Bruce Lee



Bruce Lee Vrai nom : Lee Jun Fan
Surnom : Le petit dragon
Nationalité : américaine
Naissance : 27 October 1940 à Chinatown, San Francisco
Mort le : 20 July 1973

Métiers : Acteur, Réalisateur
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Bruce Lee est une légende, c'est-à-dire un objet qui prolifère, qu'on se raconte, s'accapare, transforme, quelque chose qui nous appartient. Osons parier qu'il était la dernière star du cinéma, qu'après lui partout, même dans les premiers films de Wong Kar Wai, et surtout à Hollywood, il n'y a eu que des comédiens, des acteurs, des actrices, des célébrités. Comme James Dean ou Marilyn, Bruce Lee est mort jeune, en pleine carrière foudroyante et dans des conditions accidentelles jamais complètement élucidées qui n'ont cessé d'amplifier le mythe. Avec une poignée de films, un second rôle dans une série télé américaine (Le Frelon vert), des œuvres de jeunesse - une vingtaine de films désormais invisibles -, qui n'auront jamais contribué à son succès, et un art martial qu'il a façonné lui-même (le Jeet Kun Do), Bruce Lee a réussi à imposer son image partout dans le monde.

La destinée d'une dernière star peut s'expliquer par une vie dédiée dès l'enfance (il commence à tourner à 6 ans) à la conscience de sa représentation, à la volonté de maîtriser son corps pour imposer son image au cinéma. Bruce Lee était -ou est-, la première star athlétique, celui qui aura fait du culte du corps un objet cinégénique, une forme érotique et sportive là où les autres s'imposaient par leur allure. Toute sa vie, Bruce Lee n'a cessé d'entretenir sa passion pour les arts martiaux, en ouvrant des écoles aux Etats-Unis (où il vécut pendant plus de dix ans), en réformant les principes du Kung Fu en l'occidentalisant et l'épurant pour des combats plus puissants, directs, violents et spectaculaires. Des Etats-Unis il connaîtra autant le succès avec des célébrités (James Coburn, Steve Mac Queen, Chuck Norris...) fréquentant ses écoles, que l'humiliation, le racisme et l'impossibilité de prétendre à autre chose que des seconds rôles. Bruce Lee c'est l'histoire d'une revanche, celle d'un homme au plan de carrière de fer, décidé à imposer aux yeux du monde la supériorité absolue de l'homme chinois, et surtout la sienne.

Un monstre de narcissisme


Bruce Lee était un monstre de narcissisme et d'exhibitionnisme dont les films ne cessent de dégager la puissance et le magnétisme. Ses gestes, ses mouvements, ses cris, ses mimiques, ne cessent encore de constituer la référence absolue pour une génération de cinéastes qui de Tarantino aux frères Wachowski font revivre inlassablement sa figure. Bruce Lee est la dernière icône populaire du cinéma, et la seule de nationalité chinoise ayant eu un tel impact en occident. Même les contrées les plus reculées de la Sibérie connaissent Bruce Lee, mais peut-être pas Jackie Chan. Surtout, la dernière star est le seul cas dans toute l'histoire du cinéma à avoir engendré autant de clones, une véritable Brucexploitation. Messie dont on a voulu reproduire la gestuelle et le style par opportunisme mercantile, il est resté à jamais inimitable, résistant à toutes reproductions identiques, il était unique. Tous les Jackie Chan, Jet Li ou Tony Jaa l'ont compris, étant à jamais dans l'ombre de la star, ils ont rapidement choisi un style personnel pour éviter la confusion.

Le monde entier a imité ses miaulements et son allure féline, la capacité de séduction de Bruce Lee était totale tant la perfection du geste était liée à une beauté virile presque trop arrogante. Le petit dragon avait tout pour devenir un modèle, un genre à lui seul dont la conquête hollywoodienne s'est faite plus à retardement que durant sa carrière. Aujourd'hui c'est le cinéma d'action qui le réactualise mais aussi beaucoup le jeu vidéo. Chaque jeu de combat japonais majeur a profité de son image : Super Street Fighter de Capcom, Tekken de Namco ou encore Dead or Alive de Tecmo, qui dans sa quatrième version sur X Box 360 va jusqu'à lui rendre un hommage explicite, nostalgique, en montrant une scène cinématique où un héros a grandi sous son influence en découvrant ses films. La boucle est bouclée.

Import/export


Bruce Lee a engendré la fascination de l'occident pour les arts martiaux, il les a systématisés en leur donnant une valeur cinématographique que le cinéma de King Hu, Chang Cheh, Liu Chia Liang ou Tsui Hark intègre différemment. Chez Bruce Lee la démonstration et la compétition sont constantes, les films sont presque une publicité des arts martiaux, une leçon donnée par le maître. Le récit est à chaque fois un prétexte pour rendre légitime et symbolique la politique de l'acteur, sa prise de pouvoir : le contrôle de l'image. C'est lui qui le premier a profité de son cinéma pour y mener des combats contre des champions étrangers :Chuck Norris, Bob Wall, Jim Kelly ou encore Dan Inosanto et Kareem Abdul Jabbar (le basketteur), élèves de son école. Tout en voulant montrer sa supériorité, Bruce Lee introduisait l'occident dans le cinéma traditionnel chinois. Cette volonté, qui lui créa beaucoup d'ennemis à Hong Kong, témoigne d'un esprit autant ouvert qu'hyper compétitif (américain) ayant beaucoup aidé à la démocratisation des arts martiaux et à la distribution du genre en occident.

Associé à des salles miteuses ou populaires, le film de kung-fu, souvent confondu par des détraqués avec le karaté, a longtemps croupi dans l'ombre d'un cinéma jugé indigne, peu noble, sans doute pas assez subtil. Cette taxinomie cinéphile et ségrégative est aujourd'hui tombée en ruines. Autrefois défendu par Olivier Assayas et Charles Tesson dans les Cahiers du cinéma, le genre est aujourd'hui -comme toute forme de marginalité, célébré et (re)-découvert. Dans notre tentative post moderne désespérée et cinéphile d'accorder une nouvelle valeur à des objets autrefois considérés comme nuls, le cinéma de Bruce Lee tiendra toujours une place à part. Ils n'auront jamais été les films d'un auteur mais d'un acteur auteur de sa vie et du cinéma., ils auront plus que tout autre laissés une empreinte indélébile, l'image d'un corps parfait, invincible, immortel et au succès immédiat.

Jérôme Dittmar

Photos de Bruce Lee

Bruce lee the boss
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Bruce Lee : vos commentaires

robert (invité)   19 Juin 2008 à 21:59   

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