressort plus d’une fois au cours de ce Garage, qui emprunte au final la voie de la complaisance et d’un fatalisme presque nihiliste. Après un début pourtant prometteur, partagé entre le naturalisme d’un Ken Loach et la lucidité mordante d’un Mike Leigh. Mais pour convaincre, encore faut-il savoir ce l’on veut exactement raconter.

Garage – un film de Lenny Abrahamson
Avec Pat Shortt, Conor Ryan, Anne Marie Duff – Irlande, 2007, 1h25.
Quinzaine des réalisateurs.

De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.


Blind Mountain, Counterparts : ode aux grands blessés

Posté par anita b. le 21.05.07 à 16:41 | tags : festival de cannes, quinzaine des réalisateurs, un certain regard
Mang Shan (Blind Mountain) de Li Yang / un Certain Regard - Gegenüber (Counterparts) de Jan Bonny / Quizaine des réalisateurs

Après avoir enchaîné ces deux films-là, le cinéphile cannois a bien mérité sa glace. Deux films particulièrement intenses, où les sévices portés aux personnages principaux défient notre endurance, et où les salves d'applaudissements qui clôturent les projections témoignent bien de la tension provoquée.

Gegenüber, d'abord, le film allemand de la Quinzaine des réalisateurs, traite d'un sujet rare : un homme, policier, battu par sa femme. Tourné caméra à l'épaule, avec un style ultra réaliste, le film nous immerge dans un foyer bien ordinaire, où l'usure du temps, des relations familiales plus subies que souhaitées et une angoisse profonde de cette femme tournent au drame. Avec sa mise en scène sobre mais qui ne laisse pas hors champ cette violence, Jan Bonny signe un premier film tendu et sec. Une découverte.

A Un Certain Regard, on retrouvait ensuite le cinéaste Li Yang (Blind Shaft) pour son nouveau et sublime film Blind Mountain. Cette fois-ci, on suit le calvaire d'une jeune chinoise, au début des années 1990, qui se retrouve vendue à une famille de paysans du nord du pays, mariée de force et séquestrée dans un village qui ne semble pas avoir d'autre méthode pour fournir des jeunes mariées aux fils de paysans esseulés et vieux garçons. Sa résistance permanente, dans le rebellion puis dans la ruse en font un personnage hautement symbolique de la lutte des femmes en Chine. Un symbole qui ne vient pourtant jamais prendre le pas sur cette histoire de l'intimité assassinée d'une femme, Bai Xuemei (Lu Huang), qu'on est pas près d'oublier. Et voilà un candidat plus que plausible pour le prix Un Certain Regard.

Gegenüber (Counterparts), de Jan Bonny - Allemagne, 2007, 1h40
Mang Shan (Blind Mountain) de Li Yang - Chine (Hong Kong), 2007

 


Dai Nipponjin : le choc des titans Nippons

Posté par anita b. le 21.05.07 à 16:14 | tags : quinzaine des réalisateurs, japon, festival de cannes


Il faut bien au moins un OVNI filmique par Festival de Cannes. Cette année, ce sera donc Dai Nipponjin (Le Grand Japonais), soit un faux documentaire consacré à la vie... d'un super héros. Unique dépositaire d'une faculté héréditaire, Dai Sato se révèle en effet, lorsque le devoir l'appelle, capable de se transformer en géant afin d'aller mettre une raclée aux monstres qui tentent fréquemment de détruire Tokyo. Malheureusement pour lui, Dai Sato est plutôt lâche, peureux et mal dans sa peau, n'ayant pas choisi cette vocation un peu lourde de conséquences.
Sa femme ne veut plus le voir, son grand père souffre des séquelles de ce super pouvoir, et la population japonaise, lassée d'un héros national aussi peu combatif, ne se prive pas de lui lancer des pierres et de réclamer l'armée. Portrait d'un homme triste, Dai Nipponjin se révèle un film plus profond qu'il n'y paraît, révélant une nostalgie pour une culture japonaise ancestrale et cruelle, mise face à un monde où même les super héros réclament la retraite anticipée (et ne se lèvent pas tôt). Edifiant.

Dai Nipponjin - Hitosi Matumoto
Quinzaine des réalisateurs.

De notre envoyée spéciale au Festival de Cannes 2007.

 

 


Un homme perdu : au delà des clichés

Posté par Manu le 21.05.07 à 13:08 | tags : quinzaine des réalisateurs, festival de cannes

Ah ! Melvil Poupaud… Le beau désenchanté, estampillé arts & essai. Plus d’une fois, il m’a exaspéré, avec son air triste de rebelle de pacotille. Habitué de la Croisette – où il était venu présenter en 2006 un film de François Ozon -, il y est réapparu vendredi 18 mai pour accompagner Un homme perdu. Sous la direction de Danielle Arbid, il y interprète un photographe français errant en terres arabes. Et cette fois, il porte en lui une violence qui ne semble pas feinte. Magie d’un cinéma qui déstabilise et interpelle, grâce à un regard qui fait fi des lieux communs.

Arbid s’est inspiré du travail et de la vie d’Antoine Agata, auquel le film est dédié. Elle nous jette à la figure un être difficile à saisir, qui se lance dans le réel de manière suicidaire, frontale, hasardeuse. Il passe son temps à photographier ses actes mais aussi et surtout les femmes. Celles d’une nuit ou d’une vie, celles qui se laissent prendre contre un simple billet, celles qui se dérobent. A croire qu’il ne peut s’empêcher de les enfermer dans son objectif pour au mieux les considérer, au pire les posséder.
Thomas semble manquer de quelque chose, mais de quoi ? Impudique, égoïste, méprisant, incapable de s’attacher, il révulse. Jusqu’à sa rencontre avec un homme venu du Liban, un corps qui lui résiste, refuse de se livrer. Une relation en miroir se noue alors entre celui qui comble son errance intérieure par l’autre et celui qui camoufle son trop plein de souvenirs par une carapace de silence.

Filmé crûment, sans hypocrisie, cette union nous fait naviguer dans un monde interlope, d’hôtels borgnes en cellules de prison. Elle nous confronte au désert, à des territoires marqués par la guerre, à un monde musulman rarement montré, celui de la marge, des boites à prostituées, des cafés louches. Dans une démarche documentaire, Danielle Arbid capte les corps comme les paysages, avec respect mais sans tabou. Elle dévoile les chairs et les âmes, en se contrefichant de la morale. Emerge alors la vie. C’est beau, douloureux, sans concession.

Un homme perdu – Un film de Danielle Bird
Avec Melvil Poupaud, Alexander Siddig – Fr/Liban, 2007, 1h37
Quinzaine des réalisateurs.

De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007. (illus. © MK2 Diffusion)

 


La Question humaine : Génocides en cols blancs

Posté par Manu le 21.05.07 à 10:48 | tags : quinzaine des réalisateurs, festival de cannes

Le sujet est rude, comme l’est l’image, rigoureuse, dépouillée, grisâtre. L’évocation de la Shoah, de son administration et de sa mémoire, à travers les oublis du présent et le monde de l’entreprise, ne séduit pas d’emblée. Mettre en parallèle le verbe dont usaient les nazis pour décrire les préparations du génocide et celui qu’utilisent de nos jours les cadres sup’ et les DRH dans leurs notes techniques peut paraître discutable. Mais ce rapprochement pointe du doigt une même volonté d’occulter l’humain, de le réduire à une simple chose, que l’on garde ou rejette. Sujet délicat, nécessaire.

Concrètement, La Question humaine, ce sont des corps d’hommes et de femmes en costumes sombres, qui s’épient, se déchirent, se dérobent. C’est un monde professionnel autour d’une industrie abstraite, vouée à cacher sa violence à ses yeux comme à ceux des autres. Au milieu, un bon soldat : Simon, psychologue d’entreprise, adepte des jeux de rôles et séminaires en tous genres. Un jour, le directeur le charge d’enquêter discrètement sur un vieux chef de département, qui serait mentalement défaillant. De questions indirectes en réponses non formulées, il découvre l’horreur d’un secret qui, s’il était dévoilé, ébranlerait le pouvoir de son commanditaire. Et de ces faits inavouables découlera une remise en cause de tout son système de pensée.

Adapté d’un roman de François Emmanuel, ce film, qui pourrait paraître « intello » ou « difficile », touche à un point essentiel de notre société. Et à ce titre, il concerne tout un chacun. Rappeler le mensonge des mots, leur puissance d’annihilation, n’est pas anodin. Montrer combien notre société s’accommode facilement de son amnésie et des horreurs de l’histoire est, je crois, d’une extrême importance. Nicolas Klotz rappelait lui-même vendredi, en conférence de presse, combien il est « hallucinant » d’entendre aujourd’hui parler d’un ministère de l’Intégration et de l’Identité nationale. A ce titre, ce film se veut politique et, d’une certaine manière, documentaire.

Face à l’horreur, La Question humaine dit l’importance de la voix, du chant et de la musique dans l’expression de l’humain (avec l’aide du groupe français Syd Matters, qui en a composé la B.O.). Il nous attrape tant au niveau de l’intellect que du corps. Et se place d’emblée dans un ailleurs précieux, bien loin des futilités cannoises.

La Question humaine – Un film de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval
Avec Mathieu Amalric, Michael Lonsdale, Jean-Pierre Kalfon, Lou Castel - France, 2007, 2h24
Quinzaine des réalisateurs.

De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007. (illus. © Sophie Dulac Distribution)

 


Control : romantiquement rock

Posté par Manu le 18.05.07 à 19:00 | tags : festival de cannes, quinzaine des réalisateurs, musique au cinéma

Joy Division : un nom synonyme de mythe et de gloire fulgurante.

Control raconte justement les quatre années d'existence du groupe, de sa naissance en 1977 sous le nom de Warsaw, avec l'arrivée décisive de Ian Curtis en tant que parolier et chanteur, jusqu'au suicide de ce dernier, le 18 mai 1980. Pour autant, ce film n'est pas une simple bio, plate et didactique. Il se concentre sur la personnalité tourmentée de Curtis, traquant ses contradictions pour mieux en illuminer sa singularité.

Co-produit par sa veuve, auteur du livre dont il s'inspire, Control est réalisé de main de maître par Anton Corbjin. Habitué de l'univers rock, photographe aguerri, il signe là son premier film. Dès la première séquence, lointaine réminiscence d'Orange Mécanique, on sent sa maîtrise du cadre. Dans un magnifique noir et blanc, il pose l'ennui et le vide qui remplissent le quotidien de Curtis. Grâce à une musique oscillant entre Bowie et les Sex Pistols, il donne à entendre et à voir l'incertitude qui l'habite. Jusqu'à la rencontre avec les autres membres du groupe, décisive. Débute alors une errance émotionnelle, partagée entre l'accomplissement musical, la reconnaissance croissante et le quotidien on ne peut plus banal. Banal dans le travail, Curtis continuant à œuvrer comme employé de l'ANPE anglaise, et dans la vie de couple. Le film prend alors une voie inattendue, et pas toujours convaincante. Le chanteur, marié, père d'une enfant, tombe amoureux d'une jolie belge. Entre le « je t'aime, moi non plus », les tiraillements entre femme et maîtresse, sa vie semble se réduire alors à un drame conventionnel un peu longuet. Jusqu'à la survenue de l'acte fatal, irrémédiable, mais peut-être salvateur.

Reste une description subtile et finalement universelle d'une personnalité partagé entre adaptation au monde et rejet de la vie telle qu'elle est. Un être voué à une insatisfaction permanente, magnifiquement rendue par un acteur totalement habité, nouveau venu sur le grand écran : Sam Riley. Rien que pour sa présence et sa gestuelle, le film vaut d'être vu. Mais oublier le lyrisme discret du film, sa capacité à saisir un romantisme qui cherche à échapper au nihilisme, serait une totale injustice. Les esprits chagrins le taxeront d'académique et de lisse. Je préfère y voir une belle ouverture pour cette 39ème Quinzaine des réalisateurs qui s'annonce d'ores et déjà passionnante.

Control - Un film d'Anton Corbjin
Avec Sam Riley, Samantha Morton, Alexandra Maria Lara -1h59, 2007.
Quinzaine des Réalisateurs.

(illus. © La Fabrique de Films)

De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.

 


Jeanne Dielman trente ans après

Posté par Van le 03.05.07 à 13:41 | tags : ciné-club, quinzaine des réalisateurs

Lors de sa présentation à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs en 1975, Jeanne Dielman est hué par une moitié de la salle, et acclamé par l'autre. Ce film de Chantal Akerman, qui met en scène une veuve mère d'un adolescent qui arrondit ses fins de mois en se prostituant, choque autant qu'il enthousiasme à sa sortie, et devient vite un emblème des féministes. Jeanne Dielman choque non seulement par son sujet, mais aussi par sa radicalité esthétique, sa manière de filmer froidement le quotidien.

Cette petite bombe dans le paysage cinématographique d'il y a trente ans est actuellement projeté au Cinéma Le Saint-André-des-Arts (Paris VIe). Ce soir, séance à 19h suivie d'une rencontre avec la réalisatrice, Chantal Akerman.


La Quinzaine des réalisateurs à Paris

Posté par Manu le 01.06.06 à 12:26 | tags : cannes 2006, quinzaine des réalisateurs
Après avoir fait la joie des festivaliers de la Croisette, la 38ème Quinzaine des réalisateurs s’invite à Paris. Du 31 mai au 6 juin, en association avec le Forum des Images dans le cadre des ses manifestations « hors les murs », le Cinéma des cinéastes (17ème) reprend l’intégralité de la sélection. 23 longs métrages et 11 courts métrages vont ainsi s’y succéder. Si certains titres sont négligeables (Yureru) ou même à fuir (Lying, Honor de Cavalleria), d’autres sont plus que recommandables. On pourra ainsi voir l’excellent A fost sau n-a fost du roumain Corneliu Parumbaju, un premier film qui a reçu cette année, à juste titre, la Caméra d’or (jeudi 1er, 16h30).
En excluant ceux qui sortiront bientôt en salles, voici notre petite sélection : Day Night day night (le 1er, 18h30 ; le 2, 14h) ; Daft Punk’s Electroma (le 2 ; 20h30) ; Azur et Asmar (le 3, 14h) ; Bug (le 3, 20h15); Princess (le 4, 18h30 ; le 5 , 14h30).
Et pour finir, les deux titres qui ont fait l’événement de la Quinzaine : The Host (le 4, 20h30) et Dans Paris (le 5 ; 16h30).

Cinéma des cinéastes,
7, avenue de Clichy (Paris, 17ème)

Festival de Cannes : mon Palmarès (bis)

Posté par anita b. le 29.05.06 à 16:22 | tags : short list, cannes 2006, un certain regard, quinzaine des réalisateurs
Quant à moi, qui n'ai que très peu fréquenté la sélection officielle du festival de cannes, lui préférant les aventurières Quinzaine des réalisateurs et Semaine de la Critique, voici mon palmarès :

-Palme d'or : Dans Paris de Christophe Honoré

-Grand Prix : Bled Number One de Rabah Ameur-Zaimèche

-Prix de la mise en scène : Bug de William Friedkin

-Prix du scénario : On ne devrait pas exister d'HPG

-Prix d'interprétation féminine : Johanna Preiss pour Dans Paris

-Prix d'interprétation masculine : ex equo Romain Duris et Louis Garrel (illus.) pour Dans Paris

-Prix du jury : Daft Punk's Electroma de Daft Punk

Olivier Gourmet : coup de gueule sur la Croisette

Posté par Manu le 28.05.06 à 18:08 | tags : cannes 2006, quinzaine des réalisateurs

Olivier Gourmet est de ces acteurs chers à notre cœur : honnête, intègre et surtout talentueux. Présent cette année à Cannes pour Congorama (illus.), une agréable fantaisie signée par le belge Philippe Falardeau (Quinzaine des réalisateurs), il a accordé au Film français un entretien où il s’exprime sur l'état du cinéma. C’est simple et direct. Quand on lui demande quel regard il porte sur cette industrie, il répond : «  c’est une industrie puante ! Aujourd’hui, on crée souvent l’événement autour de rien, et ça marche. Et pourtant, je reste persuadé que la France, qui m’a accueilli à bras ouverts, demeure le pays le plus ouvert en matière de culture». Et il ajoute, à propos des multiples propositions qu’il reçoit : « je constate une baisse de qualité des scénarios par rapport aux années précédentes ».  Il déplore également que « le cinéma dit d’auteur a vraiment de plus en plus de mal à exister. Si je prend par exemple les dix scénarios qui sont sur mon bureau, je crois qu’un seul parviendra à se faire (…). Il est regrettable que des jeunes auteurs talentueux soient obligés de se battre contre des moulins pour monter leurs projets. ».  Lucide, le Olivier. Il n'en est pas moins très actif, pour notre plus grand bonheur.

En attendant le Palmarès...

Posté par Elfi le 26.05.06 à 15:09 | tags : cannes 2006, en salles, sélection officielle, quinzaine des réalisateurs

Vus à Cannes entre deux soirées arrosées par nos chroniqueurs fous, Marie Antoinette, Zidane et On ne devrait pas exister (illus.). Tout un programme. A retrouver sur le magazine cinéma de Flu.


Gus Van Sant : le sacre cannois

Présenté en séance spéciale à la Quinzaine des réalisateurs, Mala Noche, le premier film de Gus Van Sant, est une petite merveille inédite qui sortira sous peu sur les écrans MK2. Une plongée en noir et blanc dans le quotidien d’un garçon de Portland, Oregon, qui aime un jeune émigré mexicain qui ne l’aime pas en retour. Abordant l’homosexualité sur un mode qu’on ne lui connaissait pas, bien plus cru et direct que plus tard dans My Own Private Idaho, Van Sant filme ces visages, ces lieux qui lui sont chers, et les nuages en accéléré, avec déjà la grâce et la tendresse qui le caractérisent. On peut s’amuser à tisser les nombreux fils qui relient cette première œuvre au reste, mais Mala Noche existe très bien par lui-même, comme un blues burlesque et romantique en terre aride. Cannes nous donna cette année l’occasion de célébrer un des cinéastes les plus importants de sa génération. Par une standing ovation de 10 minutes, pour commencer, mais aussi au travers d’autres films, affirmant leur admiration pour GVS. Passons très vite sur Two Thirty 7, présenté à Incertain Regard, grossière photocopie d’Elephant sur un mode proche d’Hélène et les garçons - pour le jeu des acteurs, leurs physiques, et le degré intellectuel de la chose. Mais on retiendra surtout l’hommage de Daft Punk dans leur Electroma, qui se réapproprie Gerry pour l’emmener dans leur propre univers. Du navet à l’objet arty et brillant, GVS est en tout cas en train de s’affirmer comme un inventeur de formes incontournable. Applause.
 
Mala noche Gus van Sant. 1985. 1h18
Two Thirty 7 de Murali K. Thalluri – Un Certain Regard
Daft Punk Electroma de Daft Punk – Quinzaine des réalisateurs
 
 

Dans Paris : Honoré au sommet de son art

Posté par anita b. le 26.05.06 à 14:52 | tags : cannes 2006, quinzaine des réalisateurs
Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le nouveau film de Christophe Honoré un véritable triomphe, forçant les organisateurs à rajouter une séance tant le public se pressait aux portes. Exemple type du buzz cannois, qui n’a pas nécessairement besoin des critiques pour se lancer. Face à la réussite magistrale de Dans Paris, la réaction est à la hauteur du film : hommage résolument créatif et ludique à la Nouvelle Vague, porté par des acteurs au sommet de leurs arts (tragique pour Romain Duris et Johanna Preiss, burlesque pour Louis Garrel) le film invente à chaque instant ses propres codes. On communique par le regard, la chanson, le corps autant que par les mots dans cette fable enchantée sur la profondeur et la douleur des sentiments. On retrouve avec bonheur Guy Marchand, en papa poule dépassé par les évènements, Louis Garrel fait des étincelles en compagnies de ses jolies maîtresses, et Romain Duris confirme tout le bien que l’on commençait à penser de lui (De Battre mon coeur s'est arrêté). Le film s’offre le luxe de prendre Paris pour terrain de jeu, sur un rythme effréné. Réjouissant serait trop peu dire : ce film est une merveille.
 
Dans Paris - Christophe Honoré
Quinzaine des réalisateurs

Lire la chronique du film dans Fluctuat



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