Brendan Fraser, c'est cette gueule unique qu'on croirait sortie d'un serial des années quarante, un acteur idéal pour ce bel hommage au genre dans lequel il s'est fait connaître du grand public :
La Momie. Né aux Etats-Unis de parents canadiens, ils passent son enfance à déménager avec sa famille. Après plusieurs séjours en Europe, il s'installe à Toronto puis à Seattle pour y poursuivre ses études. Il fait ses débuts au théâtre à New York, dans une petite école d'art dramatique, avant de s'envoler pour Los Angeles où il ne tarde pas à obtenir quelques petits rôles ou apparitions au cinéma dès les débuts des années 90. Il décroche ses premiers rôles importants en 1992 avec la comédie
California Man (Les Mayfield) et surtout le drame
La Différence (Robert Mandel), avec
Matt Damon. L'acteur va toutefois vite se spécialiser dans la comédie, encouragé et facilité par son physique presque cartoonesque, très expressif. Il rejoint ainsi rapidement les casting de
Radio Rebels (Michael Lehmann, 1994),
La Révélation (Michael Ritchie, Id),
Le Bonheur à tout prix (Richard Benjamin, 1996), dans un registre plus romantique. En 1997, la production Disney
George de la jungle (Sam Weisman), où il joue un Tarzan improbable et délirant, rend son visage mondialement célèbre.
Le corps parfaitement sculpté, il s'avère très à l'aise dans des rôles physiques, ce qui n'échappe pas à
Stephen Sommers qui en fait ainsi son héros dans son hommage aux sérials,
La Momie (1999). En héritier dégénéré d'Indiana Jones, il s'impose avec aisance dans ce délicieux cocktail d'exotisme, de fantastique, d'humour et d'action. On le retrouvera naturellement dans les suites,
Le Retour de la momie (Id, 2001) et '
La tombe de l'empereur dragon (2008), hélas tombé entre les mains de l'épileptique
Rob Cohen. Décidément à son aise dans la comédie délirante, parfois burlesque sinon loufoque,
Harold Ramis l'embarque ensuite dans son sympathique mais raté
Endiablé (2000), où une
Liz Hurley perverse et diabolique exauce tous ses vœux. Après un passage plus sérieux chez
Philip Noyce dans son remake du film de Manckiewicz,
Un Américain bien tranquille (2002), aux côtés de
Michael Caine, il retrouve les faveurs de la comédie cartoonesque au sens le plus littéral du genre avec l'étonnant et corrosif
Les Looney Tunes passent à l'action (2003), du vieil anar d'Hollywood,
Joe Dante.
En 2004 il intègre le casting de l'oscarisé et choral
Collision de
Paul Haggis, puis enchaîne sur plusieurs productions inédites en France : le thriller
Journey at the End of the Night (Eric Eason, 2006) avec
Mos Def ;
The Last Time (Michael Caleo, Id), une comédie romantique avec
Michael Keaton ;
The Air I Breathe (Jieho Lee, 2007), ridicule et vain petit film choral digne des pires films du genre où l'on croise
Kevin Bacon,
Julie Delpy,
Andy Garcia, ou encore
Emile Hirsch et un
Forest Whitaker plus pathétique et doloriste que jamais. Brendan revient ensuite au divertissement familial et au serial noyé d'effets spéciaux qui ont fait son succès avec
Voyage au centre de la Terre - 3D (Eric Brevig, 2008), film davantage dévoué à ses prouesses techniques qu'à ses comédiens ou son scénario. Il poursuit ainsi avec l'intriguant
Inkheart (Iain Softley, 2008), un film de fantasy adapté du roman de Cornelia Funke, où il interprète un père de famille capable de faire vivre les personnages des livres. Il retrouve enfin
Stephen Sommers sur l'invraisemblable adaptation de
G.I. Joe : Rise of Cobra (2009), inspiré des jouets du même nom. Il partage l'affiche avec
Dennis Quaid,
Joseph Gordon-Levitt,
Sienna Miller et
Rachel Nichols.