Dans les années 80, à l'époque où Brillante Mendoza se prénommait encore Dante, il était l'une des plus grandes figures du milieu publicitaire à Manille, où il a suivi ses études. Puis il s'est tourné vers le cinéma, la télévision et le théâtre, faisant ses débuts comme designer. En 2005 il passe enfin à la réalisation avec
Le Masseur, l'histoire d'un jeune de vingt ans travaillant comme masseur dans un bordel de Manille. Dès son premier film, tourné en DV, Mendoza s'inscrit avec volonté dans la tradition du « cinéma vérité », selon ses propres dires. Malgré son budget réduit,
Le Masseur impose d'emblée un regard de cinéaste dont le travail sur le réalisme, l'approche documentaire, la quête d'objectivité, le temps réel et la direction d'acteur fait parfois penser aux cinéastes britanniques
Paul Greengrass et
Ken Loach. Alors lancé, Mendoza ne s'arrête plus, il tourne en 2006
Kaleldo (
Summer Heat) et
Manoro (
The Professor), un documentaire plusieurs fois récompensé. Très investi dans chaque étape de ses films, de la pré production au tournage en passant par la post-production, il s'impose comme un réalisateur rigoureux qui tente à chaque nouveau projet de s'immerger le plus possible dans son œuvre. Une œuvre que le public occidental découvre pour beaucoup à Cannes en 2007 avec la projection de
John John, qu'il a tourné juste après
Pantasya (2007), et avant
Tirador (2007) dont il montre alors les rushs durant le festival. Avec
John John le réalisateur poursuit sa recherche esthétique documentaire autour d'une mère de famille qui élève trois enfant dans les bidonvilles de Manille. L'accueil positif de la critique le plaçant alors comme un cinéaste à suivre, il est sélectionné en compétition officielle à Cannes en 2008 pour
Serbis. Et de nouveau en 2009 pour
Kinatay, qui lui vaut le Prix de la mise en scène.