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Short-list des sorties de la semaine. Voir aussi la sélection des films en salles et les chroniques des films en rubrique Cinéma.

Nous allons moins au cinéma

Posté par Van le 12.06.07 à 18:40 | tags : sorties de la semaine, box office

Qu'avez-vous fait de vos soirées depuis janvier dernier ?

Non pas que je veuille tout savoir, mais il se trouve que la fréquentation des salles de cinéma françaises entre janvier et mai est en baisse de 12,6% par rapport à la même période l'année dernière.
Ces cinq premiers mois de l'année représentent 79,7 millions d'entrées, avec 47,4% de parts de marché pour les films français, et 42,8% pour les films américains.
Un exploit si l'on compte les sorties de Pirates3 et Spider-Man 3 finalement.

Les sorties de la semaine vous donneront-elles plus envie de retourner dans les salles obscures ?
Entre Bande de sauvages, un bon gros nanar ricain bien vulgaire, et A l'intérieur, un excellent film d'horreur gore, et français avec ça ; Faussaire, de l'américain plus classe et classique, et Shrek 3, la suite de la suite des aventures de l'ogre vert ; Syndromes and a century, tout en sensibilité et fragilité, et Et toi, t'es sur qui ?, ou l'adolescence qui s'ouvre à la sexualité.
Qui n'a pas trouvé chaussure à son pied ?

Sur le mag : lire les chroniques de Bande de sauvages, et de A l'intérieur.
MàJ : Faussaire, Syndromes and a century et Shrek le troisième, online.


Allez au cinéma !

Posté par Van le 11.04.07 à 10:34 | tags : flu, le mag, sorties de la semaine


En ce beau mercredi de printemps, chers lecteurs - si seulement vous parvenez à me lire - allez donc au cinéma.
Quelques problèmes techniques - on m'informe à l'instant que nous faisons face à un mini-tsunami technique - entravent la lecture des blogs ainsi que les commentaires, et nous en sommes contris. Des personnes qualifiées sont sur le coup, mais en attendant, pour savoir si vous irez plutôt voir Play ou Sunshine, le dernier Danny Boyle, (en attendant Anna M ou Le Candidat, coincés dans les tuyaux) c'est par ici que ça se passe.

MàJ : Le Candidat a pu être extirpé des tuyaux, le voici ! 


Sorties en salles du 10 janvier

Posté par Manu le 10.01.07 à 14:33 | tags : sorties de la semaine, en salles

Une superproduction américaine prétendant reconstituer l’étrangeté de l’empire maya (Apocalypto), un polar hongkongais nerveux et alambiqué (Election 2), une comédie musicale version gangsters noirs au temps de la prohibition (Idlewild), un thriller français violent et âpre (Le Serpent)… voilà du cinéma qui cherche à tout prix à nous en mettre plein les yeux. Du spectacle, de l’argent, et souvent, du sang en veux-tu en voilà. Du spectaculaire pour grand écran.  Et pourtant, le film le plus efficace de la semaine, celui qui ne rate pas son coup, qui fait rire sans coup férir, tient lui à très peu de choses. Trois acteurs, un table, une caméra immobile – ou presque – et vous avez 12h08 à l’est de Bucarest, une comédie roumaine d’un tout nouveau venu, Corneliu Porumboiu. En 1h29, avec trois fois rien, il nous dit tout – ou c’est tout comme – sur la Roumanie actuelle et son rapport à son Histoire. Le tout sous la forme d’un humour redoutable on ne peut plus inventif. Une sorte de burlesque en chambre, qui tient dans quelques mètres carrés.
Comme quoi le cinéma n’a ni besoin de déployer des moyens gigantesques ou des castings en or massif – dans tous les sens du terme – (pensons à Fur avec Nicole Kidman, ou L’Incroyable destin de Harold Crick avec Dustin Hoffman et consorts)   pour impressionner nos rétines et surtout nos mémoires.
Autres films : Bad Times, Le Violon, L’Etrangère, Le Petit peintre du Rajasthan, Requiem for billy the kid, Saimir, Stick it, What a wonderful world. Et surtout l’indispensable réédition de The Wicker man, un thriller anglais avec Christopher Lee : immanquable !

Sorties en salles du 27 décembre

Posté par Manu le 27.12.06 à 18:36 | tags : sorties de la semaine, en salles

Faut-il être à la pointe de la modernité pour être moderne ? Apparemment pas, si l'on en croît le dernier film de Pascal Thomas, le bien nommé Grand appartement. Cette auberge espagnole accueille un casting pour le moins hétéroclite et se fiche de la bienséance et des modes. Et pourtant, il se révèle bien plus en phase avec notre monde versatile que bien des films prétentieux. Quand je dis prétentieux, je pense à ceux qui se veulent à tout prix modernes, soit par des prouesses virtuelles et vaines (voir The Fountain de Darren Aronofsky), soit en mêlant la métaphore à une violence crue et vide (voir Transe de Teresa Vilaverde, un film sans concessions sinon à une noirceur ambiante et finalement de bon ton).
Comme quoi, saisir l’air du temps, ce n’est pas donné à tout le monde, et demande du talent. Surtout si on veut en faire naître le rire. Et le rire, ça demande du boulot. Ce que, soit dit en passant, semble parfois oublier certaines comédies qui préfèrent surfer sur les vagues de la facilité, tel The Holiday – quoique que se blottir au chaud, dans une salle de cinéma, avec Cameron Diaz (ou pour les dames, Jude Law) ne soit pas déplaisant.
Parmi les autres sorties de la semaine, extrayons deux étrangetés qui, elles aussi, n’ont que faire de la modernité : la suite tant attendue par des millions de spectateurs L’Homme qui sauva le monde, au titre si évocateur : L’homme qui sauva le monde : le retour, un ovni turc à l’humour probablement intersidéral ; et La Montagne sacrée, une reprise de Jodorowsky
Autres sorties : Darat – saison sèche, Les petites fleurs rouges, The Grudge 2, Le Lièvre de Vatanen  
 

Sorties en salles du 13 décembre

Posté par Manu le 13.12.06 à 18:38 | tags : sorties de la semaine, en salles

Cette semaine, c’est un peu Noël avant l’heure : quelques miracles, des cadeaux plus ou moins inattendus et des gâteaux trop sucrés.
Le premier miracle, c’est Luc Besson qui déclare que Arthur et les Minimoys - qui aurait pu tout aussi bien reprendre le titre du dernier Tony Scott, Déjà vu (ill. gche), tant le réalisateur français nous montre une nouvelle fois que son seul talent est de savoir piquer à droite et gauche les recettes qui marchent - serait son ultime film. A l’annonce d’une telle nouvelle, certains – dont l’auteur de ses lignes - se réjouiront certainement. Ce serait néanmoins oublier qu’il nous a déjà fait le coup du grand départ et que, de toute manière, il continuera à sévir en tant que producteur. Aussi, plutôt que de fêter cette vraie fausse sortie, applaudissons Hors de Prix (ill. dte), un vrai miracle ou presque : une comédie française réussie, c’est suffisamment rare pour être célébrer. Mais pouvions-nous en attendre moins du talentueux Pierre Salvadori ? Il y a en effet des valeurs sûres qui nous déçoivent rarement.
Comme d’ailleurs la nouvelle vague qui Outre Rhin creuse son sillon et marque son territoire discrètement mais sûrement. Après Montag, sorti il y a quelques semaines, c’est au tour de Requiem (ill.cent.) – un autre titre que le saint Luc des multiplexes aurait pu s’attribuer, tant il joue son va-tout avec le coûteux Arthur – de venir nous le rappeler. Un cadeau de Hans Christian Schmid, qui nous offre là une œuvre sombre mais habitée. Ce qui est loin d’être le cas de la plupart des films à l’affiche, y compris quand ils sont signés de réalisateurs prétendument talentueux ; en guise d’exemple cette semaine, La Flûte enchantée d’un Kenneth Branagh toujours aussi pompeux et prétentieux : une sorte de gros gâteau artificiel, qui n’a d’intérêt que sa musique, composée par un type qui ne manque pas de génie, lui.
Pour finir, la vraie surprise, le vrai cadeau de la semaine : la réédition de El Topo, un western mexicain du délirant Alejandro Jodorowsky. Il nous vient de 1970, époque bénie où le cinéma pouvait se permettre quelques audaces dorénavant proscrites. Nostalgie de fin d’année, quand tu nous tiens…
Autres sorties : Une jeunesse comme aucune autre, La Pacte du sang.

Sorties en salles du 6 décembre

Posté par Manu le 07.12.06 à 12:04 | tags : sorties de la semaine, en salles


Dans Brewster McCloud, un « vieux » film de Robert Altman, les morts ressuscitaient pour venir parader avec les vivants sous un immense chapiteau de cirque. Le spectacle continuait, au-delà des rires et des pleurs. Leçon de vie que le cinéaste a mis en scène plus d'une fois, et ce jusqu'à son dernier tour de piste intitulé The Last show (illus. gauche). Cet ultime titre est incontestablement le film à voir en ce moment, tout simplement parce qu'il est le dernier d'un des plus grands cinéastes américains. Le noyer dans les sorties de la semaine (par ailleurs riches en images intéressantes : Paprika - illus. centrale -, Hors jeu, L'intouchable, Happy Feet - illus. droite), comme une production lambda soumise aux lois de la distribution, serait d'une cruelle indécence. Altman fut et restera l'égal d'un Martin Scorsese ou d'un Francis Ford Coppola. Son oeuvre est immense, versatile, inégale, toujours rétive aux systèmes et aux modes tout en restant en phase avec le monde. Il s'est éteint après une carrière de 50 ans entièrement au service du cinéma. Par respect pour cet inventeur et créateur hors norme, mais aussi pour le simple plaisir d'un film libre et joyeux, il ne faudrait pas passer à côté de son dernier tour de piste, tout à la gloire du chant, des femmes et du spectacle. De l'essentiel, en somme. The Last Show est donc à voir avec le plaisir de la découverte, de la nouveauté, de la surprise. Un plaisir que l'on ne pourra plus partager avec Robert Altman.
Autres sorties : Fragments sur la grâce, Le cheval de Saint Nicolas, Madame Irma, Mauvaise foi, La Nativité, Red Road, Le Regard.

Je pense à vous : cru mineur

Posté par Marc le 04.12.06 à 10:30 | tags : sorties de la semaine, en salles
Coincé entre les prix littéraires et le début de l’hiver, est arrivé le nouveau Bonitzer. Je pense à vous dit son titre trompeur. «…à vous», ce n’est pas nous, le public, semble-t-il. Alors, à qui pense vraiment Pascal Bonitzer en réalisant ce film ? Pas à ses acteurs non plus, nombreux et talentueux, mais dont les personnages sonnent un peu creux car trop légers, trop évanescents, voire caricaturaux. Ils ne sont pourtant pas à blâmer. Edouard Baer est drôle sans en faire trop, Hippolyte Girardot papillonne gaiement, et Géraldine Pailhas, superbe et touchante, tire son épingle du jeu avec charme et justesse, comme souvent. Non, il pense plutôt au milieu littéraire qu’il connaît si bien, à l’édition parisienne et ses petits secrets dont il se serait inspiré…peut-être. Cette démarche plutôt vaine et nombriliste aurait très bien pu être sauvée par des idées de mise en scène ou l’instauration d’un climat particulier.

Rien de tout cela n’arrive hélas. Le rythme est bancal, alternant entre rebondissements exagérés et temps morts involontaires. La caméra semble posée au hasard, sans idée, se reposant sur la qualité de dialogues qui ne suffissent pas à cacher un certain vide. Difficile dans ces conditions, de s’intéresser aux chassés-croisés de ces «parisiens d’élite». Heureusement, quelques saillies verbales de qualité font naître un sourire : c’est maigre. Ne cachons pas notre déception : cette étrange collaboration, prometteuse sur le papier, entre Marina de Van, co-scénariste, et l’auteur de Petites coupures n’aboutit pas vraiment. A l’image de son précédent film, Pascal Bonitzer ne sait pas quel chemin choisir parmi les diverses pistes suggérées. Dommage, car l’inquiétante Marina de Van (Une robe d’été, de François Ozon; Dans ma peau) semblait ouvrir une voie, vite abandonnée, entre le fantastique et le démoniaque, qui titillait la curiosité. Le Bonitzer nouveau est donc un cru mineur…que l’on aurait cru meilleur. Il arrache des sourires, rares, mais n’étanche pas notre soif de cinéma, et à peine notre faim de mots.

Je pense à vous
Un film de Pascal Bonitzer, avec Edouard Baer, Charles Berling, Marina de Van, Hippolyte Girardot, Géraldine Pailhas
Sortie en salles le 29 novembre 2006

Sorties en salles du 29 novembre

Posté par Manu le 30.11.06 à 18:13 | tags : sorties de la semaine, en salles

C’est le retour des grosses pointures : Martin Scorsese et Paul Verhoeven. Est-ce pour autant le retour des grands films ? Avec Les Infiltrés (ill. dte), le new-yorkais revient à son genre de prédilection, le film noir, et adapte Infernal affairs, le 1er volet d’une trilogie estampillée HK. Le résultat a beau être applaudi par la critique, qui y voit un polar sur la corruption et l’infiltration du mal, on peut penser que ce film a un goût de déjà vu (et son statut de remake n’a rien à voir dans l’affaire). Scorsese a déjà fait mieux dans le genre, plus dense et plus nerveux. Ce qui n’enlève rien malgré tout au mérite du film, efficace et avec un Jack Nicholson exubérant comme on l’aime – ou non.
Quant à Paul Verhoeven, il revient en Hollande après vingt ans d’exil et en profite pour nous dire qu’il se fout de tout… sauf de femmes. Black book (ill. cent.) est en effet un grand n’importe quoi, caricatural et sans l’ironie mordante ni le sarcasme qui caractérisent ses meilleurs œuvres. Ce film, qui se voudrait cru et troublant mais ne trouve jamais son ton, est d’une bêtise crasse. Reste néanmoins à sauver le portrait d’une femme prête à tout pour survivre, jouée par une actrice habitée par son rôle. La presse, toujours prompte à saluer les produits frelatés, n’a pas dérogé à la règle et l’a accueilli avec de biens prévisibles louanges.
Un italo-américain qui fait un polar sur la mafia irlandaise en s’inspirant du cinéma asiatique, un hollandais qui tourne le dos à l’Amérique de l’Oncle Sam et s’en va filmer dans son plat pays… Qui a dit que le cinéma n’était pas assez cosmopolite ? Certainement pas les rongeurs de Souris city (ill. gche), derniers nés du studio britannique Aardman mis au monde grâce aux dollars de Dreamworks. Ni le belge Jean-Claude Van Damme qui fait une apparition très aware dans L’Exam, un thriller… turc ! ; ou le jeune argentin qui se met au zen dans Le Bouddha de Buenos Aires, et l’ado néo-zélandais de 2h37 dont les affres rappellent furieusement les angoisses du très américain Elephant. Ou encore les distributeurs hexagonaux qui nous permettent de découvrir parfois des petits bijoux comme Madeinusa, un film sud-américain qui en remontre à bien des pseudo chefs d’œuvre surfaits (voir plus haut).
L’heure est donc au village globale. Pendant ce temps, en France, on se croit moderne en faisant des vaudevilles avec téléphones portables en guise de deus ex machina (Je pense à vous, le 4ème long de Pascal Bonitzer). Tout ça commence sérieusement à sentir le réchauffé et le rance.
Autres sorties : La Faute à Fidel, Imagine me and you, Shop girl, Distorsion.

Sorties en salles du 22 novembre

Posté par Manu le 23.11.06 à 09:25 | tags : sorties de la semaine, en salles

 La culture populaire est à l’honneur : Alain Resnais avoue l’influence de la série télé X-Files sur la réalisation de Cœurs (ill. cent.) ; James Bond revient à la vie dans Casino Royale (ill. dte), tout beau, tout neuf, tout dur ; Bong Joon-ho revisite le film de monstre dans The Host (ill. gche), avec une vision riche et décalée, celle qui fit le succès de Memories of murder ; Saw arrive à son troisième niveau (vers le bas?) ; la comédie musicale chinoise explose en couleurs et en mouvement dans Perhaps love… Qui a dit que le cinéma ne parlait pas à la fois au grand public et au cinéphile exigeant? Certains de ces titres pourraient bien prouver le contraire…
Ce qui n’empêche pas bien sûr les sorties plus « lourdes », c’est-à-dire moins légères a priori dans leur approche de la vie et du cinéma. Le film allemand Montag, avec sa description d’un étouffement familial, confirme l’intelligence du ciné d’outre-rhin. Quant à Maïwenn, ex-madame Besson, elle nous fait le coup du cinéma vérité avec sa petite caméra et ses problèmes de génération, et en plus ose dire Pardonnez-moi. « Génial et bouleversant » s’écrie Psychologie mag’ et quelques autres titres vaguement féminins, mais on me permettra d’avoir des doutes.  
Pendant ce temps, loin des irréalités de la vie et des fantasmes, Christophe de Ponfilly continue de nous entretenir de la situation afghane dans L’Etoile du Soldat. Ce documentaire raconte l'expérience d'un soldat soviétique pendant la guerre en Afghanistan en 1984. Au rayon « la réalité, c’est dure, et ça se montre», on a également Allez, Yallah, un doc tourné dans nos banlieues sur la difficile conditions des femmes d’aujourd’hui, musulmanes ou non. Un film féministe réalisé par un homme, c’est Maïwenn qui va être contente. Ou Ariane Mnouchkine. Ariane la grande qui est présente dans les sorties avec Le dernier Caravansérail (Odyssées), un film de 4h30, recréation pour la vidéo de son magnifique spectacle du Théâtre du soleil. Long, mais prenant et essentiel par sa description ample de la place de l’immigré dans nos sociétés occidentales.
Autres films : Trust the man (ou la rencontre improbable entre Fox Mulder et Clarice Starling, alias David Duchovny et Julianne Moore) ; Le Petit monde de Bahador (trois courts d’animation venus d’Iran)

Sorties en salles du 15 novembre

Posté par Manu le 16.11.06 à 14:19 | tags : sorties de la semaine, en salles

Au menu de cette semaine, mondialisation, mondialisation et mondialisation. On nous la sert à toutes les sauces, façon thriller exotique qui-fait-grincer-les-portes-sans-effrayer- personne (Le Concile de pierre) ou documentaire réflexif et critique (Ma mondialisation, un doc qui donne la parole au chefs d’entreprises dépassés par les événements). On a aussi la version « aimez vous les uns les autres » de Babel (illus.gche), signé par le désarmant Alejandro González Iñárritu : après les récits croisés au Mexique (Amours chiennes) puis aux Etats Unis (21 grammes), voilà qu’il nous ressert le couvert à l’échelle de la planète. Gageons que son prochain film sera interplanétaire… En attendant, on pourra préférer les bavardages interlinguaux de There is no direction, un autre doc français qui laisse les cinéastes de tous poils et de tous horizons parler de leur métier. On y croise beaucoup d’amerloques (Spike Lee, Ferrara, Coppola…) mais aussi des argentins, yougoslaves, turques, indiens et même des français. A côté de ce mélange de saveurs, pas toujours recommandables il est vrai, je ne saurai trop conseiller de choisir la plus épicée, celle qui a fait s’esclaffer Groucho Marx depuis sa tombe et s’étouffer George Bush Jr : Borat (illus. dte), ou – j’ose le mot – le film le plus roboratif du moment. A mettre devant tous les yeux, surtout des pro-étasuniens (si après ça, on ne m’accuse pas d’anti-américanisme primaire…).
Mais l’actualité ne se résume pas à l’extension du village du global et à ses méfaits. Aussi au rayon « douceurs du moment », on trouve aussi les guerres civiles (Kigali, des images contre un massacre de Jean-Christophe Klotz, et El Perro Negro, sur le conflit qui déchira l’Espagne dans les années 1930-40), le conflit israélo-palestinien (News from House / News from Home d’Amos Gitaï) et la torture pratiquée par nos pères (Mon Colonel, un film genre Dossiers de l’écran, dont le scénario a été écrit par le subtil et jamais démonstratif Costa-Gavras, également producteur).
Et si vous êtes allergiques aux moustaches abondantes ou êtes effrayés par la réalité et pensez que le cinéma doit avant tout faire rêver (poil au nez !), il vous reste les tours de passe-passe concoctés par Christopher Nolan dans Le Prestige (illus. cent.). Ou la découverte des richesses du nouveau monde, guidé par un journaliste du Kazakhstan tout en poils et mauvais goût. C’est beau, c’est drôle, et ça s’intitule… Borat.
Autres sorties : Sexy dance, Je m’appelle ElisabethBab’Aziz, le prince qui contemplait son âme, Hamaca Paraguaya, Between a Smile and a Tear
   

Sorties en salles du 8 novembre

Posté par Manu le 08.11.06 à 18:50 | tags : sorties de la semaine, en salles

L’Histoire ressemble parfois à un disque rayé. Il nous rejoue toujours le même air, de manière heurtée et agaçante, en cassant la mélodie. Dans l ‘histoire du cinéma, cette rayure se situe entre les années 60 et 70. Considérées comme un âge d’or dont seraient sortis nombre de nouveaux talents et de nouvelles formes, ces années-là n’en finissent pas d’être répéter par un cinéma en mal d’avenir. Jusqu’au bégaiement. A croire qu’à l’ère du numérique, il a besoin de se forger une nouvelle identité en passant par la case des origines. Alors, quand ce n’est pas Spielberg qui croît être rugueux et adulte en singeant les zooms vus dans les seventies (Munich), ce sont des flopées de jeunes cinéastes qui pondent leurs remakes horrifiques en pensant tuer le père tout en lui rendant hommage. Pour quels résultats ? Souvent nuls, en tout cas, pas particulièrement vivifiants pour le cinéma, condamné pour encore quelques années à se singer lui-même. A quand les remakes d’Orange mécanique ou d’Apocalypse now ? En attendant ces possibles horreurs, on pourra constater cette semaine que ce regard en arrière fait effectivement plus de mal que de bien.
Entre Antoine De Caunes qui se la joue cinéaste et essaie péniblement de faire rire avec des stars rouillées, censées incarnées des idoles des années 70 (Désaccord parfait, ill. cent.), et Brian De Palma qui, trente ans après ces premiers grands opus, nous refait encore et toujours le même film, mais de façon de plus en plus maladroite (Le Dahlia Noir, ill. gche), on s’interroge sur la nécessité d’un tel retour au passé. Un effet de mode ? Un pur effet de style, éloigné de ces fonctions premières ? On peut le penser, en particulier en regardant Shortbus (ill. dte). Film qui chante la libération par le sexe, en se référant aux années érotiques, il dit aussi le désenchantement consécutif à cette libération. Les années 60 et 70 furent l’ère des utopies. Ce début de siècle sera celle de la résignation et du jouir entre soi. Triste constat, qui n’empêche pas malgré tout ce film de trouver son ton. Ce qui est également le cas de Libero.
Ce film italien, le premier réalisé par l’acteur Kim Rossi Stuart, est à l’image des comédies italiennes d’il y a trois ou quatre décennies : tour à tour drôle et cruelle. Mais pour une fois, le modèle, convoqué uniquement par l’esprit, n’écrase pas. Cette amertume n’est pas le signe d’un désenchantement, comme dans le film de John Cameron Mitchell. Il est un juste produit de la lucidité. Et cette lucidité n’a pas d’âge, pas d’accroche temporelle. C’est peut-être là que ce situe l’avenir du cinéma, aussi. Dans une juste intelligence, une sensibilité humaine, qui ne réduiraient pas le monde à quelques motifs supposés indépassables. Et qui verrait enfin la richesse des possibles qui s’offre à son objectif.
Autres sorties : C’est beau une ville la nuit (le roman était déjà plus que négligeable, alors le film…), Toi, moi… et Duprée (relecture US de Viens chez moi, j’habite chez une copine ; vive l’originalité), Nouvelle chance (Vous pouvez supporter les chants d’Arielle Dombasle ? Moi pas),  Les Fragments d’Antonin, Princesas, Vivre dans la peur (un inédit d’Akira Kurosawa, sorti en DVD le 3 novembre).

Sorties en salles du 25 octobre

Posté par Manu le 25.10.06 à 19:46 | tags : sorties de la semaine, en salles

Evitons les superlatifs, qui effraient plus qu’ils ne séduisent. Parce que Clint Eastwood n’en a plus besoin. Et parce que Mémoire de nos pères (illus. gche), loin d'être un simple film sur la guerre (la reconstitution de la bataille d’Iwo Jima n’occupe d’ailleurs qu’une petite partie du film), parle avant tout du relativisme de toute chose. Humblement, simplement, et néanmoins avec une maîtrise de la mise en scène et du montage qui laisse pantois. Chez lui, les héros n’existent pas, les hommes sont prisonniers de machines politiques et guerrières qui les écrasent, et seuls comptent les liens d’amitié et de la filiation. Liens que le cinéma se charge de rejouer avec le spectateur. Eastwood est donc un humaniste, et ça se sent dans chaque seconde de son film.
Humaniste, Azur et Asmar (illus.cent.), conte sur la nécessaire tolérance entre les peuples, tente aussi de l’être. mais c’est avant tout par ses images virtuelles qu’il nous touche. Loin des modes et du naturalisme, Michel Ocelot creuse son sillon, et comme Eastwood, sans plastronner, affirme son assurance et son talent.
Voici deux créateurs qui, par delà les âges (Eastwood a 76 ans !), s’expriment avec toute la vigueur et la sagesse de leur art. Ce qui est loin d’être le cas d’Aki Kaurismaki. Les Lumières des faubourg (illus. dte), sans être poussif loin de là, ressemble à son créateur. Placide, un peu je m’en foutiste, mais à l’humour à froid qui fait souvent mouche. Loin du cynisme ambiant, il fait malgré tout du bien de s’y laisser embarquer.
Autres sorties : Poltergay (la comédie débile de la semaine, avec acteurs à la dérive et spectres homos), Alex Rider : Stormbreaker (James Bond version ado), Last kiss, La Balade des éléphants (pour amateurs d’animaux savants et bavards), Flicka (pour amateurs d’animaux savants qui ont la bonté de ne pas parler), Le Saltimanque, Nuremberg, les nazis face à leurs crimes. Après cette litanie, signalons tout de même La Californie, le premier film de Jacques Fieschi. Très décrié, il n’a pas fait l’unanimité à Fluctuat. Mais il cherche un ton original qu’il parvient parfois à trouver. A voir donc, par curiosité, et pour Nathalie Baye. Et Là-bas, parce qu’un documentaire de Chantal Ackerman, c’est toujours un moment d’intelligence dans un désert médiatique.

Sorties en salles du 11 octobre

Posté par Manu le 11.10.06 à 17:09 | tags : sorties de la semaine, en salles

Quitte à paraître chauvin, il me semble important de constater que le hasard de la distribution nous a offert ces dernières semaines une belle brochette de films français. Et ce ne sont pas les sorties du 11 octobre 2006 qui vont me contredire. Hier Flandres, Jardins en automne, Quand j’étais chanteur, Les Anges exterminateurs, Président, Indigènes, Le Pressentiment, Transylvania, Dans Paris, aujourd’hui U (illus. centr.), L’Homme de sa vie (illus. gche) et Un Crime, et bientôt Lady Chatterley et Ne le dis à personne… Autant de titres différents, variés, controversés, discutables, qui prouvent s’il était encore besoin que le cinéma français ne se résume pas à la sempiternelle comédie débile – même si celles-ci tendent à se multiplier – ni au film parisien, intello et bavard.
D’ailleurs, dans un entretien que Christophe Honoré a accordé à Fluctuat, à la question « qu’est-ce qu’un film français ? », le réalisateur de Dans Paris répond par ces jolis mots : « un film français est un film qui se soustrait à l’évidence du temps et de l’intrigue, pour placer l’instant au centre de son récit ». Une réponse comme une autre, mais qui me semble correspondre assez bien à une certaine qualité du cinéma hexagonal. Et qui donne un bon aperçu du dessin animé de Grégoire Solotareff et Serge Elissalde et du second film de Zabou Breitman. Qualité qui permet, pour le premier, de passer outre l’approximation de l’animation et des couleurs qui pourraient rebuter ; et, pour le second, de mettre côté certaines afféteries de mise en scène afin d'apprécier la sensibilité à l’œuvre.
Ces sorties, noyées avec tant d’autres (Friends with money, Pulse, La Nonne, Bye bye blackbird, Viva Cuba, Mongolian Ping Pong, Confetti, Ushpizin, Now ! Hadouk Trio Paris Jazz Club, Banlieues : sous le feu des médias) au milieu du flux qui se déverse sur les écrans, ne doivent pas pour autant nous faire oublier la vitalité du cinéma US dit indépendant. Vitalité qui ne date pas d’hier. Alors que triomphe en salles la comédie Little Miss Sunshine (plus de 400 000 billets vendus !), Mala Noche, le premier film de Gus Van Sant, inédit depuis 20 ans, sort enfin des placards. Pas trop tôt. Cela aurait pu aller plus vite. Surtout que, si l’on en croit Une vérité qui dérange (illus. dte), doc sur le réchauffement de la planète avec Al Gore dans le rôle de Madame Soleil, nos jours sont peut-être comptés.

Sorties en salles du 4 octobre

Posté par Manu le 04.10.06 à 17:22 | tags : sorties de la semaine, en salles

Cinéma et littérature, un vieux mariage qui pourrait sembler contre nature (le cinéma est avant tout un art de l’image, et non des mots) mais qui s’explique par l’injonction qui est faite au septième art de nous raconter des histoires, encore et toujours. Au point que le scénario est parfois devenu plus important que le film lui-même. Ce déséquilibre conduit d'ailleurs à une union qui, comme cette semaine, se fait plus souvent pour le pire (Le Parfum - illus. gche -, Le Grand Meaulnes) que pour le meilleur (Le Pressentiment - illus. dte -, où Jean-Pierre Darroussin réactualise un roman de 1935 et en donne une vision personnelle).
Ah il est loin le temps où les cinéastes partaient à l’aventure sans scénario. Un temps que les moins de vingt ans connaissent peu, celui où Jean-Luc Godard filmait presque à l’improviste Anna Karina et Jean-Paul Belmondo. C’est justement l’esprit de cette époque que retrouvent Tony Gatlif avec un Transylvania en liberté et surtout Christophe Honoré avec Dans Paris (illus. cent.). Cinéaste jusqu’alors plutôt confidentiel et extrême (17 fois Cécile Cassard, Ma mère d’après Georges Bataille), ce dernier prouve qu’il peut aussi composer une comédie amère, qui ne renierait ni l’intelligence ni le grand public. Espérons que le succès rencontré au Festival de Cannes se prolonge au delà de sa sortie en salles.
Pour le reste, ceux qui aiment le cinéma corsé et inconfortable pourront toujours aller faire un tour du côté de Princesse, un film danois qui mélange animation et prises de vue réelles. Interdit au moins de 16 ans tout de même, en raison de brèves visions pornos et d'une grande violence.
Autres sorties en salles : Click (comédie poussive avec Adam Sandler et Christopher Walken, qui ne sait plus sur quel pied danser) ; Pour aller au ciel, il faut mourir (le nouveau film de Djamshed Usmonov, après le magnifique L'Ange de l’épaule droite) ; Histoires du coin de la rue (trois courts-métrages à ne pas rater de feu Osamu Tezuka, le père d’Astro le robot et grand parmi les grands de l’animation japonaise) ; Phat girlz ; Family portraits (un ensemble de trois histoires violentes, cruelles et bien américaines qui valent apparemment le détour) ;  Exes (un polar d’horreur signé du pornographe Martin Cognito – il paraît que c’est un pseudo - avec, excusez du peu, Samuel Le Bihan, Grégoire Colin , Tom Novembre et Abel Ferrara  !); C'est pas moi!; Bric à brac; Les 5 mondes.
15 films en une seule semaine! On ne le répètera jamais assez : tout cela ressemble à un suicide collectif!

Sorties en salles du 27 septembre

Posté par Manu le 27.09.06 à 14:15 | tags : sorties de la semaine, en salles

Cinéma de la lutte, cinéma en lutte... les images sortant cette semaine se veulent aussi politiques et revendicatives. Avec en tout premier lieu, Indigènes (illus. gche) de Rachid Bouchareb, produit par  Jamel Debbouze. Au delà du fait que le film milite explicitement pour la reconnaissance des anciens combattants venus de nos anciennes colonies et pour le versement des pensions qui leur sont dues, et avec tout le respect que l'on peut avoir pour son réalisateur et ses interprètes, évidemment sincères, on peut s'interroger: ce film ne cherche-t-il pas à valoriser un sentiment nationaliste chez nos jeunes issus de l'immigration et qui seraient soi disant en mal de repère? Les propos de l'acteur-producteur disséminés ici et là ne font d'ailleurs aucun doute. On peut seulement se demander si le cinéma doit servir aussi à ça et surtout si finalement le propos de ce film, qui use parfois de moyens propagandistes (simplification et détournements des faits historiques) ne se retourne pas contre lui. Au fond, Indigènes ne parle peut-être pas tant des anciens combattants que des immigrés d'aujourd'hui, en mal de reconnaissance. Ce qui pose un certain problème, je crois, car on ne mélange pas les temps impunément. Relire le passé à l'aune du présent est une erreur qui débouche parfois sur le contresens. Cette ambiguité, on ne la retrouve acuncunement dans le document efficace de fernando Solanas, La Dignité du peuple (illus. centr.) qui fait suite à son Mémoire d'un saccage, lui aussi film de mémoire sur les années noirs qu'a connu l'Argentine contemporaine. Ni dans les chansons d'un Neil Young, qu'un réalisateur talentueux et ami, Jonathan Demme, a filmé en concert - ce qui a donné le beau Heart of gold (illus. dte).
Néanmoins, toutes réserves mises à part, il faut bien reconnaître que Indigènes et ces derniers films ne manquent pas de souffle. On y voit un cinéma confiant en son pouvoir. Ce qui est loin d'être le cas dans le verbeux et ennuyeux Les Amitiés maléfiques. Ou dans Le Diable s'habille en Prada, comédie US efficace mais qui ne prend aucun risque et s'enfonce dans la bête caricature. On peut y préfèrer la virulence des films engagés, mêmes maladroits.
Autres sorties : Hard Candy, Voiture de luxe, Monsieur et monsieur, She's the man

Sorties en salles du 20 septembre

Posté par Manu le 20.09.06 à 11:34 | tags : sorties de la semaine, en salles

Ô Ecran, mon bel écran, dis moi quel sera le film le plus politique de la semaine? Qui de World Trade center d'Oliver Stone ou de Président de Lionel Delplanque (illus. cent.) parviendra le mieux à parler du réel sans se couper du spectaculaire? De prime abord, on pourrait penser que le film de Stone sur le 11 septembre 2001 est d'emblée disqualifié, par son mélange de pathos, de musique dégoulinante et de pro-américanisme exacerbé. Mais si l'on en croit la chronique du film dans Fluctuat, il serait peut-être bon d'y voir de plus près. A l'inverse, le film mettant en scène Dupontel en régent imaginaire de la Ve République  est  finalement plus inoffensif et anodin qu'il ne le laissait espérer. Dommage... Ce qui ne l'empêche pas de receler quelques bonnes trouvailles. A côté de ces deux films qui tentent de s'inscrire dans une actualité brûlante, on trouve Les Aristos (Illus. dte), exemple édifiant de "machin" - oserons-nous même le qualifier de téléfilm? - qui prétend parler par la satire d'une réalité bien spécifique mais en fait ne dit rien sur rien et ne fait rire personne. L'absolu contraire de L'Accordeur de tremblements de terre (illus. gche), le nouveau long métrage des frères Quay, surdoués de l'image par image: une profusion de thèmes et d'onirisme pour une richesse visuelle rare. A voir comme un objet unique, tout en acceptant parfois l'ennui et l'insatisfaction de ne pas y comprendre grand chose et de s'en sentir parfois exclu. Ce qui sera toujours mieux que le néant méprisant proposé par De Turkheim. Ainsi des catastrophes du 11 septembre aux songes éveillés des salles obscures, il y a une marge où chacun pourra trouver son chemin. Et tout ça, pour la gloire de la machine à rêves et... à penser.

Sorties en salles du 13 septembre

Posté par Manu le 13.09.06 à 19:32 | tags : sorties de la semaine, en salles

Deux films très différents ont particulièrement retenu notre attention cette semaine : A Scanner Darkly et Quand j’étais chanteur. Présents tous deux au dernier Festival de Cannes, il semble que tous les opposent : d’un côté un film américain aux images retravaillés numériquement, de l’autre, une histoire d’amour enveloppée de chansons bien françaises et de paysages d’Auvergne. Pourtant chacun témoigne de ce qu’il y a peut-être de plus précieux au cinéma : le regard d’un cinéaste. Ces deux films relèvent d’une vision personnelle, d’une sensibilité qui tente par l’artifice de la mise en scène de retrouver une certaine vérité de l’existence humaine et en même temps de transmettre une émotion vraie, une sensation de réalité. Impression paradoxale – et malheureusement  pas accomplie de bout en bout - pour un film, A Scanner Darkly, qui parle de paranoïa et de visions sous acide. Et profondément émouvante pour le film de Giannoli qui nous offre là un des plus beaux films français de cette année, avec un Gérard Depardieu enfin réveillé. Pour le reste, déplorons que Avida de Kervern et Delépine ne renouvelle pas la réussite d’Aaltra, leur premier long ; et précisons qu’il serait dommage de balayer d’une main le nouveau film de Jean-Claude Brisseau, Les Anges exterminateurs. Tour à tour drôle et ridicule, éclairé de manière sublime ou banale, il ne se laisse pas facilement circonscrire. Même si sa dernière demi-heure, parfaitement inadmissible, consiste en une auto-défense qui fait suite à sa condamnation pour abus sexuel et aurait bien plus sa place dans un tribunal que dans une salle de cinéma.
A voir également, si le cœur – et le porte monnaie - vous en dit : Ma super ex (Uma Thurman en Superwoman jalouse et possessive ; une bonne idée qui encore une fois achoppe) ; Thank you for smoking ; Love song (Travolta enlassant Scarlett : c’est comme donner du caviar à un cochon) ; Barakat ! ; Esquisses de Frank Gehry et Jugez moi coupable (ou comment les deux Sidney, Pollack et Lumet, vieux briscards des 70’s, prouvent qu’ils ne sont pas usés et qu’ils peuvent encore en montrer aux plus jeunes).
 

Sorties en salles du 6 septembre

Posté par Manu le 07.09.06 à 12:53 | tags : sorties de la semaine, en salles

Qui suis-je ? Où vais-je ? dans quel état j’erre ? Vieilles questions que quelques films tentent de résoudre cette semaine en se positionnant chacun à l’heure manière par rapport au groupe, et plus particulièrement à la trilogie « famille - couple – amis ». Originale et  nonchalante pour Jardins en automne (illus. centr.), la nouvelle fable de Otar Iosseliani, où un ministre quitte ses fonctions pour battre la campagne et boire des coups entre copains et où Michel Piccolli se déguise en vieille dame malicieuse. A coup sûr, un des meilleurs films du moment. Drôlatique dans Les lois de la famille de Daniel Burman et Little Miss Sunshine (illus. gche), deux comédie sur les affres de la famille, dont le second est une satire réussie du modèle américain si l’on en croit les premiers retours – car on ne l’a pas encore vu. Musicale dans Block Party, dans lequel Dave Chapelle, sous la caméra de Michel Gondry, reforge le tissu  social d’un quartier autour d’un concert de célébrités, et dans le beau et intelligent Dunia où, comme l’explique la réalisatrice Jocelyn Saab dans l’entretien qu’elle nous accordé, le corps d’une jeune égyptienne excisée se libère au contact des mots, de la poésie soufie et de la danse. Et par l’irruption de l’extraordinaire au sein du quotidien d’une jeune femme partie à la recherche de son jumeau, dans Je vais bien, ne t’en fais pas (illus. dte), le nouveau film de Philippe Lioret, pas mal fichu dans le registre « ciné français psychologique » au style classique. Voilà pour l’essentiel, le reste pouvant certainement être négligé : Derniers jours en septembre, un thriller bien pensant avec Juliette Binoche ; Black, mélo ampoulé et larmoyant, sans aucune chanson pour racheter le tout ; Age difficile obscur avec cette question cruciale à la clé : comment grandir en arrêtant de sucer son pouce ; Le maître d’armes Jet Li fait des cabrioles sous la direction du très très inégal Ronny Yu ; et Water.

Sorties en salles du 30 août

Posté par Manu le 01.09.06 à 08:34 | tags : sorties de la semaine, en salles

Ces quelques lignes ont 48 heures de retard, mais comme disait J. L. Manckiewicz, la vie s'ingénie à dérègler les scénarios... Les scénarios, voici un sujet que connaissent bien les producteurs d'Hollywood, eux qui ne savent plus quoi inventer pour trouver le succès public. A côté de ceux qui dépensent des millions de dollars à financer des séries A qui ressemblent  des séries Z (voir cette semaine, The Sentinel et Demande à la poussière, le dernier Robert Towne - souvenez vous, Kramer contre Kramer - avec Salma Hayeket l'increvable et certainement dopé Colin Farrell; illus. gche), d'autres retournent à l'origine de ce qui fait le plaisir de la série B: la ferveur populaire. Et tout ça grâce à internet. C'est ainsi que, aidé des contributions des internautes, Samuel L. Jackson est parti à la chasse au Snark... euh pardon aux snakes, dans Des serpents dans l'avion, au script improbable mais qui donne un film réjouissant.  Que ceux qui n'apprécieraient pas la vision de ces gentils reptiles se rassurent: le cinéma nous propose également son lot d'horreur et de tristesse trop humaine. Si l'adaptation des Particules élémentaires (illus.dte), qui ne manque pas de qualités, peut faire débat (ne serait-ce que parce que Michel Houellebecq, l'auteur de l'ouvrage, ne cache pas ses réticences sur son blog), espérons que Flandres, le nouveau film de Bruno Dumont (illus. centre), trouvera son public. Dans un entretien qu'il a accordé à Fluctuat,  le cinéaste revient sur ce qui est peut-être le plus intense de ses quatre films. A ne pas manquer. Ce qui ne doit pas empêcher d'aller voir Comment j'ai fêter la fin du monde, présenté au dernier Festival de Cannes, à l'instar du Dumont; ou la chute de Ceausescu vu par les yeux d'une adolescente et de son petit frère. La ditacture, la guerre, la chair triste... Une fois n'est pas coutume, le cinéma brille à s'affronter à la douleur humaine. Et c'est tant mieux.

Sorties en salles du 23 août

Posté par Manu le 23.08.06 à 13:36 | tags : sorties de la semaine, en salles

Honneur aux dames... Les femmes ne sont pas en reste cette semaine avec les sorties de Nausicaä (illus.gche; le second long métrage de Hayao Miyazaki, inédit depuis 22 ans!), Rosario (illus. centr.; un polar colombien entre réalisme et effets à la mode, où  la belle est encore une fois fatale), La jeune fille de l'eau (le nouveau mystère de M. Night Shyamalan, qui risque de tourner court, tant sa naïveté affichée peut laisser perplexe), Citizen dog (illus. dte; une romance thaïlandaise farfelue), Chocker Bali (depuis Devdas, Aishwarya Rai l'indienne au sublime regard fait tourner pas mal de têtes, y compris dans ce drame social tiré d'un classique de la littérature bengalaise) et les reprises des Passagers de la nuit (avec le couple Bacall/Bogart), La Blonde ou la rousse (ah! Rita Hayworth) et La Soif du mal (où Janet Leigh et Marlène Dietrich, splendide de négligé, volent la vedette à Charlton Heston). A cela il faut ajouter Selon Charlie, mis en scène par Nicole Garcia, que l'on évoque avant tout par galanterie car à côté du Ken Loach, Le Vent se lève, sa chronique du mal-être du mâle français fait bien pâle figure. Autant la Palme d'or donnée à l'anglais reste discutable (car s'il fait oeuvre cette fois de finesse dans sa mise en scène - quoiqu'en disent les mauvaises langues -, son cinéma reste très classique), autant on comprend que le film de Garcia ait pu être reçu froidement à Cannes.  Et si Le Vent se lève donne une image pas très reluisante de la gente masculine, ce ne sont pas les autres sorties qui vont remonter le niveau. Les acteurs digitaux de Monster house (qui n'a de monstrueux que son esthétique en motion capture, nouveau truc du producteur Robert Zemeckis après Le pôle express) n'ont que peu à voir avec l'humain. Et Taxidermie, ou comment, après Hic et ses effets tocs, faire perdurer une imposture qui semble avoir trouvé son public, et L'immeuble Yacoubian, peinture maladroite de l'avènement de l'extrémisme islamique en Egypte au cours des 50 dernières années, n'y changeront rien. Seule peut-être la musique arrivera-t-elle à redorer le blason de cette virilité bien mal au point, avec les documentaires Teshumara, les guitares de la rébellion touareg et Ali Farka Touré, le miel n'est jamais bon ans une seule bouche. Ceci étant écrit sans esprit revanchard ou misogynie, mesdames.

Sorties en salles du 16 août

Posté par Manu le 16.08.06 à 14:49 | tags : sorties de la semaine, en salles

Qui veut voyager loin ménage sa monture… Voilà un adage que nos héros du moment auraient bien dû mal à suivre. Car tous ou presque se laissent emporter par la passion. A tel point que l’on pourrait croire que, cette semaine, le cinéma carbure exclusivement à l'émotion et à l’adrénaline. La course est donc lancée. Qui de La Science des rêves (illus. gche), Ça brûle (illus. dte) ou Miami Vice (illus.centr.) franchira en premier la ligne d’arrivée (entendez : accumulera le plus rapidement les si précieuses entrées en salles)? Et si le vainqueur est connu d’avance (le duo Farrell/Foxx fonçant dans une décapotable italienne qui en a sous le capot) et le second ne fait aucun doute (Michel Gondry et ses délires onirico-masturbatoires), je me prends à imaginer que, peut-être, le film de Claire Simon, avec toutes ses imperfections mais aussi son évidente beauté, sortira du peloton. Cet outsider le mériterait amplement, contrairement aux deux pachydermes susnommés, très surfaits. Et peut-être que Lassie, repartie en vadrouille du côté de l’Ecosse et de l’Irlande, trouvera malgré tout le chemin du podium. A moins que l’amour ne donne des ailes aux romances de la semaine : J’invente rien, avec Elsa Zylbertstein, Kad Mérad et Claude Brasseur, une comédie où invention, paresse et sentiments font bon ménage ; In the mix, ou la rencontre – sans intérêt, si l’on en croit la bande annonce - entre une fille de la mafia italo-américain et un DJ afro-américain (vive le "melting pot" made in US!); Brick, qui voit un jeune marginal partir à la recherche la fille de son cœur (intrigant au vu du site officiel). Allez ! Les concurrents sont maintenant lâchés. A chacun de choisir son « poulain ».

Sorties en salles du 9 août

Posté par Manu le 09.08.06 à 09:48 | tags : sorties de la semaine, en salles

C’est encore une réédition de prestige qui trône au milieu des films de la semaine. Après la reprise du Parrain, le second volet de la saga des Corleone, Le Parrain 2 (illus. centr.), revient sur nos écrans. Ce film, peut-être le plus beau, le plus subtil de papa Coppola, est immanquable. On peut bien sûr m’accuser d'être passéiste. Mais quand on examine les sorties de cette semaine, on peut penser que c’est plutôt le cinéma lui-même qui l’est, à toujours vouloir refaire du neuf avec du vieux, sans beaucoup d’originalité. Ainsi, Lucas, malgré lui (illus. dte), intelligent film d’animation, ne fait que décliner le classique des années 50, L’Homme qui rétrécit, en lui imprimant le rythme des films d’action et à l’adaptant aux regards des enfants. L'idée de Little man, comédie débile des frères Wayans, paraît reprise d’un film muet de Tod Browning, The Unholy three (le club des trois) : un nain qui utilise sa petitesse pour jouer les bébés et voler ainsi en toute impunité.  Quant à Adieu Cuba (illus. gche), où Andy Garcia fait ses premiers pas comme réalisateur, il lorgne ouvertement vers les films épiques de David Lean, le talent en moins. Et enfin, Bleu d’enfer, avec la nouvelle pin-up du moment,Jessica Alba : à voir la bande annonce, où les courbes de la belle sont mises en valeur, on se croirait revenu au temps des séries B de Roger Corman, avec nymphettes dénudées tous les deux  plans. Je n’insisterai pas avec La Tourneuse de pages, bon film qui a néanmoins un petit goût de déjà vu, ni avec Familia, une chronique sur les désillusions d’une jeune femme dans une banlieue canadienne, qui semble ne pas sortir de sentiers battus. Et encore moins avec Wolf Creek, énième "slasher movie" à rejouer Massacre à la tronçonneuse. L’originalité, il faudra donc peut-être la chercher du côté de Passages, un 1er film de 2003 qui, à travers l’itinéraire d’un couple en recherche d’une improbable réussite financière, tente de dépeindre la Chine moderne. Ou du côté du Parrain 2, justement.
 

Sorties en salles du 2 août

Posté par Manu le 02.08.06 à 11:23 | tags : sorties de la semaine, en salles

Calmons nous ! Ceci n’est pas Keira Knightley avant et après essayage de costume. Keira, on peut la voir à droite, dans la robe de mariée qu’elle arbore dans Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit. Quant à la photo de gauche, elle est tirée de Arrivederci amore, ciao, un giallo – entendez «  polar italien » - parrainé par Jonathan Demme et réalisé par Michele Saovi (souvenez vous : Dellamorte dellamore), qui dit s’être inspiré de Mario Bava et Dario Argento. Que de bonnes références pour un film qui semble faire l’unanimité. Résistera-t-il néanmoins à la grosse machine de Gore Verbinski, où, aux côtés de la belle précitée et d'Orlando Bloom, Johnny Depp fait un numéro de clown assez jouissif ? Espérons-le, d’autant que, à part ces deux titres, on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent. L’équilibre de la terreur, tentative française de thriller sur le motif de la menace terroriste, ne fonctionne qu’imparfaitement. Et pour le reste, on nage en plein n’importe quoi : du Woody Allen version junior (Little Manhattan) à la satire improbable (Cheeky, de l’excellent acteur David Thewlis, réalisateur ici de son second film, daté de 2003 ! ; quand on dit que les sorties estivales sentent la poussière…), sans parler de Love of May et Georges le petit curieux, rien de bien exaltant. Les pirates semblent avoir fait le ménage par le vide. Ce qui n’empêchera pas le grand Brando de refaire son numéro dans Le Parrain, la reprise de la semaine (illus.centr.). Le hasard des sorties permet ainsi de réunir Depp à son père spirituel, Marlon le rebelle, et par là de mesurer tout le chemin parcouru par le cinéma américain depuis trente ans. Des gangsters de Coppola aux pirates de Verbinski, y a comme un truc qui s’est perdu en route.

Sorties en salles du 26 juillet

Posté par Manu le 26.07.06 à 17:47 | tags : sorties de la semaine, en salles

Voici venu le temps des blockbusters et des fonds de tiroir. Pour les premiers, il faudra encore attendre encore une semaine, avec la sortie de Pirates de Caraïbes - Le secret du coffre maudit. Quant aux autres, pauvres films n'attendant plus rien de leurs sorties en salles, on a l'embarras du choix: le surprenant Two for the money (illus. centr.), avec Al Pacino l'increvable, toujours génial même au milieu du médiocre; Entre deux rives, ou comment un bon réalisateur (Alejandro Agresti) et des acteurs sans grâce (Sandra Bullock et Keanu Reeves) sombrent dans un remake d'un film coréen; Stay (illus. gche), où Naomi Watts se perd - et avec elle, le spectateur - à suivre Ewan McGregor dans les méandres de l'identité; The Ringer, comédie étrange (un homme se fait passer pour débile afin de participer aux jeux para-olympiques!; illus dte) estampillée "produite par les frères Farrelly" et datant de 2002! Comme quoi, les fonds de tiroir sentent la poussière mais peuvent aussi réserver de bonnes surprises. Suivent 4:30, l'habituel drame chinois qui n'avance pas, Antibodies, thriller allemand à la sauce US, et Pusher, un polar danois de trois fois 1h40 (il faut de l'endurance, mais apparemment, l'effort est récompensé).  Et à côté d'un documentaire sur le procès du tyran de Bagdad, Saddam Hussein, histoire d'un procès annoncé, on trouve Shakti, une comédie musicale "bollywoodienne" avec la sublime Karisma Kapoor et le brushing sur patte alias Shah Rukh Khan, et les habituelles (re)découvertes de l'été: La Nuit des morts vivants de Romero (en ces temps de remakes, préférez toujours l'original à la copie!) et La Vie secrète de Mme Yoshino, un érotique japonais de 1976, inédit en France. Où les fonds de tiroir commencent à devenir très, très intéressants, surtout pour le spectateur masculin.

 


Sorties en salles du 19 juillet

Posté par Manu le 19.07.06 à 19:02 | tags : sorties de la semaine, en salles

C’est l’été, il fait chaud, et comme le veut la tradition, les salles obscures se remplissent de personnes en quête de fraicheur et de sensations fortes. Pour l’air frais, tout dépendra de la salle choisie, mais pour les sensations, les sorties de cette semaine ne risquent pas d’en manquer : du film d’horreur (Ils, The Devil’s rejects) aux courses folles de voitures (Fast and furious : Tokyo drift) en passant par le polar social (La raison du plus fort, Mon nom est Tsotsi, respectivement ilus. dte et gche) et les reprises musclées (Lifeboat d’Hitchcock, Les Vikings de R. Fleischer), les sueurs froides seront au rendez-vous. Et si, malgré ça, la stimulation des mirettes et des épidermes ne parvient pas à faire oublier la chaleur ambiante, peut-être que les quelques comédies qui tentent de nous soutirer un ou deux éclats de rire (Les Etats Unis d’Albert, Camping car, Esprit d équipe, Garfield 2) y parviendront. Quant à ceux qui chercheraient plutôt le calme (avez-vous remarqué que la salle de cinéma est un des derniers lieux publics où l’on peut encore vivre l’expérience du silence total?), restent Un silence particulier, un doc sur l’autisme, Pas de problèmes, sur les mensonges de la guerre et des médias,  et Lucy, un drame psychologique sur la difficulté d’être mère à 20 ans.