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Palmarès et classements en tout genre. Voir aussi la sélection des sorties de la semaine et les chroniques des films en rubrique Cinéma.

En images : 10 aliens qui nous parlent


Posté par Soso le 16.09.09 à 12:21 | tags : short list, cinéma fantastique

2

A Hollywood, la figure de l'alien est presque aussi vieille que celle du cow-boy. Si elle a fait les heures de gloire d'une série B premier degré avec son bestiaire de créatures issues de la BD, elle a surtout souvent été prise comme prétexte pour illustrer les angoisses des époques successives. L'extra-terrestre sert toutes les causes ou débats propres à remettre l'homme en question. Il est donc impensable en tant que tel. C'est toujours un faux semblant, un motif et moyen pour produire du discours, à l'instar du récent District 9 et sa très significative parabole sur l'apartheid.

Pour l'occasion de la sortie de ce film très attendu, Flu a tombé son petit top des aliens les plus mémorables de l'histoire du cinéma, en dix films.

 

> Voir le diaporama des 10 aliens qui nous parlent 

 

 


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Femmes fatales au cinéma : votre selection


Posté par Soso le 10.09.09 à 19:00 | tags : short list, actrice

2

 

 

Tentatrice, vénale, manipulatrice, et surtout TRES sexy, la femme fatale, à l'inverse de la femme potiche, incarne le fantasme absolu de la gent masculine.

Dangereuses et powerful, ces créatures peuplent le cinéma depuis les débuts du 7e art, et, bons joueurs que nous sommes, Flu a tombé une sélection, avec vos propositions, des femmes fatales les plus marquantes au cinéma.

Mais ce top, sans ordre ni valeur exhaustive, n'est pas fermé, et nous continuerons à l'alimenter, au fil de vos propositions.

Faites nous part de vos idées sur le forum cinéma !

 

> voir le diaporama les femmes fatales au cinéma

 

 


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En images : les 10 films les plus attendus de la rentrée


Posté par Van le 01.09.09 à 16:56 | tags : short list

7

Personne n'aime ce concept de "rentrée" mais il faut bien en passer par là. La bonne nouvelle c'est qu'en cinéma, la rentrée est généralement signe de regain d'énergie des distributeurs, qui sortent le lourd de septembre à décembre - même s'il faut bien dire que cet été fut plus mouvementé que d'habitude dans les salles.

Attendus par le monde entier ou par nous seuls, voici, en images, la liste nécessaire (mais pas suffisante) des dix films de la rentrée à ne pas rater.

 


 


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Vos femmes fatales au cinéma


Posté par Soso le 28.08.09 à 16:55 | tags : short list, sexe et cinéma, actrice


Née d'une union entre éros et thanatos, du désir enflammé par la perspective du danger, la femme fatale constitue le fantasme ultime des mâles. Séduisante et séductrice, elle ne se s'abandonne jamais et utilise son pouvoir de fascination sur les hommes pour accéder à ses fins.

 

Insaisissable, la femme fatale se fond dans le voile de cette sentence "No man was ever sure of her", issue de La dame de Shanghai. Rita Hayworth y incarne une créature fragile et pure, apparences qu'elle utilise en réalité afin de piéger son mari autant que son amant. D'autant plus fatale, elle reste énigmatique jusqu'au bout puisqu'on ne connaît jamais réellement ses véritables objectifs.

 

Afin d'aider Flu à fantasmer son top des Mata Hari, des Dalila et Salomé de l'écran, qu'elles soient vengeresses, vénales ou sans états d'âme, faites nous part de vos propositions de femmes fatales au cinéma, sur le forum cinéma.

 

 


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10 films qui voient le monde en vert


Posté par JDittmar le 20.08.09 à 16:34 | tags : short list

4

Le cinéma n'a pas attendu les attentats cinématographiques de Yann Arthus-Bertrand pour parler d'écologie. Depuis les années 70 (pic de la tendance), il n'a cessé sporadiquement de s'emparer du sujet. Le genre, s'il existe, rime souvent avec science-fiction, anticipation, cinéma catastrophe ou film à dossier inspiré de faits réels. Qu'on alerte, sensibilise ou foute la trouille, il s'agit toujours d'illustrer les conséquences de l'homme face à la Nature. Donc de penser notre destin historique dans un rapport étroit avec la technique - qui par vague revient sans cesse provoquer angoisse et mystère.

Par divers processus (idéologique, politique, philosophique), le film écolo est une représentation déformée ou paniquée de son époque. Il peut-être conservateur, réactionnaire, mystique, idéaliste, prophétique ou au mieux nous sauver de nos tourments. C'est aussi un beau prétexte narratif et esthétique, car rien de plus effrayant que cette nature indomptable malgré nos évolutions. Pire, le progrès est la cause de tous les dérèglements : l'écologie ne parle ainsi jamais de préserver la planète, mais nous-mêmes. Son utopie délirante (car il s'agit d'une folie, au sens où l'avenir cataclysmique promis n'est qu'une projection) est un pur instinct de conservation hérité d'un mode de pensée globale. Afin d'offrir un petit panorama de ce cinéma écolo qui donne à réfléchir ou fout les jetons, voici une sélection de dix films qui comptent et à leur manière s'emparent du problème.

 

Voir le diaporama : les dix meilleurs films écolo

Voir tous les "tops" de l'été


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10 femmes prêtes à tout pour se venger des hommes


Posté par JDittmar le 18.08.09 à 14:42 | tags : short list


 

 

Belles, dangereuses, prêtes à tout pour arriver à leurs fins, quelque soit l'affront subit, ce sont nos 10 ladies vengeance. Dix femmes qui n'ont pas peur de prendre les armes ou d'inventer d'habiles stratagèmes pour se venger des hommes ou ceux qui les ont salies, humiliées, parfois pire. Qu'elles soient contemporaines du féminisme ou illustrent les singularités du sexe faible, chacune a ses motivations, raisons et talents. Au cinéma, ces héroïnes vengeresses séduisent et fascinent ; souvent victimes, elles acquièrent dans leur quête une liberté inédite qui les sacralise sur des chemins habituellement empruntés par les hommes. Elles en sont d'autant plus sublimes, inaccessibles, féminines, jusque dans leur déchaînement de violence souvent très érotique. Samuel Fuller disait que tout ce dont a besoin pour faire du cinéma c'est « a girl and a gun », Tarantino en a fait l'un de ses motifs phares. La sortie d'Inglourious Basterds était donc une bonne occasion pour se lancer dans un petit casting de 10 ladies vengeance qui ont marqué à différentes échelles l'histoire du cinéma, et ce cinéaste qui leur a tant rendu hommage.

 

> Voir le diaporama de nos dix ladies vengeance inoubliables <

 

> Voir tous les "tops" de l'été <

 

> Toute l'actu sur Inglourious Basterds <

 

 


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Battle Royale, film préféré de Tarantino depuis 1992


Posté par Slick Rick le 18.08.09 à 12:58 | tags : short list, réalisateur

7

Certains, quand ils s'ennuient, font du jogging extrême (notre Président) ou des sex-tapes (la plupart des gens connus).  Quentin Tarantino, lui, préfère les short lists. "Meilleurs films de tous les temps", "Top 20 Western spaghetti" ou films "Grindhouse", "Top 7 films d'exploitation", "Top des meilleures scènes de mort", et peut-être, inch'allah, enfin un véritable "Top 27 définitif des scènes d'amour sur un bateau, entre 1962 et 1987 à Hong Kong".

La dernière en date, alors que son (excellent) Inglourious Basterds (notre critique ici) sort demain sur les écrans frenchies : un top 20 filmé (voir la vidéo ci-dessous) de ses films préférés à ce jour, en partant de 1992. 1992, la date de ses débuts derrière la caméra, évidemment (bande d'incultes). Important : le grand manitou de la cinéphilie oblique a tenu a préciser que seul Battle Royale, dont il a samplé l'actrice Chiaki Kuriyama dans son Kill Bill : volume 1, est "classé" (numéro un, donc), les autres suivant un ordre purement alphabétique. Les losers.

Où l'on apprend que pour Quentin, les deux suites de Matrix ont ruiné la mythologie du premier opus (et la place des Wachowski Bros en numéro deux de ce classement), qu'il aime les  Woody Allen que personne n'aime, ou encore, que les cascades du parait-il grandiose Police Story 3 sont selon lui, les best EVER made. Et d'où il ressort aussi - en creux - que Sir Quentin n'aime (ou ne regarde toujours) pas les films français (et allemands, italiens, ouzbeks, etc.) Bref, va falloir se mettre aux stunts et aux gunfights, pour figurer dans la prochaine QT's shortlist tape, les gars !

 

Tarantino livre son best-of 1992-2009
 
1- Battle Royale de Kinji Fukasaku
2- Anything else, la vie et tout le restede Woody Allen
3- Audition de Takashi Miike
4- The Blade de Tsui Hark
5- Boogie Nights de Paul Thomas Anderson
6- Génération Rebelle de Richard Linklater
7- Dogville de Lars Von Trier
8- Fight Club de David Fincher
9- Friday de F. Gary Gray
10- The Host de Joon-ho Bong
11- Révélations de Michael Mann
12- Joint Security Area de Park Chan-wook
13- Lost in translation de Sofia Coppola
14- Matrix de Andy Wachowski et Larry Wachowski
15- Memories of murder de Joon-ho Bong
16- Police Story 3 de Stanley Tong
17- Shaun of the Dead de Edgar Wright
18- Speed de Jan De Bont
19- Team America police du monde de Trey Parker et Matt Stone
20- Incassable de M. Night Shyamalan
 

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Top 10 des films les plus sous-estimés des années 2000


Posté par JDittmar le 15.08.09 à 17:06 | tags : short list

4

 

 

Ils sont dix. Qui ? Les dix films les plus sous-estimés de cette décennie. Dix années de films, c'est beaucoup. Le choix pouvait sembler large, et à la fois pas tant que ça. Si la sélection a été rude et faite selon des critères impitoyables qui en ont laissé plus d'un de côté, très vite pourtant certains se sont imposés. Etrangement, nos élus sont essentiellement américains, un signe peut-être qu'ailleurs rien ne méritait d'être sauvé (ou qu'on n'a pas trouvé). Quoiqu'il en soit, ils sont là, ce sont nos favoris, on les aime, et on avait envie de rappeler leur splendeur pour toutes sortes de raisons qu'on a tenté de justifier. Dix films pour les années 2000 qu'on n'oubliera pas, dix films comme les dix doigts de la main, dix films qui sont pour nous déjà rentrés dans l'Histoire du cinéma. Enjoy !

 

Voir le diaporama des films des films les plus sous-estimés des années 2000

 

Voir les "tops" de l'été

 

 

 

Special thank's to : LDS, JJG et RR


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Top 10 des meilleurs films de geeks


Posté par Soso le 13.08.09 à 17:57 | tags : short list

4

 

 

Contemporain de l'avènement d'une pop culture mondialisée, le phénomène geek doit autant à une taxinomie sociologique un peu vaine, qu'à la définition d'un rapport culturel et esthétique d'où l'on peut dégager une analyse de la création. Le geek est au meilleur de sa définition un collectionneur, un érudit, un passionné, qui au cinéma utilise ses références pour bâtir des œuvres soutenues par un background, dépassant le registre de la citation encyclopédique. Il a quelque chose de l'érotomane, qu'il soit amateur de comics, heroic fantasy, littérature SF, cinéma, technologie ou jeux vidéo. Ce qui l'obsède devient ainsi un socle où puiser, afin d'inventer ou d'enrichir le moyen qu'il a choisi pour s'exprimer. Entretenant généralement un rapport étroit avec son public, habité par les mêmes passions, ces films engendrent parfois des liens de connivence, participant à bâtir ou renforcer l'histoire que chacun partage. Certains arrivent à produire de toute pièce des espaces de fiction, créant des mondes qui seront peuplés sans son créateur. Il s'agit toujours de désir, de s'y situer afin d'habiter autant d'illusions avec lesquelles vivre au quotidien. Car au-delà de ses limites identitaires, le geek est un jardinier ou un curateur de la pop culture : il entretient et au mieux diffuse. Afin d'illustrer, nous avons sélectioné 10 des plus grands films de geeks de l'histoire du cinéma. A vous de nous faire partager les vôtres.

 

> Voir le top 10 des films de geeks

 

> Tous les autres "top" de l'été

 

 


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10 films de voyage inoubliables


Posté par JDittmar le 12.08.09 à 12:56 | tags : short list

1

 

 

Le voyage est toujours une transition. Un entre-deux où naissent parfois des possibles insoupçonnés. Au cinéma, partir a souvent pris la forme du road movie, des traversées auscultant un espace et les trajectoires de ceux qui l'habitent. A pied, en train ou en voiture, voyager est à chaque fois l'occasion, pour celui qui donne le mouvement, de se définir ou redéfinir. En quittant quelque chose, quelqu'un, en partant à l'aventure, par nécessité ou sans raison, le monde s'ouvre, se déplie, il tend des miroirs ou invente de nouvelles perspectives, parfois les réduit. On voyage pour aller vers soi, l'autre, explorer un territoire ou rejoindre une destination, autant de pistes qui, selon, sont toutes liées. Dans bien des cas, peu importe le point de départ ou l'arrivée, ce qui compte c'est de se mouvoir, pour résoudre et comprendre, faire ou défaire, vivre des révélations. Contemporain des moyens de locomotion motorisés, le cinéma a fait tout naturellement du voyage l'un de ses motifs privilégiés. Parmi la longue liste de films, nous en avons donc choisi dix, ce sont les nôtres, à vous de nous faire découvrir les vôtres. Bonne route.

 

Voir le diaporama des 10 meilleurs films de voyage

 

Voir tous les "top" de l'été

 

 


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10 combats d'anthologie


Posté par JDittmar le 11.08.09 à 12:19 | tags : asie, short list

8

 

 

Après les gunfights, la danse et les poursuites, quatrième partie de notre quête du mouvement au cinéma : le combat. A l'instar des précédentes listes, savoir filmer une baston nécessite une conscience exacte des moyens du cinéma et de son histoire. L'acteur athlète ou non ne fait pas tout, il faut lui inventer la chorégraphie donnant ampleur et sens à ses gestes. La scénographie, le cadre et le montage sont primordiaux. Comme personne n'a mieux filmé de combats que le cinéma de Hong Kong (héritage des arts martiaux oblige), cette liste lui est donc intégralement dédiée - tout le reste n'étant que de la bagarre à papy, des imitations, au mieux des affrontements sportifs plus ou moins négligeables (Rocky, Ali, etc). Quand aujourd'hui Hollywood pille encore sans vergogne les trésors de l'ex colonie britannique, sans jamais se hisser à sa hauteur, il nous a semblé bon de rappeler la splendeur d'un cinéma où le combat fût un art mais aussi une manière de reformuler des règles esthétiques, d'inventer un nouveau rapport à l'espace et redéfinir les possibles du corps. Voici donc 10 des plus grands combats du cinéma tout court.

 

Voir tous les "top" de l'été.

 

10. La Fureur de vaincre (Fist of Fury) de Lo Wei (1972)

 

 

Bruce Lee, le mythe, la star, l'icône, la figure incontournable de cette liste. Seconde collaboration avec Lo Wei après Big Boss, La Fureur de Vaincre est un écrin de poings et de sang pour l'acteur, l'homme, l'athlète, la machine de séduction hyper narcissique. Radicalement nationaliste, anti japonais et avec comme intrigue une maigre histoire de vengeance, le film est d'un excès constant, dévoilant un Bruce Lee ultra violent aux limites de la folie clinique. Incarnant l'honneur du Chinois bafoué, il est dans une double quête de vengeance médiatique et politique : d'un côté celle de l'acteur et à travers lui d'un peuple aux yeux du monde, de l'autre celle d'un cinéma se voulant plus fort qu'Hollywood. Viril, érotique, Bruce Lee parfait ici son iconographie qu'un plan final en arrêt sur image immortalisera à jamais comme un mythe populaire total. Parmi les scènes cultes du film, on a sélectionné celle du dojo où il enchaîne les ennemis, vite, fort et à coups de nunchaku douloureux.

 

9. La 36ème chambre de Shaolin (The 36th Chamber of Shaolin) de Liu Chia-Liang (1978)

 

 

Au début des 80's, quand le cinéma d'arts martiaux était considéré comme un sous-genre marginal, Charles Tesson et Olivier Assayas tentaient de prouver aux Cahiers que King Hu, Chang Cheh ou Liu Chia-Liang étaient de grands cinéastes. Ils avaient raison, et parmi les classiques du dernier et des films sur le kung-fu (comme sujet, récit, motif, philosophie), La 36e Chambre de Shaolin est une référence. Construit autour d'un parcours initiatique martial émaillé de séances d'entraînements, le film est une succession d'étapes, sportives, spirituelles, menant à la maîtrise absolue du corps. L'auteur, formé aux arts martiaux et célèbre chorégraphe, sait de quoi il parle, et son œuvre est donc un éloge, porté par la puissance et la grâce du mythique Gordon Liu. Pour l'illustrer, un combat renversant : prouesses athlétiques, intégration des objets et du décor, limpidité et précision du découpage, un travail de maître.

 

8. Dragons Forever de Sammo Hung et Corey Yuen (1988)

 

 

1988, le cinéma honkongais vit son âge d'or. Parmi ses icônes, Jackie Chan est déjà une star, il rayonne sur l'Asie et au-delà depuis les succès du Marin des mers de Chine et Police Story. Avec Dragons Forever, il rejoint deux complices parmi les meilleurs artistes martiaux, Sammo Hung et Yuen Biao. Ils se sont croisés plusieurs fois, ils sont amis, ce sera leur dernier film ensemble. Peut-être par le meilleur, mais une production reflétant le cinéma HK de l'époque : insouciant, énergique, téméraire, sans limites, généreux. La recette kung-fu/comédie que Jackie Chan peaufine est ici inégale, mais peu importe. Quand les trois frères se lancent au combat, le spectacle impressionne tellement que le reste est anecdotique. On se souviendra ainsi du combat final dans une usine, moment d'anthologie où les corps virevoltent, se contorsionnent ou se propulsent à une vitesse folle (parfois violemment) aux quatre coins d'un espace ouvert à des possibles insoupçonnés. Sidérant.

 

7. Duel to the Death de Tony Ching Siu-Tung (1983)

 

 

Avec Duel to the Death, Tony Ching Siu-Tung signe son premier film et enterre au passage une époque à laquelle il a tout pigé (celle de King Hu), laissant ainsi champ libre à Tsui Hark et sa Film Workshop, sa relecture du cinéma hongkongais, ses films où la cinétique reformule les lois et limites du cadre et du montage. Un film crépusculaire donc, mais qui voit déjà pointer une nouvelle lumière du jour où avec l'avènement d'une nouvelle vague le Wu Xia Pian renaîtra de ses cendres. Ching Siu-Tung pose aussi les bases de son style ultra aérien et délirant : les corps ne virevoltent plus mais volent, comme libérés des contraintes terrestres, transportés par des câbles leur donnant une apesanteur inédite. Une œuvre vibrante, intense, bouillonnante, quasi abstraite, qui fait table rase, mélange, pour mieux dessiner le futur. Afin d'illustrer, on a sélectionné le combat final, les images parlent d'elles-mêmes.

 

6. Le Justicier de Shanghai (Boxer from Shantung) de Chang Cheh (1972)

 

 

Chang Cheh a donné au cinéma honkongais des années 70 plusieurs de ses chefs d'œuvre. Entre autres Le Justicier de Shanghai, récit tragique d'un malfrat façon Scarface, en moins antipathique, mais avec un destin tout aussi violent. En témoigne ce final baroque et d'anthologie qui restera comme l'un des plus sanglants de son auteur. Chang Cheh met en scène une longue séquence d'une rage folle où le héros affronte, en partie avec une hache dans le ventre, une horde invraisemblable d'ennemis (le 1 contre 100, marque de fabrique du cinéaste), qu'il combat jusqu'à la mort dans un rencontre dantesque, absurde et jouissive. L'utilisation de l'espace et des objets est sidérante, la mise sous tension du cadre est maximum, saturé de partout par le nombre de corps et la fermeture du décor. Chang Cheh pousse son cinéma dans ses retranchements, à un paroxysme délirant, où le corps est martyrisé, épuisé, érotisé.

 

5. The Blade de Tsui Hark (1995)

 

 

Tourné dans des conditions chaotiques par un Tsui Hark plus despotique que jamais, The Blade est à l'image de son tournage, un film radical et mal aimable. La vision d'un auteur sur un genre populaire (le wu xia pian), poussé là où il n'a jamais été, dans un retranchement purement formel, quasi primitif, aux images exsangues et travaillées par une pulsation permanente, un découpage maniaque de chaque plan où seule la composition, par sa combustion, donne une logique à l'ensemble. Le minimalisme du récit fait place à la stricte plasticité des images, la cinétique des corps atteint un degré de diffusion énergétique inédit, bouleversant le montage et l'échelle des plans, qui se dispersent, éclatent, explosent ; tout le film ayant quelque chose de terroriste, définitivement hors norme, fait plus contre que pour, avec hargne et colère. Tsui Hark veut en finir avec King Hu et donne sa vision définitive du wu xi pian, pour de bon. Le final de The Blade illustre bien le dérèglement esthétique que son auteur veut imposer au genre qu'il piétine. Exténuant mais puissant.

 

4. Combats de maîtres (Drunken Master 2) de Liu Chia Liang (1994)

 

 

Le cinéma populaire selon Jackie Chan, à son zénith. Combats de maîtres et sa dream team devant et derrière la caméra, c'est une certaine idée du divertissement tel que Hong Kong l'a produit à une époque aujourd'hui révolue. Dans l'histoire du cinéma, seul le classique hollywoodien lui ressemble. Et c'est justement là d'où vient aussi Jackie Chan, digne héritier de Buster Keaton, Douglas Fairbanks et Gene Kelly, revu et corrigé par l'opéra de Pékin. Combats de maîtres, c'est un peu le Chantons sous la pluie du cinéma hongkongais. Une œuvre déjà crépusculaire mais débordante, inventive, vivante, drôle, d'une générosité incroyable, avec un savoir-faire et un sens de l'espace à couper le souffle. A l'image de son combat final où l'équipe se surpasse pour offrir une scène inoubliable où une fois encore, tout est incroyable mais vrai. Magique.
 

3. Le Sens du devoir 2 (Yes Madam !) de Corey Yuen (1985)

 

 

Le Sens du devoir 2 est inégal, parasité par un humour lourdingue nécessitant un certain niveau de tolérance pour la comédie cantonaise. Une chose lui vaut pourtant de monter sur notre podium : son impressionnant combat final avec Cynthia Rothrock et Michelle Yeoh. En 1985, Jackie Chan a donné le ton en termes d'action, il faut se surpasser. Corey Yuen relève donc ses manches et scénographie une séquence repoussant les limites du masochisme local. Les corps voltigent et s'écrasent sur chaque parcelle du décor avec une vélocité ahurissante, toutes les structures en verre y passent, les moindres volumes aux arrêtes douloureuses sont utilisés, une mezzanine agrandit l'espace et les possibilités d'anéantir les ennemis de haut, ses rambardes sont transformées en étonnante barres acrobatiques pour combattre. Bref, l'action est sans cesse optimisée par l'environnement, les cascadeurs ont le goût du risque, et les actrices livrent sans doute le plus grand girlfight du cinéma HK.

 

2. Il était une fois en Chine 2 (Once Upon a Time in China 2) de Tsui Hark (1992)

 

 

Deuxième épisode de la saga mythique de Tsui Hark, avec Jet Li en star à son apogée et Yuen Woo-Ping à la chorégraphie. Il était une fois en Chine 2, parfois préféré au premier, est toutefois moins bon. Mais peu importe, le trio donne encore à voir l'un des joyaux du cinéma hongkongais. La preuve avec ce combat où le cinéaste complexifie toujours plus sa scénographie en inventant une immense structure instable faite de tables superposées. Les lois de la gravité n'existent plus, le désaxage du cadre est permanent, l'espace et les objets ont rarement atteint un tel degré de reconfiguration ou de potentialités, la mise sous tension des mouvements et des gestes se réinvente à chaque plan. La poétique plastique de Tsui Hark exprime son idée du cinéma et du monde, elle semble alors sans limites, d'une virtuosité visuelle inédite. Une certaine idée de l'art du combat comme on n'en verra jamais plus.

 

1. Iron Monkey de Yuen Woo-Ping (1993)

 

 

Avec Iron Monkey, Yuen Woo-Ping signe son chef d'œuvre et l'un des summums du cinéma martial. Un film dans la lignée de Ching Siu-tung et Tsui Hark (ici producteur et scénariste), où les corps bondissent et virevoltent sans souci de réalisme, à une vitesse stupéfiante, sans plus aucun poids ou motricité physique naturelle. Le chorégraphe star de Matrix réinvente à son tour la géométrie euclidienne du cadre : horizontalité et verticalité alternent, se renversent, basculent, la caméra est partout et libérée des contraintes, épousant les corps sans perdre un mouvement ni rendre illisible ces combats fous de vélocité. Donnie Yen dans le rôle principal prouve au passage qu'il est l'homme le plus rapide du monde, et Yuen Woo-Ping maîtrise mise en scène et montage comme peu d'autres avant ou après lui. Cet extrait du final en fait la démonstration écrasante. Toujours inédit en France mais annoncé en DVD, Iron Monkey est à découvrir d'urgence et sans modération. Une référence définitive.

 


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8 commentaires

10 poursuites d’anthologie


Posté par JDittmar le 09.08.09 à 16:46 | tags : short list

10

 

 

La poursuite est au film d'action ce que sont les scènes dansées à la comédie musicale, un passage obligé. Au-delà des conventions ou genres, la poursuite c'est surtout une question de style et de savoir-faire. Pour qu'elle soit réussie, il faut du talent, maîtriser sa mise en scène, penser son montage, élaborer un savant découpage. Cela nécessite une rigueur absolue et une vision précise de l'espace, faire des choix impliquant de définir une esthétique trouvant sa logique avec celle du film. Le spectaculaire, produire une cinétique sportive qui vous scotche à votre siège ne suffit pas. Les plus grandes poursuites du cinéma tentent de le réinventer à leur manière, de donner à vivre des sensations qui sont aussi des moments de jouissance filmique presque pure. Quelque chose du cinéma dans son plus simple appareil, à nu, où tout repose sur ses bases (mise en scène et montage), avec lesquelles chaque réalisateur doit faire, refaire, défaire, sachant toujours que d'autres l'ont précédé. L'orientation domine. Parmi la longue liste de films avec des poursuites, nous en avons choisi 10. La sélection fût difficile et c'est injustement qu'on a choisi d'en écarter certaines. A vous de leur rendre justice.

 

Voir tous les "top" de l'été.

 

10. Matrix Reloaded des frères Wachowski (2003)

 

 

Après avoir redistribué les cartes du film d'action contemporain avec Matrix, les frères Wachowski enchaînent sur Reloaded. Ils veulent rehausser la barre, de l'inédit, franchir les limites de tout ce qui les précède. Le film coûtera une fortune, et une bonne partie du budget partira dans sa célèbre scène de poursuite sur l'autoroute. Aujourd'hui, ce morceau de bravoure n'a plus l'ampleur qu'il avait à l'époque, les effets spéciaux numériques étant vite très périssables. N'empêche, si on fait le compte avec la décennie qui se boucle bientôt, peu se sont hissés à sa hauteur, poussés par une telle ambition de reconfigurer l'espace, les possibilités du corps, jouer avec les lois de la pesanteur ou les matières. En soi donc, cette scène demeure un morceau d'anthologie.

 

9. L'or se barre (The Italian Job) de Peter Collinson (1969)

 

 

Un an après Bullitt, L'or se barre du britannique Peter Collinson répond, dans un genre toutefois différent, à la célèbre course poursuite de Steve McQueen. Le film ne sera pas un chef d'œuvre, voire même peut-on le considérer comme un peu surestimé, mais il restera dans l'histoire pour sa longue poursuite en Austin Mini. Collinson crée un véritable petit ballet, coloré, rythmé, ludique, jouant avec la variation des décors, leurs formes, usant de passages inattendus pour faire transiter ses voitures. Un vrai petit plaisir coupable, éminemment moderne et sans doute aussi influencé par James Bond qui s'y connaît en poursuite.

 

8. Bad Boys 2 de Michael Bay (2003)

 

 

Michael Bay, notre indécrottable bourrin. On l'aime bien en dépit de toutes les limites qu'on lui connaît et de sa beauferie congénitale, c'est un homme cohérent. Avec Bad Boys 2, il signe sa profession de foi, sa grande confession intime, dépassant alors toutes les limites, décomplexé, comme s'il savait déjà que c'était son adieu à Bruckheimer. Il en profite donc pour montrer qui il est et boucler une course poursuite invraisemblable sur une parcelle d'autoroute. Les voitures, bien réelles, pas d'effets spéciaux numériques, volent, explosent, Will Smith et Martin Lawrence tracent au milieu, on a alors jamais vu ça, pas avec autant d'ampleur, de volonté d'excès. Bay fracasse ses jouets qu'il propulse à cent à l'heure, c'est du lourd, très, mais efficacité maximum. Il remettra le couvert avec The Island, ce sera d'ailleurs le meilleur passage du film.

 

7. Bullit de Peter Yates (1968)

 

 

Lorsqu'on pense à Steve McQueen, automatiquement ou presque on songe à Bullitt, le film mythique de Peter Yates. Il est resté davantage pour sa fameuse course poursuite dans les rues de San Francisco entre une Dodge Changer et une Ford Mustang Fastback GT '68, que le reste. La scène servira de modèle à nombreuses qui suivront : dynamisme du cadre et du montage afin de renforcer la sensation de vitesse et cerner les enjeux, utilisation de vues subjectives de la calandre et du tableau de bord pour varier les axes et leur donner plus d'impact, absence de musique et vrombissement du moteur pour appuyer le réalisme, Yates vient de poser des nouvelles bases pour ce qui deviendra un genre en soi. Les 70's pointant le bout de leur nez seront l'époque bénie du film avec des poursuites (conséquence aussi d'un nouvel Hollywood), et bientôt la plupart des films d'action auront la leur.
 

6. Casino Royale de Martin Campbell (2006)

 

 

James Bond se devait d'intégrer cette liste, toujours en chasse ou pourchassé aux quatre coins du monde. L'éventail du choix était donc large, mais pour varier les plaisirs et montrer qu'une poursuite n'est pas que motorisée, on a sélectionné le début de Casino RoyaleDaniel Craig prend en chasse un fils prodige des yamakazis. Avec cette scène vertigineuse, au rythme aussi implacable que son découpage, Martin Campbell donne le ton du nouveau Bond. Surtout, il s'adapte aux exigences du cinéma d'action contemporain : héritage et recyclage des films honkongais (Jackie Chan est pratiquement cité partout), emprunts sauvages à Jason Bourne, redéfinition du personnage et de son corps (plus véloce et violent), remise en jeu du spectaculaire pour resituer le mythe à la place qu'il avait, entre la copie et l'original, comme tout bon serial qu'il est. Efficace, pour ne pas dire virtuose, Campbell est un artisan de génie.

 

5. The Driver de Walter Hill (1978)

 

 

Walter Hill est mésestimé. Quelques uns de ses chefs-d'œuvre tels que Les Rues de feu ou Les Guerriers de la nuit en sont la démonstration. Autre exemple, The Driver, son second film, avec Adjani pour la première fois à Hollywood. Un titre synthétique pour une réactualisation, comme souvent chez Hill, du film de genre. Le cinéaste, à sa manière si singulière, revitalise plus qu'il ne revisite. Chez lui l'histoire du cinéma n'est pas close, elle continue, prend de nouvelles formes ou visages où le passé n'est pas une fermeture contemplative. Dans The Driver, au départ écrit pour Steve McQueen, Hill met en scène plusieurs poursuites d'une maîtrise indiscutable et qui n'ont pas à rougir de celles de Friedkin ou Yates, à qui il emprunte les codes (cadre, montage, découpage, son). Morceau choisi en images.

 

4. Terminator 2 de James Cameron (1992)

 



James Cameron est un grand obsédé. Il est aussi un visionnaire, un peu démiurge, pour qui le cinéma doit systématiquement proposer une expérience inédite. Chacun de ses films en est l'illustration. En 1992, Terminator 2 et ses effets digitaux annonçaient l'avenir du cinéma, et Cameron ne s'est pas trompé. En dehors de ses effets de morphing sur lesquels on pourrait écrire un essai, le film est un monument d'action tel que le cinéaste a participé à lui donner ses lettres de noblesse. Parmi ses morceaux d'anthologie, la scène où Edward Furlong à moto est pourchassé par le T1000 au volant d'un poids lourd. Cameron fait la démonstration de son paradigme cinématographique : jamais poursuite n'a pris une telle amplitude, jamais le Terminator n'a pris autant l'allure d'un corps invulnérable détruisant tout pour remplir son objectif. La scène n'a aujourd'hui rien perdu de son efficacité. Comme tout le film.

 

3. Monstres et cie (Monsters Inc.) de Pete Docter (2001)

 

 

Chez Pixar, on aime les poursuites. Pratiquement pas un film qui en soit exempt, peut-être même aucun de mémoire. Rien de tel pour dynamiser un récit, lui donner du mouvement, resituer les enjeux de l'intrigue avec rythme et jouer avec l'environnement. Une manière de nous prendre aussi par le col pour embarquer à bord d'autant de rides excitants aux sensations fortes, en bref créer de l'action. La plus grande poursuite jamais conçue par le studio est dans Monstres et Cie, lorsque les héros du film passent au travers d'une bibliothèque géante composée de milliers de portes. Reprenant plus ou moins le motif de Bandits, bandits, les personnages transitent ainsi de monde en monde, d'espace en espace, pour une échappée au concept vertigineux.

 

2. Boulevard de la mort (Death Proof) de Quentin Tarantino (2007)

 

 

Avec le final de Boulevard de la mort, Quentin Tarantino déclarait vouloir se hisser au niveau des plus grandes scènes de poursuite de l'histoire du cinéma. Rendons lui donc justice en lui offrant une place bien méritée sur notre podium. C'est tout ? Oui. Les images parlent d'elles-mêmes : du travail d'orfèvre, d'horloger savant maîtrisant son art avec une conscience exacte de tous ceux qui l'ont précédé, et de la manière dont il doit s'y prendre pour jouer d'égal à égal avec ses maîtres.

 

1. Police fédérale, Los Angeles (To Live and Die in L.A.) de William Friedkin (1985)

 

 

Sacrilège ! French Connection est absent de cette liste ! Oui, mais il y a Police fédérale, Los Angeles qui, dans son genre et aussi par Friedkin, se défend très bien, si ce n'est mieux. Pour le coup, le cinéaste compte double et remporte la première place de notre classement. Du film, on se souviendra bien sûr de cette embardée folle se terminant sur une freeway à contresens. La précision du montage et de la mise en scène (alternant sans cesse entre vues du conducteur, plans subjectifs du véhicule, panoramiques, inserts sur les personnages nerveux au cœur de l'action) crée une puissante dynamique chargée d'accélération, dérivation, confusion, panique. Une poursuite folle, baignant dans la poussière, le béton, l'hyper urbanisation de Los Angeles avec ses trajectoires multiples menant nulle part sauf quantité de non-lieux. Intense.

 


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10 commentaires

10 moments inoubliables de la comédie musicale


Posté par JDittmar le 06.08.09 à 15:37 | tags : short list

1

 

 

Autrefois populaire, la comédie musicale est un genre aujourd'hui tombé en désuétude. Quelques uns, pourtant, tentent timidement de la ressusciter, souvent avec un succès public indiquant finalement que ces laudateurs sont plus nombreux que ceux qu'il fait ricaner. Pour rappeler encore la splendeur d'un genre qui a fait les lettres d'or d'Hollywood et en particulier de la MGM, voici une sélection des plus belles scènes de son histoire. On retrouvera beaucoup de titres célèbres issus du répertoire classique (mais parfois encore méconnus), ainsi que quelques incartades modernes que nous admirons. Après donc les gunfights, la danse, où comment créer une filiation. A vous désormais de nous faire partager ces moments en danse et chanson qui font palpiter votre cœur.

 

Voir tous les "top" de l'été.

 

10. Hairspray d'Adam Shankman (2007)

 

 

Avec ce remake (sacrilège pour les uns, génial pour les autres) du Hairspray de John Waters, le chorégraphe et réalisateur Adam Shankman a prouvé qu'il connaissait ses classiques sur le bout des doigts. Sans se hisser au niveau de son génie, il a en effet tout compris à Stanley Donen. Sens du tempo incroyable, précision du cadre et du découpage, fluidité de la caméra et narration constante des scènes dansées enveloppant avec ampleur les acteurs, Shankman nous fait avec Hairspray une démonstration implacable de ses talents. Parmi les meilleurs morceaux du film, on a une préférence pour Without Love. Alors certes, il y a Zach Efron, mais il faut bien avouer qu'ici, il est à sa place, et plutôt bon.

 

9. Traquenard (Party Girl) de Nicholas Ray (1958)

 

 

Petite tricherie : Traquenard de Nicholas Ray n'est pas une comédie musicale. Mais on y retrouve en star la belle, l'unique, la divine, Cyd Charisse, princesse du musical qu'on ne cesse de pleurer. Dans une scène de danse à tomber par terre, le réalisateur de La Fureur de vivre filme avec une classe folle notre égérie : ses jambes interminables, sa grâce cosmique, tout ça sous l'œil de Robert Taylor. Un morceau inoubliable qui valait bien un léger détour pour en faire la démonstration.

 

8. Rent de Chris Columbus (2005)

 

 

Personne n'a vu Rent de Chris Columbus, l'adaptation du célèbre musical de Broadway écrit par Jonathan Larson. Le film n'ayant pour l'essentiel que provoqué moqueries ou ricanements. C'est dommage, non seulement Columbus signe ici son chef d'œuvre (c'était pas difficile vu sa filmo), mais surtout une relecture filmique d'une puissance dévastatrice. Cette histoire sur un groupe d'amis à la fin des 80's, en pleine années Sida, est l'une des plus généreuse et démocratique jamais conçue. Columbus lui donne une dimension lyrique n'ayant d'égale que sa conscience exacte des enjeux soulevés par Larson, et une mise en scène au diapason. Le casting original reprend ici du service, accompagné de Rosario Dawson, qui révèle des talents de chanteuse insoupçonnés. Pour illustrer, on a choisi le final, qu'on ne peut revoir sans verser une larme. Sublime.

 

7. Le Pirate (The Pirate) de Vincente Minnelli (1948)

 

 

Là on rentre dans le vif du sujet. Dernier film entre Vincente Minnelli et son épouse d'alors, Judy Garland, Le Pirate est aussi l'une des plus grandes réussites du musical et de son auteur. Si on a beaucoup parlé du rêve pour expliquer son cinéma, on lui préfère, nuance, le fantasme. Ainsi, ici, c'est en voulant être la projection fantasmagorique du désir de Judy Garland que Gene Kelly devient Macoco le pirate (alors qu'il n'est qu'un acteur au départ). L'illusion ne s'oppose pas à la réalité, elles communiquent voire cohabitent chez Minnelli. Peut-être même tout ceci est aussi une question d'hypnose (comme dans Melinda), tel que le prouve cette scène inoubliable où Judy Garland, en transe, chante son pirate tant désiré, sous l'œil décontenancé de Gene Kelly. Un des derniers grands rôles de la star du Magicien d'Oz.

 

6. Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967)

 

 

Jacques Demy, adoré des uns, détesté des autres, le génie de la comédie musicale française ne fait généralement pas l'unanimité. Pourtant Les demoiselles de Rochefort demeure l'un des chefs-d'œuvre du cinéma français. Tourné alors que le musical hollywoodien était quasiment mort, le film ressuscite, à sa manière et avec un talent de chaque plan, la splendeur en déclin de ce cinéma qu'il a tant aimé. Une œuvre riche, généreuse, colorée, vivante et non sans nuances à la noirceur définitive. Avec Les demoiselles, Demy amène un bout d'Hollywood en France. Quand il tournera plus tard Model Shop à Los Angeles, ce sera l'inverse, il apportera le cinéma européen sur les terres américaines. Pour illustrer, nous avons choisi l'une des scènes les plus virtuoses en terme de composition et de rythme.

 

5. Drôle de frimousse (Funny Face) de Stanley Donen (1957)

 

 

Il y a deux génies du musical hollywoodien, Minnelli et Stanley Donen. Inévitablement, cette liste leur est beaucoup consacrée. Premier film de cette sélection, Drôle de frimousse avec Fred Astaire et notre éternelle âme sœur Audrey Hepburn. Bien que formée à la danse, l'actrice ne s'est jamais vraiment illustrée dans la comédie musicale au cinéma, en dépit du succès monstre de My Fair Lady. Ici chez Donen pour la première fois, elle nous montre pourtant l'étendu de ses talents. Notamment dans cette scène où sous les yeux ébahis de Fred Astaire, dans un cabaret, elle exécute une danse à la fois pleine de grâce, drôle et sexy. Comme à son habitude, Donen maîtrise admirablement l'espace, sa caméra mettant en valeur chaque mouvement sans jamais trahir les personnages et ce qu'ils expriment par la danse.

 

4. Le chant du Missouri (Meet Me in St. Louis) de Vincente Minnelli (1944)

 

 

Premier film de la collaboration entre Minnelli et Judy Garland, Le Chant du Missouri est une œuvre nostalgique qui servira plus ou moins de bréviaire thématique et esthétique au cinéaste. C'est aussi le premier grand musical de Minnelli, où il développe déjà une maîtrise de la mise en scène révolutionnant les canons du genre, alors très figés quand ils ne partaient pas dans des numéros décontextualisés du récit à la Bubsy Berkley. L'auteur intègre donc le chant et la danse à la narration, ceux-ci participant à l'évolution de l'intrigue. Il supervise aussi absolument tout, du moindre décor au costume, avec une rigueur implacable. Parmi les plus beaux numéros du film, la scène célèbre où Judy Garland est à bord d'un tramway. Plutôt qu'un long discours, les images parlent d'elles-mêmes.

 

3. Chantons sous la pluie (Singin' in the Rain) de Stanley Donen et Gene Kelly (1952)

 

 

Quand on pense comédie musicale, spontanément on pense à Chantons sous la pluie. Le film mythique de Donen et Gene Kelly, produit par l'irremplaçable Arthur Freed et écrit par le tandem star du musical, Betty Comden et Adolph Green, demeure l'œuvre emblématique du genre. Il est aussi, déjà, un film crépusculaire où Hollywood et son histoire sont au centre de l'intrigue. Mais pas de nostalgie ou réelle mélancolie pour autant, Chantons sous la pluie est plutôt une cristallisation du génie hollywoodien, tout y est réunit pour atteindre l'acmé du genre. Tous les numéros sont donc parfaits, les chorégraphies d'une précision et d'une inventivité à tomber par terre. Puisqu'il fallait choisir pour illustrer, on a pris Make them laugh où Donald O'Connor revisite le burlesque par la danse. Le génie de Donen et Kelly se manifeste ici à l'état pur dans cette reconfiguration des objets, de l'espace et du corps.

 

2. Tous en scène (The Band Wagon) de Vincente Minnelli (1953)

 

 

Quand Fred Astaire tourne Tous en scène, sa carrière déjà bien avancée décline. Betty Comden et Adolph Green, à nouveau au scénario de cette production Arthur Freed pour la MGM (d'où sont sortis les plus belles comédies musicale), en sont conscient. Ils lui créent donc un rôle sur mesure de star sur le retour, embarquée par deux scénaristes amis dans une production prenant des détours cocasses et amers avant de finir par une grande éloge du musical tel qu'Hollywood l'a connu encore il y a peu. Avec ce film critique, franchement moqueur (le mauvais rôle étant attribué à un metteur en scène prétentieux s'accaparant le projet des scénaristes pour en faire une relecture boursouflée de Faust), Minnelli et la Freed Unit règlent leurs comptes. Ils veulent que le genre survive et déclament leur amour. Le plus beau numéro sera celui où Fred Astaire danse dans une kermesse. Vertigineux.

 

1. Beau fixe sur New York (It's Always Fair Weather) de Stanley Donen et Gene Kelly (1955)

 

 

On pourrait presque considérer Beau fixe sur New York comme la dernière comédie musicale de l'âge d'or hollywoodien. Deux ans après Tous en scène, la Freed Unit semble mettre un point final teinté d'amertume au cinéma qu'ils ont tant aimé voir et faire. Ce qui est aussi toute une conception du monde. Le génie de Donen et Kelly, dont c'est la dernière collaboration, s'exerce pour le coup comme un geste ultime. Jamais les chorégraphies n'ont été aussi inventives ; jamais cette sortie du confinement des studios que l'on doit beaucoup à Donen, n'a manifesté autant sa nécessité ; jamais le cinéaste n'a aussi bien maîtrisé sa caméra cadrant chaque plan, mouvement, danseur et geste, avec grâce, style, aisance, conscience des enjeux narratifs, reconfiguration des objets ou de l'espace. Parmi les numéros d'anthologie du film, celui avec les couvercles de poubelles (hélas n'étant pas disponible, on a sélectionné celui où Kelly fait des claquettes avec des rollers, très bien aussi). Une mécanique parfaite, grandiose. Un adieu sublime et fixé pour l'éternité, donc immortel.

 


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10 gunfights d'anthologie


Posté par JDittmar le 05.08.09 à 12:13 | tags : short list

5

 

Avant que le gunfight ne s'installe au cinéma comme autrefois les numéros dansés du musical, on parlait simplement de fusillade ou au mieux de duel. John Woo a changé notre vision des choses. Seulement lui ? Non, d'autres, avant, après, s'inspirant ou pas du tout du maître hongkongais, venant d'ailleurs, ont donné leur lettre d'or à ces morceaux de bravoure où tout n'est question que de style, autant dire l'essentiel. Voici donc nos dix gunfights favoris, à vous de nous donner les vôtres.

 

10. Wanted de Timur Bekmambetov (2008)

 

 

Avec Night Watch et Day Watch, le russe Timur Bekmambetov a vite tapé dans l'œil des studios hollywoodiens. Ni une, ni deux, ceux-ci lui ont confié les manettes de Wanted, une adaptation de comics à l'idéologie franchement limite, mais lui laissant suffisamment de latitudes pour recycler à cent à l'heure son chapelet d'influences matrixiennes. Au milieu de ce grand bordel où il y a à boire, et à manger, un gunfight dantesque et sauvage avec James McAvoy. Bekmambetov assume (ses références) et surtout assure, maîtrisant parfaitement sa mise en scène, son montage, ses effets, bref tout. C'est court, mais c'est bon.

 

9. Desperado de Robert Rodriguez (1995)

 

 

Après El Mariachi qui lui servira de brouillon, Robert Rodriguez retrouve son guitariste préféré dans Desperado. Il tourne alors son premier film pour un studio américain, lancé et épaulé par Quentin Tarantino, ici en guest. Notre homme ne rougit pas de citer Leone et John Woo à tout bout de champ, mais on ne lui en veut pas, car il le fait bien, et sans s'en cacher, bien au contraire. Parmi les meilleures scènes d'action du film, on se souviendra de celle du bar. Antonio Banderas y manie les armes avec une dextérité folle, extirpant, après un suspens au cordeau, un puissant arsenal de son étui à guitare. Sens de l'espace, musicalité, chorégraphie, Rodriguez est jeune, mais il a tout pigé. Et avec humour, ni peur de l'excès.

 

8. Matrix (The Matrix) des frères Wachowski (1999)

 

 

On dira ce qu'on voudra, les frères Wachowski ont définitivement marqué l'histoire du cinéma avec Matrix. Et le gunfight en duo avec Neo et Trinity dans le hall de l'immeuble est un morceau d'anthologie. La plasticité et célérité des corps, alors inédites, inventent de nouvelles trajectoires. Après Peckinpah, John Woo, King Hu et Tsui Hark, les Wachowski redéfinissent à leur tour la géométrie euclidienne du cadre et la matière temporelle des images. Le terrain de jeu virtuel de Keanu Reeves est un espace des possibles où toutes les lois terrestres et filmiques sont renversées.

 

7. Les Incorruptibles (The Untouchables) de Brian De Palma (1987)

 

 

Lorsque Brian De Palma emprunte à Sergei Eisenstein la scène, célèbre, des escaliers d'Odessa du Cuirassé Potemkine pour Les Incorruptibles, il dépasse la citation. Ce qu'il y a à voir réside moins dans la référence que la capacité à la plier à la logique du film. Un moment donc de suspens, intense, brillamment composé, totalement nouveau et refabriqué, où il ne s'agit plus d'histoire du cinéma mais d'enjeux formels. En d'autres mots, De Palma tente de nous faire oublier Eisenstein en partant de lui.

 

6. La Horde sauvage (The Wild Bunch) de Sam Peckinpah (1969)

 

 

Si La Horde sauvage n'est pas le meilleur film de Peckinpah, il restera comme son plus connu. Notamment pour sa longue fusillade finale, moment de violence paroxystique, apothéose baroque et décadente mettant pour de bon sa conclusion au western américain. Les films suivants de Peckinpah, le génial Un nommé Cable Hogue ou le sublime et définitivement crépusculaire Pat Garrett et Billy the Kid, n'étant que des œuvres de la mélancolie, de l'après, du regret. Un gunfight mémorable donc, mais aussi un bras d'honneur avant un suicide. Les héros, l'Ouest, c'est fini, quelque chose de l'Amérique vient de mourir, à moins que ce ne soit son illusion.

 

5. Le bon, la brute et le truand (The Good, the Bad and the Ugly) de Sergio Leone (1966)

 

 

Si Leone est plus célèbre pour ses duels digressifs que ses gunfights, on ne pouvait pas, toutefois, l'exclure de cette liste, ne serait-ce parce que son influence est aujourd'hui omniprésente (Johnnie To, Tarantino, Rodriguez). Parmi ses westerns cultes, choisissons donc Le Bon, la brute et le truand, et son duel mémorable à trois entre Clint, Lee Van Cleef et Eli Wallach. Le scope, la musique de Morricone, le silence, les cadres aux perspectives de trois-quarts, les gros plan, le découpage ciselé, ce temps qui se dilate et nous absorbe pendu au moindre micro mouvement ou battement de sourcil, l'attente, encore l'attente, les regards, et soudainement tout qui s'accélère, des coups de feu, la caméra qui s'éloigne, la pression qui relâche. Peu de choses mais beaucoup de talent pour rentrer dans l'Histoire.

 

4. The Mission de Johnnie To (1999)

 

 

Mettre l'élève avant le maître, soit le successeur de Sergio Leone avant l'un de ses héritiers, peut paraître assez gonflé. La réponse à cela est simple. Disons qu'on préfère le Hongkongais à l'Italien pour son élégance, sa capacité à devenir toujours plus abstrait, à composer un cinéma rigoureusement géométrique, obsédé par les diagrammes. The Mission, sans doute le chef d'œuvre de Johnnie To, l'exprime mieux que tout autre. Notamment avec cette scène de gunfight dans le mall, tout en douceur, lenteur, précision et lignes de fuite, composant avec l'architecture, les surfaces, la topographie, pour créer le gunfight le plus classe de l'Histoire du cinéma.

 

3. Piège à Hong-Kong (Knock Off) de Tsui Hark (1998)

 

 

Tsui Hark n'a pas bâti, à l'inverse de John Woo, sa réputation sur les gunfights. En règle générale il préfère les armes blanches. Exception qui confirme son talent dont on ne fera jamais assez l'éloge (passée), Piège à Hong-Kong avec Jean-Claude Van Damme. Pour son second film avec le Belge, le Chinois décide, après l'échec et son expérience hollywoodienne désastreuse sur Double Team, de rapatrier tout le monde chez lui pour montrer de quel bois il se chauffe. En ressortira l'un des meilleurs films de son auteur et un final hallucinant où sur un bateau cargo, entre des containers mouvants, Hark invente un gunfight reformulant comme à son habitude toutes les règles du cinéma. Un grand film crépusculaire, abstrait, où tout est faux (Knock Off), et seulement motivé, à l'heure où le cinéma de Hong Kong signe son avis de décès, par le désir de continuer à faire des images.

 

2. Heat de Michael Mann (1995)

 

 

Savoir filmer un gunfight, c'est une question de style et de rapport à l'espace, pour ne pas dire au monde. Afin d'établir une construction parfaite, efficace, créer des dynamiques, des lignes de tension et les points qui vont avec pour se repérer, il faut aussi être un peu mathématicien, s'y connaître en géométrie. Michael Mann a fait de la ligne droite le motif de son cinéma. Ses personnages, ce qui les habite, leur donne une direction, comme ses plans, sont donc des tracés. Avec Heat et sa scène d'anthologie où De Niro et son équipe s'enfuient de la banque, pourchassé par Al Pacino et ses hommes, Mann donne un bréviaire de son cinéma : des héros nietzschéens fonçant droit, anéantissant tout sur leur passage, pour arriver à leur but. Toujours mus par la pureté de leur morale, ils pulvérisent ce qui entrave leur rêve.

 

1. A toute épreuve (Hard Boiled) de John Woo (1992)

 

 

Avant John Woo, personne n'utilisait le terme de gunfight pour évoquer une fusillade, tout au moins chez nous. Il est pour ainsi dire donc l'instigateur du mot, celui qui aura laissé sa trace dans l'Histoire du cinéma avec des scènes devenues sa marque de fabrique. On aurait pu citer dans cette liste tous ses derniers chefs-d'œuvre hongkongais : Le Syndicat du crime 1 et 2, Une balle dans la tête (notre favori), The Killer, mais le plus évident demeure son adieu à l'ex colonie britannique : A toute épreuve. Un film d'action pur, aux proportions jamais vues ni dépassées depuis. Woo a tout donné pour cette carte de visite que les Américains se sont passés en boucle. Parmi les nombreux gunfights du film, le premier venant spontanément en mémoire est celui de la maison de thé. En juin 1993, à la sortie du film en salles ici, le choc esthétique était sans commune mesure. Rien ne nous y avait préparé.


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Top estival : 10 de trop


Posté par JDittmar le 03.08.09 à 16:41 | tags : short list

13

Ils sont dix, presque une équipe de foot sans son goal. Qui ça ? Les auteurs les plus surestimés du moment. Bien sûr la liste pourrait être plus longue, et elle aurait pu comporter d'autres noms. Peut-être certains mériteraient davantage que ceux cités ici d'y trouver place. Sans doute sommes-nous injustes envers ceux que beaucoup admirent et dont on peut lire l'éloge ici ou là. Mais comme toutes listes de ce genre, cette sélection part d'un choix motivé selon des critères de goût et la volonté de resituer ceux que l'on estime surévalués aujourd'hui. Une côte ça monte et ça descend, quelquefois elle prend des proportions qui nous laissent pantois devant les arguments critiques utilisés pour défendre certaines œuvres ou auteurs. Qui détient la vérité ? Il n'y en a pas, sinon la nôtre et que parfois on partage. La cinéphilie est un art de l'énumération, quelque chose du collectionneur esthète trouvant de temps à autres des partenaires et complices. Autant dire une manière commune de voir le monde.

 

 

10. Gus Van Sant

On commence fort en s'attaquant à une (petite) montagne. Intouchable depuis Gerry et Elephant, Gus Van Sant compte désormais parmi les auteurs défendus partout, par tous, et sur lequel il ne vaut mieux pas émettre des doutes. Et si finalement c'était pas grand-chose Gus Van Sant ? Des petits dispositifs intelligents empruntés ici ou là et qu'il recycle paresseusement (Béla Tarr, Chantal Akerman) ; des images qui se font toujours passer naïvement pour plus grandes et complexes qu'elles ne sont avec leur montage faussement élaboré ; des œuvres dont les silences et le vide laissent une belle marge de manœuvre pour y faire voler toutes les baudruches théoriques. On exagère ? Un peu, à peine. On le préfère à la rigueur sur des formats un peu plus conventionnels comme Harvey Milk, réussite modeste mais honnête, à sa mesure. Au fond, l'ultime héritier de la contre-culture américaine n'est au pire qu'un imitateur gentil et inoffensif. Ses derniers films se regardent comme on écoute un bon vieux tube indé américain, c'est joli, sensible, parfaitement cadré et éclairé, un peu vintage, ça donne l'air intelligent et d'avoir du goût, mais au final ça pisse pas très loin.

 

9. Tim Burton

Les 90's, certains y ont survécu, beaucoup ont péri au front ou se trainent depuis comme des boulets. Parmi eux, Tim Burton qui n'en finit pas de créer le buzz sur chacun de ses nouveaux projets, alors que depuis dix ans, au moins, il tourne en rond, quand il ne s'égare pas dans sa version d'Amélie Poulain (Big Fish). Après avoir fait son petit effet en recyclant les séries B de son enfance (postmodernisme cinéphile typique de l'époque), et ainsi avoir arrêté son univers, s'est imposé un dur constat : Burton n'a plus rien à dire, il semble avoir atteint ses limites, comme prisonnier de son imaginaire ou victime de son absence d'identité. Restent malgré tout aujourd'hui deux chefs-d'œuvre mêlant pop et gothique (Edward aux mains d'argent et Batman Returns), une farce cinéphile de sale gosse prenant sa revanche (Mars Attacks !), un bel autoportrait détourné (Ed Wood), un animé où il a fixé pour toujours son esthétique (L'Etrange Noël de Mr Jack), et sinon pas grand-chose concernant la suite. Le plus souvent filmé sans talent dès qu'on lui retire son décorum, comme l'ont prouvés certains plans hideux de Sweeney Todd. Une fois encore exactement là où son public l'attend, il boucle en ce moment pour Disney une version visiblement très littérale d'Alice au Pays des merveilles. A quoi bon ?

 

8. Michel Gondry

Notre grand naïf, l'éternel Géo Trouvetou pour qui le cinéma est un Meccano géant. Michel Gondry rêve de tous nous renvoyer à la maternelle pour y réaliser des films fabriqués avec des pots de yaourt et du papier crépon. Des films qui seraient évidemment des chefs-d'œuvre, autant de trésors d'inventivité, de création, en forme d'éloge artisanale et fédératrice, quand ils ne prétendent pas explorer nos petits cerveaux comme d'adorables coffres à jouets. Merci, mais non merci. Le plasticien doué pour ses clips cherche encore sa place au cinéma : quatre films, quatre essais laissant plus que sceptique. Quand il s'improvise en Resnais des bacs à sable le cœur sur la main et la larme à l'œil (Eternal Sunshine of the Spotless Mind), en grand sentimental, on a encore envie de lui laisser une chance, pour le geste, deux trois idées de plans où on retrouve ses talents de plasticien. Mais lorsqu'il veut nous vendre de l'authenticité au profit d'un révisionnisme soft, mignon et puéril (Soyez sympas, rembobinez), relisant au passage Capra en avance rapide, on a très envie de le renvoyer à ses joujoux. Et avec l'âge, on a peur que ça se gâte. A moins que.

 

7. Peter Jackson

Avant qu'il adapte Le Seigneur des Anneaux, Peter Jackson n'était qu'un sympathique réalisateur de seconde zone plutôt doué avec les effets spéciaux. Les amateurs de gore avaient apprécié Bad Taste et Braindead (encore un monument du genre). Avec Créatures célestes, il s'achetait sa carte d'auteur et la légitimé qui va avec. Fantômes contre fantômes lui permettait d'atteindre enfin les studios hollywoodiens tout en gardant un pied en Nouvelle Zélande, où il filmera sa trilogie tolkienne. Les films connaîtront le succès que l'on connaît. Sans négliger l'ampleur d'une telle adaptation, il faut remettre un peu les pendules à l'heure : Jackson n'est pas un bon metteur en scène. Les problèmes d'échelles, de focales, de cadres, de découpage, de montage, de rythme, sans parler de récit et d'enjeux, pullulent dans cette fameuse trilogie. Et son King Kong, parfaitement vain et révélateur, n'est pas loin d'être pire. Jackson n'a aucun sens de l'espace. Il sait créer un univers, mais pas le filmer : la plupart des scènes de batailles de sa trilogie en sont le douloureux témoignage. Il n'est en définitive qu'un gentil bourrin plein de bonne volonté. Pour une fantasy sensible et profonde, lui préférer de loin Guillermo Del Toro.

 

6. Jean-Pierre et Luc Dardenne

Deuxième montagne à gravir, et pas des moindre. Primés deux fois à Cannes, où on leur conseille de s'installer pour recevoir leur prochaine Palme et éviter un aller-retour en Thalys, les frères Dardenne semblent promis encore longtemps à fasciner le monde avec leurs tragédies sociales en gros plan. Nos roitelets d'un cinéma réaliste caméra au poing n'en finissent pas de ravir critiques et festivaliers. Depuis La promesse et l'inoubliable Rosetta, en passant par La doudoune bleu L'Enfant et Le Silence de Lorna, les Dardenne font dans le réel et la misère. Un truc qui marche toujours, sur lequel personne n'a jamais rien à redire, surtout avec l'efficacité des dispositifs mis aux point par les frangins. Qui, faut l'avouer, sont doués dans leur genre, on ne peut pas leur enlever. Pour en finir avec le cinéma des Dardenne, voir ou revoir Les Voyages de Sullivan de Preston Sturges.

 

5. Danny Boyle

Franchement, ça vous arrive de revoir Trainspotting ou Petits meurtres entre amis ? Vous pensez que dans 30, 40 ans, on les considérera comme des classiques et qu'ils serviront de références ou de matrices esthétiques à des nouvelles générations d'auteurs ? Avec un peu de chance, si par malheur ça arrive, on ne sera pas là pour voir ce massacre. Déjà qu'on s'étonne de voir que le dynamique et inoffensif Danny Boyle ait survécu aux 90's après La Plage. Pire, alors qu'on le croyait un peu fini, qu'il ait réussit à revenir sur le devant de la scène et à bluffer la terre entière avec le trop primé Slumdog Millionaire, petit torchon démago et humaniste filmé n'importe comment, avec des caméras de travers et des effets recyclant une cinétique de vieux clip pourri. Enfant bâtard d'une époque où il pouvait vaguement donner l'illusion d'être moderne avec ses gadgets filmiques, aujourd'hui Danny Boyle ne peut plus cacher son manque de style et la vacuité relative de son cinéma. Si on retiendra peut-être sa relecture sympathique et britannique de Romero (28 jours plus tard), pour ses zombies sous coke et ses rues de Londres désertes au son de Godspeed You ! Black Emperor, le reste tombera dans l'oubli. On prend les paris.

 

4. Michael Haneke

Michael Haneke a quelque chose du pisse-froid. Il aime la déchéance du modèle occidental et bourgeois. Elle le fascine tellement qu'il la filme depuis ses débuts, invariablement, pour la dénoncer avec une complaisance paradoxale dont il a fait son fond de commerce. Clinicien austère d'une violence qu'il structure et analyse au travers de dispositifs froids et éprouvants, Haneke tient du moraliste sadique et flippant. Chacun de ses films est une punition, autant de bidules vaguement maso dont les prétendues vertus discursives et critiques ne sont que des coups de trique infligés à un spectateur qui n'en demande pas tant. Lourd, prétentieux, terroriste (ses films sont des prises en otage), son cinéma sent la mort, le formol du légiste dont il enfile l'uniforme. Aussi déprimant soit-il, notre ami autrichien a pourtant ses supporters. Notamment Isabelle Huppert (cheftaine de Cannes 2009), qui lui a refilé en mains propres la Palme d'or pour Le Ruban blanc - dont même les anti-Haneke nous murmurent que ce serait son chef-d'œuvre. On ne demande qu'à les croire, mais on n'a pas vraiment envie d'aller vérifier si ce faux remake du Village des damnés en vaut la peine. Question de principes.

 

3. Jean-Pierre Jeunet

Notre brocanteur, ou pendant rétro du cinéma Meccano de Gondry. En lice dans cette liste avec Cédric Klapisch, il a gagné sa place à la force du poignet, le succès international d'Amélie Poulain pesant lourd sur un CV. Jean-Pierre Jeunet et sa poésie de troquet montmartrois, son cinéma de foire du Trône jamais avare de gadgets publicitaires, ses gueules sympathiques et originales échappées d'un remake ripolinisé de Freaks, sa sensiblerie de candide et son imaginaire si foisonnant qu'on lui pardonne tout, ses décors vieillots mais sophistiqués, une valeur sûre. Ingénieur en création d'univers hérités de la BD, il a plaqué son vieil ami Caro pour voler de ses propres ailes et partir pondre à Hollywood le moins bon Alien de la saga. Avec Un long dimanche de fiançailles, on l'a découvert ambitieux, composant une grande fresque romanesque (inspirée du livre de Japrisot) sur laquelle il s'est un peu cassé les dents. Jamais à court d'idées et de mondes chatoyants, notre horloger surdoué et expert en images a construit récemment sur sa nappe à carreaux Micmacs à tire-larigot, dont rien que le titre laisse à supposer une puissante remise en perspective esthétique et narrative du cinéma français.

 

2. Christophe Honoré

Une ascension fulgurante, une carrière de touche à tout (roman, cinéma, théâtre), un désir fougueux de trouver sa place et laisser sa trace, Christophe Honoré est notre star montante du cinéma français. Avec une poignée de films déjà cultes (Dans Paris, Les Chansons d'amour, La Belle personne), il s'est hissé en quelques années sur le podium des auteurs les plus respectés de sa génération. Tout ça en recyclant paresseusement une vieille idée plus survolée qu'empruntée concrètement à la Nouvelle Vague - dont il s'espère en vain l'héritier. Sans réel talent ni style, avec deux trois trucs dans sa musette vintage pour faire illusion, il capitalise sur une pseudo spontanéité et de rachitiques intrigues amoureuses ou familiales à l'adresse des nouveaux petits bourgeois. Du cinéma velours dans un deux pièces cuisine, un brin mélancolique, romantique, séducteur, bavard pour ne rien dire, et toujours fasciné par ses acteurs (éternelle justification des réalisateurs qui ne savent pas filmer). Loin de Garrel, à qui il a piqué le fils (toujours à poil au détour d'un plan), Honoré fait semblant d'être profond avec ses dialogues ciselés et intelligents. Il compose de petites élégies douces-amères pour une jeunesse décidément sentimentale dont il aimerait capter l'élan et la grâce. Dans sa dernière œuvre, Non ma fille, tu n'iras pas danser, il retrouve sa Bretagne natale pour une histoire de famille où il marche sur les plates-bandes d'Arnaud Desplechin (versant Un Conte de Noël). C'est dire s'il est inspiré. Cette imposture va-t-elle durer encore longtemps ?

 

1. Alejandro González Iñárritu

Notre champion toutes catégories, l'imbattable et maintes fois médaillé, Alejandro González Iñárritu. Expert en tragédies cosmiques, il a tout pigé au fonctionnement du monde. A coups de récits déstructurés et de montages alambiqués, il a réussi en trois films (Amours Chiennes, 21 Grammes et Babel) à imposer sa grande vision tautologique des choses. Sans crainte de la grandiloquence et avec un sérieux aux semelles de plomb, Iñárritu nous donne à chaque fois de puissantes leçons sur la vie et l'homme. La violence, le capitalisme, la globalisation, l'amour, la famille, la religion, l'espace, le temps, le bien, le mal n'ont au secret pour ce philosophe engagé qui manie esthétique et rhétorique avec un sens de la mise en scène dont on cherche encore les raisons qui lui ont valu un prix (Babel). Dialecticien surdoué, Iñárritu ne craint ni la schématisation, ni de bluffer son monde avec ses dispositifs éculés balisant des récits pour petits malins aux longs discours. Théoricien de la relativité et de l'interdépendance, il sait aussi galvaniser son œuvre d'un étourdissant mysticisme du destin afin de nous mettre face à nos responsabilités - car en plus d'être un tragédien, c'est aussi un humaniste inquiet. Avec un tel CV, nulle doute que notre ami mexicain demeurera encore longtemps en haut du podium des auteurs les plus surestimés de sa génération. Il est un peu au cinéma contemporain ce qu'est Bernard-Henri Lévy à la philosophie.

 

Merci à : ND, KDD, FL et LDS


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Top estival : 10 raisons de préférer l’hôtel au camping


Posté par JDittmar le 31.07.09 à 20:41 | tags : short list, horreur

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Les vacances, ses balades en forêt, le camping au bord d'un lac ou la location d'un mignon petit bungalow où l'on imagine déjà vivre un moment coupé du monde. Tout un programme qui parfois fait rêver et surtout stimule le cinéma, bien décidé à jouer avec notre joyeuse insouciance, nos petits séjours en amoureux ou bien nos désirs libidineux. C'est le terrain favori du film d'horreur américain, où dans les bois et les contrées reculées se cachent de dangereux psychopathes, quand ce ne sont pas des rednecks dégénérés ou des monstres venus d'ailleurs. La nature est hostile pour le citadin, les créatures qui l'habitent lui rappellent sa condition d'homme moderne délivré de son primitivisme. Pour tous ceux qui ont donc décidé de passer leurs vacances au camping, d'envoyer leurs enfants en colo ou de partir à la roots pour retrouver l'essence perdue de Thoreau, voici une petite liste des films à ne pas voir avant de plier bagages.

 

10. Piranhas (Piranha) de Joe Dante (1978)

Trois ans après le succès colossal des Dents de la mer, Roger Corman, à qui on aurait pu trouver bonne place dans notre liste de remakes, profite du succès du film de Spielberg pour mettre en chantier, sans scrupules, Piranhas, qu'il confie aux soins du cinéphile Joe Dante. Les poissons voraces amateurs de chair fraiche ont remplacé le grand requin blanc, l'océan et ses plages deviennent les rivières d'un camp de vacances pour enfants, et pour donner un peu de sens critique à tout ça (on est chez Dante), les bestioles sont le résultat d'une mutation causée par un programme de l'armée. Avant d'aller faire trempette en eau douce, vérifiez donc où vous mettez les pieds.

 

9. Eden Lake de James Watkins (2008)

Un séjour en amoureux dans la nature, au bord d'un lac, rien de tel pour se ressourcer et espérer vivre un petit moment romantique. Sauf quand une bande d'ados agressifs débarquent accompagnés d'un Rottweiler, bien décidés à foutre en l'air tout ce qui semblait a priori idyllique. Avec Eden Lake, l'anglais James Watkins reprend les codes du survival posés par Délivrance, et signe un thriller sociologique intense, violent et chaotique. Un peu complaisant au final, mais efficace. Pour un week-end avec votre bien-aimé(e), préférez les stations balnéaires hors saison, il n'y a que des vieux.

 

8. Anthropophagous de Joe D'Amato (1980)

Les îles grecques, le rêve. Combien ont fantasmé sur leurs paysages, le bleu parfait de la Méditerranée, les plages encore sauvages. Sûrement ce qu'espérait trouver la bande d'amis d'Anthropophagous qui en débarquant sur une île déserte ne s'attendait pas à tomber entre les filets d'un dangereux maniaque mangeur d'hommes. Gros bis italien qui tâche signé du pornographe Joe D'Amato, Anthropophagous cumule les atrocités sans vergogne (éviscération d'une femme enceinte, visage lacéré à coups de toiture, on en passe et des plus aberrants), le tout dans un climat glauque, sinistre, appuyé par une photo cradingue. Atrocement mal fichu, mal joué, symptomatique des productions transalpines de l'époque, le film (souvent interdit ou remonté) restera pour ses quelques moments d'anthologie gore et son ambiance. Si on vous propose un petit séjour sur une île grecque oubliée des touristes, pensez à venir armé.

 

7. Cabin Fever d'Eli Roth (2002)

Louer un bungalow en forêt avec des amis pour fêter la fin des études, une belle occasion pour se bourrer la gueule et autres joyeusetés avant de rentrer dans le rang. Pas de bol, un méchant virus fait irruption et dévore soudainement la chair des convives. Avec Cabin Fever, le surestimé Eli Roth, Guy Debord de la série Z, signe un premier film remarqué. Il s'embrouille, comme toujours, à vouloir intégrer distanciation, humour et ironie à ses petites images horrifiques, mais sait poser une ambiance. Sans retrouver la force de ses maîtres (Craven n'est pas loin), il devient en un film la nouvelle figure à suivre du cinéma d'horreur américain. Tarantino le prendra ainsi ensuite sous son aile pour les fumeux Hostel, comme quoi il peut aussi avoir mauvais goût. Avec vos potes, pour la fin du Bac ou votre soutenance de thèse, préférez une bonne vieille virée en ville. Ou pensez à apporter une pommade anti allergie cutanée.

 

6. Le Projet Blair Witch (The Blair Witch Project) de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez (1999)

Quel cinéaste en herbe n'a pas fantasmé de faire un coup marquant de sa petite patte fraiche l'histoire du cinéma ? Telle est l'histoire du Projet Blair Witch, film concept un peu nul en définitive, mais qui restera à jamais dans les mémoires pour son dispositif, repris près d'une dizaine d'années après par Rec, Diary of the Dead et Cloverfield. Tout le monde se souvient en effet de ce trip en forêt, caméra au poing (le film est d'une laideur épouvantable), où trois étudiants en cinéma tournent un obscur reportage sur la sorcellerie. Les images que nous voyons sont les rushs de l'enquête, et tout est mis en scène afin de créer un objet tendant à réinventer son médium. Oubliés depuis, Myrick et Sanchez cherchent à déplacer artificiellement le regard du spectateur pour donner au projet une mythologie méta-filmique (premier buzz Internet de l'histoire du cinéma). Ils veulent resituer le pacte de croyance, ce qui ne sera au final qu'un pétard mouillé, mais d'une certaine efficacité par sa capacité à reformuler la mise en scène d'un point de vue technique. En dépit du fait que tout cela ne sera au final qu'une belle baudruche théorique. Si vous disparaissez en forêt, comptez sur nous pour ne pas regarder vos bandes vidéos trouvées par la police.

 

5. La Colline a des yeux (The Hills Have Eyes) d'Alexandre Aja (2006)

Partir en famille pour la Californie, dans un camping car, afin de resserrer des liens un peu distendus, ça part plutôt d'une bonne intention. Seulement il faut toujours se méfier des routes désertes du fin fond de l'Amérique, elles sont le territoire des symptômes maudits du pays, bien décidés à décimer les âmes égarées pour faire valoir leur propre justice - quand ils ne sont pas le retour du refoulé de ceux qu'ils massacrent. Avec La Colline a des yeux, remake du culte, fauché et surestimé film éponyme de Craven, Alexandre Aja livre une copie honnête et maîtrisée surpassant l'original. Les cannibales d'autrefois deviennent les habitants d'un village irradié (joli tour de passe-passe piqué au détour d'un dialogue chez Craven). De la pure barbarie abstraite mais symbolique, on change donc d'axe et s'oriente vers une forme de vengeance aux résonnances plus politiques (sans dépasser toutefois le pur prétexte narratif). Aja radicalise au passage l'esthétique documentaire de son maître, optant pour un style encore plus frontal et brutal. D'où aussi la limite du film dont le maniérisme réaliste produit finalement qu'un simple effet vintage. Efficace mais un peu vain, puisque ce qu'inventait Craven à son époque n'est réduit ici qu'à des gimmicks. Lors de votre road trip aux USA, pensez à ne jamais dévier de l'itinéraire que vous donne le GPS.

 

4. Evil Dead (The Evil Dead) de Sami Raimi (1981)

Ce bon vieux bungalow perdu dans les bois, encore lui, tout un mythe. Entre amis, quoi de mieux pour se détendre, faire une marche en forêt, profiter de la nature et ainsi retrouver la joie des choses simples ? Un beau programme, encore, sauf quand on tombe par hasard sur le Necronomicon, alias Le livre des morts. Bon, pas évident a priori, et pourtant, quiconque a vu le très culte Evil Dead de Sam Raimi sait qu'il faut se méfier des bouquins poussiéreux, surtout accompagnés d'une mystérieuse K7 audio qui à l'écoute relâche les forces du mal. Avec Evil Dead, tourné pour trois fois rien mais une inventivité de génie, Raimi a bâti sa légende d'artisan surdoué. Un film survitaminé, hystérique, comique, horrifique, où il recycle déjà avec bonheur ses influences venues de la BD, huit ans avant Darkman, et vingt avant Spider-Man. Si jamais vous dégottez un grimoire énigmatique dans cette maison à l'écart que vous avez louez pour vos vacances, vous savez quoi faire.

 

3. Vendredi 13 (Friday the 13th) de Sean Cunningham (1980)

« Les jolies colonies de vacances, merci papa merci maman » de m'avoir envoyé me faire trucider par un maniaque avec un masque de hockey. Ah, il y avait pas pensé Pierre Perret à Vendredi 13. La maman de Jason, bien décidée dans le premier épisode à venger son fils en massacrant les moniteurs de colo, ça lui avait pas traversé l'esprit. Si on l'écoutait, on irait tous se faire découper en morceaux à Crystal Lake, où Jason, en onze épisodes (si on compte sa rencontre au sommet avec Freddy et ceux où il apparaît), n'a cessé de jouer au bucheron réac en clouant aux murs des jeunes dépravés. Parce qu'il faut bien l'avouer, Jason, ok il venge maman, mais il a aussi un gros problème avec la chose. Peut-être que tout cela n'est finalement qu'une question d'Oedipe, allez savoir. On sait, c'est plus que ça, la révolution sexuelle, le libertarisme des seventies, Jason, lui il aime pas, il veut sa mère, sa baraque au calme dans les bois, et des moniteurs de colos responsables : pas de drogue, pas d'alcool et surtout pas de sexe. Bref, Jason, un puritain qui s'ignore et réglant ses désaccords à la machette. Plutôt qu'envoyer vos progénitures en colo parce qu'elles vous ont tapé sur les nerfs durant l'année, préférez des vacances en famille, ça fait pas de mal. Conseil de Jason Voorhees, moraliste.

 

2. Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre) de Tobe Hooper (1974)

Mais quelle idée de passer par un trou paumé du Texas ? Chacun sait que c'est le bastion des rednecks dégénérés, des pires tueurs en série ou des maniaques anthropophages. Bref, l'Etat que vous bannissez de votre road trip aux States. Surtout depuis Massacre à la tronçonneuse, où une bande d'amis un peu hippie sur les bords, en route pour visiter la tombe du grand-père de l'un d'eux, s'est fait transformer en barbaque par une famille de cannibales. Un film clé, définitif et droit dans les bottes de son époque. Sur laquelle, avec son esthétique hyperréaliste (empruntée au documentaire pour renvoyer aux reportages sur le Vietnam), Tobe Hooper pose un regard nihiliste et inquiet. L'homme y est transformé en matière, vulgaire morceau de viande promis à nourrir une Amérique barbare et invisible. Il est un combustible animal mis au niveau d'un bœuf, à une période où le pays erre en pleine crise existentielle, revenu des idéaux libertaires et sans nouvelles perspectives, empêtré dans une guerre à l'autre bout du monde dont les images sont autant d'atrocités. Hooper signe une œuvre de la désillusion, intense, implacable, anxiogène. Un road movie s'enfonçant dans un monde primitif à la violence frénétique et répétitive, presque mécanisée. Massacre à la tronçonneuse, c'est un peu la fin de l'Histoire. Méfiez-vous décidément des maisons isolées, elles cachent la monstruosité du monde que nous ne voulons voir. Et pour se gâcher les vacances, rien de tel parfois que la vérité.

 

1. Délivrance (Deliverance) de John Boorman (1972)

Depuis Délivrance, tout le monde sait qu'une petite virée entre amis dans la nature peut virer au cauchemar. Inventeur du survival, mille fois repris depuis et à toutes les sauces, le film de John Boorman est devenu une référence. Une œuvre éprouvante, stressante, aussi bien physiquement que moralement. Délivrance laisse des traces, qu'on aime ou déteste n'est pas la question, il traumatise (ce qui pourrait être une bonne raison de l'éviter). Boorman transforme un trek écolo en enfer. Le mythe d'un retour à la nature, alors en poupe et sur les bases réactivées de Thoreau, est une dangereuse illusion. L'homme doit accepter la civilisation, son rêve d'un paradis perdu ne peut le conduire qu'à une régression barbare dont il fait ici l'effroyable expérience. En allant à l'encontre des utopies encore en vogue en ce début des années 70, Boorman tire donc un constat dur mais lucide. Ceci lentement, au fil d'une intrigue sans fioritures et filmée avec une certaine ampleur. Vous savez maintenant quel film montrer à ce groupe d'amis vaguement néo hippies qui vous sollicite pour partir camper en forêt. Ou alors changez d'amis.

 

 


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Top estival : 10 remakes pour l'apéro


Posté par JDittmar le 30.07.09 à 19:38 | tags : remake, short list

3

 

La copie est l'une des problématiques constantes de l'histoire de l'art, quelle que soit la forme empruntée. Le cinéma ne pouvait donc en être exempt. Qu'il ait des vertus artistiques ou purement commerciales (déficit de créativité), le remake interroge. Il demande de se situer dans une histoire et pose les conditions d'un maniérisme dont certains sauront se détacher. Le remake au cinéma est un peu le premier regard cinéphile mis en pratique. Pour le pire, il ne sait se débarrasser d'une forme de nostalgie et ressasse les images qu'il habite parfois mollement. Pour le meilleur, il transforme ou déforme sa mélancolie et rompt avec les regrets pour se situer hors du temps. Comme un signe notable, le remake est aussi, dans la plupart des cas, une exclusivité hollywoodienne. Le nouveau monde, terre ou promesse de toutes les autres, destination terminale de l'Histoire, est donc celui le moins embarrassé à l'idée de puiser dans ce qui préexiste, voire ce qu'il a lui-même produit. De là à y voir un puissant signe propre à la modernité, parfois contradictoire, il n'y a qu'un pas. Mais place aux films. Ce ne sont peut-être pas les meilleurs, beaucoup manquent à l'appel, et il y a de quoi discuter. Mettons que ce sont nos favoris, ou qu'ils expriment une certaine idée du remake.

 

 

10. Vendredi 13 (Friday the 13th) de Marcus Nispel (2009)

Depuis quelques années, les remakes des plus grands succès du cinéma d'horreur pullulent : La Colline a des yeux par Alexandre Aja, l'excellent Halloween par Rob Zombie, on en passe et pas forcément des meilleurs. Produit par Michael Bay, à qui l'on doit également un remake mésestimé de Massacre à la tronçonneuse, déjà par Marcus Nispel, Vendredi 13 s'impose aisément parmi les meilleures reprises du genre. Plus proche du reboot, le film est une relecture modeste mais efficace et lucide du roi des slashers (au moins pour sa longévité). Nispel a tout compris à la saga, qu'il théorise et filme avec une mise en scène carrée, entièrement vouée à la mécanique froide, sèche, besogneuse de Jason, décimant avec la brutalité froide qu'on lui connaît une bande de jeunes dépravés. Somptueusement éclairé par Daniel Pearl, le film est de loin le meilleur de toute la saga. Preuve que la copie peut surpasser l'original. Ou plus radicalement : Nispel, petit-maître doué du nouveau cinéma d'horreur, tourne ici le premier Vendredi 13.

 

9. L'armée des douze singes (Twelve Monkeys) de Terry Gilliam (1995)

Peut-être le meilleur film de Terry Gilliam. Remake hollywoodien, intelligent et inattendu de La Jetée de Chris Marker (court métrage de science-fiction composé de photographies avec une lointaine influence empruntée à Vertigo),L'Armée des 12 singes reprend d'une belle manière le canevas de son matériau d'origine, qu'il alimente et amplifie sans jamais le trahir ou vouloir le surpasser, mais plutôt le réinventer de toutes pièces. Le film le plus cinéphile de Gilliam.

 

8. Assaut (Assault on Precint 13) de John Carpenter (1976)

Assaut, un remake ? Oui et non, ou pourquoi il est justement intéressant de le situer dans cette liste. John Carpenter, grand obsédé d'Howard Hawks, comme chacun sait, signe ici son hommage à Rio Bravo - tout un symbole, pour un film que certains considèrent comme l'œuvre pivot d'une certaine clôture historique propre au cinéma hollywoodien. On aurait pu citer aussi The Thing, qui lui est un remake beaucoup plus officiel (de Hawks encore), mais Assaut est plus passionnant en tant qu'objet s'engouffrant dans un maniérisme avec pour but de l'annuler : Carpenter créant de nouvelles figures héroïques devant moins à une forme de nostalgie que de célébration absolue qui les aide à survivre. Tout en recontextualisant le western qui lui sert de matrice dans un nouveau paysage urbain plus adapté à son époque, Carpenter signe un film d'action viril où son sens aigu de l'espace, du cadre et du scope s'impose déjà avec un goût assuré et fiable pour le classicisme. Trente ans plus tard Jean-François Richet réalisera le remake d'Assaut, mais comme les copies de copies de nos vieilles VHS, on y voit plus rien.

 

7. Les sept mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges (1960)

Premier film hollywoodien, de mémoire, à reprendre un succès du cinéma asiatique (Les Sept samouraïs d'Akira Kurosawa), Les Sept mercenaires de John Sturges se paie pour le coup un casting de stars : Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson, James Coburn, et aussi le luxe de dépasser l'original avec cette version western mise en musique par Elmer Berstein. Mais c'est une affaire de goût, donc de critères esthétiques. Seulement ? Peut-être pas. Sans doute aussi de talent, d'intelligence et parce que la volonté propre à Sturges de revitaliser le genre alors qu'il tombe en désuétude, avec un style impersonnel, presque mécanisé, reprenant tous les codes et motifs à coups de morceaux d'anthologies, en fait un objet presque pop. Il ouvrira un peu la porte au western italien, où il y aura à boire et à manger. Kurosawa signait un film d'auteur (célébré partout et par tous), Sturges un film d'artisan populaire réclamant encore un peu de rêve. Mieux, il en donne. Notre choix est fait.

 

6. Thomas Crown (The Thomas Crown Affair) de John McTiernan (1999)

Premier remake du talentueux John McTiernan avant le trop mésestimé Rollerball, également de Norman Jewison à l'origine, Thomas Crown est une démonstration de style et d'élégance, un film gratuit et sans profondeur, tourné avec une nonchalance assumée et parfaitement cohérente. Réalisé par un McTiernan alors dans une mauvaise passe avec Hollywood (échec du sublime 13ème Guerrier, remonté comme un salaud par Crichton), et sur une idée de son complice Pierce Brosnan (parfait dans le rôle principal), le film résout la question du remake de la manière la plus simple qui soit : il ne se situe pas dans une histoire des formes propre au film d'origine, auquel il rendrait hommage ou tenterait d'en redéfinir l'esthétique, mais emprunte son intrigue pour la plier à son propre style, dont l'objectif est de se rendre visible en soi (comme pure action formelle de la pensée), sans repasser par le maniérisme. Son seul souci peut-être avec le Jewison est de maintenir ce goût pour le charme et la grâce, une certaine idée de la classe avec quelque chose d'aristocratique. Mais selon McTiernan, qui conscient de ce qu'il fait et théoricien, émiette des références à Magritte tout au long d'un film génialement décoratif où l'image se montre en tant que telle.

 

5. Obsession de Brian De Palma (1976)

Second cas d'école de notre petite liste. De Palma, bouleversé par Hitchcock et Antonioni (Blow Out), livre avec Obsession sa relecture de Vertigo - film trauma de toute une génération, comme Psychose, que plus tard Gus Van Sant dupliquera. Remake ou hommage alors ? Un peu des deux, mais peu importe au fond, l'essentiel ne résidant pas dans le comptage des points et donc le filage des références, plutôt dans la capacité qu'a De Palma à faire dériver la vieille question du maniérisme ou de la déconstruction postmoderniste, pour produire de nouvelles images à partir de celles qui composent sa mémoire cinéphile. Obsession, titre programmatique, est donc plus qu'un remake de Vertigo. C'est un ressassement esthétique, motivique, mnésique (le film s'intitulait au départ Déjà-vu), convoquant certes Hitchcock (Vertigo et aussi Rebecca, Marnie ou Psychose), mais pour créer un cinéma différent dont l'origine, l'image et son histoire, est finalement contredite pour en sortir. La copie chez De Palma est un art de la visibilité. Il est à la fois le plus maniériste de sa génération et celui qui paradoxalement s'acharnera probablement le mieux à en démolir les bases.

 

4. Le Convoi de la peur (Sorcerer) de William Friedkin (1977)

Remake du célèbre Salaire de la peur d'Henri George Clouzot, Le convoi de la peur (ou Sorcerer en VO), compte parmi les chefs-d'œuvre de William Friedkin, si ce n'est peut-être son meilleur. Un film radical, moite, anxiogène, où Roy Scheider et Bruno Cremer s'enfoncent dans une jungle transformée en enfer végétal, dans un seul but : l'argent. Ce voyage désespéré vers un objectif toujours plus absurde au fil du récit, prend progressivement une puissante dimension nihiliste. Les personnages évoluent dans un climat violent, crasseux, épuisant, forcés d'avancer comme poussés par une fatalité dont les enjeux se dissolvent pour finir par se résumer à un squelette pourri et abstrait. La musique de Tangerine Dream, parfait contrepoint du film, complète une œuvre intense et bien plus visionnaire que l'original, pourtant non négligeable.

 

3. Scarface de Brian De Palma (1983)

De Palma encore à l'honneur, pour son remake mythique de Scarface. Tout a déjà été dit sur ce film adulé et vénéré parfois pour de mauvaises raisons. De Palma, sur un script d'Oliver Stone et avec une musique de Giorgio Moroder, rend ici hommage aux films de gangsters des années 30. Pas seulement à Hawks, mais aussi ceux avec James Cagney dont Tony Montana dit s'être inspiré pour apprendre à parler anglais. Le personnage, inoubliable sous les traits d'Al Pacino, fait encore aujourd'hui l'objet d'un culte délirant, alors qu'il est pourtant l'un des plus antipathiques qu'on connaisse : ultra violent, arriviste, psychopathe, vulgaire, incestueux, son destin d'immigré cubain transformé en baron de la drogue aux allures d'empereur romain (toute l'architecture du film durant la dernière partie), le conduit à une déchéance définitive et brutale avec laquelle s'écroule un pan symbolique de l'American Dream (le racisme omniprésent n'étant qu'un autre des symptômes mis en exergue). De Palma et Stone recontextualisent brillamment dans les 80's le film de Hawks qui s'avère, à l'inverse des idées reçues, une des influences majeures du réalisateur dont il emprunte la transparence.

 

2. True Lies de James Cameron (1994)

Quand Hollywood décide de faire le remake d'un film français, étrangement (ou pas), les studios ne peuvent s'empêcher d'aller chercher le pire de nos comédies populaires. Généralement, la copie est aussi mauvaise que l'originale (Trois hommes et un bébé, Neuf mois aussi). Exception confirmant la règle (côté américain) : True Lies de James Cameron, inspiré de La totale par Claude Zidi. Loin du Titanic ou de Terminator (à la fois pas tant que ça), Cameron prouve avec une virtuosité implacable qu'il est aussi très doué pour la comédie romantique. Ce qui ne l'empêche pas d'utiliser les effets spéciaux pour proposer systématiquement de l'inédit, mais toujours au service d'une dynamique des situations et du récit, qui prend ici des proportions délirantes et explosives, tout ça pour un bête soupçon d'adultère (autant dire le dérisoire pour le grandiose, presque du Lubitsch revisité par le film d'action au format blockbuster). Schwarzenegger n'a jamais été aussi drôle et True Lies figure définitivement sur le podium des meilleurs films des années 90. Zidi aura au moins été utile à quelque chose.

 

1. Elle et lui (An Affair to Remember) de Leo McCarey (1957)

Pile un an après Hitchcock retournant lui-même L'Homme qui en savait trop (la première version datant de 1934 avait été réalisé en Angleterre), Leo McCarey s'auto-remake avec Elle et lui, adapté son succès éponyme tourné dix-huit ans plus tôt. Eponyme ? En France, pas aux Etats-Unis, où de Love Affair on passe au subtil An Affair to Remember. De l'un à l'autre le casting change : Cary Grant et Deborah Kerr remplacent Charles Boyer et Irene Dunne, mais l'intrigue reste la même. Le film adopte au passage la couleur et il sera le patron définitif de la comédie romantique hollywoodienne. Maintes fois copié depuis et rarement sinon jamais égalé, Elle et lui demeure encore aujourd'hui un film parfait, un chef d'œuvre d'élégance et d'équilibre. Il sera l'un des derniers films de McCarey, un peu comme si avec le temps et l'âge, ce génie de la comédie des années 30 avait atteint un degré d'accomplissement dont la sérénité, omniprésente dans chaque plan, avait atteint son paroxysme. Une manière de boucler la boucle pour finir sa carrière apaisée, avec une œuvre sentimentale qui est aussi l'une des plus belles déclarations d'amour au cinéma.

 


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Top estival : les 10 meilleurs films de vacances


Posté par JDittmar le 28.07.09 à 19:04 | tags : short list

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Les vacances, une enclave, un temps à part, toujours entre deux encablures du quotidien. A l'inverse du voyage, défini par un mouvement (et qui sera l'occasion d'une autre liste), les vacances sont un moment d'inertie - mais d'une inertie active permettant de penser grâce à une décontraction du corps et une libération des contraintes professionnelles, ce temps à remplir, optimiser, rentabiliser, justifier. Elles sont un espace idéal pour les jeux du désir et de l'amour, les remises en perspective existentielle, un point de vue sur la vie, le temps, les autres. Une occasion aussi pour quitter la ville et ses habitudes, ou en reproduire d'autres, parfois les mêmes, comme un revers forcé de nos congés payés. Ce moment singulier, par son absence d'enjeux narratifs évidents, causée justement par ce principe d'inaction, a finalement été peu filmé. On ne compte plus les road movies, mais le holiday movie est lui plutôt rare. Quelques-uns, directement ou de manière plus détournée, ont cependant relevé le pari. Souvent moins pour en faire le sujet de leur film qu'un espace d'expression. Voici donc la liste de nos dix films de vacances favoris, bon séjour.
 
 
 
10. This Side of Paradise de Jonas Mekas (1999)
 

Figure historique du cinéma expérimental américain, Jonas Mekas a passé sa vie à filmer son quotidien, ses proches, inlassablement, sa Bolex 16mm à la main, détournant le home movie pour bâtir un grand projet autobiographique dont l'esthétique pointilliste n'appartient qu'à lui. This Side of Paradise, achevé en 1999, est un montage d'images tournées au début des années 70, durant un été, où Mekas accompagne Jackie Kennedy, sa sœur Lee et leurs enfants respectifs à Montauk, dans une maison prêté par Warhol (que l'on croise). Un film court (35mn), ponctué par des jeux d'enfants, la plage, une ambiance oisive, un pur concentré de joie et d'innocence, coupé du monde. Les vacances selon Mekas, entre mélancolie et une certaine idée du bonheur, à jamais fixée sur pellicule.

 

9. Liberté Oléron de Bruno Podalydès (2001)

Deuxième long des frères Podalydès après Dieu seul me voit, Liberté-Oléron est un film de vacances en famille drôle et tragique, presque inquiétant, toujours sur le fil. Une comédie balnéaire comme ravagée par la menace d'une marée noire. La fantaisie y semble toujours à deux doigts de verser dans l'épouvante, pour rebasculer sans cesse, tout en laissant une plage d'incertitude. Les vacances peuvent être un bout de paradis au milieu du quotidien, mais aussi un cauchemar.

 

8. Les Vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati (1953)

On ne présente plus Les vacances de monsieur Hulot. Tati mélange de nouveau avec style et audace le burlesque à l'étude sociologique, focalisée cette fois sur les loisirs de masse qui explosent avec l'après-guerre. Il sera l'un des rares à capter avec autant de finesse, de lucidité et d'humour (le film est une avalanche de gags), les habitudes des touristes en vacances, qui ici, depuis leur station balnéaire bretonne, reproduisent les routines d'un quotidien auxquelles ils croivent échapper. Entre analyse et essai poétique, Tati tourne peut-être l'un des plus grands portraits des congés-payés. Certainement le plus drôle.

 

7. Quoi de neuf Bob ? (What About Bob ?) de Frank Oz (1991)

Si Quoi de neuf Bob ? n'est peut-être pas le film le plus célèbre de Bill Murray, il est certainement un de ceux qui comptent le plus pour ses fans. L'acteur, dans le rôle d'un doux dingue pourrissant les vacances de son psy (Richard Dreyfuss, génial en freudien à bout de nerfs), fait des étincelles dans cette comédie de l'inégal mais sympathique Frank Oz. Jamais ridicule, imprévisible, déjanté, hilarant, exaspérant et à la fois génial dans son personnage de parasite naïf, il finit par être hyper émouvant tout en se payant le luxe de réconcilier la famille névrosée de son psy. Les vacances étant le lieu idéal pour cette grande thérapie de groupe se concluant avec beaucoup d'amour, et une gentille calotte à l'adresse des petits bourgeois. Une des meilleures comédies américaines des années 90 avec Un jour sans fin.

 

6. Une Grande année (A Good Year) de Ridley Scott (2006)

Une Grande Année ne fera pas l'unanimité. Tant pis. Russell Crowe quittant une vie absurde et matérialiste de broker cynique à la City, pour filer le parfait amour avec Marion Cotillard dans le sud de la France, on aime et on assume. Un film de vacances existentiel, philosophique ; un film de fuite où l'absolu, qu'on croyait avoir oublié ou inaccessible, est un point de mire possible. Naïf, caricatural ? Non, limpide. Une grande année est un film aristocratique et aussi la première vraie comédie romantique de Ridley Scott, ce qui n'est pas une mince affaire pour celui qui se révèle toujours plus sentimental.

 

5. La Faute à Rio (Blame it on Rio) de Stanley Donen (1984)

Le dernier film de Stanley Donen (avant un obscur téléfilm en 1999), et peut-être ce qu'il a fait de mieux depuis les 60's - par la suite sa carrière n'ayant cessé de décliner ou de s'égarer, quand ce génie du musical ne reniait pas lui-même ses films passés, y compris les chefs-d'œuvre. Avec en vedette Michael Caine, tombant amoureux de la fille de son meilleur ami lors d'un séjour sous le soleil de Rio, Donen signe ici un film drôle, élégant, sexy, effrontément dénudé, qui rappelle que la jeunesse éternelle crépite à l'âge de la retraite.

 

4. Voyage à Tokyo de Yasujiro Ozu (1953)

Voyage à Tokyo n'est peut-être pas le chef-d'œuvre d'Ozu, comme on l'a souvent répété, mais assurément un de ses films les plus poignants. L'histoire de ce couple de retraités délaissés par leurs enfants, trop accaparés par leur vie professionnelle pour s'occuper de leurs parents venus en vacances à Tokyo, est un crève-cœur universel. Ozu filme son grand sujet : l'impermanence des choses, le passage du temps au sein d'une famille, l'écart inéluctable des générations, les mutations de la société japonaise et du monde en général.

 

3. Brigadoon de Vincente Minnelli (1954)

N'en déplaise à Vincente Minnelli lui-même, qui considérait le film comme un échec, Brigadoon est l'un de ses chefs-d'œuvre. Gene Kelly, New-Yorkais en vacances dans une province reculée d'Ecosse où il découvre un village ressuscitant tous les cent ans, y plaque sa vie mondaine, futile, bruyante, vulgaire, pour vivre un amour éternel avec la belle Cyd Charisse. A la réalité, il préfère le rêve, l'illusion, le conte de fée, un univers fantasmatique et rétro coupé du monde où règnent la danse et la fête. Une grande promesse réalisée d'immortalité, ou une certaine idée des vacances pour l'éternité.

 

2. Conte d'été d'Eric Rohmer (1996)

On aurait pu remplir cette liste uniquement avec des films d'Eric Rohmer. Personne mieux que lui n'a filmé des personnages en vacances : La collectionneuse, Le genou de Claire, Pauline à la plage, on en passe et des meilleurs. Le temps des vacances, si propice aux jeux de l'amour et du désir, aux petits désordres sentimentaux et existentiels, et avec eux toute la série d'enjeux et de dilemmes qu'ils suggèrent, est donc l'espace privilégié et constant de Rohmer depuis ses débuts. Conte d'été, où Melvil Poupaud erre entre trois perspectives amoureuses sur les plages de Dinard, a une place chérie dans notre cœur. D'abord parce que le film est très beau, drôle, brillant et qu'on retrouve Amanda Langlet en maillot de bain. Ensuite parce que c'est celui qui nous a fait tomber définitivement chez les rohmériens.

 

1. Un été chez grand-père de Hou Hsiao Hsien (1984)

On aurait pu mettre un film de Rohmer en haut du podium. Mais Un été chez grand-père d'Hou Hsiao Hsien demeure l'un de nos plus beaux souvenirs de vacances au cinéma. L'influence d'Ozu, omniprésente presque autant que celle plus inattendue de Pialat, parcourt cette œuvre cristalline, lumineuse, sur deux enfants, un jeune garçon et sa petite sœur, envoyés pour quelques semaines chez leur grand-père, à la campagne, alors que leur mère est malade. Hou Hsiao Hsien compose une œuvre dense et magistrale sur l'enfance et la famille, baignée dans une atmosphère estivale captée avec un sens aigu du naturalisme. Un film limpide et précis, où chaque événement naît du détail et par la durée, dans l'agencement successif de blocs de scènes. Subtilité, grâce, lucidité et apparente simplicité font d'Un été chez grand père une pièce maîtresse de l'œuvre d'Hou Hsiao Hsien.

 

Crédit photo : Rémy Russotto


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Les 10 plus grandes apparitions de musiciens à l'écran


Posté par JDittmar le 24.07.09 à 16:38 | tags : short list, musique au cinéma

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C'est l'été, la chaleur nous fait tourner au ralenti si ce n'est de l'œil, plus très envie de travailler, plutôt de fuir. Certains sont peut-être déjà en vacances, à la plage ou ailleurs. Entre deux pauses café ou deux baignades, plutôt que les rébarbatifs mots-croisés ou consulter les infos du jour toujours très ennuyeuses, amusons nous à revisiter l'histoire du cinéma.
 
Voici le premier top d'une série estivale que vous retrouverez ici même durant quelques semaines. L'idée ? Deux axes, ici et ailleurs. Soient des listes pour ceux qui restent et pour ceux qui partent, où le sérieux et le solennel se mélangeront à la futilité et la légèreté, sans la moindre rigueur scientifique. Aucune prétention à asséner des vérités, juste le plaisir du jeu, l'envie parfois de donner à découvrir, ou la volonté d'affirmer ses goûts avec une subjectivité on ne peut plus radicale.

Pour initier cette série, nous avons choisi de commencer en musique, comme tout bon générique d'introduction hollywoodien. Voici donc le top 10 des plus grandes apparitions, en tant qu'acteur ou actrice, des musiciens, compositeurs ou interprètes, de l'histoire du cinéma.

Musique et verdict ici:

 

Voir le diaporama des dix plus grandes apparitions de musiciens à l'écran

 

 


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Top 50 des meilleures bandes-annonces de tous les temps


Posté par Slick Rick le 03.07.09 à 15:39 | tags : short list, you tube, bande annonce

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Aujourd'hui, il y a des classements pour tout et n'importe quoi : Top 50 des restaus végétariens à terrasse, Top 50 des hôpitaux uruguayens les moins bruyants, Top 50 des salaires des joueurs de NBA asiatiques, etc. C'est la société capitaliste qui veut ça, il faut être au top, sinon t'es mort bonhomme. Voilà pour la pensée profonde du jour, qui m'amène à la transition suivante : et un Top 50 des meilleures bandes annonces de tous les temps, alors, ça serait pas totalement inutile ça ?

Le site de la chaine Independant Film Channel (IFC.com), qui s'est plié à l'exercice, prouve que non. Parfois meilleure que le film qu'elle vend (au hasard Le Projet Blair Witch), la bande-annonce est un art à part entière (cf le trailer d'Alien, le huitième passager, splendide). Hitchcock, qui intervenait physiquement dans ses délicieux trailers (cf Psychose, ci-dessous), l'avait parfaitement compris, dosant habilement excitation et frustration du spectateur. Attention, ce Top 50 a la particularité, en plus d'être américano-centré, de faire abondamment saliver, même sur un film déjà vu 12 fois. Miam.

50. The Night of the Iguana (1964)

49. Autopsie d'un meurtre (1959)

48. The Barber : l'homme qui n'était pas là (2001)

47. Magnolia (1999)

46. Watchmen : les gardiens (2009)

45. Un crime dans la tête (1962)

44. Le Grand Sommeil (1946)

43. Eyes Wide Shut (1999)

42. Little Children (2006)

41. Maximum Overdrive (1986)

40. South Park, le film (plus long, plus grand et pas coupé) (1999)

39. Zabriskie Point (1970)

38. Volte-Face (1997)

37. The Strangers (2008)

36. Spider-Man (2001)

35. Le Seigneur des Anneaux (2001-2003)

34. The Minus Man (1999)

33. Where the Wild Things Are (2009)

32. Matrix (1999)

31. Corruption (1968)

30. Femme Fatale (2002)

29. Point Blank (1967)

28. The Bishop's Wife (1947)

27. A Night at the Opera (1935)

26. Speed (1994)

25. Real Life (1979)

24. La Liste de Schindler (1993)

23. Red eye (2005)

22. Sin City (2005)

21. Strange Days (1995)

20. Nola Darling n'en fait qu'à sa tête (1986)

19. Incassable (2000)

18. Sleepers (1973)

17. Charade (1963)

16. GoldenEye (1995)

15. Pulp Fiction (1994)

14. Garden State (2005)

13. Mr. Sardonicus (1961)

12. Independence Day (1996)

11. Le Projet Blair Witch (1999)

10. Shining (1980)

9. Mission : Impossible (1996)

8. The Texas Chain Saw Massacre (1974)

7. Docteur Folamour (1964)

6. Citizen Kane (1941)

5. Comedian (2002)

4. Miracle sur la 34ème Rue (1947)

3. Cloverfield (2008)

2. Psychose (1960)

1. Alien (1979)



Toutes les bandes-annonces ici.

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Les 20 héros les plus cool de la pop culture


Posté par Van le 30.03.09 à 18:35 | tags : short list

11

Harry Potter est-il plus cool que John McLane ? Han Solo plus cool que Batman ? Superman plus cool que Spider-Man ? Robin des bois plus cool que Jack Bauer ? Entertainment Weekly a sorti son top 20 des héros les plus cool de la pop culture. Et, à part peut-être le number one - James Bond, who else ? - le classement est contestable.

1. James Bond
2. Indiana Jones
3. Superman
4. Harry Potter
5. Ellen Ripley (Sigourney Weaver dans Alien)
6. John McClane (Bruce Willis dans les Die Hard)
7. Han Solo (Harrison Ford dans Star Wars : Episode 4 - Un Nouvel espoir)
8. Buffy (contre les vampires)
9. Robin des bois
10. Spider-Man
11. Mad Max
12. James T. Kirk (Star Trek)
13. Foxy Brown (Pam Grier dans les films de la Blaxploitation)
14. Will Kane (Gary Cooper dans Le Train sifflera trois fois)
15. L'inspecteur Harry (Clint Eastwood)
16. Jack Bauer (Kiefer Sutherland dans 24heures)
17. Nancy Drew (héroïne de livres pour enfants)
18. Batman
19. Atticus Finch (héros du roman de Harper Lee To Kill a mockingbird)
20. Sydney Bristow (Jennifer Garner dans Alias)

Franchement ? Ellen Ripley plus cool que Sydney Bristow ? Superman plus cool que Batman et Spider-Man ? Hérésie.


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4 idées ciné pour la Saint-Valentin


Posté par Damien L. le 13.02.09 à 11:51 | tags : short list, en salles

1

La Saint-Valentin c'est demain.
Voici nos bons et mauvais conseils ciné, selon la coloration que vous souhaitez donner à cette fête des amoureux.

 

- Ce qu'il ne faut pas faire :

. Emmener votre douce moitié voir Les Noces rebelles en lui annonçant qu'elle va assister à une grande histoire d'amour. Et la demander en mariage juste après la séance.

 
. Aller voir Salo ou les 120 journées de Sodome au cinéma l'Accatone (dans le 5ème arrondissement de Paris). La salle a beau passer fidèlement le film tous les week-ends depuis 20 ans, il existe plus glamour comme sortie.

- Ce qu'il faut faire :

. Assister à deux au retour de Jim Carrey dans Yes Man. Le couple magique qu'il forme avec Zooey Deschanel risque bien de faire craquer votre binôme.

 

. Offrir des gants à la prunelle de vos yeux, comme le fait Vinessa Shaw à Joaquin Phoenix dans Two Lovers. Symbole de protection et de stabilité, ce cadeau pourrait vous valoir à l'avenir d'heureux retournements...

 D'autres suggestions ?

 

- Consulter la Playlist St-Valentin pour amoureux (du) rock


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Top 3 des bandes annonces les plus drôles du Superbowl


Posté par Slick Rick le 03.02.09 à 12:54 | tags : short list, bande annonce, you tube, comédie


D'abord, la grande news, his-to-rique selon les experts : les Steelers de Pennsylvanie ont gagné dimanche - et pour la sixième fois ! - la finale du Superbowl !! 27 à 23, contre les Arizona Cardinals ! Pour ceux que l'exploit sportif, pourtant considérable, laisse dubitativo-réfrigérés, la grand messe superbowlesque aura aussi été l'occasion de découvrir, entre deux pubs pharaoniques, quelques bandes annonces rigolotes, en avant-première intergalactique. Hell yeah !
3. On commence par le "bas" du podium, avec Land of the Lost, remake d'une série TV d'aventure du milieu des 70's : l'histoire d'un paléonthologue qui découvre une sauvage contrée pleine de méchants dinosaures et d'insectes gros comme des hélicos. La bonne nouvelle, c'est que le courageux paléonthologue, c'est l'hilarant Will Ferrell, toujours aussi divin en imbécile très sûr de lui. La moins bonne, c'est Brad Silberling, cinéaste déjà coupable du miévrissime La cité des anges, mais aussi du plus honorable (malgré son titre) Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. Sortie le 5 août 2009.
2. On poursuit avec une autre comédie défiant le temps, Year One de Harold - Un jour sans fin - Ramis. Produit par Monsieur Judd Apatow en personne, et interprété par Jack Black, le film sera aussi l'occasion de revoir la bouille glabre de Michael Cera (SuperGrave), meilleur espoir masculin du nouveau burlesque US. Patience, il faudra également saliver jusqu'au 5 août 2009.
1. On quitte le Frat Pack pour finir avec le top du cartoon, Là-haut (Up en V.O), le dernier Pixar donc. Réalisé par Pete Docter, auteur de Monstres et Cie et scénariste des deux Toy Story, le film semble mélanger le savoir-faire du fleuron de l'animation mondiale avec l'univers aérien de Miyazaki. Sortie le 29 Juillet 2009.

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Tops cinéma 2008 : les meilleures actrices


Posté par Damien L. le 31.12.08 à 11:30 | tags : short list, actrice

8

Fluctuat continue de dresser son bilan ciné de 2008 et se penche aujourd'hui sur les comédiennes les plus marquantes de l'année. 

 

10 - Anne Consigny

Nouveau second rôle-vedette du cinéma français (Un Conte de Noël, Le Grand alibi, Mesrine : L'Ennemi public n°1, Largo Winch), elle fut toujours à la hauteur.

 

9 - Lizzy Kaplan

Dans le film-catastrophe new age Cloverfield, elle retient l’attention avec ses cheveux frisés, son humour pince-sans-rire et ses grands yeux ingénus. Ses admirateurs l'ont ensuite retrouveée dans la série télé True Blood.

 

8 - Juliette Binoche

Plus éclectique que jamais, l'actrice française a multiplié les rôles et les types de films (Coup de foudre à Rhode Island, Désengagement, L'Heure d'été, Paris, Le Voyage du ballon rouge).

 

7 - Tang Wei

Sexy et romanesque, elle fait souffler un parfum follement glamour sur le récit historique d’Ang Lee Lust, Caution.

 

6 - Catherine Deneuve

L'actrice a utilisé son statut de légende du septième art pour conférer densité et émotion au drame familial Un Conte de Noël et au docu-fiction tourné au Liban Je veux voir.


 

5 - Vinessa Shaw

Aperçue dans le western 3h10 pour Yuma, la jolie brune a surtout brillé dans le magnifique Two Lovers, en amoureuse protectrice et attentionnée.

 

4 - Angelina Jolie

Dans L'Echange de Clint Eastwood, son interprétation d'une mère-courage qui entre en guerre contre la police de Los Angeles a convaincu par son intensité tragique.

 

3 - Gina Pareño

Dans Serbis, elle gère une salle de cinéma érotique tout en veillant sur sa petite famille. Sa performance offre gravité et profondeur à ce drôle de film philippin.

 

2 - Rebecca Hall

On attendait une confrontation explosive entre Scarlett Johansson et Penelope Cruz dans Vicky Cristina Barcelona, mais c’est finalement Rebecca Hall qui illumine l’écran, en fiancée assaillie par les doutes.

 

1 - Gwyneth Paltrow

Secrétaire féerique de Robert Downey Jr dans Iron Man et voisine dépressive de Joaquin Phoenix dans Two Lovers, elle a su démontrer toute l'étendue et la variété de son registre.

 

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Tops cinéma 2008 : les meilleurs acteurs


Posté par Damien L. le 29.12.08 à 11:00 | tags : acteur, short list

16

Fluctuat continue de dresser son bilan ciné de 2008 et se penche aujourd'hui sur les comédiens les plus marquants de l'année. 

 

10 - Bouli Lanners

Nounours protecteur dans Eldorado (qu'il a lui-même réalisé) et tueur paumé dans Louise-Michel.

 

9 - Javier Bardem

Terrifiant psychopathe dans No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme et séducteur lubrique dans Vicky Cristina Barcelona.

 

8 - Guillaume Depardieu

Magnifique sans-abri dans Versailles et charismatique gourou dans De la guerre, l'acteur nous a malheureusement quittés au mois d'octobre.

 

7 - Josh Brolin

Cow-boy traqué dans No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, il interpréta ensuite un George Bush plus vrai que nature dans W. - L'improbable Président.

 

6 - Vincent Cassel

Son épatante incarnation du plus célèbre gangster français, Jacques Mesrine, habite puissamment l'ambitieux diptyque que forment Mesrine : L'Instinct de mort et Mesrine : L'Ennemi public n°1.

 

5 - Mathieu Amalric

Fils sadique dans Un Conte de Noël, cinéaste lessivé dans De la guerre, vil financier dans le dernier James Bond Quantum of Solace et compagnon de cavale de Jacques Mesrine (rôle de François Besse) dans Mesrine : L'Ennemi public n°1, Mathieu Amalric fut partout cette année, et à chaque fois excellent.

 

4 - Heath Ledger

La noirceur vénéneuse que l'acteur offre à son personnage du Joker dans le triomphal The Dark Knight, Le Chevalier Noir fut difficile à dissocier de sa tragique disparition survenue en janvier.

 

3- Toni Servillo

Entrepreneur cynique dans Gomorra et impassible leader politique dans Il Divo, le comédien a grandement contribué aux réussites italiennes de l'année.


2 - Robert Downey Jr

Super-héros aussi paradoxal que l'Amérique dans Iron Man et hilarante machine à Oscars dans Tonnerre sous les Tropiques, le beau brun a régné sur Hollywood en 2008.

 

1 - Joaquin Phoenix

Sublime amant fragile dans le mélodrame Two Lovers (élu film de l'année par la rédaction de Fluctuat), Joaquin Phoenix a annoncé à l'automne qu'il souhaitait arrêter sa carrière d'acteur.


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