Bruno Podalydès



Bruno Podalydès Nationalité : française
Naissance : 11 March 1961 à Boulogne-Billancourt
Age : 48 ans
Métiers : Acteur, Réalisateur, Scénariste de cinéma
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Bruno Podalydès et son frère, Denis, sont tombé amoureux du cinéma dès leur enfance. Leur père, amateur érudit, leur projetait alors chaque dimanche des films dont Bruno gardera longtemps l'emprunte et parfois l'influence, notamment ceux de Chaplin, Hawks et Blake Edwards, puis plus tard Resnais et Woody Allen. Les deux frères, inséparables, nourrissent également à la même époque une grande affection pour la bande dessinée, ils sont de grands amateurs de Tintin, Spirou ou Mandrake, dont ils s'inspirent dans leurs jeux d'enfants puis plus tard dans leurs films, Denis étant l'un des éléments moteurs du cinéma de Bruno où il joue systématiquement. Après une maîtrise d'audiovisuel, Bruno tourne ses premiers courts-métrages, Albert Capon Mécanicien (1986) et Le dernier mouvement de l'été (1989), dans lesquels il joue également, tout en réalisant des films d'entreprise pour Air France auxquels Denis participe comme comédien.

 

En 1992 les Podalydès se lancent dans la comédie fantaisiste Versailles Rives Gauche, un court-métrage promis à être une trilogie. Le film est réalisé et écrit par Bruno, et Denis participe aux dialogues tout en tenant le rôle principal. Le succès est vite au rendez-vous, le film obtient plusieurs prix dans des festivals ainsi que le César du meilleur court-métrage. Après Voilà (1994), autre court-métrage avec les deux frères au casting, Bruno tourne enfin son premier long, Dieu seul me voit (Versailles Chantier) (1998), où l'on retrouve le personnage joué par Denis dans Versailles Rives Gauche, avec le même univers et les mêmes préoccupations. Le film est une réussite et prouve le sens du comique de Bruno qui excelle dans la maîtrise du timing tout en revisitant le vaudeville avec des touches personnelles : mélange habile d'absurde et de fantaisie, grande rigueur du cadre et influences diverses parfaitement intégrées, galerie de personnages à la fois réaliste et loufoque, nuances des tonalités émotionnelles et goût pour l'enfance, bref une singularité est là et s'impose.

 

Bruno co-signe à nouveau avec Denis le scénario de son film suivant, Liberté-Oléron (2001), dans lequel on retrouve les deux frères comme interprètes. Après la légèreté de Dieu seul me voit, le film peut surprendre et intriguer. Plus proche de la comédie froide, presque noir, Liberté-Oléron démontre surtout que les Podalydès ont un univers plus riche et varié qu'on aurait pu le soupçonner. Parfois gênant, presque dérangeant, le film réussit à créer une forme de comique obsessionnelle et névrotique, absurde jusqu'à la lisière de la folie (l'histoire d'un père de famille obsédé par l'achat d'un bateau), avec cette fin où le crime, invraisemblable mais pourtant préparé par Podalydès, menace de surgir.

 

Cet univers plus obscur mais toujours avec une pointe de fantaisie décalée n'était pas un hasard, puisqu'en 2002 Bruno adapte le célèbre roman policier de Gaston Leroux, Le Mystère de la chambre jaune, où Denis tient comme toujours le rôle principal. Le film est une réussite et une intelligente transposition de ce récit populaire que Podalydès ne trahit jamais et auquel il donne une élégance rare. Idem pour la suite, Le Parfum de la dame en noir (2005), nouvelles aventures des personnages inventés par Leroux. Cette fois le film est une véritable démonstration de mise en scène, un objet presque étrange mais fascinant par sa maîtrise formelle et sa capacité à mélanger avec brio un récit crypté avec une pureté structurelle. Les tonalités burlesques et morbides de l'esthétique de Podalydès y prennent alors une profondeur inégalée dans son cinéma. Par la suite, le cinéaste participe à la série de films à sketchs Paris je t'aime (2006), puis tourne pour une sortie en 2008 la troisième partie de sa trilogie versaillaise, Bancs publics (Versailles Rive Droite), avec évidemment Denis dans le rôle principal, aux côtés cette fois de Benoît Poelvoorde.

Photos de Bruno Podalydès


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